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La une n° 585/586 du 24/08 au 13/01/2009
LA UNE du 24/12/08 au 13/01/2009
NOUVELLES DU GRIN :N° 585/586 du24/12/08 au 13/01/2009

Un Togolais poignardé à l’autogare de Bobo

Après les paysans, c’était au tour des jeunes de se retrouver avec le chef de l’Etat, le président Blaise COMPAORE, à Bobo pour échanger sur les questions de la formation professionnelle et de l’auto emploi.
Ainsi, pour la première fois, le forum national des jeunes s’est tenu en dehors de la capitale Ouagadougou et c’est Bobo, l’élue, qui a accueilli tous ces milliers de jeunes qui ont établi leur quartier général au stade omnisports. Ce grand événement a eu lieu du 17 au 20 décembre 2008. Gérer 2500 jeune venus de tous horizon pendant quatre jours, ce n’était pas la mer à Voire mais les difficultés ne pouvaient manquer. Cependant le management a été tel qu’on a pu éviter les dérapages et chacun a, en tout cas, pu s’exprimer pleinement. Il faut dire que cette 4e édition du forum national des jeunes a permis aux jeunes du Burkina de se retrouver, de se concerter et d’arrêter des propositions qu’ils ont porté à la connaissance du « Tonton » national ; certains parlent de « Papa » mais la majorité préfère « Tonton » pour désigner le président du Faso.
Blaise COMPAORE était à Bobo ; Tertius ZONGO aussi. c’est dire qu’en quelques jours, la ville de Sya était devenu le centre du Burkina. La tête de l’Exécutif était dans ses murs. Les choses ne pouvaient donc pas être comme d’habitude ; voilà pourquoi d’ailleurs, en certains endroits de la ville, le train-train quotidien faisait place à l’évènementiel. Ainsi, par exemple, le Premier ministre, « l’ôte du secteur 8 » étant dans la place, le vendeur de sandwich qui fait face au pied-à-terre du Premier ministre était obligé de se déplacer avec son beau monde et sa fumée, quoique rependant la bonne odeur qui chatouille les narines, le temps que le maître des lieux termine son séjour « studieux » avec les jeunes du Faso. Si Tertius ZONGO était au secteur 8, le président du Faso lui, était à Lafiabougou, au pied-à-terre présidentiel.
Les mouvements n’étaient pas faciles le 20 décembre dernier à Bobo.
Il y avait trop d’embouteillages dans les 6 mètres des secteurs populaires à cause des nombreuses déviations créée sur les voies principales de la ville. Ce n’est pas toujours que le président du Faso et le Premier ministre se retrouvent ensemble dans une ville autre que Ouagadougou.
Tout s’est finalement bien passé, les jeunes ont eu un dialogue direct avec le président du Faso qui les a exhorté à aller à la recherche de la perfection en se formant. Quant au Premier ministre, il leur a dit d’être toujours optimistes. « Si vous allez à un combat, ne dites pas comment je vais faire pour avoir la victoire, dites déjà que vous avez la victoire et vous l’aurez ». Parole de Tertius ZONGO.

Bon début de saison pour les équipes de Bobo
Le championnat national de football, première division s’ouvre officiellement le samedi 27 décembre 2008. Des clubs de Bobo vont aborder cette saison avec des fortunes diverses. Le RCB est toujours omniprésent dans la capitale économique. Il tient la vedette et tous les regards sont tournés vers ce club qui est censé avoir eu un peu d’argent suite aux transactions sur deux de ses joueurs en occurrence Youssouf SANOU et Adama GUIRA. Pendant ce temps, sa rivale l’ASFB, tente de se tirer d’une crise qui n’a que trop duré. Les réunions souterraines se sont tenues, sous la houlette des présidents Yaya KONATE et Jonas BAYOULOU. L’assemblée générale est semble-t-il très imminente, mais on attend toujours. Entre temps, le club a perdu un monument de taille. Hyacinthe KOFFI après de loyaux services à l’ASFB, a quitté sa famille d’adoption pour le RCK. Il a été coopté par l’ex-entraîneur de l’EFO, aujourd’hui à la tête de l’encadrement technique du RCK, Ousmane COMPAORE « Lato ». Ces deux encadreurs avaient déjà travaillé ensemble à l’ASFB. Ils se retrouvent aujourd’hui au RCK. Avant de partir à Ouaga, Hyacinthe KOFFI, l’ancien défenseur incontournable des fonctionnaires, a tenu à informer de vives voix les supporteurs « jaune et noir ». « Il n’y a pas de brouille entre nous » a-t-il lancé aux supporteurs. Malgré la bonne volonté de Hyacinthe KOFFI, le choses devenaient très pénibles à supporter. L’ASFB n’ayant plus de tête, tous les engagements sont remis en cause. Chacun se débrouille comme il le peut. L’un des membres du comité directeur de l’ASFB a profité de ce flou pour « vendre » un joueur du club à Ouagadougou. Lorsque les soit-disants dirigeants ont vu leur joueur sous les couleurs du club de la capitale, ils ont alors voulu comprendre. C’est là que le club recruteur a envoyé tous les documents qui prouvent la transaction du transfert. Les noms et les signatures ont permis de démasquer le coupable.
Voilà encore une crise qui vient attiser le feu à l’ASFB…
Le plus heureux des clubs de Bobo en cette veille de championnat, c’est bien Bobo sport. L’équipe a d’abord réussi à se maintenir en D1 après avoir battu la formation de JCB en match aller comme au retour lors du match de barrage.

Bobo sport reste avec l’élite nationale
A l’occasion de la rentrée sportive de la commune, le maire Salia SANOU a initié un tournoi au profit des équipes de D2 et de D1 de Bobo.
Bobo sport et JCB se sont retrouvés en finale et c’est Bobo sport qui l’a remportée par 4 tirs au but contre 3 pour JCB. A l’issue des 90 minutes de jeu, les 2 équipes étaient à égalité (0-0)
Pour ce tournoi, le maire avait promis une prime de participation à toutes les équipes à hauteur de 100 mille FCFA. Le vainqueur qui se trouve être Bobo sport gagne 500 mille francs ; le conseiller à la présidence du Faso, François COMPAORE, a accepté participer à cette finale. Il a remis la somme de Un million de francs pour les équipes participantes avec 250 mille francs pour Bobo sport le vainqueur. Le président de la Fédération burkinabè de football (FBF) a donné 400 mille francs aux équipes de Bobo ainsi que le propriétaire de l’hôtel Relax, Salif YAMEOGO, qui leur a remis 500 mille francs …
En tout cas, cette finale de la coupe du maire a beaucoup souri aux équipes notamment à Bobo sport. Avec cet argent les équipes de Bobo auront le moral très haut et certainement seront difficiles à manier en ce début de saison.
Au grin, les gens préfèrent les voir en action dans le championnat avant de les juger car on sait que même si l’argent dit nerf de la guerre aide, il ne peut faire des miracles si les acteurs concernés ne jouent pas franc-jeu.
La ligue des Hauts-Bassins de football est désormais pilotée par le docteur Benjamin BONKOUNGOU. Il a été porté à sa tête le samedi 29 novembre 2008, après des élections dirigées par un bureau de séance présidé par Jonas BAYOULOU. Il faut dire que des bouleversements inattendus sont survenus. Ainsi, le secrétariat général et les finances changent de mains. Depuis un long moment, c’est l’ASFB, depuis Aloys BOUGOUMA, qui dirigeait la ligue de l’Ouest. Aujourd’hui, c’est un ancien président du RCB qui prend les rênes. On pourrait parler de l’ère RCB. Le docteur BONKOUNGOU n’est pas un inconnu du football burkinabè. Notons le retour de Basile PARE à la ligue. L’ancien président de l’ASFB est 2e vice-président de la ligue des Hauts-Bassins. Tous comptes fais, il faut reconnaître que les ingrédients sont réunis pour que la saison soit meilleure pour les équipes de Bobo qui doivent savoir et comprendre que seules les victoires peuvent leur ouvrir des portes. Bonne saison à tous.

Un Togolais poignardé à l’autogare de Bobo
Dans la nuit du samedi au dimanche 21 décembre, un homme a été poignardé à l’entrée principale (côté nord) de l’autogare de Bobo à cheval entre le secteur 9 et le secteur 21. Son corps sans vie a été découvert très tôt le matin baignant dans son sang. Il a reçu le coup fatal en pleine poitrine. Selon certains badauds rencontrés sur place, le drame se serait produit vers « les 5 heures du matin » alors que les gens s’apprêtaient à aller à la prière.
La police n’en dira pas plus, sauf que « l’homme a été agressé avec un objet pointu et comme il n’y a pas de témoignages, on ne peut que rester prudent dans les déclarations ».
Parlant de témoins, personne n’a rien vu, rien entendu et rien senti ! Au grin, les gens pensent que les témoins, qui ont peur d’être toujours interrogés à la police et de devoir faire de nombreux déplacements au commissariat, ne se manifesteront pas. Surtout qu’on a souvent vu ou entendu que des témoins sont brutalisés pour leur arracher des informations. Toutefois, des usagers de l’autogare ne comprennent pas que la police municipale qui a des éléments en permanence, n’ait pu intervenir pour empêcher ce meurtre. Beaucoup des jeunes de l’autogare qui étaient très remontés contre la police municipale disent que ses éléments sont toujours disponibles à racketer les usagers de la route autour de l’autogare mais ne font rien pour sécuriser cette zone il y a beaucoup de tueries. En tout cas avec cette présence de la police municipale sur les lieux, cette agression, qui n’a pas été sans bruit d’autant que des gens disent avoir entendu de forts cris, laisse perplexe. Et les ressentiments sont grands au niveaux des jeunes qui fréquentent l’autogare ou y travaillent. Ils n’ont d’ailleurs pas compris pourquoi pour faire le constat, malgré la proximité de la police municipale, c’est la police nationale qui était sur les lieux. La police municipale a seulement procédé à un service de maintien d’ordre.
Le défunt de par les pièces d’identité trouvées sur lui était de nationalité togolaise. Le major de l’autogare de Bobo, la mascotte qu’on appelle « CAISSE » malgré ses 35 ans de présence sur ces lieux, dit ne pas reconnaître ce visage. Pour lui, il s’agit certainement d’un voyageur qui a été agressé mais par qui ? Boule de neige. Chacun y va de son commentaire et comme une traînée de poudre, la nouvelle s’est répandue partout dans la cité.
Un membre du grin qui est allé regarder le corps exposé de l’homme en pleine rue est revenu tout écoeuré. Il pense que les hommes d’aujourd’hui ont trop banalisé la mort. Pendant que le corps sans vie de l’homme gît-là dans son sang, tout juste à côté se déroule un marché. Les vendeuses ne font même pas attention à ce qui se passe. Le marché c’est le marché. Tout se passe comme les autres jours, avec les mêmes ambiances du marché. D’ailleurs pour ceux qui s’indignent d’une telle situation comme ce gars du grin, certains rétorquent qu’ils sont « d’un autre siècle ». Pour eux, ce n’est pas parce que quelqu’un a perdu la vie que le marché doit se fermer. Il y a des femmes qui se battent dans ce marché pour leur survie… C’est aussi ça la vie surtout en ville !
En attendant que les forces de l’ordre arrivent à faire la lumière sur cette mort, le sage du grin a insisté sur le fait qu’il ne faut écarter aucune éventualité sur les pistes conduisant à ce meurtre. Il se peut même que ce soit un crime monté dans un autre pays qui a abouti ici à Bobo. Tout est possible.
Les anciens de chez nous ont l’habitude de dire que l’on sait là ou on est né mais là où on va mourir nul ne le sait.

« Le petit fâkir, toujours dispo »

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