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La une n° 585/586 du 24/08 au 13/01/2009
LA UNE du 24/12/08 au 13/01/2009
ACTUALITE :N° 585/586 du24/12/08 au 13/01/2009

Gisèle TAPSOBA, directrice régionale de l'Agriculture du Plateau central
“Nous demandons aux producteurs de ne pas vendre le riz à moins de 115 F le kilo”

Gisèle TAPSOBA, directrice régionale de l'Agriculture du Plateau centralLa région du Plateau Central a connu un déficit céréalier l'an dernier. Cette année avec la clémence de la nature, le soutien de l'Etat aux producteurs, surtout le dynamisme des responsables en charge de l'agriculture et l'ardeur des producteurs, elle connaît un excédent céréalier.
Pour en savoir plus nous avons rencontré Mme Gisèle TAPSOBA, Directrice régionale de l'Agriculture, de l'Hydraulique et des Ressources halieutiques de ladite région. Lisez plutôt.

Mme la Directrice, pouvez-vous, vous présenter à nos lecteurs ?
Gisèle TAPSOBA (GT) :
Je suis ingénieur agronome et j'occupe le poste de Directeur régional depuis novembre 2007. Donc il y a un an. Avant cette date, j'étais la responsable du service de la mise en valeur des sols au service national des sols. Donc j'ai un peu une spécialité de pédologue.

La nature a été clémente cette année. Pouvez-vous nous en dire plus en ce qui concerne votre région ?
GT :
Oui, la nature a été très clémente. D'abord la pluviométrie, sa répartition spatio-temporelle a été très bonne et la quantité suffisante et non excessive. A titre d'exemple, le Ganzourgou a enregistré en 52 jours 794,55mm d'eau et l'Oubritenga 901,05mm d'eau en 52 jours. Il n'y a pas eu d'inondation, sauf une poche de sécheresse de 19 jours dans 7 villages de Nagréggo et 2 villages de Ziniaré.
Cela a porté préjudice à la production du maïs dans ces villages car les pantes étaient au stade d'épiaison.
Mais les superficies concernées n'étaient pas très importantes car c'était uniquement des champs de case. La situation phytosanitaire a été calme. Aucune attaque acridienne n'a été signalée. Comparativement à l'an passé toutes les 3 provinces enregistrent un écart positif de hauteur d'eau tombée.

Tout cela, conjugué à l'ardeur des paysans a porté beaucoup de fruits, n'est-ce pas Mme la Directrice ?
GT :
Oui, cela a apporté beaucoup de fruits, mais il faut dire qu'il y a eu aussi l'effet du gouvernement qui a soutenu les producteurs avec de l'engrais et des semences améliorées. Ce qui donne un bilan prévisionnel excédentaire au Ganzourgou avec une couverture alimentaire de 149% et une situation d'équilibre dans l'Oubritenga et le Kourwéogo. Mais il faut noter avec insistance que ces taux de couverture ne signifient pas que tous les ménages seront autosuffisants céréaliers. Ils indiquant le nombre de ménages agricoles pouvant se nourrir à base des céréales produites. Pourtant ces céréales dans la réalité de consommation vont alimenter les ménages non agricoles, (3% en milieu rural) et les ménages urbains.
C'est dire qu'il n'est pas exclu de voir des poches de disette dans certains ménages ou dans certains villages. Outre les céréales, les autres cultures telles la patate, le niébé, et les autres cultures de rentes ont bien donné.

Le riz est une céréale de plus en plus prisée par les Burkinabè. Pour cela le gouvernement a fait de sa production une priorité. Qu'est-ce qui est fait au niveau de votre région pour accompagner cette politique gouvernementale ?
GT :
En ce qui concerne le riz il faut vraiment saluer l'action du gouvernement car nous avons reçu 73 tonnes de semences améliorées, de l'engrais (urée et NPK) que nous avons mis à la disposition des producteurs. Il y a eu un grand engouement de ces derniers et cela nous a permis de dépasser largement les prévisions. Car pour un objectif de 1460 hectares qui nous avaient été assignés, nous avons emblavé 3510,57 hectares et cela n'est pas une estimation, c'est le résultat d'un inventaire exhaustif et précis. Ces surfaces emblavées se répartissent comme suit : Kourwéogo 958,31 hectares sur 15 sites aménagés et 52 non aménagés. Oubritenga 632,14 hectares sur 20 sites aménagés et 95 non aménagés et enfin Ganzourgou 1615,16 hectares sur 20 sites aménagés et 99 non aménagés.
A cela s'ajoute la production de riz en hautes terres sur 327 hectares. Alors nous avons un taux net de réalisation de 240,45% avec une prévision de 7842 tonnes.

La maîtrise de l'eau est l'une des conditions sine qua non pour assurer une production durable. Quels sont les acquis et les potentialités du Plateau Central en la matière ?
GT :
Nous avons dans le Plateau Central autour de 80 retenues d'eau. Mais dans l'ensemble ce sont des retenues d'eau assez vieillissante qui subissent l'effet de l'ensablement et par conséquent la plupart tarissent assez tôt. Pour leur bonne gestion il y a des partenaires qui appuient les producteurs, je citerai en exemple la mise en place des comités dirigeants, qui ont en charge la gestion de l'eau à but d'irrigation et les comités locaux de l'eau (CLE) ou les comités d'usagers des barrages (CUB). Tout cela constitue des mesures prises pour une gestion rationnelle de l'eau.
Nous faisons toujours appel aux partenaires qui interviennent dans ce domaine à venir nous appuyer en réalisant des retenue d'eau et en aménageant les périmètres qui attendent, car nous sommes convaincus que l'accroissement de la production, l'atteinte de la sécurité alimentaire passe nécessairement par une irrigation en contre-saison pour compléter la production de la saison hivernale.

Il y a un fait qui a fait couler assez d'encre et de salive l'an passé. C'est l'assèchement du barrage de Mogtédo. Quel a été son impact sur la production ?
GT :
Il faut dire que le barrage de Mogtédo nous a fait perdre beaucoup de production la campagne sèche écoulée. Car sur les 110 hectares qu'on a semés, on a pratiquement rien récolté. Cela a été une grande perte pour les producteurs et pour l'agriculture de la région. Car le barrage de Mogtédo constitue un grand potentiel pour nous.

Quelles sont les dispositions prises pour éviter de telles situations dans l'avenir ?
GT :
Pour éviter de telles situations nous avons sensibilisé les producteurs sur les inconvénients de l'exploitation de l'amont et des berges du barrage dont les conséquences sont l'ensablement du barrage et son assèchement précoce.
En ce qui concerne le cas particulier de Mogtédo pour cette campagne nous avons contacté le projet petit barrage qui a en charge le dossier de réalisation du barrage. L'appel d'offre est lancé, il reste à recruter une entreprise pour l'exécution des travaux de réalisation.
On a aussi mis l'accent sur l'organisation des producteurs autour de l'exploitation de ce barrage. Il y a un comité local de l'eau (CLE) qui a été mis en place et qui regroupe les producteurs de Zam et de Mogtédo pour une gestion concertée et rationnelle de l'eau du barrage.

Quel est le mot de la fin ?
GT :
D'abord je rends hommage à tous les producteurs de la région et je les félicite. Je salue tous les efforts qu'ils ont eu à faire durant cette campagne. Ils sont restés à notre écoute et ils ont surtout été réceptifs à nos conseils, aux messages que nous leur avons transmis et aux nouvelles techniques que nous leur avons proposées. Nous leur disons aussi que leurs efforts ont porté fruits et nous sommes à une situation prévisionnelle très satisfaisante.
Ensuite j'ai un appel à leur lancer à propos de la production du riz. Cette année nous allons acheter le riz avec les producteurs, le décortiquer à l'état paddy avant de le mettre à la disposition des consommateurs.
Alors je leur demande de bien sécher le riz pour éviter les brisures lors du décorticage, de battre le riz sur des sachets plastiques pour éviter les cailloux et à ne pas vendre le riz à moins de 115F le kilogramme prix planché fixé par l'Etat.

Par Lavoisier

 

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