[Actualité] - [Annonces] - [Archives]
Une du n° 580
LA UNE du 10 au 23/12/2008
CULTURE : N° 583/584 du10 au 23 décembre 2008

Lazare KI-ZERBO, secrétaire général du comité international Joseph KI-ZERBO (CIJK)
“Il faut repenser le développement dans le cadre de la mondialisation”

Le Comité international Joseph KI-ZERBO, (CIJK), réseau d’appui, mis en place pour valoriser la vie et l’œuvre du professeur Joseph KI-ZERBO, a tenu du 1er au 3 décembre 2008 à Ouagadougou un forum panafricain à l’occasion du cinquantenaire de «la conférence des peuples africains qui donna le signal de la première libération du continent, dont les acteurs furent le Docteur Kwamé N’KRUMAH et Georges PADMORE».
A la faveur de ce forum, nous nous sommes entretenus avec Lazare KI-ZERBO, secrétaire général du CIJK sur, entre autres, les objectifs de la rencontre, ceux du comité et la recommandation faite par l’Association des historiens du Burkina (AHB) de baptiser l’université de Ouagadougou Université Joseph KI-ZERBO
.

Vous venez de sortir d’un forum panafricain à l’occasion du cinquantenaire de la «All African Peaoples conference (AAPC)».
Quelle est l’idée qui le sous-tend ?
Lazare KI-ZERBO (LKZ) :
Dans quelques jours nous serons au quarante huitième anniversaire de la République de la Haute-Volta à l’époque. Il se trouve qu’en décembre 1958, c’était aussi un moment où Kwamé N’KRUMAH et son compagnon George PADMORE de Trinidad, avaient rejoint la lutte de la libération. Ces deux-là, ont lancé à l’endroit de tous les nationalistes africains l’idée de se réunir afin de trouver un sens à la libération de l’Afrique. Il ne suffit pas d’avoir un drapeau, une souveraineté mais quel sens donner à cette souveraineté. Pour eux la souveraineté d’un Etat africain isolé n’était pas crédible en dehors d’une souveraineté collective. D’où leur conviction pour une fédération continentale.

Quel a été le contenu réel de ces 72 heures de travaux. Est-ce qu’on peut dire que vous êtes satisfaits ?
LK :
Nous sommes extrêmement satisfaits. Nous avons pu réunir une quinzaine d’experts du continent africain et de la diaspora, venant du Ghana, de la Jamaïque, du Brésil, de Trinidad, de la France, etc. Nous avons d’abord présenté au public les fondements historiques du panafricanisme, donné un éclairage sur la situation spécifique du Brésil, abordé la question de la transmission de l’histoire africaine dans le système éducatif classique et non-formel en lui donnant une place de choix. Nous avons reçu le soutien du président Alpha Oumar KONARE, ancien président de Mali et du gouvernement guinéen, etc.
Pour une première ? je crois qu’il y a de quoi être satisfait.

La question de l’intégration a été beaucoup évoquée à ce forum. Est-ce que vous pensez qu’il y a une lueur d’espoir pour cette intégration effective des peuples africains ?
LK :
Après 50 ans d’indépendance nous sommes toujours dépendants. La consommation de biens importés a pris le dessus sur la production de biens. Dans les années 58 quand un jeune Africain revenait de ses études, il avait l’embarras de choix en termes d’emploi. Il se trouve que d’autres avant même de finir leurs études, étaient sollicités par l’administration de leur pays. Aujourd’hui l’immigration clandestine concerne des milliers de jeunes diplômés.
C’est un paradoxe qui montre qu’il faut changer de stratégie, de méthode.

Qu’est-ce qui a milité à la faveur de la création du comité dont vous êtes le secrétaire général ?
LK : J
e suis aujourd’hui basé en France et membre du Centre d’études pour le développement africain (CEDA). J’ai côtoyé le professeur Joseph KI-ZERBO pendant une dizaine d’années dans ce Centre. En France, après sa disparition en décembre 2006, il y a eu beaucoup d’hommages à son endroit. C’est pourquoi, nous avons pensé qu’il fallait créer un cadre de concertations autour de sa vie et son œuvre pour mieux nous organiser.

Quels sont les objectifs que vous poursuivez ?
LK :
Le CIJK a pour objectif de contribuer à la diffusion des œuvres et des engagements des valeurs du professeur KI-ZERBO dans le monde.

L’association des historiens du Burkina vient de rendre un vibrant hommage à cette icône, le professeur Joseph KI-ZERBO à travers un colloque. Avez-vous été associé ?
LK :
Oui, nous avons collaboré avec les organisateurs. Nous n’étions pas personnellement présent ; mais nous avons pu suivre les travaux. Pour nous cela s’inscrit dans la dynamique de l’approfondissement de la connaissance des œuvres de KI-ZERBO.

L’une des recommandations de ce colloque est que le l’Université porte le nom de KI-ZERBO ? Qu’en pensez-vous ?
LK :
Ce n’est pas à moi de me prononcer là-dessus. Au Sénégal, il y a l’Université Chieck Anta DIOP, au Niger l’Université Abdoul MOUMOUNI, etc. qui récompensent les efforts de l’engagement nationaliste des grands intellectuels de ce continent.
Au-delà, du biais personnel, je pense que ce serait naturel que ce soit le cas aussi au Burkina Faso.

Que pensez-vous du développement endogène prôné par le professeur Joseph KI-ZERBO ?
LK :
Nous pouvons résumer cela à travers cette idée : «On ne développe pas on se développe».
C’est un processus des efforts internes qui aboutit au développement. Aujourd’hui, il doit être repensé dans le cadre de la mondialisation.
Toutes les économies puissantes ont protégé leurs marchés et avec cette abolition des frontières ce sont les pays faibles qui sont inondés de produits de consommation. Les paysans américains, européens sont fortement subventionnés, il n’y a pas de raison que pour un développement endogène nous ne nous protégeons pas en Afrique aussi.

Par Issoufou MAÏGA

Formation d’acteurs de cinéma
Théâtre Evasion se veut fournisseur des réalisateurs

Le mercredi 3 décembre 2008, il a été procédé au siège de la Fédération du CARTEL, le lancement de «casting place publique», un projet de formation permanente des interprètes du cinéma qu’assure la compagnie Théâtre Evasion en collaboration avec la Fédération du CARTEL.

Professionnaliser les acteurs du cinéma, c’est l’objectif affiché d’une formation au bénéfice d’une vingtaine d’acteurs du 27 novembre au 7 décembre 2008 autour des modules que sont «le jeu d’acteur ; l’acteur face à la caméra ; échanges avec les professionnels de l’audiovisuels».
Cette session de formation est la première du genre et répond au souci de la compagnie Théâtre Evasion en collaboration avec la Fédération du CARTEL de mettre en place un projet de formation permanente des interprètes du cinéma, nommé «Casting Place publique».
Le lancement de ce projet a eu lieu, le mercredi 3 décembre 2008 au siège du CARTEL en présence des stagiaires, des comédiens et réalisateurs dont Boubacar DIALLO, «des films du Dromadaire» en compagnie de son épouse et Mme Olga ILBOUDO, directrice générale des Arts représentant le ministre de la Culture, du Tourisme et de la Communication (MCTC). Pour Issa SINARE, directeur artistique du projet, «l’idée est de fédérer toutes énergies en moyens artistiques, technique et humain pour relever le niveau des comédiens et partant rehausser le niveau des films en mettant à la disposition des réalisateurs des comédiens bien formés». A l’occasion de cette cérémonie de lancement, les responsables du projet représentés par Issa SINARE et Mme DIALLO au nom des réalisateurs ont procédé à la signature symbolique des actes en présence de Mme Olga ILBOUDO.
La directrice générale des arts, a par ailleurs salué «l’effort de la Fédération qui ne manque pas d’initiative pour faire avancer le métier des arts». Elle a même relevé, qu’il faudra plus d’appuis à cette structure. La formation de la vingtaine de stagiaires a été dirigée par Alain HEMA dont la séance à consister à travailler sur les émotions, les sentiments et surtout la camera. «C’est le BABA que nous leur avons donné. Cela sera approfondi quand on nous fera appel pour fournir des comédiens sur des thématiques bien précis», a précisé M. HEMA. Avec ce projet, la compagnie organise des sessions de formation, de rencontres d’échange avec les structures de production audiovisuelles et les réalisateurs et met en place un réseau d’informations régulières des membres pour les activités de casting.
L’inscription à la formation se fait moyennant la somme de 1 500F CFA accompagnée de deux photos d’identité.

Par Issoufou MAÏGA

 

 

Haut

INFOS FLASH
LES MEDIAS DU FASO
LES DOSSIERS
index.gif
 
ZEDCOM © 2008 Tous droits réservé