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La une n° 585/586 du 24/08 au 13/01/2009
LA UNE du 24/12/08 au 13/01/2009
CULTURE :N° 585/586 du24/12/08 au 13/01/2009

Dialogue de Corps 2008
La nouvelle graine prend racine

7 jours et 7 nuits. C’est le temps qu’ont duré les 7es rencontres chorégraphiques «Dialogues de Corps». A Ouagadougou où a eu lieu l’évènement, danseurs et chorégraphes ont fait parler leurs talents. En sept jours et sept nuits les deux sites qui accueillaient les prestations ont vibré de performances, faisant ainsi découvrir au public ouagalais et aux festivaliers, la puissance de la relève de la génération montante. Ces graines en germination prennent racine et montrent que la danse, art complet, a de beaux jours devant elle.

Sur les planches les jeunes danseurs  ont exprimé leur amour pour la danseSalia SANOU et Seydou BORO directeurs artistiques de “Dialogue de Corps”A la biennale de la danse « Dialogues de Corps », le CDC la Termitière, plus qu’un centre de danses, est devenu une école pour la jeune génération. Une école où des jeunes comme, Nadia Beugre de la Côte d’Ivoire, Bouchira Ouizguen du Maroc, Auguste et Bienvenu du Burkina Faso, etc. ont été la substantielle moelle de ces rencontres.

A Ouagadougou, la jeune génération à travers les spectacles livrés a démontré que les devanciers ont semé de bonnes graines. Ils ont exprimé avec leurs corps, la vie, les joies et les peines du continent. Ils ont dénoncé, avec leurs corps, et à leur manière, la corruption, les guerres, les viols, les souffrances, les violences de ces hommes et femmes laissés pour compte.

A Ouagadougou, ils ont parlé d’amour, ils ont donné l’amour. Leur amour pour la danse, leur amour pour le continent africain à travers les spectacles.
Certes le niveau et les émotions suscités n’ont pas encore atteint ce que les aînés encore moins les précédentes rencontres ont produit mais n’empêche que la volonté et l’ardeur des jeunes présagent des lendemains prodigieux.

L’avenir de la danse est donc dans les corps de ces jeunes. Et la présence de chorégraphes comme Philippe Ménard, Joseph Nadj, de Salia et Seydou du Burkina Faso, en dépit de leurs carrures assurent dans l’ombre les pas de ces jeunes.
Ce sont eux qui danseront pour dire l’Afrique demain. Déjà, cette génération s’était signalée à Tunis en avril 2008 lors de la 7e rencontre chorégraphique de Carthage « Danse l’Afrique Danse ». Mais s’auront-ils tempérer leur fougue et se consacrer véritablement au travail ? Si l’on peut dire que dans l’ensemble il y avait à Ouagadougou des spectacles de belles factures comme « Poussières de Sang » de la Compagnie Salia et Seydou, « On / Off » de Philippe Ménard, « Pollution » de Delavallet Bidiefono, il faut reconnaître que dans certaines pièces, le dialogue du verbe a remplacé sur les planches, celui du corps et à la limite, certaines pièces étaient plutôt des ballets. Mais dans l’ensemble, les 7ème rencontres « Dialogues de Corps » ont tenu leurs promesses. En terre libre du Burkina, Nigériens, Congolaise, Ivoirienne, Malienne, Française, Américains Burkinabè, etc. ont exprimé librement leur talent. Une expression des corps qui a séduit plus d’un. Rendez-vous est pris pour 2010, pour voir si entre temps les nouvelles graines qui ont pris racines ont eu le temps de faire des bourgeons.

Par Frédéric ILBOUDO

Mode
Clara 20 ans après, cherche d’autres horizons

Clara LAWSON, la styliste modéliste burkinabè a 20 ans de carrière. 20 ans de professionnalisme qu’elle a commémorés à sa juste valeur. Le clou de la commémoration fut le grand défilé de mode quelle a organisé, le vendredi 12 décembre 2008 à l’hôtel Sofitel Ouaga 2000. Un défilé aux couleurs d’un au revoir pour la styliste qui va désormais s’installer au pays de l’oncle Sam.

Clara Lawson entrain de couper le gateau d’anniversaireClara Lowson a défilé pour la dernière fois à l’occasion de son anniversaireClara Lawson fait partie des femmes qui ont choisi de tenir tête à leur parent pour suivre leur destin et réaliser leur rêve. Pendant que ses parents lui ont payé des études pour devenir « quelqu’un » elle a choisi la couture, ce que sa tendre mère a appelé « profession en reste » de seconde zone si vous préférez.

Avant de s’affirmer dans le milieu très glissant de l’art vestimentaire, Clara a roulé sa bosse comme hôtesse de l’air dans la défunte compagnie Air Afrique. Et mannequin pour arrondir ses fins de mois.
Le déclic de son instinct de styliste est venu après une visite qu’elle a effectuée à l’unité de production UAP/GODE. « J’ai été émerveillée par ce que les femmes de cette unité faisaient avec le Faso dan fani avec amour. Je me suis demandée qu’est-ce que je pouvais faire pour elles et en même temps valoriser ce produit original », dit-elle. Toute chose qu’elle va faire avec passion et abnégation. Vingt ans après, on peut dire sans risque de se tromper que LAWSON a réussi. Et pour cause, elle est devenue une icône de la mode au Burkina, en Afrique et dans le monde. « J’ai travaillé pour montrer qu’on peut faire de grandes études et être une grande artiste dans le milieu de la mode, dans la coiffure, etc. » A-t-elle soutenu. Ce qui la pousse aujourd’hui à déposer une partie de ses valises aux Etats-Unis. D’aucuns pensent que c’est le grand départ pour de nouvelles aventures. Mais pour Clara « Résider au Etats-Unis ne veut pas dire que je ferme boutique au Burkina, bien au contraire, ma fille est là et j’ai formé des gens capables d’assurer mes arrières donc je ne crains rien ». Pour commémorer ses 20 ans Clara a misé sur la jeunesse avec son concept « Promotion des jeunes talents.» Sortir les jeunes talents de l’ombre, telle est son ambition.
La commémoration s’est faite autour d’un grand défilé de mode qui a permis de mettre sous les projecteurs, des stylistes comme Bamodi du Togo, Sambo du Niger, Roger de la Côte d’Ivoire, Dada Okuru Doudou du Nigeria, etc. La soirée a été assurée côté musique par Floby, Sami Rama et Djata, Anita Freeman.
Soirée au cours de laquelle trois prix ont été décernés à trois lauréats pour leur abnégation au travail dans le milieu de la mode et de la culture. Le prix Chris Seydou 1er prix du nom d’un des grands couturiers maliens aujourd’hui disparu décerné à Georges DUA. Le prix Mahamadou OUEDRAOGO 2ème prix du nom de l’ancien ministre de la Culture attribué à notre confrère Evariste COMBARY de la RTB. En plus de ces deux prix, un prix du coton pour la promotion du coton : François TRAORE de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina Faso. Un prix spécial Vlisco a été décerné à Madame ZOUNGRANA pour son attachement aux pagnes Vlisco. Le dernier prix Ernest Adjovi d’un promoteur de spectacles œuvrant pour la promotion de la culture à Salfo Soré (Jah Press).

par Frédéric ILBOUDO

Exodus Lumen
Ils ont comblé un vide

Une semaine avant Noël, le groupe Exodus lumen, qui signifie la marche vers la lumière, a mis sur le marché discographique son premier album. L’œuvre, qui comporte onze titres, a été dédicacée ce 19 décembre 2008 à Ouagadougou.

Les membres du groupe  Exodus lumen ont interprété deux de leurs chansons pour les journalistes.Combien de fois les fidèles chrétiens se sont retrouvés à la fin d’une messe, séduits par la prestation de la chorale ou, d’une chanson que celle-là venait d’interpréter en se demandant : « où on peut avoir ces chansons que vous avez interprétées le dimanche dernier… ».
Cela arrive généralement lors des grandes solennités : Noël, Pâques Pentecôte, etc. Malheureusement pour les fidèles, rares sont les chorales qui rentrent en studio.
C’est ce vide que le groupe Exodus lumen a comblé en interprétant pour les chrétiens, de grandes chansons de l’Eglise comme les Psaumes de la création, Song bal la wendé, Ninema Yezu», «Miséricorde insondable». Ce sont là quelques titres de l’album baptisé «Du fond du cœur» de Exodus lumen. Enveloppé dans une mélodie douce et suave, chanté en langues Dioula, Mooré, Français et Lingala, «Du fond du cœur» transporte le mélomane au royaume de Dieu, à qui Exodus lumen rend hommage.
L’album est un mélange de genres musicaux : du slow au coupé décalé, avec une petite touche de gospel. Pour le coordonnateur du groupe, Isaïe Soulga «tout le monde y trouve son compte». Mais vu que le groupe a choisi de sortir son album en plein temps de l’Avent, donc en pleine préparation de la fête de Noël, le groupe aurait glissé une chanson de Noël qu’il allait faire des heureux. L’album a un goût d’inachevé. Parce que nous sommes à Noël et il n’y a pas de chant de Noël dans l’album. Le groupe Exodus lumen est formé de huit passionnés de musique religieuse. Les membres du groupe sont issus de divers domaines d’activités.
C’est après avoir constaté un manque de chansons d’église dans les bacs à disques que Léonce Diarra, le producteur du groupe Exodus lumen, a décidé d’encourager ces jeunes à enregistrer un premier opus exclusivement constitué de chansons interprétées dans les églises. Pour lui, l’objectif premier de cet album «est d’avoir un répertoire de musiques religieuses». Exodus lumen, créé en 2007, s’est déjà fait remarquer en participant à plusieurs manifestations, dont le festival des chants sacrés «Chorus 2007».

Par Frédéric ILBOUDO

Littérature

Le chorégraphe danseur burkinabè de renom international Salia Sanou de la compagnie Salia nï Seydou a dédicacé son œuvre littéraire. Premier du genre, l’artiste a co-écrit son œuvre avec un complice photographe Antoine Tempé. « Afrique Danse Contemporaine » du titre de l’œuvre a séduit Vincent Koala qui s’est chargé de la présentation du livre le lundi 15 décembre 2008 au CDC la Termitière devant un parterre d’artistes du monde de la danse, du théâtre, et des médias.

A ce que l’on dit, c’est un rêve que Salia a toujours nourri. Celui d’écrire un livre sur la danse. Aujourd’hui cela est devenu une réalité.
L’œuvre qui a été dédicacée le lundi 15 décembre était le couronnement d’un long processus marqué par des résidences d’écriture à Bobo, en France, aux Etats-Unis etc. Après des mois voir des années de labeur le livre est enfin disponible. C’est un livre de 112 pages édité par les Editions Cercle d’Art du Centre National de la Danse en France.
Le livre dira le présentateur Vincent Koala, vient dans un contexte où la littérature est presque pauvre et riche à la fois dans le milieu de la danse. Vu de l’extérieur, la littérature est immensément riche. Mais vu de l’intérieur, c'est-à-dire avec l’œil des créateurs que sont les artistes eux-mêmes, elle est pauvre.
Et pour cause, l’œuvre de Salia est la troisième après celle de Germaine Acogny du Sénégal, et de Alphonse Thiérou. Ces trois artistes ont essayé, à leur manière, de décrire la danse vue de l’intérieur. Le livre de Salia n’est ni un traité, ni une autobiographie. « C’est un livre bizarre », a affirmé Vincent Koala. C’est une œuvre collective puis qu’elle est faite par deux personnes (Salia Sanou et Antoine Tempé).
Un livre qui raconte en 19 tableaux, illustré par 89 photos sur l’expérience, les rencontres, les voyages, que l’artiste a vécus. Chaque partie est unique et entier en elle-même et invite au voyage, à l’imaginaire. « C’est une œuvre qui n’est pas complète ni linéaire, il n’y a pas de place à la narration, il n’y a pas de conte… » Dira Vincent Koala.
Mais pour l’auteur du livre : « j’ai voulu donner des pistes de réflexion, de questionnement sur ce qu’est la danse contemporaine en Afrique ce n’est pas un livre dans lequel je donne des codes, ou des dogmes sur la danse, par ce que je ne suis pas un maître et je ne prétend pas l’être, c’est juste des interrogations que j’ai posé dans un livre en invitant chacun a partager, à réfléchir avec moi sur ces interrogations.» « Le livre est une fabuleuse œuvre qui interroge sur les perspectives et le devenir de la danse contemporaine en Afrique, ce qui est une très bonne chose » A conclu Vincent Koala directeur de ODAS Africa.

Par Frédéric ILBOUDO

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