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La une n° 585/586 du 24/08 au 13/01/2009
LA UNE du 24/12/08 au 13/01/2009

DOSSIER:N° 585/586 du24/12/08 au 13/01/2009

Nous voilà au terme de l’année 2008 avec la célébration des fêtes de fin d’année. Pour l’occasion, nous nous sommes intéressés à cette effervescence festive qui se tient dans un contexte de vie chère et de crise financière. Dans ce dossier, nous sommes allés à la rencontre des communautés réligieuses pour comprendre le sens et le fondement de ces fêtes de Noël et de 31 décembre. Comme il est de coutume, commerçants et grands magasins rivalisent en ventes promotionnelles qui frisent souvent l’arnaque. Nous avons été au cœur de cet aspect des fêtes. Qui dit fête dit grande circulation, sécurité,…, le Directeur général de la police nous a éclairé sur les dispositions qui seront prises …

Noël
Sens et fondement

En ce dernier mois de l'année, ne convient-il pas de rappeler quel est le vrai sens de Noël ? Tant de nos concitoyens semblent l'avoir oublié. Mais peut-être d'ailleurs ne l'ont-ils jamais su ?

«Me trouvant une fois, un jour de mois de décembre, dans une ville où j'avais été invité pour des réunions, je faisais quelques pas dans une rue commerçante où les gens couraient, ça et là, s'afférant à faire leurs derniers achats, en vue de la fête ; de la fête de Noël, bien sûr! Dans cette rue se trouvait un petit magasin "pas comme les autres" dirons-nous. Une "Maison de la Bible", dont la devanture fort bien décorée du reste, se chargeait de rappeler aux passants le pourquoi de cette fête du 25 Décembre. Il y était question de Jésus, bien sûr! Et au milieu de divers objets scintillants sous les projecteurs autours desquels plusieurs versets concernant Noël étaient écrits en gros caractères, une Bible était ouverte au récit de la Nativité. Alors que je quittais la devanture, deux dames passaient ; jetant un coup d'oeil furtif vers la vitrine, l'une d'elles s'exclama :"ah ces chrétiens ! C'est incroyable! Il faut qu'ils mettent leurs histoires de bon Dieu partout et pour tout, même pour la fête de Noël!" Inutile de vous dire que j'en suis resté interloqué! Ma surprise passée, je n'ai guère eu de mal à me convaincre que de nos jours, de plus en plus de gens ont grandi dans la plus complète ignorance des vérités les plus élémentaires du Christianisme. Nombreux sont ceux, en effet, qui de nos jours n'ont probablement jamais été à l'église, pas même dans leur enfance ; et n'ont donc pas eu l'occasion de suivre quelque instruction religieuse leur faisant connaître la vie du Christ et sa venue sur la terre, au premier Noël ! » Ce témoignage d’un Evêque montre à quel point la fête de la Nativité est méconnue, même de la plupart des chrétiens.
Noël, c'est le jour où est né le Christ. "Noël"veut dire en latin : "jour de naissance". Le prophète Esaïe, l’avait annoncé quelques six siècles avant que l'évènement ne se produise. Poussé par l'Esprit de Dieu, il avait fait une révélation dont la Bible nous donne connaissance : "Le Seigneur lui-même - écrivait-il - vous donnera un signe. Voici : la vierge sera enceinte ; elle enfantera un fils et elle lui donnera le nom d'Emmanuel" ce qui signifie : "Dieu avec nous"! Quelle étonnante nouvelle que celle de la venue du Fils de Dieu parmi les hommes ?
Mais le prophète n'a pas parlé seulement de la venue du Christ ; il a aussi précisé le lieu de sa naissance : Bethléem, en Palestine ; et il a donné la raison de sa venue sur la terre, le pourquoi de sa mission. Par plusieurs autres prophéties, Esaïe a précisé qu'il serait le Messie, la lumière des nations ; et qu'il apporterait le salut aux hommes. C'est pour cela que selon les théologiens, ce livre du prophète Esaïe a souvent été appelé :"l'Evangile de l'ancien Testament".
L'Evangéliste Luc rapporte ainsi les faits, au sujet de cette vierge dont il nous fait connaître le nom : Marie. Un ange de Dieu, nommé Gabriel, lui apparut et lui dit :"Ne crains point, Marie ; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut... Marie dit à l'ange : Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme ? L'ange lui répondit : Le saint-Esprit viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu... Car rien n'est impossible à Dieu"
Cette incarnation du Christ, dans une nature semblable à la nôtre, pour aussi surprenante soit-elle, est chargée de signification. Elle manifeste tout d'abord l'intérêt du Dieu créateur pour nous, ses créatures. Mais elle témoigne aussi de son amour et de sa miséricorde pour tous les hommes, sans distinction de race ni de rang social.
Le vrai Noël ne peut être et ne doit être réduit à une simple fête, en famille, ou entre amis. Une fête où lumières, cadeaux et victuailles font bon ménage pour réjouir le coeur des hommes et faire marcher cette société de consommation que nous nous sommes fabriqués. Le vrai Noël est et doit rester l'événement sans précédent qui a ouvert toute grande la porte du salut pour l'humanité perdue. Il faut donc que chacun sache que, ce jour-là, le Christ Jésus est vraiment venu dans le monde pour sauver les pécheurs que nous sommes.
Qui saurait compter toutes les heureuses conséquences que cette venue du Fils de Dieu sur la terre a pu avoir pour notre humanité et pour la vie de tous ceux et de toutes celles qui ont cru en Lui ? Les conséquences de la venue du Sauveur des hommes demeurent, encore aujourd'hui, pour tous ceux qui croient. La Bible affirme que si nous croyons en Jésus-Christ, le Fils de Dieu, et si nous l'acceptons comme le Sauveur de notre vie, nous découvrons alors qu'Il vient vivre sa vie en nous. Il vient vraiment, par son Esprit, demeurer en nous. Ce n'est plus seulement : "Emmanuel - Dieu avec nous" ; mais c'est : "Dieu en nous" - Dieu vivant en nous.
Chers lecteurs, c'est dans cette unique perspective que nous nous permettons de vous souhaiter, ainsi qu'à votre famille, un Noël béni ; ce sera un vrai Noël, parce que chacune et chacun de vous, aura compris, du plus jeune au plus âgé, la véritable signification de cette fête. Si non, comment pourrait-il encore être question d'un vrai Noël!

Par Frédéric ILBOUDO

La part des enfants

Les fidèles catholiques du monde entier célèbrent, le 25 décembre de chaque année la fête de Noël. Cette fête est différemment célébrée selon qu’on est enfant, jeune ou adulte. Comment les enfants eux prennent-ils part à la fête de la Nativité ?

Ces crèches pré-fabriquées enlèvent à l’enfant tout plaisir de confectionner lui-même sa crèche et de révéler à A n’en pas douter Noël est aussi une fête des enfants. En effet, si c’est la naissance du Christ qui est célébrée à cette occasion, on imagine mal comment les enfants peuvent rester en marge de la célébration de la naissance d’un des leurs. Aussi, selon qu’on est en campagne ou en ville, ceux-ci participent-ils activement à la fête. Cependant, force est de constater que les enfants ne fêtent plus Noël comme ils le faisaient il y a 15 ou 20 ans. De même, selon qu’on est en campagne ou en milieu urbain, les manières de fêter sont-elles différentes. En effet, il y a quelques années, la fête de Noël était pour les enfants l’occasion de libérer leur génie créateur dans la construction des crèches. Il était alors quasiment impossible de rentrer dans une famille chrétienne sans apercevoir une crèche construite et décorée par les enfants. On pouvait admirer à l’intérieur de la cour ou à l’entrée ces œuvres originales réalisées en terre battue ou en ciment selon les moyens et les matériaux disponibles. Chacun y allait selon son inspiration du moment, l’essentiel étant de donner un toit à l’enfant Jésus.
C’était l’occasion de se salir merveilleusement sans subir les réprimandes des parents parce que c’était pour la bonne cause. Au finish, sortaient des crèches de plus ou moins belle facture avec la réplique de l’enfant Jésus, des anges, des animaux à l’intérieur ; sans oublier le petit panier qui servait à recueillir la contribution de généreux donateurs qui viendraient à passer par là et admirer l’œuvre. Certains adultes reconnaîtront volontiers qu’ils participaient activement à ces réalisations et avaient là un prétexte pour se barbouiller, à bon compte, d’un peu de terre fraîche et de peinture. C’était formidable !
De nos jours rares sont les enfants qui respectent cette tradition surtout dans nos villes urbaines. On fait maintenant appel à des spécialistes pour la plupart adultes qui font le travail contre rémunération, privant les tout-petits de l’occasion d’exprimer leur talent. Une autre parade consiste à acheter simplement un gigantesque arbre de Noël tenant lieu de crèche. D’aucun diraient autre temps, autres mœurs mais, n’est-ce pas là une transformation des bonnes habitudes qui donnaient aux mômes leur indépendance ? Les parents savent-ils seulement l’immense plaisir que tire un enfant à construire lui-même sa crèche ? Quelle tâche exaltante qui lui permet de se réaliser ! Le comble de la bêtise humaine en cette fête censée célébrer la naissance du sauveur est la mise entre les mains de ces âmes encore innocentes de la réplique d’engins de mort, ces pétards ou autres dynamites qui hélas font aujourd’hui leur joie. Eh oui, les enfants se signalent négativement de nos jours dans l’utilisation dangereuse et abusive des pétards à l’occasion des Noël. C’est dommage !
Pendant que la fête de Noël se banalise en ville et rentre dans la logique festive des adultes qui ne pensent qu’aux plaisirs des sens, au village elle garde son aspect convivial et traditionnel. Si les enfants des villes sont surtout soucieux des vêtements et des cadeaux qu’ils auront à Noël, parce que mangeant relativement bien et que le plat de Noël ne fait pas l’objet de convoitise pour eux, ceux des campagnes se réjouissent toujours à Noël parce que c’est l’occasion pour la plupart de manger ce jour-là, un plat qui sort de l’ordinaire, d’avoir aussi une nouvelle tenue sortie de chez le tailleur et des chaussures neuves achetées chez le commerçant du coin. C’est donc avec grande joie qu’ils feront le tour des concessions pour dévorer les plats fumants de riz et avaler des morceaux de viande. De même ceux-ci participent massivement à la célébration de la messe de Noël aux côtés de leurs parents qui emplissent les églises et chapelles.
La fête de Noël demande vraiment à être recadrée, recentrée sur ce qui fait son fondement. C’est avant tout, une fête religieuse et pour cela, le recueillement, la pondération, les bonnes manières doivent prendre le pas sur l’épanchement, la jouissance. Les parents devraient avoir l’attention toute acquise à la famille, la communauté et surtout en leur frange juvénile. Ils feraient bien de revoir l’encadrement de leurs enfants à cette occasion en les encourageant par exemple à construire eux-mêmes leurs crèches. Cette activité n’est pas seulement que ludique, elle apprend à l’enfant à se responsabiliser, à forger sa personnalité.
Joyeux Noël à tous et bonne fête à tous les enfants !

Par Angelin DABIRE (Stagiaire)

Noël vu par les réligieux

Pasteur Vincent ILBOUDO, de l'Eglise Apostolique de Tanghin, secteur 23
"Je souhaite à tous, la connaissance et la crainte de Dieu dans les foyers et dans les cœurs."

Pasteur Vincent ILBOUDO,C'est bientôt la fête de la nativité, nous avons voulu comprendre les différents aspects spirituels et la position de l'Eglise protestante par rapport à cet évènement. Nous avons donc rencontré un homme de Dieu, modeste, une des personnes ressources des Chrétiens. La paix est une quête permanente pour lui et passe par la connaissance de la parole de Dieu. Le pasteur Vincent ILBOUDO de l'Eglise apostolique de Tanghin a accepté répondre à nos questions. Lisez plutôt.

C’est bientôt la fête de la nativité, quelle est sa signification pour l’Eglise protestante ?
Pasteur Vincent ILBOUDO (P.V.I.) :
La fête de la nativité commémore la naissance de Jésus-Christ. Selon la Bible, Jésus est né miraculeusement, c'est-à-dire par une intervention divine. En effet, nous lisons dans l'Evangile ceci : « Voici, de quelle manière arriva la naissance de Jésus-Christ. Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, se trouva enceinte par la vertu du Saint Esprit, avant qu'ils eussent habiter ensemble. Joseph son époux qui était un homme de bien et qui ne voulait pas la diffamer se proposa alors de rompre secrètement avec elle. Pendant qu'il y pensait, voici un ange du seigneur qui lui parut en songe, et disait à Joseph : "Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie ta femme, car l'enfant qu'elle a conçu vient du Saint Esprit, elle enfantera un fils et tu lui donneras le nom de Jésus; c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés". Noël nous rappelle donc cette naissance unique dans l'histoire de l'humanité. Noël est la visitation de Dieu sur terre. Un astronaute Chrétien a déclaré un jour ceci : "Dieu qui a marché sur la terre vaut mieux que l'homme qui a marché sur la lune". En effet; Jésus est venu dans notre monde dans le but de montrer combien Dieu nous aime; et veut nous sauver. Et l'Evangile de Jean nous dit qu'il est la lumière qui luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas reçu. Jean parle de la parole qui a été faite chair, et elle a habité parmi nous pleine de grâce et de vérité. Il a donc marché sur cette terre afin de témoigner l'amour divin pour tous et il donne le salut à ceux qui lui font confiance.

Quelles sont les recommandations de l’Eglise protestante en cette période, de fête de la nativité ?
P.V.I :
Dans cette période de fête, nous recommandons à tous, la prudence dans la joie, se serait dommage que Noël qui nous rappelle la naissance du sauveur soit une occasion de perdition, par les accidents ou tout autre comportement pernicieux ! Au contraire, Noël nous interpelle à la méditation de l'amour de Dieu pour nous, qui nous a donné Jésus-Christ, un cadeau suprême. Nous devons à notre tour, en cette occasion, de témoigner de l'amour pour les uns aux autres.

Quel est l’état des préparatifs au sein de votre Eglise ?
P.V.I :
La fête se prépare bien, les fidèles sont prêts à offrir au Seigneur leurs louanges et leurs reconnaissances pour son don merveilleux.

Comment une famille chrétienne doit-elle vivre cette fête spirituellement ?
P.V.I :
Une famille chrétienne doit dans la convivialité fêter Noël sobrement, dans le partage, tout ce que nous faisons ne doit pas manquer de la spiritualité comme il est écrit «Soit donc que mangiez soit que vous buviez, soit vous fassiez quelque chose d'autre, faites tout pour la gloire de Dieu» (1. Cor. 10 : 31)

Interview réalisée par Adama OUEDRAOGO

 

Abbé Isidore ZONGO
«La préparation spirituelle de Noël est d’abord intérieure».

Abbé Isidore ZONGODans la perspective des fêtes de fin d’année nous avons tendu notre micro à l’Abbé Isidore ZONGO, prêtre catholique exerçant comme curé à la paroisse Notre Dame des Apôtres de la patte d’oie depuis août 2008. A travers cet entretien il donne la signification de Noël, évoque le côté spirituel de la fête et appelle à la modération dans les réjouissances.

Demain, les fidèles Catholiques du monde entier célèbreront la fête de la noël. Que représente la fête de Noël ?
AIZ : La fête de Noël comme d’ailleurs le sens originel l’indique, représente pour les Chrétiens la fête de la naissance de Jésus qui est pour nous la naissance de la lumière, celui qui vient pour nous visiter.
Jésus-Christ est pour nous lumière qui vient d’en haut pour nous éclairer. C’est aussi la naissance d’une nouvelle vie pour chaque Chrétien parce qu’il vient nous apporter le salut, un nouveau monde sur lequel on se base pour calculer les années.

Comment l’Eglise d’une part ; et les fidèles d’autre part, doivent préparer spirituellement la fête de Noël ?
AIZ :
La préparation spirituelle de noël réside dans une préparation d’abord intérieure et spirituelle ce qui signifie que chacun de nous doit voir comment est sa vie, son état. Nous découvrons en ce moment notre état de pécheur. Aussi la première attitude que nous devons avoir c’est de lever les yeux pour voir celui qui vient à notre rencontre pour opérer le salut dans notre situation. La fête de Noël est une fête d’espérance, de salut que le seigneur peut m’apporter afin que j’exulte de joie. Pour ce faire, le fidèle peut préparer Noël en goûtant à la miséricorde de Dieu, au salut de Jésus à travers la confession qui fait partie de sa préparation spirituelle.

Après Noël, on a la fête de la St Sylvestre (31 décembre). Existe-t-il un fondement religieux à cette fête ?
AIZ :
Un fondement religieux (hésitation puis) ce que je peux dire à titre personnel c’est que Jésus-Christ est venu inaugurer pour nous une nouvelle vie et l’année nouvelle qui vient est aussi cette opération de saut que le seigneur est venu donné à ce monde en nous sortant des ténèbres.

Comment le fidèle chrétien doit-il fêter?
AIZ :
Dans un premier temps celui-ci peut fêter Noël dans une exultation de joie extérieure qui est d’ailleurs légitime puisque nous sommes des humains. On peut manger, on peut boire. Cependant, il ne faut pas mettre l’accent seulement sur ça ou même exagérer, c’est en ce moment que ce n’est pas bon. La fête doit être plutôt spirituelle et intérieure. Que chacun puisse à cette occasion voir ce que le Seigneur a opéré dans sa vie comme changements, comme merveilles.

Le mot de la fin?
AIZ :
Le mot de la fin est de souhaiter une bonne préparation et une bonne célébration de Noël à vos lecteurs. Au monde entier je souhaite la paix.

Par Angélin Dabiré (stagiaire)

Imam Tiego TIEMTORE, AEMB/CERFI
«Le Saint Coran recommande la bonté avec toute créature de Dieu»

Imam Tiego TIEMTORE, AEMB/CERFIA la faveur des fêtes de fin d’année que sont celles de la Nativité, de la Saint Sylvestre, et du Nouvel an, nous avons rencontré un leader religieux, Imam Tiego TIEMTORE, pour qu’il partage avec nous l’entendement musulman de ces évènements et présenter ses vœux.
La fête de la Nativité ou la naissance de Jésus-Christ ou encore Noël est un événement heureux pour le monde chrétien qui le célèbre à chaque 25 du mois de décembre du calendrier grégorien. Qu’en est-il de l’endement de l’Islam par rapport à la Noël ?

Un Imam de l’Association des Elèves et Etudiants Musulmans du Burkina AEEMB) et du cercle d’Etudes, de Recherche et de la Formation Islamique (CERFI) Tiego TIEMTORE, soutient que l’Islam est une religion complète qui reconnaît tous les prophètes d’Adam jusqu’à Mohamed (SAW). «Jésus est appelé Issa dans le Coran dont plusieurs passages lui sont dédiés. La sourate 19 porte le nom de Mariam (ndlr : Marie chez les chrétiens), celle 14, Ibrahim et d’autres, Noé, etc. L’un des 6 credo de la foi musulmane est de croire à tous ces prophètes», a-t-il relevé. Selon lui, les préoccupations en termes de vie communautaire doivent être communes selon qu’on est musulman ou chrétien dans le malheur ou le bonheur. M. Tiego pense que la célébration de la naissance de Jésus est un concept qui engage des débats même au sein de l’Eglise catholique.
C’est pourquoi en tant que leader religieux, il donne la position de l’Islam en ces termes : «Le musulman n’adhère pas forcément à cette fête. Une fois qu’on rentre dans le culte comme le dit le Saint Coran, à vous votre religion, à moi ma religion», l’Imam TIEMTORE. Cependant il précise que même si les itinéraires dogmatiques, spirituels sont différents, le Saint Coran recommande la bonté avec toute créature de Dieu. Cela ne devrait en rien entamer son témoignage de joie envers «Ses frères chrétiens».
Quant au nouvel an, M. TIEMTORE le définit comme la joie d’avoir terminé une année et doit plutôt servir à la réflexion de nos rapports avec Dieu. Pour lui bien qu’étant une joie, les gens exagèrent notamment la consommation de l’alcool. Il pointe du doigt aussi sur les dépenses somptueuses à cette occasion qui pour lui pourraient servir à soutenir les catégories défavorisées. Tiego TIEMTORE relève par ailleurs, que les Africains s’offrent trop de fêtes… «On ferait mieux de travailler dure afin de permettre à nos nations de prospérer, seule alternative, pour rattraper le retard sur le développement», a-t-il lâché. Cet Imam de l’AEEMB et CERFI, oriente ses vœux vers l’apaisement des cœurs, l’amour entre les Burkinabè, la stabilité et la cohésion sociale.
«Que Dieu inspire la miséricorde à ceux qui nous gouvernent enfin qu’ils mettent toujours en avant l’intérêt général des populations», implore M. TIEMTORE.

Par Issoufou MAÏGA

Saint-Sylvestre ou 31 décembre
Origines et sens

Le dernier jour de l'année est attendu et fêté avec faste. En effet, le 31 décembre semble pour tous le jour fétiche de l'année. On est aux anges surtout quand sonne minuit et chaque année c'est le même rituel, dans la même euphorie que même la vie chère ne saurait émousser. Mais combien d’entre nous connaissent le sens et le fondement de cette fête plusieurs fois séculaire ? .

Les besoins de la vie sociale ont obligé l'homme à mesurer le temps. Ceci pour régler l'activité quotidienne, situer les événements passés et programmer ceux à venir. Donc, il est évident que le choix de la date qui marque le début de l'année est arbitraire et en cela, il est formellement établi comme le stipule le Larousse qu'"il n'existe aucun point privilégie de l'orbite terrestre permettant de préciser quand l'année commence." (Mémo Larousse, nouvelle édition, Larousse 1991).
C'est ainsi que chaque civilisation antique a choisi la date de son premier jour de l'an selon les dirigeants ou les religions du moment. Et les calendriers utilisés ont été de type solaire, lunaire ou luni-solaire. Par exemple à Rome, le calendrier était à l'origine de type lunaire. Mais ne pouvant accorder les années civiles avec les saisons, il a connu différentes versions avec un début d'année fixé au 1er mars. C'est en 46 av. J.-C que le célèbre Jules CESAR (sur les conseils de l'astronome Sosigène d'Alexandrie) a introduit le calendrier julien qui fixa le jour de l'an au 1er janvier. Cette décision dura ce que dure les décisions autocratiques, puisque peu après la mort de l'empereur, l'usage de ce calendrier battit de l'aile, et les pontifes appliquèrent des réformes tous azimuts notamment avec de nouvelles années bissextiles intercalées. Ceci jusqu'à l'an 5 apr. J.-C. Puis, le calendrier julien n'étant pas vraiment exact, à la longue, l'Église catholique s'en est émue et avec son pape Grégoire XIII (1582), elle a créé le calendrier grégorien qui rétablit une plus grande concordance avec les saisons, et qui fixa le début de l'année au 1er janvier !
Il semble selon les historiens, que ce soit à Babylone (2000 ans av. J.-C.) qu'eurent lieu les premières célébrations du Jour de l'An et la coutume fut lancée. En Égypte antique, ils utilisaient un calendrier solaire qui comptait 365 jours (12 mois de 30 jours et 5 jours complémentaires de rattrapage), ce qui faisait débuter l'année quand l'étoile Sothis (Sirius aujourd'hui) réapparaissait un peu avant le lever du soleil après une longue absence sous l'horizon. C'est d'ailleurs à ces moments-là que le Nil commençait sa crue. En Grèce antique, le calendrier connut bien des erreurs et des errances d'ajustement en étant d'abord et essentiellement lunaire avec 12 mois de 30 jours, puis ensuite solaire au VIe siècle av. J.-C.

Par Frédéric ILBOUDO
Sources Internet

 

L’histoire et la vie de Saint Sylvestre

Chaque 31 décembre le monde entier célèbre la Saint Sylvestre. Jour marquant le passage entre l’année finissante et celle qui naît le 1e, surtout est attendu avec ferveur par tous. Comment en est-on venu à célébrer cette journée et qui est le Saint dont elle porte le nom ?

L’histoire dit qu’il y a bien longtemps le 31 décembre était une fête païenne d'origine celte, particulièrement célébrée par les Gaulois avec druide, cueillette du gui, et fête sous la lune... Et puis vint plus tard Sylvestre qui fut pape pendant près de vingt-deux ans (du 31 janvier 314 au 31 décembre 335).
Qui était Saint Sylvestre ?
Sylvestre, fils du prêtre Rufin, était un Romain. Il pratiqua l'hospitalité avec le plus grand courage en hébergeant un chrétien d’Antioche, Timothée, qui après avoir fait beaucoup de conversions fut décapité sur l'ordre du préfet de la ville, Tarquinius. Sylvestre emporta le corps du martyre et, avec le pape Miltiade, il l'ensevelit près du tombeau de saint Paul, dans le jardin d'une pieuse dame, Théona. Le pape Miltiade l'ordonna prêtre. Elu à la succession de Miltiade, sous le règne de Constantin le Grand (306-337), il gouverna l’Eglise à l’époque où elle passait de la persécution au pouvoir. Il eut la satisfaction de voir l'Eglise de Rome enrichie et embellie par les largesses impériales auxquelles on doit de grands édifices comme la Basilique Constantinienne (plus tard Saint-Jean-du-Latran) avec son baptistère, et les basiliques Saint-Pierre et Saint-Paul. Le pape Sylvestre 1er , dont le pontificat s'étendit de 314 à 335 participa notamment au concile de Nicée, en 325, au cours duquel fut condamné l'arianisme, qui niait l'unité et l'identité de substance de la Sainte Trinité. En d'autres termes, c'est sous son règne que le dogme de la Sainte Trinité prit son importance et que le christianisme obtint le statut de religion d'empire dans le monde romain. On assure que Saint-Sylvestre est le premier pape à être représenté avec une tiare (chapeau pontifical). Saint Sylvestre mourut à un âge avancé et fut enterré dans le cimetière de Sainte-Priscille sur la Via Salaria (31 décembre 335).

Frédéric ILBOUDO
Sources Internet

 

Les commerçants se frottent-ils les mains ?

L’année 2008 ? ses derniers jours. Une fin qui s’inscrit dans la dynamique de la «vie chère» avec son lot de fête à quelques intervalles près : Tabaski (8 décembre) ; Noël (25 décembre), Saint Sylvester (31 décembre) 1er janvier. Au Faso, les réalités ambiantes sur fonds de «vie chère» déteignent sur les préparatifs des uns et des autres. Ce ne sont pas les commerçants qui diront le contraire. Car quand le parier de la ménagère va, tout va.

La rue grouille d’habitude de monde en cette période de fêtes.Les fêtes de coutume rime toujours avec dépenses dans le sens de briser avec l’ordinaire. Ces dépenses pour la plupart sont orientées vers la gastronomie, la parure, les cadeaux (console de jeu, arbres de Noël» et autres gadgets d’embellissement). Et les commerçants, les répondants de ces nombreux clients s’attendent pour l’occasion faire de bonnes affaires et tirer le maximum de profit. Au Burkina Faso plus précisément de la ville de Ouagadougou, ces acteurs de premier ordre s’inscrit dans l’effervescence l’engouement et l’angoisse que suscite les fêtes de fin d’année. Cette année, après la Tabaski, viendra la Noël, la Saint Sylvestre et le Nouvel an qui même si la joie, le paraître, la bouffe sont autant d’euphorie, il n’est demeure pas moins que le vent de la «vie chère» a soufflé sur les ménages et par ricochet sur les commerçants et autres marchands.
Se frottent-ils les mains ? Mousa BARRY, boucher de son état, n’est pas affirmatif. «Pour le moment, ça ne va pas trop je ne sais pas trop pourquoi mais d’année en année ça ne fait que devenir dure», dit-il, tout en relevant que la viande est devenue chère et que ce n’est pas donné à tant le monde surtout avec cette cherté de la vie de s’en procurer. Alphonse NIKIEMA, lui, par contre s’en tire bien avec ses sapins et autres gadgets d’embellissement.
«Ça va, c’est le marché et chacun gagne. Sur chaque «arbre», j’ai un bénéfice de 1 000F» soutient-il. Amina TAPSOBA, elle fait dans l’habillement. De ç a boutique pleine de vêtements, de chaussures de toutes les coutumes et de pointure, elle affirme que le marchée est timide. Ces raisons, la pauvreté grandissante. «C’est dur pour le monde. Est-ce qu’il y a quelqu’un qui ne veut pas bien s’habiller et paraître beau et respectable», interroge-t-elle. Pour sa part une petite comparaison par rapport à l’année 2007 le bilan est négatif en termes d’affluence. Mme TAPSOBA est néanmoins optimiste : «Pour l’instant on a que des visiteurs, pas d’acheteurs, mais attendons de voir à la dernière minute comme dit». Des alimentations en passant par les étalages et les vendeurs ambulants tous ressentent à des degrés divers les effets de la cherté de la vie. «Les gens maintenant entent pour manger, donc les fêtes sont reléguées au second plan», nous a confié Mamadi OUEDRAOGO, commerçant de tissus. Même si le contexte est particulièrement difficile, les fêtes de fin d’année ne demeurent pas moins une occasion pour les commerçants de voir leurs chiffres d’affaires à la hausse ne ce reste que pour cette période.

Par Issoufou MAÏGA

 

Promotions et fausses pubs

«Promo spéciale fin d’année, remises exceptionnelles, offres spéciales, 10 à 20% de réduction, achetez tel produit et gagnez gratuitement tel produit… ». C’est entre autres ce que l’on peut lire devant les magasins et autres sociétés de la place. La fin de l’année rime donc avec la promotion des produits. Une promotion visant à attirer la clientèle dans le but de faire de bonnes affaires.

De l’électroménagers aux décorations en passant par l’habillement, la téléphonie, … Si pour de nombreux clients, la promo est une belle occasion pour se procurer à bon prix ce dont on a besoin, pour d’autres, il faut malgré tout faire attention sur la qualité des produits proposés objet de la promotion. Et avec juste raison. En effet, pour certains produits de grande consommation comme les pâtes alimentaires, les biscuits et autres, la vigilance est vivement conseillée car dans certains cas la date de péremption est très proche ou a été falsifiée sur les emballages. Certains produits sont même souvent impropres à la consommation et déversés sur le marché par le biais des commerçants ambulants ; voilà pourquoi les organisations de défense des droits des consommateurs telle la Ligue des Consommateurs du Burkina (LCB) recommande la prudence.
Mais pourquoi la promo ? Selon le directeur général de la Société burkinabè d’équipement (SBE) que nous avons rencontré (lire entretien), la promo vise le renouvellement des stocks et permet de s’approvisionner en nouveauté, le marché étant en perpétuelle mutation avec des changements notables des prix tant au plan national qu’international. La fin d’année est donc une occasion pour des remises afin de permettre aux clients de se procurer ce dont ils ont besoin, à des prix intéressants.
Les produits périssables sont en général visés par les promotions de fin d’année. Pour qu’ils ne se périment pas, la promo permet de voir les prix à la baisse afin d’épuiser le stock. Pour atteindre cet objectif, plusieurs stratégies sont utilisées, certains n’hésitent d’ailleurs pas à recourir à la publicité mensongère. Ainsi, dans certaines publicités on vous propose des remises de 20 à 30% sur tous les produits achetés mais, la réalité est de 5% souvent même moins.
De la promo et des produits de la promo, voici ce qu’en pense, M. Lazare ZOUNGRANA, qui se dit consommateur averti : « … Je pensse que pour les initiateurs des promos, il s’agit d’écouler un certain nombre de produits dont les dates de péremption sont certainement presqu’arrivées. Ils cassent donc les prix pour appâter les clients. Il s’agit également d’écouler le maximum de produits en stock. En tant que consommateur averti, le plus important, que ce soit des produits en promotion ou pas, c’est de bien regarder les emballages pour voir si les différentes informations sont fiables. Il est bon que chaque consommateur fasse attention dans la mesure où le plus souvent les gens sont attirés par les prix bas et ne font pas attention à la qualité du produit. Le consommateur doit avoir toujours le réflexe de vérifier la fiabilité et la qualité du produit que ce soit en promos ou pas… ».
Le combat aujourd’hui est que le problème des promos a pris de l’ampleur, si bien que certains se demandent si l’Etat quoique inscrit dans la dynamique de la libéralisation du marché qui suppose la libre concurrence ne devrait pas faire quelque chose. Oui, il ne serait pas déplacé que l’Etat dans son rôle régalien réglemente les promotions à l’instar de certains pays d’Europe où il y a une période fixe pour leurs organisations. Ce serait certainement profitable à tous.

Par Ben Alex Béogo

 

M. Grégoire SA W ADOGO, DG de la SBE
«...La promotion, c'est le renouvellement des stocks...»

M. Grégoire SA W ADOGO, DG de la SBE Depuis bien longtemps, les fins d'années sont marquées par des promotions, «Promo» dans les sociétés commerciales et autres ce qui se traduit par la réduction de manière «sensible» des prix des produits. Pour avoir de plus amples informations sur la promo et son bien-fondé, nous avons rencontré M. Grégoire SAWADOGO, Directeur général de la Société Burkinabè d’Equipement (SBE).

Pouvez-vous nous présenter brièvement votre société, la SBE ?
Grégoire SAWADOGO (G.S):
La SBE est un établissement financier du Burkina Faso qui existe depuis 1966. Elle intervient surtout dans la vente à crédit des biens d'équipements aux fonctionnaires de l'Etat, du privé et accessoirement des ventes au comptant à l'ensemble de la population burkinabè.

C'est bientôt les fêtes de fin d'année, c'est aussi la période des «promos» que faites-vous pour vos clients?
G.S :
D'abord je tiens à remercier l'ensemble de nos clients pour leur confiance renouvelée et qui savent que chez nous, c'est la qualité.
Expérience et qualité. Ce qui fait que les clients nous sont fidèles et nous renouvellent leur confiance. Et nous ne pouvons pas terminer l'année 2008 sans les remercier pour cette confiance.
Pour tenir compte de leurs besoins, nous organisons plusieurs promotions. Nous avons fait des remises sur l'ensemble de nos produits. Nous avons également pensé à donner des cadeaux pour toute la durée de la promotion qui va du 20 au 31 décembre 2008.
Ces cadeaux vont porter sur des téléphones portables que nous allons offrir aux clients.

Que prévoyez-vous dans le domaine du crédit?
G.S :
Dans le domaine du crédit pour cette fin d'année, nous prévoyons quelque chose de spéciale parce que nous avons réservé les prix pour permettre à l'ensemble des fonctionnaires et autres salariés d'avoir ce dont il a besoin.

Certains considèrent les promos comme une manière «d'anarquer» les
clients. Que répondez-vous?
G.S :
Ce n'est pas un avis que je partage. Pour tout bon .commerçant, la promotion, c'est le renouvellement des stocks. Vous savez, aujourd'hui, avec l'évolution des affaires et du monde financier et commercial, les produits où le prix des produits évoluent ou change au jour le jour.
Et le commerce, c'est la rotation des produits en tenant compte des prix; donc la promotion permet aux sociétés et entreprises de renouveler les stocks, de trouver des stocks avec encore plus de qualité, de dernière génération, haut de gamme comme on dit.

On attend souvent aussi dire que les produits objets de la promotion sont dépassés, presque périmés. Que répondez-vous ?
G.S :
Pour ce qui nous concerne, sachez que la SBE n'évolue pas comme des commerçants dans la rue. Nous représentons des marques assez spécifiques. Les produits viennent des mêmes usines. La promotion c'est surtout pour permettre à la clientèle fidèle, à une période donnée, d'avoir les produits dont elle a besoin avec les remises de prix.
C'est tout, c'est pas plus que ça. Et j'invite donc les clients à venir nous voir du 20 décembre au 31 décembre 2008 pour la promotion de fin d'année.
A la SBE, il y a toujours de bonnes affaires a à faire.

Entretien réalisé par
Idrissa BIRBA

 

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Dépenses somptueuses de l’Etat
La mise en garde de Tertius ZONGO

S’il y a une période où l’argent du contribuable est énormément dépensé à son détriment, c’est bien les fêtes de fin d’année.
Les établissements publics en profitent pour s’adonner à des dépenses somptueuses et inutiles en se rivalisant dans l’organisation des arbres de Noël, présentations de vœux confection des gadgets agendas… Dans une circulaire, le Premier ministre Tertius ZONGO met en garde centre «les dérives financières e ostentatoires».

Tetius ZONGO, Premier ministreD’un département ministériel à sa plus petite structure déconcentrée, les fonds publics sont toujours dégagés pour les présentations de vœux. On explique ces dépenses par le fait que les vœux du nouvel an sont une occurrence pour les travailleurs de faire connaître leurs doléances pour un meilleur fonctionnement du service. Alors que dans la plupart des cas, les doléances qui en ressortent sont vite rangées dans les tiroirs parce que fantaisistes. Pour si peu alors, on dépense à la démesure pour les agapes. On se demande par ailleurs pourquoi laisser les services organiser les cérémonies de présentation de vœux quand on sait qu’il existe des cadres mieux appropriés tels que les assemblées générales, les CASEM, etc. pour s’en acquérir des doléances.
Est-il vraiment nécessaire pour un établissement public de se souhaiter meilleurs vœux à coût de service traiteur sur fonds publics ? Aucun contribuable ne sera de cet avis tant est que le budget de l’Etat doit plutôt servir au développement socioéconomique du pays. Il serait peut-être loisible que les établissements publics et autres institutions qui tiennent aux présentations de vœux fassent supporter les dépenses par leur personnel. Les travailleurs pourraient eux-mêmes cotiser pour ça. Puisque ce sont eux qui se retrouvent pour le festin. Il en est de même pour les arbres de Noël. S’il faut utiliser de l’argent public pour les organiser, ne vaut-il pas mieux de ne pas le faire ? A défaut de les interdire, les finances publiques se porteraient mieux si on demandait aux parents de les organiser à leur propre frais.
Venons-en à la publicité par l’objet pour dire qu’elle est davantage une véritable occasion pour dilapider l’argent du contribuable.
S’il est admis que les gadgets, les agendas et calendriers renforcement l’image de marque d’une société, il y a tout de même de l’exagération dans les dépenses allouées à cet effet. Prétextant sur la qualité, nombre de société d’Etat font appel à des maisons d’édition basées à l’extérieur. Ce qui non seulement revient plus cher au contribuable, mais aussi défavorise l’expertise nationale.
C’est un véritable manque à gagner pour l’économie nationale d’autant que les agences de communication ou d’édition Burkinabè sont aussi des vecteurs de la croissance.
En tous les cas, Tertius ZONGO a eu le mérite de mettre en garde les responsables des sociétés et établissements publics contre «les dépenses somptueuses en prenant prétexte sur les fêtes de fin d’années».
Sera-t-il entendu ? On attend de voir.

Par Drissa TRAORE

 

Rasmané OUANGRAWA, Directeur général de la Police nationale
"Nous allons mettre un dispositif qui puisse garantir le maximum de sécurité …"

Le Commissaire Rasmané OUANGRAWA,On dit de lui qu’il est «sans façon», facile d’approche, ouvert au dialogue et toujours prêt à vous écouter. Cela n’enlève rien au fait qu’il reste un officier de police qui ne «badine» pas avec son travail.
Homme de terrain et d’action, il a toujours pour souci la quiétude des citoyens, ce qui passe bien évidemment par la sécurité. Précédemment gouverneur de la région du Sud-Ouest, il a été récemment rappelé par les hautes autorités pour diriger la direction générale de la police nationale.
Rasmané OUANGRAWA, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a accepté nous recevoir pour parler des dispositions prises pour que les Burkinabè, puissent «fêter tranquillement» les fêtes de fin d’année. Comme à son habitude, c’est sans protocole, qu’il a répondu à toutes nos questions. Lisez plutôt.

Monsieur le Directeur général nous sommes en pleine période des fêtes de fin d’année, quel dispositif sécuritaire allez-vous déployer pour que les Burkinabè puissent fêter en toute quiétude ?
Rasmané Ouangrawa (R.O) :
Nous sommes effectivement en début des grandes fêtes de fin d’année et l’une des préoccupations du ministère, c’est de garantir la sécurité de tous les citoyens à travers la mise en œuvre des unités de police et de gendarmerie dans toutes les localités. Vous nous demandez quel dispositif nous allons mettre en place ? Considérez que c’est comme un état de guerre et dans tous les cas, nous n’allons pas déballer nos stratégies. Auquel cas, je sais que la question sécuritaire que vous posez a trait aux mauvais agissements des délinquants et des bandits de grands chemins. Il n’est donc pas tout à fait opportun de développer ici, et mettre au grand jour nos stratégies pour que nos services ne soient pas pris à contre-pied. Dans tous les cas, vous aurez l’occasion de constater, car nous allons mettre un dispositif qui puisse garantir le maximum de sécurité durant ces fêtes de fin d’année.

J’ai envie de vous demander si vous avez les moyens humain et matériel nécessaires pour cela ? Ou bien allez vous faire appel aux autres forces que sont l’Armée et la gendarmerie ?
R.O :
Les moyens ne vont jamais suffire pour le moment, mais ce dont nous disposons aujourd’hui nous permet grandement de faire face aux activités auxquelles nous allons faire face durant cette période. Maintenant, vous voulez savoir si nous allons faire recours à l’Armée ou à la gendarmerie ? Retenez seulement que pour ce qui concerne la gendarmerie, les éléments des brigades territoriales de gendarmerie sont classés parmi les forces de première catégorie. Donc ils agissent sur initiative en même temps que les forces de la police nationale. L’Armée n’intervient que sur réquisition, et cela dans des cas d’ailleurs extrêmement rares et pour ce qui est de ce cas précis, nous ne pensons pas sauf décision contraire, que les forces de défense interviennent dans le cadre de la sécurisation pour ce qui concerne ces fêtes.

En dépit des mesures que vous prenez généralement à chaque fin d’année, le nombre d’accidents malgré tout reste élevé. Comment vous expliquez cela ?
RO :
Le nombre élevé des accidents s’explique par le fait que par moment, le degré d’incivisme est exagéré, car tous les conseils qui sont prodigués pour le code de la route ne sont pas respectés. Et pour certains, ils pensent que les fêtes c’est le dernier jour sur terre. Pour ceux qui prenaient une bouteille, ils vont jusqu'à quatre, cinq, et naturellement si l’organisme ne répond plus, on est amené à poser des actes qui dérangent. Des actes qui sont très nuisibles pour le consommateur, et les autres usagers de la route. Vous comprendrez que c’est une forme de sensibilisation à tous les niveaux. Tout passe par les familles, nous voyons souvent qu’il y a des petits enfants qui sont dans les débits de boissons jusqu'à des heures tardives, inadmissibles et avec des compagnies inimaginables. Nous pensons que les médias doivent aussi servir de relais pour attirer l’attention de tous ces citoyens que l’éducation incombe à tous et pas seulement aux forces de défenses et de sécurité.

De plus en plus on parle de police de proximité. Dans l’imaginaire populaire cette proximité n’est pas toujours ressentie surtout à certains endroits comme les bars, les maquis et autres boîtes de nuits ou en ces fêtes les bagarres et autres débordements causent des dommages. Qu’en dites-vous ?
RO :
la police de proximité ne veut pas dire qu’il faut mettre des agents partout. C’est un concept nouveau qui veut qu’on implique les populations aux questions de sécurité pour garantir au mieux leur propre sécurité. Maintenant, vous parlez des lieux de réjouissances, vous aurez l’occasion de constater ce qui va se passer pendant ces fêtes. En tout cas nous, allons mettre les bouchées doubles pour que tout se passe dans de bonnes conditions. Mais comme vous le savez, il y a des pêcheurs en eaux troubles qui ne veulent que le désordre et les troubles, mais je peux vous assurer que toutes les dispositions seront prises pour que ces gens se retrouvent là où ils doivent être et répondre de leurs actes.

Faut–il s’attendre à ce qu’il y ait des agents à ces lieux d’effervescences ?
R.O :
Naturellement pour tout regroupement de foule comme ça, nous avons toujours un droit de regard. Mais comme je le dis il y a tellement de lieux de réjouissances dans notre pays si bien que nous ne pouvons pas être partout. Je voudrais à travers vos colonnes attirer l’attention des détenteurs de débits de boissons de prendre conscience de leur rôle dans la conscientisation. Pour quelqu’un qui consomme une bouteille deux, trois, et quatre bouteilles continuer même à le servir c’est tomber dans une infraction. Alors donc en ce moment, il n’y a pas de raison que les gens abusent de l’alcool même s’ils paient avec leur argent, le tenancier n’est pas tenu de le servir à boire.

Aujourd’hui il y a un numéro vert 10 10, pour les urgences. Pouvez-vous nous expliquer le fonctionnement de ce nouveau dispositif ?
R.O :
Le numéro vert 10 10 est un numéro d’alerte qui est en éveil et qui permet à tout citoyen, qui est témoin oculaire d’une infraction quelconque, de donner des renseignements mais de vrais renseignements qui permettent aux forces de l’ordre d’intervenir. Mais il faut déplorer que de nos jours, il y ait des gens qui s’amusent avec ce numéro. Que ce soit le 1010 ou que ce soit le 18, il y a des citoyens qui mettent les forces en mouvement vers des directions où il n’y a pas d’infraction ou d’accident en ce qui concerne les sapeurs pompiers. Je pense que là c’est vraiment un problème d’éducation. Mais j’estime que les Burkinabè ne doivent pas tomber si bas en faisant des choses de ce genre-là. Nous devons nous efforcer, car si l’on continue à mettre en branle les forces de défense et de sécurité pour rien ou pour s’amuser, je suis sûr que tôt ou tard nous finirons par démasquer les coupables et ils répondront de leurs actes devant les tribunaux.

S’il y a un phénomène qui perturbe également les Burkinabè pendant les fêtes, ce sont les pétards. Qu’est-ce-qui sera fait à ce niveau ?
R.O :
Pour ce qui concerne l’usage des pétards dans notre pays, je dois dire d’abord que son importation est interdite. Mais si malgré cette interdiction des commerçants trouvent les moyens que j’imagine frauduleux pour faire pénétrer ces engins dans notre pays, qu’ils sachent que des contrôles seront effectués, et des saisies seront opérées dans ces points de vente là. Il y a ceux qui importent, ceux qui vendent, mais il y a aussi ceux qui utilisent et nous profitons de vos colonnes pour dire encore, une fois de plus, que l’utilisation des pétards est interdite. Ces pétards sont sources de nombreux désagréments. Imaginez des fidèles chrétiens qui prient tranquillement dans une église et que subitement des pétards éclatent, vous voyez quelle panique ça cause. Il faut aller jusqu’au pire parce qu’il y a des enfants qui sont aux abords des rues et qui jettent les pétards sous les véhicules, sous les engins à deux roues qui sont sources probables d’incendie, et des fois même sur les passants. Des mesures seront prises pour accentuer les contrôles, et les fautifs vont répondre de leurs actes. Parce que nous ne pouvons pas comprendre que malgré les communiqués, malgré les multiples rappels des gens continuent de se mettre en marge de la loi.

Des souhaits et des vœux particuliers à l’endroit des Burkinabè en général et à vos hommes en particuliers ?
R.O :
Avant de souhaiter des vœux à l’endroit des Burkinabè je voudrais souligner quelque chose de fondamentale. Pour les éléments que nous allons déployer, je voudrais demander aux citoyens, qui bénéficient en premier lieu du concours précieux de ces forces de sécurité, de les respecter. Que chaque Burkinabè sache que ces éléments qui sont en faction au niveau des feux tricolores, au niveau des grands axes routiers, que ce soit ceux qui sont en patrouille, que chacun sache que ces éléments auraient voulu aussi rester chez eux et faire la fête en famille. Mais le devoir les a appelés et ils sont là pour servir, et nous demandons qu’en retour les populations soient disciplinées. Sur les grands axes nous recommandons la prudence. La prudence parce que le matériel roulant endommagé peut être acheté au marché, mais une vie perdue est une catastrophe et pour la famille et pour la nation toute entière. Nous demandons du respect pour les forces de l’ordre qui seront un peu partout sur le territoire national. Mon souhait le plus ardent c’est que notre pays soit et reste, un havre de paix. A l’orée de cette fin d’année, vous m’offrez l’occasion de souhaiter une bonne fête de Noël et de Saint Sylvestre à tous les Burkinabé, en particulier aux forces de défense et de sécurité, que Dieu accorde à tous les énergies nécessaires pour la conduite des missions que la hiérarchie nous confie au quotidien. Après donc les forces de défense et de sécurité à qui je formule les vœux de bonne et heureuse année de réussite et de courage, je voudrais aussi témoigner toute notre reconnaissance à l’endroit de la presse qui nous accompagne. Parce que comme vous le savez, la lutte contre l’insécurité, c’est un tout. Si nous travaillons et que vous vous ne relayer pas l’information, nous serons quelque part plus ou moins incompris. Je souhaite à toute la presse dans son ensemble, mes vœux de bonne et heureuse année 2009, et que Dieu vous donne les forces nécessaires pour nous accompagner dans la lutte contre l’insécurité.

Interview réalisée par Frédéric ILBOUDO

 

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