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La une du 587 du 14 au Janvier 2009
LA UNE du 14 au 20/01/2009
RETRO-CULTURE : N° 587 du14 au 20 Janvier 2009

La survie malgré la crise

Le secteur de la créativité des artistes a semblé insensible à la crise qui a secoué 2008. Mieux, celle-ci a été source d’inspiration pour des artistes qui l’ont déclinée sous toutes les coutures. Par contre, dans le domaine de la distribution, son impact est tout autre, mais cela n’enlève en rien à la qualité des oeuvres livrées. La culture a donc survécu à la crise. Elle a même aidé à faire passer la pillule.

Le Burkina Faso est réputé être un pays de culture et de tourisme. En attestent les évènements comme le Fespaco, le SIAO, la SNC, auxquels il faut ajouter des festivals tels le FITMO, le FITD, ou le festival de danse contemporaine « Dialogues de Corps » et bien d’autres. Un secteur immensément riche qui contribue grandement au développement du pays. Avec la crise qui s’est installée au cours de l’année 2008, il y avait lieu de craindre pour son équilibre voire le respect des échéances des différentes manifestations. Mais, plus de peur que de mal, serait-on tenté de dire, car les défis ont été relevés. L’Etat et les promoteurs privés ont su montrer que la culture est aussi un domaine de souveraineté nationale. Des efforts ont été consentis et le ton a été donné avec le grand succès de la SNC en mars 2008. Pendant une semaine les artistes, venus de tout le pays, ont rivalisé de talent pour montrer ce que le pays a de plus cher, de plus beau, de plus authentique. L’ombre de la crise, si elle a plané sur la manifestation, n’a pas pour autant entaché la qualité des prestations des artistes. La SNC, mère des activités culturelles du Faso, ouvrait ainsi le chemin pour la tenue des autres manifestations au programme, à savoir le FITMO, le SIAO, le festival de danse contemporaine « Dialogues de Corps », les Récréâtrales, la FILO, Folie de Mode acte II, Image fashion, le nuit de la plaisanterie et des contes, etc.
Il faut dire qu’au plan organisationnel cependant, les choses ne pouvaient être roses du fait de la crise. Ainsi, les ambitions devaient être revues à la baisse avec la réduction des budgets du fait des difficultés à mobiliser les financements, du désengagement de certains partenaires ce qui aura pour corollaire le réaménagement des programmations. Mais à aucun moment, sur scène, cela n’a eu une incidence considérable sur les créations, les prestations. Les artistes, qu’ils soient nationaux, ou étrangers, ont, à chaque fois, donné le meilleur d’eux-mêmes comme pour dire que la culture transcende toutes les difficultés.
Toujours à l’actif de la créativité de nos artistes et cette fois en musique, pas mal d’albums ont vu le jour courant 2008. Si on attendait Alif Naaba, Bill Aka Kora, ou Djata ILEBOU, parce que ça fait longtemps qu’ils préparent des productions, à l’arrivée, c’est Rovane avec « Chœurs de femme », Aly Véruthey, Exodus Lumen qui fait dans la musique religieuse, Alex Le GRAND, Nouss NABIL, Bonsa etc. qui ont apporté de nouvelles sonorités en musique moderne d’inspiration traditionnelle au grand bonheur des mélomanes. L’hésitation à mettre un produit sur le marché que l’on semble noter chez certains artistes confirmés est-elle vraiment due à la crise ou à un autre facteur en l’occurrence la fièvre du coupé-décalé qui prend la tête des mélomanes ? La question mérite réponse et seuls les intéressés peuvent éclairer la lanterne de l’observateur que nous sommes surtout que nous remarquons que les moyens n’ont pas manqué pour produire une multitude de chanteurs et chanteuses, souvent inconnus, officiant dans cette mélodie fortement dansante venue des bords de la lagune Ebrié.
Il faut noter que les émissions radiotélé n’ont pas moins contribué à l’animation culturelle. C’est notamment le cas de Faso Accadémie de la RTB qui a offert une tribune aux jeunes désirant embrasser la carrière de musicien à travers une compétition qui a eu de l’angouement dans tout le pays. Dans la même veine, deux artistes en herbe du Burkina ont participé avec brio sur les rives du Djoliba au Mali à Case sanga II. Une compétition musicale internationale organisée par la chaîne télé privée Africable. Ils en sont revenus avec le 1er et le 2nd prix.
L’année 2008 a vraiment été prolixe en activités culturelles fort réussies mais malheureusement comme le dit l’artiste, chaque fois qu’il y a bonheur, malheur cherche à se frayer un chemin. C’est ainsi que de grands artistes ont quitté ce monde dont Koro Dri, cette virtuose de la guitare, et que d’autres ont connu de longues périodes de maladie à l’instar du monument de la musique burkinabè, Amadou BALAKE, célèbre chanteur du mystique groupe africain Africando. Vivement que la page sombre se ferme et que les bons moments de 2008 déteignent sur 2009 qui augure de bonnes perspectives pour le monde de la culture et on ne peut que souhaiter une année culturellement riche aux artistes.

Par Frédéric ILBOUDO

 

 

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