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La une du 587 du 14 au Janvier 2009
LA UNE du 14 au 20/01/2009
ACTUALITE : N° 587 du14 au 20 Janvier 2009

ADEPAC-Gestion 2008
Un bilan satisfaisant

Moussa OIUEDRAOGOLe PNUD-FENU dans le cadre de sa coopération avec le Burkina Faso apporte sa contribution au processus de décentralisation et de lutte contre la pauvreté. Cette contribution s’est traduite par la conception et la mise en œuvre du Programme d’appui à la décentralisation, à la participation citoyenne et au développement local (DEPACIDEL) pour la période 2006-2010.
Le programme d’appui à la décentralisation et à la participation citoyenne (ADEPAC) est un des sous-programmes du DEPACIDEL.
Nous avons rencontré son coordonnateur national, Moussa OUEDRAOGO pour faire un bilan des activités 2008.

Brièvement, qu’est-ce que l’ADEPAC et quels sont ses objectifs ?
Moussa OUEDRAOGO (M.O) :
L’ADEPAC comme son nom l’indique est un programme d’appui à la décentralisation et à la participation citoyenne financé par le PNUD et qui a cinq objectifs majeurs. Le premier objectif, c’est d’appuyer le gouvernement à approfondir le cadre juridique de mise en œuvre de la décentralisation. Le deuxième objectif est de développer et de diffuser des outils de planification locale et de gestion communale pour permettre aux communes de mieux gérer le transfert des compétences. Le troisième objectif, c’est de renforcer les capacités des acteurs de la décentration parce que vous savez que c’est un processus qui est assez nouveau. Le quatrième objectif est de développer, diffuser et pérenniser les instruments de planification locale et des outils de gestion communale. Contrairement à la gestion du développement que nous avons connue jusque-là, pour mieux gérer les ressources, il faut que chaque collectivité puisse se doter de ce qu’on appelle des plans communaux de développement (PCD). Enfin, notre cinquième objectif part du fait qu’en matière de décentralisation, il y a beaucoup d’intervenants, de partenaires comme la Banque Mondiale, le PNUD, les bilatéraux… et le gouvernement a besoin de mieux dialoguer avec l’ensemble de ces intervenants. C’est-à-dire renforcer le dialogue entre le gouvernement et les partenaires techniques et financiers.

Alors, concrètement sur le terrain comment l’ADEPAC intervient dans les communes ?
MO :
Nos principaux interlocuteurs sont les conseils municipaux. Comme vous le savez à la tête de chaque conseil municipal il y a le maire, et c’est à travers l’expression de chaque conseil municipal que nous agissons. C’est sur demande du conseil municipal que nous allons sur le terrain pour voir en fonction des besoins exprimés par les collectivités, ce que nous pouvons apporter comme appui.

M. le coordonnateur quel bilan pouvez-vous faire des activités 2008 de l’ADEPAC ?
MO :
Au cours de l’année 2008, en rapport avec les 5 objectifs de l’ADEPAC, nous avons pu identifier un certain nombre d’activités prioritaires. Ces activités prioritaires, nous les avons définies en tenant compte non seulement des défis à relever dans la mise en œuvre du processus de décentralisation, mais également des besoins exprimés par les différentes collectivités. Dotés donc de ce plan de travail 2008, nous avons par exemple dans le domaine du renforcement des capacités, élaboré au cours de l’année 2008 environ 3 manuels qui sont des outils didactiques qui vont permettre aux collectivités de s’approprier rapidement les règles de gestion des affaires locales. Au nombre de ses manuels, il y a le guide de gestion budgétaire et comptable que nous avons élaboré, non seulement en Français facile mais aussi traduit dans les 4 langues nationales à savoir le mooré, le dioula, le fulfudé et le Gurmatchema.
Ces manuels édités en 2000-3000 exemplaires ont été mis à la disposition des différentes collectivités. Nous avons élaboré un manuel de planification cela aussi dans un français facile et qui décrit comment élaborer un plan communal de développement.
Ce manuel a été traduit aussi dans les quatre langues et mis à la disposition des collectivités. Enfin, nous avons également élaboré un référentiel sur la citoyenneté et la participation citoyenne. C’est un outil didactique qui va permettre aux collectivités de mobiliser les citoyens autour des actions du conseil municipal.
Comme autres activités, nous avons, en collaboration avec les autres acteurs (Projets et programmes) intervenant sur le terrain de la décentralisation, appuyé l’élaboration d’une dizaine de plans communaux de développement dans la zone de la boucle du Mouhoun. Cette opération a coûté plus de 100 millions de FCFA, ce qui a permis a dix communes rurales, 6 dans le Mouhoun et 4 dans les Balés de se doter de plan de développement. Comme vous le savez conformément au code général des collectivités, chaque commune doit se doter d’un plan communal de développement. Autres activités devant servir au plan national, nous avons appuyé l’élaboration de ce qu’on appelle le plan d’action triennal 2008-2010, cadre stratégique de la mise en œuvre de la décentralisation. Vous savez qu’en la matière, il y a un document intitulé cadre stratégique de la mise en œuvre de la décentralisation, mais ce cadre stratégique doit être décliné en des plans triennaux pour l’exécution. En collaboration avec le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation nous avons donc élaboré ces outils.
Dans la même dynamique et dans le domaine de la formation, nous avons en collaboration avec la direction de la communication et de la presse ministérielle du ministère, produit des documentaires sur les techniques d’élaboration et de mise en œuvre des plans communaux de développement qui permettent aux populations, aux collectivités, de mieux s’approprier de ces techniques. Voilà en résumé ce que nous avons pu faire en 2008.

Quelles sont les zones d’intervention de l’ADEPAC et qu’est-ce qui a guidé le choix de ces zones ?
MO :
Au niveau de l’ADEPAC notre credo est le renforcement des capacités des collectivités à l’échelle nationale.
On n’a pas une zone spécifique d’intervention. Je peux dire que nous intervenons sur tout le territoire au regard de nos productions et publication qui concernent toutes les collectivités. Mais, pour les actions d’appui à l’élaboration et à la mise en œuvre des plans communaux de développement, nous ne sommes pas les seuls qui interviennent sur le terrain. Il y a des programmes d’envergure telle que le PNGT, au niveau du Plateau central, il y a le projet de développement rural durable…
En concertation avec ces projets et programmes, on arrive à identifier des zones de concentration. C’est ainsi que l’ADEPAC a préféré aller «concentrer» ses activités dans la région de la boucle du Mouhoun.
Il faut noter que la région de la boucle du Mouhoun est considérée aujourd’hui, à partir des donnés qui existent ; comme étant la région la plus pauvre du Burkina. C’est également une zone où il n’y a pas beaucoup d’interventions. C’est donc la région où le système, des nations unies veut concentrer ses interventions directes sur le terrain. C’est pour cette raison, qu’en concertation avec les autres partenaires, nous avions préféré intervenir dans cette zone. Dans cette zone, une fois que tous les outils seront élaborés et appropriés, le PNUD à travers le fonds de l’équipement des Nations unies, va apporter des ressources pour intervenir directement.

Nous sommes en 2009, quelles sont les perspectives de l’ADEPAC ?
M.O :
Pour 2009, nous allons renforcer d’abord nos acquis. Nous avons appuyé un certain nombre de communes à se doter de plans communaux de développement. Celles qui en disposent déjà, nous allons les appuyer dans la mise en œuvre en exploitant les possibilités de financement. Ce travail, il faut le dire a été déjà fait en partie en 2008. Pour les 10 communes que nous avons appuyées, elles ont pu mobiliser environ 400 millions de francs pour la mise en œuvre des actions sur le terrain. Nous allons donc poursuivre cette activité d’appui de recherche de financement pour la mise en œuvre des plans.
L’autre axe pour 2009, nous allons appuyer d’autres communes, toujours dans la boucle du Mouhoun, à se doter de plans communaux de développement. Ensuite, nous comptons toujours poursuivre dans le renforcement des capacités des acteurs. L’une des conditions du succès de la décentralisation, c’est que les acteurs s’approprient les techniques et les règles de gestion. Nous allons donc intensifier nos activités d’élaboration des manuels didactiques et intensifier les activités de formation sur le terrain. Cette année, nous allons aussi faire en sorte que toutes nos activités soient genre sensible mettant l’accent sur l’éducation des femmes et en faisant en sorte que les femmes, de plus en plus nombreuses sur le terrain, puissent également s’approprier des objectifs, des règles de gestion et qu’elles puissent être vraiment des actrices du développement.

A l’occasion de la célébration du 11 décembre, vous avez été décoré. Quels sont vos sentiments après cette distinction ?
M.O :
Effectivement à l’occasion de la célébration du 48ème anniversaire de la fête de l’indépendance, j’ai été fait par les autorités chevalier de l’ordre national. Je dirais que cette distinction vient couronner 20 ans de vie professionnelle. Depuis 1988, je suis dans les projets ou programmes de développement. A plusieurs reprises, j’ai été félicité par écrit non seulement par les différents ministres, le ministre de l’Agriculture et tout dernièrement le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. C’est donc la reconnaissance des efforts que nous avons pu déployer ces dernières années pour le développement de notre pays. Au PNGT, j’ai fait pratiquement 18 ans où j’ai apporté ma modeste contribution. Aujourd’hui, je suis à l’ADEPAC dans la même dynamique qui est l’approfondissement du processus de décentralisation. Comme je l’ai dit à mes collaborateurs, ma décoration est le fruit du travail de tout un chacun et de l’équipe et tout le monde doit se sentir concerné et interpellé à fournir plus d’efforts dans le travail. Il n’y a que le travail qui paie. Et au nom de tous mes collaborateurs, je remercie les autorités pour cette distinction qui nous invite à plus d’ardeur et d’abnégation au travail.

Entretien réalisé par Ben Alex BEOGO

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