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Une du n° 580
LA UNE du 10 au 23/12/2008
11 décembre :N° 583/584 du10 au 23 décembre 2008

48e anniversaire de l’Indépendance du Burkina Faso
La cité de Yendabri prête à accueillir la fête

Les festivités du 48e anniversaire de l’Indépendance du Burkina Faso se dérouleront à Fada N’Gourma, chef-lieu de la région de l’Est. Le choix est motivé par une décision gouvernementale qui délocalise la fête dans les chefs-lieux de régions et ce de façon tournante. Comment cette région se prépare-t-elle pour accueillir cet événement national ? Comment la population le vit ? La cité sera-t-elle à la hauteur de l’événement ? Ce sont, entre autres, des questionnements qui nous ont valu un séjour de 72 heures dans la ville des descendants de Diaba LOMPO.

Les derniers travaux à l’Auberge de l’Indépendance.La première impression quand on met pied à Fada N’Gourma, surtout la nuit, c’est ce déploiement particulier du dispositif sécuritaire : des forces de l’ordre à tous les croisements des voies. Deuxième impression : la ville est constamment animée si bien qu’elle laisse aisément percevoir les traits caractéristiques des préparatifs d’un imposant événement.
Arrivé à bord d’un mini-car aux environs de 20 heures TU, notre premier souci fut le logement. Quatre sites d’auberge ont été parcourus sans gain de cause. Une inquiétude nous traverse l’esprit. Déjà à une dizaine de jours de la manifestation, il se pose un problème de logement ? Qu’en sera-t-il le jour-J ? Les milliers d’étrangers qui sont à Fada, pour la fête, où «gîteront-ils» ? Des dispositions particulières sont-elles prises ?
M. TAGNA président de la commission hébergement joint au téléphone le vendredi 28 novembre 2008 nous rassure que même si sa tâche est la moins aisée, toutes les dispositions sont prises pour satisfaire le beau monde qui se déplacera pour la fête. Il soutient que tous les logements possibles de la ville ont été recensés que les écoles sont mises à contribution, que les privés aussi pour ceux qui ont des hôtels, des auberges ont été répertoriés. «A l’heure actuelle, après briefing de la situation, je pense que Fada est à mesure d’accueillir ce grand monde pour les festivités du 11-Décembre 2008», nous a-t-il déclaré, confiant. Parlant toujours de logements et surtout de ceux construits pour la circonstance, un tour sur le site «de la cité des régions» (villas CNSS) laisse voir 65 villas sorties de terre. «Les travaux sont à un taux d’exécution de près de 99%», rassure le chef de chantier.
Mêmes avis pour Ismaël BORO et Woo YAO, tous deux techniciens respectivement des entreprises GICOBAD et l’ESSA en ce qui concerne «l’auberge de l’Indépendance». Sur ce site où sont érigés 24 bungalows, un bâtiment administratif et un restaurant, les travaux de finition concernent le pavage et la verdure. Pour M. BORO, la réception est prévue pour le 8 décembre 2008, quant à M. YAO, dès le 3 décembre, il plie bagage pour Ouagadougou, siège de l’entreprise.

Les stands de la foire de l’Indépendance en finition.Des infrastructures pour booster le développement
«6 milliards d’investissements, ce n’est pas trop pour un développement», a souligné le maire de la commune de Fada, Moumouni KOCTI. En effet, les Fadalais peuvent s’estimer heureux de faire un bond qualitatif de développement de plus d’une décennie. Outre les villas CNSS, l’auberge de l’Indépendance, il y a 7 km de voies bitumées, un stade aménagé et un aérogare avec pour objectif d’impulser une dynamique de développement de la région en la dotant d’un paquet minimum d’infrastructures utilitaires. Ce n’est pas le gouverneur de la région de l’Est, Kilimité Théodore HIEN, qui dira le contraire, lui qui soutient que Fada est une ville qui s’arrache du sol. Même son de cloche pour le maire, qui voit là une porte ouverte pour sa ville au plan international. La population n’est pas non plus en reste, elle qui est fière au vue de tout ce changement brusque. Feux tricolores, curage de caniveaux, toilettage, aménagement de la place «du monument aux morts», ce sont là le lot quotidien des travaux d’embellissement de la ville. Fada prend son rôle très au sérieux et se pare de ses plus beaux attributs.

Les «petites affaires»
A la faveur de cette fête nationale dans la capitale du Gulmu, les «petites affaires» ne manquent point. Des cireurs de chaussures aux ouvriers en passant par les bouchers, restaurateurs, tenanciers de kiosques et autres débits de boisson jusqu’aux «vendeuses de plaisir», tout le monde entend tirer le maximum de profits de cette occasion.
M. TANDEMBA, lui, pour la circonstance, a ouvert un maquis de fortune. «Vu le nombre de visiteurs annoncés pour cette fête, je pense faire de bonnes affaires surtout vendre de la bière fraîche», a-t-il lancé. Mme LOMPO, restauratrice de son état, n’est pas moins optimiste. «Déjà même avec l’ouverture des chantiers, les étrangers venus de Ouagadougou ont augmenté ma clientèle. Donc, s’il y a encore plus de 3 000 personnes qui seront là pour la fête, je pense qu’on aura pour nous aussi», a-t-elle lâché. Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette fête est partout sur toutes les lèvres. Tous les Fadalais de la ville comme de la campagne attendent avec impatience la venue du président du Faso.

Foire de l’Indépendance, pour un moment de réjouissance populaire
Au programme des activités prévues pour la commémoration du 48e anniversaire de la fête de l’Indépendance dans la cité de Yendabri, se trouve inscrit un espace de réjouissances populaires, appelé «La Foire de l’Indépendance». Cette foire offrira une opportunité de promotion à tous les secteurs d’activités et de valorisation des ressources forestières et fauniques. Tout a été imaginé pour que la fête soit belle. En tout cas, tous s’activent pour donner de l’éclat à cet événement d’envergure nationale. Des soucis ne manquent pas. Mais les premiers responsables locaux de l’organisation les surmontent vaille que vaille pour corroborer les raisons qui ont milité au choix de leur région.o

Par Issoufou MAÏGA

Moumouni KOCTI, maire de la commune de Fada
«6 milliards, ce n’est pas trop pour un développement»

Moumouni Kocti, maire de la commune de Fada N’GourmaLa ville de Fada, chef-lieu de la région de l’Est, sera demain sous les projecteurs du 48e anniversaire de l’Indépendance du Burkina. Cette ville, qui sera un instant la capitale du pays des Hommes intègres, s’apprête à accueillir des milliers de personnes.
Pour cette occasion, nous avons rencontré le maire de la ville aux fins de nous entretenir sur les défis de son mandat, les potentialités de la commune, les préparatifs du 11-Décembre et, bien entendu, des retombées de la fête pour la région.

Depuis mai 2006, Moumouni KOCTI, à la faveur des élections municipales, conduit la destinée de commune de Fada. Que de défis énormes pour cette commune de 11 secteurs et 34 villages ! Au cours de son mandat, le bourgmestre a inscrit comme priorités 4 axes fondamentaux : apaiser les cœurs des filles et fils de la commune et les orienter vers un même objectif ; le combat pour le développement de la ville. Et c’est le défi de tout conseiller quel qu’il soit, travailler dans le sens de l’intérêt de tous. Le deuxième axe du bourgmestre, c’est l’assainissement. Convaincu que le plan d’aménagement de la ville n’est plus en phase avec la réalité, certaines projections dont l’assainissement datant de l’ère de l’Indépendance, le maire voudrait engager des plans de réforme des infrastructures afin d’apporter sa contribution au mieux-être des populations. Une bataille que le conseil municipal ne peut que réserver une place de choix à ces deux secteurs vitaux de notre développement social et économique.
«L’assainissement doit être notre souci quotidien et nous allons œuvrer avec les partenaires afin d’adopter un document d’orientation en termes de plan d’action qui va gérer les excréta, les eaux usées, les ordures ménagères, etc.», a-t-il, soutenu. Le troisième axe non moins important est l’Education. Sur ce point, le maire de Fada est sans équivoque : «La commune est très en retard sur la question». Les effectifs pléthoriques, l’insuffisance en salles de classe et l’absence d’écoles dans certains villages entraînent un faible taux de scolarisation et d’alphabétisation dans la commune. L’éducation et la santé étant les domaines prioritaires dans la politique de développement de tout pays, constituent des enjeux au regard des disparités dans l’offre des services de base. La commune de Fada, avec ses 128 056 habitants, est une zone forestière à très faible densité de la population. C’est pourquoi les centres de santé et l’accès à l’eau potable constituent des enjeux au regard des disparités dans l’offre des services de base. «Tous ces défis sont inscrits dans notre Plan de Développement Communal (PCD) que nous avons élaboré pour une mise en œuvre», a relevé le maire. Si l’état des services essentiels de base ne sont pas au beau fixe il n’en demeure pas moins que des atouts favorables à l’investissement dans les domaines de l’agriculture, de la foresterie et de la faune existent. C’est pourquoi, le conseil entend mettre en œuvre des politiques dans les secteurs concernés au bénéfice de la jeunesse. Le commerce et le secteur informel sont en pleine expansion certes, mais le bourgmestre pense que ces secteurs d’activés ne sont pas encore bien organisés.

Que signifie le 11-Décembre ?
C’est une fête nationale que tout Burkinabè se doit de commémorer en témoignage et en hommage à tous ceux qui ont œuvré pour l’indépendance du pays. «Le choix de la décentralisation de la fête, c’est une manière pour l’Etat de donner un coup de pouce au développement des régions. Fada est la première ville à en bénéficier. On ne peut que remercier le gouvernement», a lancé M. le maire.
La réussite de l’événement est une préoccupation essentielle, pour les autorités de cette ville. C’est pourquoi, dès l’annonce de la tenue de l’événement à Fada, le Conseil municipal a pris le taureau par les cornes en marquant sa présence dans toutes les commissions mises en place.
Ainsi, des activités relatives à la mobilisation sociale et à l’assainissement incombent à la mairie compte tenu de sa position de chef de file dans ces domaines sur le territoire communal. Et la motivation de la population est à son summum pour accompagner les autorités communales. En effet, elle est mobilisée à travers les travaux de curages de caniveaux, de salubrité, d’embellissement, etc. Pour ce qui est de l’adhésion des populations, Moumouni KOCTI a parcouru tous les villages environnants pour qu’ils s’approprient la fête. «La fête est bien nationale mais c’est la population de Fada et celle environnante qui se trouvent honorées sur le plan festif et infrastructurel», ajoute-t-il. Tout est fait pour donner un meilleur visage à la cité, un visage de jour de fête. Des routes bitumées en passant par des feux tricolores et autres infrastructures que le maire qualifie «d’infrastructures de développement», tout est mis en œuvre pour que cette ville soit à la hauteur de l’événement.

Des retombées du 11-Décembre
Pour M. le maire, sa ville a changé de look en un an. Pour cause, la tenue de l’évènement a donné un coup d’accélérateur au développement de la ville : des routes bitumées, le stade aménagé, la construction de 65 villas, de l’auberge de l’indépendance et le pied-à-terre du président du Faso érigé, sont autant de réalisations qui font de la ville l’une des plus belles métropoles de notre pays, gage de l’instauration d’une porte d’ouverture au plan international.

Appel à la mobilisation
«6 milliards d’investissements, ce n’est pas trop pour un développement. Ce n’est pas parce qu’on a faim qu’on ne doit pas se développer. Ces 6 milliards d’infrastructures du développement, vont rester là tout le temps», souligne le bourgmestre de la commune de Fada.
A l’endroit de la population, Moumouni KOCTI, en appelle à la mobilisation totale, à l’implication de tous pour accueillir les «étrangers» pour ces festivités et manifester légitimement leur joie à l’endroit des premières autorités du pays qui ont bien voulu honorer la cité de Yendabri.
Une autre préoccupation qui lui tient à cœur et qui est celle de la population, c’est la route de l’hôpital qui fait tant de bruit. «Nous allons la bitumer cette année ou les années à venir. Quelles que soient nos difficultés financières elle sera faite. Il y a un objectif pour la fête et il y a aussi le plan de développement communal», s’est voulu rassurant M. KOCTI.

Fada
Historicité administrative de la commune

L’histoire du peuplement de la commune urbaine de Fada est étroitement liée à celle du pays gourmantché. Selon la tradition orale, les Gourmantché seraient venus du Tchad via le fleuve Niger. Gourmantché signifierait en Sonraï «les habitants de la rive droite du fleuve». Les immigrants, les Nanoumba auraient par la suite dominé les autochtones en s’imposant politiquement puis adoptèrent la langue et les coutumes des Gourmantchés.
Différents conflits eurent lieu dans le peuplement du pays gourma. Les Nanoumba se rassemblèrent sur le site actuel de Fada, qui en haoussa signifie «la cour du roi de Nanoumba».Les principales ethnies qui composent la population de la commune sont les Gourmantchés, les Zaoussé, les Yaana, les Bisa les Mossé et les Peulh.
La commune de Fada N’Gourma est située au centre de la province du Gourma. Fada N’Gourma est le chef-lieu de la province du Gourma et de la région de l’Est.

I- Evolutions administratives
- Sous le régime colonial : chef-lieu de subdivision centrale puis chef-lieu de cercle ;
- Suite à l’indépendance : sous-préfecture puis préfecture de l’Est (limites actuelles de la région de l’Est) ;
- 1970 : Erigée en commune dirigée par une délégation spéciale ;
- 1984 : Création de la province du Gourma avec Fada N’Gourma comme chef-lieu ;
- 1995 : Commune urbaine dirigée par le premier conseil municipal élu.
A la faveur de la communalisation intégrale, le conseil municipal est passé de 33 conseillers en 2000 à 95 dont 26 femmes en 2006. D’une superficie de 3 400, 2 km, 11 secteurs et 34 villages rattachés, la commune compte 128056 âmes dont 47,6% de femmes).

II- Activités principales
- Production agricole
Les productions sont le mil, le maïs, le sorgho, le riz, le coton, l’arachide, le soja, le sésame, le niébé, du voandzou, la patate et le manioc.
- L’élevage se concentre principalement sur les petits ruminants (ovins, caprins) et la volaille. Mais on rencontre un cheptel important de bovins, d’asins et de porcins.

- Commerce
- les activités commerciales sont relativement développées et sont soutenues à la fois par :
- la bonne production agricole qui génère des excédents commerciaux,
- le dynamisme de la production animale,
- la proximité des frontières du Togo, du Bénin et du Niger qui favorisent les échanges.
- l’existence d’infrastructures marchandes importantes dont le marché central et le marché à bétail, réalisé avec l’appui financier de la coopération Suisse.

 

Kilimité Théodore HIEN, gouverneur de la région de l’Est
“Je vois une ville qui s’arrache du sol”

Kilimité Théodore HIEN, gouverneur de la région de l’EstLa région qui a l’insigne honneur d’accueillir les festivités du 48e anniversaire de l’indépendance du Burkina est celle de l’Est dont le gouverneur est M. Kilimité Théodore HIEN (KTH). Une région vaste (près de 7% du territoire national), aux énormes potentialités agricoles, fauniques (10% des réserves) et forestières avec une faible population, 1,2 million d’habitants soit, 24 habitants/km2. Ces réalités géographiques et socio-économiques sont à la fois des atouts, mais aussi des inconvénients qui font de la région un territoire favorable au grand banditisme et à l’insécurité. Nous avons rencontré le premier responsable de cette région en vue de dresser un état d’avancement des préparatifs des festivités du 11-Décembre 2008, la portée de cette manifestation, les difficultés…

Vous êtes depuis quelques années gouverneur de la région de l’Est, connaissiez-vous la région avant votre nomination ?
Kilimité Théodore HIEN (K.T.H) : I
l n’y a pas une région que je ne connais pas véritablement au Burkina Faso. J’allais dire même qu’il y a peu de départements que je ne connais pas surtout ceux créés après 1995. J’ai pratiquement mis les pieds dans chacun d’eux à la faveur des activités des Comités de défense de la révolution (CDR), à travers les opérations « Fer de lance », « point 3 », etc.

Une fois après avoir pris fonction, avez-vous mesuré l’ampleur de la tâche qui vous attendait ?
KTH :
La région de l’Est est une vaste entité, la plus grande de notre pays en terme de superficie ; une région réputée pour être difficile notamment à cause du banditisme du fait de l’éparpillement des localités. On peut faire facilement 100 km sans croiser un hameau de culture. C’est aussi une région qui est en queue de peloton sur le plan de l’alphabétisation et de la scolarisation. Cependant, cette région a un gros potentiel agricole qui doit contribuer à l’autosuffisance alimentaire de notre pays. En terme d’élevage, elle arrive en deuxième position après le grand Nord.
Donc c’est un potentiel très important qu’il faut valoriser. Nous avons aussi de grandes potentialités forestières (plus de 70% des réserves fauniques de notre pays). Nous sommes à cheval entre 3 frontières (Niger, Bénin et Togo). Cela indique clairement les défis énormes qu’il faut relever.

Que signifie, le 11-Décembre pour vous?
KTH :
C’est la dignité, la liberté retrouvée. Le 11-Décembre c’est tout ce que l’on peut imaginer comme élément de valorisation de l’espèce humaine : recouvrer sa liberté, proclamer son indépendance.

Votre région est la première à avoir obtenu de la célébration décentralisée de la fête de l’Indépendance, comment cela a été accueilli par vous et la population ?
KTH :
Nous avons senti cela comme un geste de reconnaissance. Le 11-Décembre passé, nous avons fait montre d’une grande capacité de mobilisation, de sérénité au plan organisationnel. Nous nous sommes sentis, très touchés par cette décision du gouvernement et l’avons accueillie avec beaucoup de fierté et de ferveur.

Quel est votre sentiment sur les raisons qui soutiennent cette opération de la célébration tournante dans les différentes régions ?
KTH :
Cette décentralisation, disons, cette délocalisation de la célébration de la fête nationale répond à des soucis que le gouvernement saura mieux expliquer. J’estime pour ma part que cette démarche participe de la mise en route d’une meilleure allure de développement pour les régions concernées. Le constat est là et parle de lui-même. A la faveur de cette décentralisation beaucoup de choses sont en train d’être réalisées.
On ne pouvait pas en attendre autant dans les conditions ordinaires avant plusieurs décennies. Donc c’est une grande avancée. Si financièrement l’Etat maintient le cap, nous pouvons dire qu’au bout de 12 ans il y aura un véritable décollage des chefs-lieux de région qui pour certains ne répondent même pas au critère de ville secondaire. L’un des soucis premiers c’est de permettre aux régions de devenir un instant la capitale de tout le pays. Donc de bénéficier de toutes les attentions. Il n’y avait pas meilleure démarche pour accompagner la décentralisation en cours dans notre pays.

6 milliards d’investissements, qu’est-ce que cela a pu changer concrètement dans votre région ?
KTH :
Beaucoup de choses. D’abord je vois une ville qui s’arrache du sol. Vous savez la décentralisation est accompagnée nécessairement par une déconcentration. Un ministère qui s’implante ici, cela renvoit à un siège, des logements pour un certain nombre de ressources humaines qui doit se déplacer. Et Fada n’était pas capable d’accueillir tout ce beau monde. J’en veux pour preuve, certains ministères dont les directions régionales sont encore à Ouagadougou par manque de logements ou de locaux.

Pour une région cobaye, quelles sont les difficultés majeures auxquelles vous faites face ?
HTH :
Elles sont vraiment énormes. En tant que pionnier on est sans repère. Donc il faut être très imaginatif, avoir du courage et une capacité organisationnelle pour y faire face. Pratiquement tout arrive en même temps et, on découvre tout en avançant. Ça c’est un gros défi. Si c’est un avantage de tracer la voie pour les autres c’est aussi un inconvénient ; celui de ne pas bénéficier d’une expérience similaire. J’espère que les autres régions qui suivent vont tirer des leçons de nos erreurs. Elles vont bénéficier de plus d’attention notamment par rapport aux difficultés matérielles et celles liées à la méthode organisationnelle.

De quel côté de l’organisation aimeriez-vous que les autres régions anticipent dans les années à venir ?
KTH : Commencer déjà à réaliser les infrastructures si cela s’impose. Ici nous avons pratiquement lancé les activités à quelque 5 mois du 11-Décembre.
C’était extrêmement difficile de pouvoir mener cela dans ce laps de temps. Les soucis sont énormes. Vous suivez tout en même temps pour que cela avance rapidement. C’est cela la difficulté d’être pionnier. Il faut toujours imaginer un plan « B » quand on prend une décision.
Par exemple, je prévois accueillir tous les gouverneurs des régions dans les villas en construction. S’il se trouve que pour des raisons de force majeure les travaux n’ont pu être achevé, il faut imaginer une solution de rechange viable. Donc envisager deux solutions de façon systématique. C’est le cas dans presque tous les domaines.

Aujourd’hui, est-ce que M. le gouverneur peut dire que tout ira bien pour la fête ?
KTH :
En matière d’organisation on ne peut jamais s’estimer fin prêt. Vous allez chaque fois entendre que nous sommes en train d’apporter de dernières touches ici et là. Et cette dernière main va demeurer jusqu’à la dernière seconde. Nous faisons le maximum pour être fin prêt. Faire de telle sorte que même si on n’est pas prêt, qu’il faudrait un regard spécialisé et particulièrement perspicace pour le savoir. Nous mettons tout ce que nous avons comme énergie, sérieux, volonté pour que Fada N’Gourma puisse accueillir tout ce beau monde et soit à la hauteur des attentes des uns et des autres.

Est-ce qu’il y a des dispositions particulières sur le plan sécuritaire justement pour que tout ce beau monde fête dans la quiétude ? Surtout que la région est réputée zone d’insécurité.
KTH :
Les dispositions sont en train d’être mises en œuvre. Pour les observateurs avisés et même non avisés vous allez constater qu’on ne circule pas comme avant à Fada. En la matière il y a des dispositifs visibles et ceux non visibles. Je peux vous assurer que depuis que nous avons commencé, les résultats sont concluants.

Est-ce que vous avez préparé l’après-fête, avec des difficultés liées aux petites factures ?
KTH :
C’est un gros souci. Vous avez des acteurs non-étatiques qui n’ont pas le même style de travail que l’Etat, qui travaillent dans l’informel. Il faut régler tout cela pour qu’il n’y ait pas de problème pour justifier les fonds. C’est quand même des fonds publics que nous dépensons et il faut prendre des mesures adéquates pour qu’au moment venu il y ait un compte-rendu qui répond aux normes financières en vigueur dans notre pays. Et je vous l’avoue ce n’est pas le souci de beaucoup d’acteurs avec lesquels nous sommes obligés de travailler.

Interview réalisée par Issoufou MAIGA

 

Des Fadalais se prononcent sur le 11 décembre

Zakaria TIABYARGA : « Je trouve qu’il y aura beaucoup de changements pour ce 11 Décembre à Fada. Nous venons d’avoir des feux tricolores, un stade, un aérogare. C’est grâce à cette fête-là. Nous souhaitons que cela puisse continuer pour permettre à la ville d’accélérer son développement. En matière d’affaires nous savons qu’avec les étrangers qui seront là, chacun trouvera son compte. Vous voyez, on sent déjà la fête. Les forces de l’ordre sont là et cela a changé le cours normal de la ville. Mais j’avoue que nous en province on n’est pas habitué à cette ambiance particulière.

Kogdia THIOMBIANO : « Nous sommes très fiers de ce qui va se passer ici dans quelques jours. Nous serons aussi un instant la capitale du Burkina et cela fait plaisir. Notre ville va accueillir Blaise COMPAORE, le président du Faso. Tout ça nous donne de la joie en plus il faut noter que Fada sera connu très bien dans le monde grâce à cette fête. Nous attendons seulement le démarrage des activités.

Amadou THIOMBIANO : « Depuis qu’on a annoncé que la fête du 11-Décembre va se tenir à Fada, toute la ville est en mouvement. Il y a beaucoup d’investissements, et les petits travaux ne manquent pas. La ville même a beaucoup évolué dans ce sens-là. Le stade, le goudron tout ça nous procure de la fierté.

Lankoudia THIOMBIANO : « C’est une fête nationale. C’est comme partout dans le pays tout entier, où elle sera célébrée. Particulièrement l’événement national se tiendra ici parce que c’est la politique du gouvernement.
Pour moi, c’est une manière de développer plus les régions pour les doter de moyens d’infrastructures afin d’améliorer le cadre de vie des populations. Nous constatons beaucoup de changements. Les voies sont dégagées, les logements s’augmentent, les gens s’activent. Pour ce qui est de l’utilité des investissements, je pense que chacun est libre de sa pensée. Seulement, cet argent n’est pas allé dans la poche de quelqu’un. Cela a servi à la construction des infrastructures de longue durée et qui profitent à la population. C’est du concret comme dirait quelqu’un. L’ambiance est déjà effervescente parce que tout le monde s’active pour la réussite de cette fête qui honore la région ».

L’Abbé Zacharie LEHOUN, directeur de la radio Tamba de Fada : « Pour les premiers responsables de cette région, la tenue de la fête nationale à Fada N’Gourma est un défi. En même temps, c’est une occasion de faire découvrir les potentialités de la région par un thème. Parlant d’investissement, quand on arrive aujourd’hui à Fada, on remarque très visiblement un certain toilettage. L’impact social est réel même si il y a beaucoup d’activités qui viennent de Ouagadougou. Il y a une certaine effervescence dans la ville de Fada avec l’affluence de ce monde.
L’impact économique est bien visible aussi. A partir de cet événement, Fada va essayer de se relever économiquement. Pour des évènements comme celui-ci, les avis vont toujours être divergents quant à la nécessité de faire ceci ou cela. Mais il ne faut pas être assez négativiste. Quand il y a de l’avancée pour la région, il faut être objectif. Pour ma part, je pense que la ville n’aurait pas espéré mieux.

Raoul BALIMA, chargé de programme à radio Tamba : « A notre niveau, nous vivons la fête au quotidien ; puisque déjà nos programmes surtout de sensibilisation nous approchent plus des populations. Nous leur donnons au quotidien les informations sur le déroulement de la fête du 11-Décembre.
Avec l’affluence pendant les festivités les questions de sécurité et même de maladie sont à prendre au sérieux., Nous sommes à une période propice de la méningite donc il faut sensibiliser par des microprogrammes afin qu’on évite des comportements favorables à certaines épidémies. A part cela, nous pensons que la décision du gouvernement de pousser le développement des différentes régions par le biais de la célébration tournante de la fête nationale est une bonne chose. Il suffit qu’il maintient le cap.

Aïcha TANDAMBA : « Moi, en tant que restauratrice, cette fête est la bienvenue et nous ne pouvons que nous réjouir. Pour l’instant ma clientèle a sensiblement augmenté. Les ouvriers sur les différents chantiers s’abonnent pour se restaurer et à la fin du mois, ils me paient. Je pense que cela m’a beaucoup apporté. Si ça continue comme ça, c’est très bien. Je pourrais peut-être payer une moto pour mes déplacements. En tout cas cette fête a apporté beaucoup de choses pour nous.

Léonce THIOMBIANO, élève en classe de seconde : « cette fête est la bienvenue vu que beaucoup de choses sont en train de changer dans la ville de Fada. Nous allons par le biais de cette fête nationale voir le président Blaise COMPAORE. Beaucoup de gens viendront visiter les potentialités de la région et je pense que c’est une bonne chose d’avoir le regard de tous les Burkinabè orienté sur Fada ce jour-là. Nous serons de la fête par les défilés.

Idrissa MAIGA, boucher : « Depuis l’annonce de cette fête, beaucoup d’étrangers descendent à Fada. Je peux dire que mon chiffre d’affaires va augmenter ; puisque j’ai beaucoup de clients maintenant. J’espère que ça va continuer ainsi jusqu’à la fin.

Issa SOURA, instituteur : « Moi personnellement, je me demande où va loger ce beau monde annoncé. Déjà, le logement même est difficile à trouver à Fada et quand tu réussis à l’obtenir c’est cher. La chambre-salon coûte plus cher à Fada qu’à Ouaga. C’est une question que je me pose. L’idée de célébrer la fête dans les différents chefs-lieux de région, c’est bien. Des gens quittent la capitale pour venir organiser une fête, c’est pour dire que l’argent va retourner d’où il est venu. Et en plus ce sont les mêmes personnes qui sont dans les comités d’organisation. C’est bizarre non ? Moi, je veux que Tertius ZONGO soit regardant sur les dépenses parce qu’on constate un laissez-aller.

Léocadie ZOUNGRANA, ménagère : « Moi aussi je vis la fête comme tout le monde. Et ça fait plaisir de savoir que la fête nationale se tiendra à Fada avec toutes les hautes personnalités du pays. Je suis pressée que ça arrive. Voir les militaires, les civils, les sautpara c’est tout simplement merveilleuse. J’allais dire aussi que Fada a beaucoup changé et positivement. Nous avons maintenant des feux tricolores, des caniveaux et la présence des militaires dissuade les bandits ».

Interview réalisée par Issoufou MAIGA

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