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La une du 587 du 14 au Janvier 2009
LA UNE du 14 au 20/01/2009

Retro-Politique:N° 587 du14 au 20 Janvier 2009

L’année 2008 a été très riche en événements. De la politique à l’économie en passant par la gouvernance, la culture et le sport, la justice, les évènements n’ont pas manqué. En ce début d’année 2009, il ne serait pas inutile de revisiter certains de ces évènements si tant est qu’ils peuvent servir à poser les jalons du présent et du futur. Cette semaine nous nous sommes intéressés aux volets politique, culture et sport pour un bilan rétrospectif.

CDP
Guerre des chefs ou chefs de guerre ?

Roch Marc Christian KABORE, président du CDP2008 n’a pas été de tout repos pour le CDP. En effet, sa vie interne a «navigué» entre symbiose et synergie pour la mise en œuvre du programme du président du Faso et cacophonie du fait du choc des personnalités et des vicissitudes d’un contexte national qui ont fait perdre leur sérénité à certains, même si les premiers responsables ont vu cela comme une tempête dans un verre d’eau. Guerres des chefs ou chefs de guerre en ordre de bataille ? La question s’est posée.

Au cours de l’année écoulée, le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) a maintenu le cap du dynamisme politique sur le terrain. Du congrès ordinaire du parti au renouvellement de ses structures, en passant par les journées parlementaires de ses élus, le CDP a, comme à l’accoutumée, joué sa partition. Le tout couronné par une apparente symbiose et synergie pour l’accompagnement dans la mise en œuvre du programme présidentiel. A ces actions, il convient d’ajouter que le parti au pouvoir s’est toujours prononcé ou a toujours donné sa position sur toutes les questions qui concernent la vie de la Nation (Problèmes de l’université, vie chère, drame de Boromo entre autres). C’est dire que, gérant le pouvoir d’Etat, ce parti ne pouvait qu’être au-devant de l’actualité sociopolitique. S’il a tirer son épingle du jeu, il faut reconnaître que ce ne fut pas sans grincements de dents qui ont fait croire à certains observateurs, pas toujours convaincus de sa solidité, que le CDP était au bord de l’implosion.

Le CDP comme une grande armée
Si jusqu’à un certain temps les contradictions au CDP ont pu être gérées en interne sans trop de bruit, en l’année 2008 certaines ont été portées sur la place publique. Ce qui a donné du piquant au débat national à la grande joie des médias toujours irrités par cette loi de l’ormeta qui veut que le linge sale soit gardé et lavé en famille et que l’on crie haro sur ceux qui élèvent la voix.
La réalité cependant est que, comme une grande armée comptant une pléthore d’officiers supérieurs, le CDP est plein de cadres dont la gestion est loin d’être aisée. Si la perspicacité des premiers responsables a permis pendant longtemps de contenir tant bien que mal les chocs de personnalités, les risques étaient grands que les choses finissent par échapper à leur maîtrise. C’est ce que l’on a constaté courant 2008. La superstructure a certes tenu bon, mais les égos qui voulaient s’exprimer fortement ont surchauffé l’atmosphère donnant cette ambiance de guerres de clans et de conflits de leadership. Ainsi, on a pu, au vu des attitudes et propos distillés, voir se dessiner des clans autour de certains ténors tels que Salif DIALLO, Roch Marc Christian KABORE, François COMPAORE, Simon COMPAORE, et se cristalliser des comportements grégaires ayant pour conséquence le repli autour de leaders des anciennes formations politiques originelles. Cela a été notamment le cas de ceux qui se disent marginalisés parcequ’ils seraient des «militants de la 25e heure» principalement ceux de la CNPP/PSD. C’est d’ailleurs, ce dernier groupe qui a porté le différend sur la place publique en appelant à une refondation du parti. Une attitude qui vaudra à ses animateurs une suspension.
En fait ces luttes supposées ou réelles participent d’une logique normale et d’une dynamique qui devraient permettre au parti de maintenir une vie interne véritablement démocratique. D’ailleurs dans quel parti digne de ce nom ne trouve-t-on pas ce genre de heurts ? S’il y a des rivalités au sein du CDP, ce n’est donc pas une mauvaise chose en soit, l’essentiel étant qu’elles soient saines. Car, étant un parti au pouvoir, sa cohésion est nécessaire pour la paix sociale, le fonctionnement normal des institutions du pays, en un mot pour la tranquillité du citoyen burkinabè. La force du CDP, et il l’a prouvée plus d’une fois, c’est sa capacité à se retrouver, à taire ses querelles pour faire face aux échéances électorales ; de plus, sur les questions nationales, on n’a jamais entendu de sons discordants en son sein comme c’est souvent le cas dans certains partis.

L’ombrage irrite ceux d’en face
Le CDP écrasant tout sur son passage comme un pachyderme, il va s’en dire que ses adversaires ne manqueront jamais l’occasion d’appuyer sur ce qui peut le déstabiliser. Voilà pourquoi ses moindres contradictions internes sont exagérées par les autres pour en faire des plaies béantes. Même les médias se piquent au jeu, soit à la faveur de leurs lignes éditoriales, soit à la recherche de scoops. Tout ce beau monde a eu du grain à moudre courant 2008.
La question des clans et celle des « refondateurs » du parti n’ayant pu l’ébranler, la naissance de la FEDAP/BC (Fédération des Associations pour le Développement et le Progrès avec Blaise COMPAORE) avait apporté de l’eau au moulin des critiques. Ainsi les deux entités seront opposées dans des analyses avec l’intention de créer une psychose au CDP que l’on prédit devoir s’effacer pour laisser la place à la FEDAP/BC qui deviendrait un parti politique dirigé par M. François COMPAORE dans la perspective de la succession à son frère de président. Un schéma tellement vraisemblable dans une Afrique qui a sérieusement mal à son «alternance» que le commun des mortels a semblé lui donner quitus en dépit des dénégations véhémentes des principaux mis en cause.
Gaston SOUBEIGA, le président de la FEDAP/BC, aura beau crier que sa structure est de la société civile et ne compte pas se muer en parti politique, Roch Marc Christian KABORE, président du CDP, dira que son parti et la FEDAP/BC ne «boxent» pas dans la même catégorie, ni sur le même ring, les avis sont allés de plus belle pour finalement mourir de leur belle mort. On aura noté que cet épisode s’inscrit dans la dynamique des actions de certains politiciens qui voulaient régler des comptes avec François COMPAORE qu’ils disent parrain de l’organisation faîtière des multiples associations qui soutiennent l’œuvre du président du Faso.
Tout compte fait, l’année 2008 aura montré que le CDP tout comme les autres partis, n’est pas au-dessus des querelles intestines même s’il réussit toujours la prouesse de montrer un visage serein. C’est sûr que des problèmes, le parti en a et ce ne sont pas les «refondateurs» suspendus qui diront le contraire. Mais de là à y voir les germes de l’implosion plusieurs fois prédite et toujours renvoyée aux calendes grecques, il y a un pas à ne pas franchir. Ne serait-ce que pour éviter le ridicule.

Ben Alex BEOGO

 

Mouvance présidentielle
Le silence assourdissant

Pas moins de 20 partis soutiennent le président du Faso dans son programme «le Progrès continu pour une société d’espérance». On se rappelle d’ailleurs qu’à l’orée de l’élection présidentielle de 2005, ils avaient constitué un bloc «homogène» dénommé Alliance de la mouvance présidentielle (AMP) pour «pousser» Blaise COMPAORE à la victoire. Mais après l’élection du président, plus rien de visible ou presque rien ne vient nous rappeler l’existence de l’AMP, à tel point que l’on se demande où elle est passée.

Il ne serait pas inutile de rappeler que l’AMP était composée entre autres des partis suivants : MDP, NDS, PLB, VFD, UNDP, CFD, APL, ODT, PEDB, CLD, AFP, RDB, UPR, FNS, RFI/PJB, PMJB, RPP/Gwassigi, ADD… Ils s’étaient donc fortement mobilisés pour l’élection du président du Faso en 2005. Et le résultat escompté a été largement atteint. Mais, depuis cette élection, on se demande si certains partis membres de l’AMP existent encore dans le landerneau politique burkinabè. En effet, depuis lors, plus rien de concret de ces partis pour montrer qu’au-delà de l’élection, ils ont compris que, le plus dur et le plus important était d’accompagner à réussir la mise en œuvre du programme qu’ils ont fait élire. Selon certaines bouches fendues au mauvais endroit il y aurait eu des déclarations et des non-dit qui ont fait croire qu’elle a été payée en monnaie de singe suite à la composition du premier gouvernement post-élection dirigé par le Premier ministre Ernest Paramanga YONLI. Une récrimination plus ou moins justifiée quant on sait que dans ce premier gouvernement figurait l’ADF/RDA qui, faut-il le rappeler, a soutenu l’élection du président sans pour autant être membre de l’AMP alors que dans le même temps celle-ci était ignorée.
Mais ce seul fait suffit-il à expliquer le silence assourdissant des partis de la mouvance ? Dans tous les cas, on peut retenir que depuis l’élection de 2005, un seul parti de ce regroupement s’est signalé comme «activiste» sur la scène politique. Il s’agit de l’Union Pour la République (UPR) du député Toussaint Abel COULIBALY. Ce parti, tout en étant visible sur le terrain par des actions concrètes et des tournées, participe aux débats politiques qui intéressent la Nation. Après l’UPR, on peut citer dans une moindre mesure le RDB qui s’est fait entendre de temps à autre sur le terrain politique.
Doit-on comprendre que les autres partis ne représentent rien en réalité ? Voilà une question qui nous ramène à la problématique de la pléthore des partis au Burkina Faso. Pourquoi vouloir coûte que coûte créer un parti politique si l’on sait que l’on ne dispose pas des moyens et de la carrure pour participer à l’animation politique du pays, à la formation politique des citoyens ? La flopée de partis agglutinés autour du président du Faso et pompeusement baptisée Mouvance présidentielle gagnerait à se mieux organiser et en cela, pourquoi ne pas essayer les réunifications en partis plus consistants selon les atomes crochus ? Cela pourrait donner plus de punch dans leur action et de la visibilité sur le terrain.
Si les partis de la mouvance ont décidé de soutenir le président du Faso par conviction et non par «marchandage politique», ils ont intérêt à se réveiller pour le soutenir dans la mise en œuvre de son programme tout en se disant que 2010 n’est plus loin. S’il n’est pas trop tard, il faut dire que le temps leur est compté. 2008 a été un fiasco pour eux ! 2009 sera-t-il l’année de rattrapage avant 2010 ? Rien n’est moins sûr!

Ben Alex Béogo

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Opposition politique
Scissiparité à ciel ouvert

L’Opposition politique burkinabè est-elle condamnée à l’éternel recommencement ? On est enclin à le penser au regard du constat depuis plusieurs années. Comme Sisyphe roulant sa pierre, elle évolue dans les méandres que des ambitions personnelles ont modelés et où s’entremêlent, scissions, querelles de leadership, démissions, fractures, etc.

Si, sous d’autres cieux, les oppositions ont souvent réussi à s’accorder sur un minimum pour rendre le jeu démocratique crédible et digne d’intérêt, ici au Faso, il faut malheureusement reconnaître qu’on nage en véritable eau trouble dans ce milieu qui n’arrive pas à se débarrasser de ses tares juvéniles après bientôt deux décennies de reprise démocratique. Chaque chefaillon se prenant pour le nombril de la terre est convaincu qu’il est le salut de cette opposition qui s’effrite de jour en jour et prend les autres pour ses propres opposants oubliant de regarder vers l’arène du vrai combat, celui de jouer sa partition de façon honnête dans l’éducation politique du peuple dans la perspective de s’aménager le chemin vers la conquête démocratique du pouvoir. Le mettre dans de telles dispositions d’esprit ne peut qu’être préjudiciable pour la galaxie dans laquelle on évolue. N’est-ce pas pour cela que l’opposition burkinabè se singularise par son émiettement, sa division ? Si généralement le fait prend de l’ampleur à l’approche d’une consultation électorale, l’année 2008 a, en tout cas, vu s’accentuer les querelles au sein de l’Opposition conduisant à des points de non-retour, certains acteurs claquant la porte de leur formation politique pour en créer une de personnelle, d’autres refusant d’aller à une union parcequ’ils perdront leur statut de chef…

Le diable est bien dans la maison
Ce qui est intéressant à noter dans cette situation que vit l’Opposition burkinabè, c’est que le doigt accusateur n’est plus pointé sur un acteur exogène notamment le parti au pouvoir, le CDP ou le président du Faso, Blaise COMPAORE qui serait artisan des infortunes dans l’Opposition. On se rappelle qu’en 2000 la participation de l’Opposition membre du Collectif, aux élections municipales, avait donné lieu à des «séparations de corps» entre plusieurs partis et entre plusieurs responsables de parti. A l’époque, de façon prosaïque, on pouvait catégoriser l’Opposition en le groupe de ceux qui ne voulaient pas voir Blaise COMPAORE même en peinture, c’était l’Opposition dite radicale et celui de ceux qui pensaient que le problème du Faso ne se résumait pas au Président du Faso mais à un assainissement du jeu démocratique dans son ensemble, c’était l’Opposition dite modérée. Déjà que dans la famille, cette division manichéenne avait lieu, elle ne pouvait que contribuer à fragiliser l’Opposition. Le Collectif, il faut le reconnaître, n’aura pas fait du bien aux partis politiques de l’Opposition tout comme ceux-ci ont fourvoyé le combat de ce regroupement hétéroclite. Les clivages créés et les ressentiments provoqués ne sont pas prêts de s’estomper quoiqu’aujourd’hui l’Opposition semble s’en tenir à sa définition républicaine et à évoluer dans ce cadre.
Le débat sur sa composition achoppe sur le statut d’un parti, l’ADF/RDA, qui, parcequ’il soutient le programme du président du Faso est jugé par certains de ne pouvoir appartenir à l’Opposition mais devrait s’inscrire dans la mouvance présidentielle. C’est une question d’appréciation, mais la loi clarifie la situation.
Plus de flèches à décrocher sur le Pouvoir ou est-on anesthésié par les succès de ce dernier ou point de ne savoir plus comment lui apporter la réplique ? Toujours est-il que l’Opposition s’est recroquevillée sur elle-même et cette année 2008 a vu ses composantes bouillonner de l’intérieur. En effet, nombre de ses partis ont connu des conflits fratricides entre leurs dirigeants qui vont inexorablement les affaiblir. Si dans la galaxie sankariste c’est des tentatives d’union qui dressent certains les uns contre les autres, ailleurs c’est des personnages qui trouvant leur parti comme un corset qui les empêche de s’épanouir qui claquent la porte. Ainsi après le feuilleton rocambolesque du Front des forces sociales (FFS) qui a mis aux prises Nestor BASSIERE son président et Norbert TIENDREBEOGO, et avant que ne soit résolu le contentieux entre Philippe OUEDRAOGO et Soumane TOURE ancien camarades du PAI c’est Etienne TRAORE, François Wendlasida OUEDRAOGO et autres François KABORE tous ensemble, il y a quelques mois au PDP/PS, qui se livrent en spectacle dans la presse. Autrement dit, les Sankaristes se font et se défont, n’arrivant pas à réaliser leur unité pendant que le PDP/PS a de la peine à garder le cap après la disparition de son icône Joseph KI-ZERBO.Dans ce vieux parti, les velléités de refondation nourrie par ceux dits militants de la 25e heure n’ayant pas réussi, ces derniers avec d’autres apparatchiks du parti ont été poussés vers la sortie par les caciques du parti-ancètre, le MLN (Mouvement de Libération Nationale de KI-ZERBO). Les jours à venir verront la création d’un nouveau parti par Wendlasida François OUEDRAOGO pour dit-il poursuivre l’œuvre du père spirituel.
Comme on le voit, les querelles de leadership sont loin de prendre fin dans cette Opposition burkinabè si fait que la scissiparité semble devenue un mode de fonctionnement dans le milieu. Les partis naissent et en toute logique se divisent aux forceps pour agrandir la famille par le nombre de structures et de chefaillons, mais accroissement du nombre de militants n’est pas évident d’autant que beaucoup de ceux déjà acquis, était déboussolés par le comportement de leurs dirigeants, préfèrent déchirer leurs cartes et aller voir ailleurs. Comme dirait l’autre, c’est le parti au pouvoir et ses amis de la mouvance qui ne peuvent que se frotter les mains et avoir un sommeil tranquille.
Doit-on leur en vouloir pour un combat gagné sans bataille faute d’adversaire de taille faute d’adversaire de taille ?

Ben Alex Béogo

 

Sankarisme
Un pas en avant, deux pas en arrière

Me Bénéwendé SankaraComme un effet de mode, le nom de l’emblématique capitaine faisant recette à une certaine époque, les partis sankaristes sont nés tels des têtards dans la mare après les premières pluies. Mais depuis, nombreux sont ceux dont on se souvient à peine des noms et les «survivants» ne se font pas de cadeaux tant l’espace ne semble pas de nature à les contenir tous. Après la décantation par l’«urne» du temps, les Sankaristes sont à courir après leur unité comme un cavalier qui cherche la monture sur laquelle il est assis.

Le 21 mai 2000 lorsque naissait la Convention panafricaine Sankariste composée du Bloc Socialiste Burkinabè (BSB) de Nongma Ernest OUEDRAOGO, du Parti pour la Démocratie Sociale Unifiée (PDSU) de Valère SOME et d’une fraction du Front des Forces Sociales (FFS) de Norbert TIENDREBEOGO, nous écrivions que : «La CPS peut aujourd’hui se présenter comme une nouvelle force à prendre en compte dans le microcosme politique national. Pour certains, c’est assurément une chance pour le Sankarisme. Mais, ils sont aussi nombreux ceux qui pensent que le monde sankariste est une jungle où les grands «mangent» les petits si bien qu’on n’y peut rien construire de solide. C’est pourquoi, douter de la capacité de la CPS à s’unir véritablement n’est certainement pas une médisance». Depuis lors beaucoup d’eau a coulé sous les ponts mais la question fondamentale demeure : l’unité des Sankaristes serait-elle un serpent de mer ?
Oui, la galaxie sankariste est animée par un conglomérat d’individualités qui ont fait pour certains, leurs armes sous la Révolution et qui refusent de donner raison à l’adage qui dit «autres temps, autres mœurs». Si sous la Révolution, la phraséologie grisante attirait foule et que n’importe qui pouvait se faire du soleil en brandissant tout simplement l’idéal commun, en période républicaine fondée sur le jeu démocratique et la bataille des idées, la donne est toute autre et il faut savoir s’inscrire dans l’esprit du moment. Ce que ne semblent pas avoir jusqu’à présent compris les Sankaristes qui ne comptent que sur l’évocation du seul nom du père spirituel pour charmer les populations, oubliant cette fameuse maxime de la Révolution : on ne mobilise personne en dehors de ses intérêts.

La difficile osmose
La CPS qui se voulait regrouper tous les Sankaristes «conséquents» aura fait long feu d’autant que non seulement elle n’a pas réussi à faire l’unanimité à sa naissance mais ses ténors dont entre autres Nongma Ernest OUEDRAOGO (président), Valère SOME (secrétaire général) et autres Boniface ZAONGO, Fidèle TOE, Nassirou BA, Joseph OUEDRAOGO, Jean-Hubert BAZIE, Me Bénéwendé SANKARA, Fidèle KIENTEGA vont finir par laisser vaincre leur volonté par leurs ambitions égocentriques. Que dire alors de l’atypique Thibault NANA qui s’est toujours tenu loin des messes basses de ses camarades. Appréciant l’union proclamée par les autres, il dira : «Je ne suis pas «Mariamiste» mais Sankariste. Je vous dis cela parce que, la CPS qui vient de naître, ils se sont tous donné à Mariam SANKARA. Ils créent leur mouvement et comptent sur Mariam SANKARA… Je ne peux pas m’aligner avec eux…». L’homme visiblement remonté contre ses camarades, n’est pas prêt d’oublier l’épisode des «empoignades» fratricides à propos des millions de Mariam SANKARA la veuve du père spirituel. Nous étions en 2000 et visiblement la donne n’a fondamentalement pas changée, les Sankaristes étant toujours à la recherche de leur union. Dès la présidentielle de 2005 la CPS volait en éclats. Les conflits de générations, les suspicions, la méfiance réciproque, les intérêts personnels, la recherche du leadership, feront leurs lits dans la galaxie, alors que tout devait les amener à l’unité tant recherchée et proclamée. En effet, face à un CDP en pleine forme et à un Blaise COMPAORE au faite de sa notoriété, ils n’avaient aucune chance en partant en rangs dispersés. C’est pourtant ce qu’ils feront. Comme à son habitude, Thibault NANA ne passera pas par des circonlocutions pour asséner ses vérités : «L’avenir des Sankaristes n’est pas réellement certain. On dit que l’union fait la force mais jusque-là, il n’y a pas d’union chez les Sankaristes. Toujours le problème de leadership». 2008 illustrera cette réalité plus d’une fois. Cela a été le cas au mois de mars lorsque l’UNIR/MS et une partie du FSS qui ont refusé de rejoindre l’UPS, (l’Union des Partis Sankaristes) une nouvelle union décrétée par certains ténors du milieu. Dos-à-dos les deux principaux responsables du FSS, Nestor BASSIERE, président du moment, et Norbert TIENDREBEOGO, président fondateur, qui avait céder le fauteuil au premier nommé, en sont arrivés à se partager le parti, chacun gardant un morceau pour en faire ce qu’il entendait. Ainsi, l’aile BASSIERE rejoindra l’UPS au congrès constitutif de celle-ci (12 et 2 mars 2008) pendant que Norbert TIENDREBEOGO reprendra «sa chose» avec ses amis. L’UPS était composée de 5 partis : la Convention panafricaine sankariste de Nongma Ernest OUEDRAOGO, la Convergence de l’Espoir, le Parti pour l’Unité nationale et le Développement (PUND), les Mouvements sankaristes Divers (MSD), les Front des Forces Sociales (FFS-Une fraction). Avant même qu’elle n’aie eu le temps de faire ses preuves l’UPS dirigée par Joseph OUEDRAOGO verra ses têtes de proue que sont Ernest Nongma OUEDRAOGO et Nestor BASSIERE (encore lui) couper le cordon et aller à une autre union avec l’UNIR/MS de Me Bénéwendé SANKARA en créant l’UNIR/PS le 21 décembre dernier.
Si l’on fait abstraction des «marginaux» dont on oublie jusqu’au nom, la galaxie sankariste comporte actuellement trois grands blocs de partis et partis significatifs, l’UPS, l’UNIR/PS et le FFS lequel navigue toujours en solitaire. Insolite mais révélateur ? On remarquera que la palme des revirements et de la versalité revient à Ernest Nongma OUEDRAOGO, l’ancien, qui se retrouve dans toutes les tentatives de regroupement depuis qu’il a sabordé son Bloc socialiste burkinabè (BSB) et… Nestor BASSIERE, le jeune tête de turc du FSS, qui a connu trois partis (FFS, UPS et UNIR/PS) en moins d’une année. Qui dit mieux ? C’est un record jamais égalé et il faut sérieusement se poser des questions sur sa «jeune» carrière politique et surtout son avenir d’autant qu’on dit qu’il ne draine pas grand monde sur son nom. Sait-il seulement de quel parti il est actuellement membre et a-t-il une idée de là où il va ?
«Les Sankaristes du Burkina donnent l’image d’enfants d’une même famille qui à la mort de leur père s’entre-déchirent, chacun voulant seul posséder l’héritage du père défunt». C’est ce que nous écrivions déjà et la caricature est toujours d’actualité surtout que le Sankarisme n’est pas encore conceptualisé. D’ailleurs le sera-t-il de sitôt quand ses chantres sont loin d’avoir résolu leurs contradictions ? On a l’impression qu’au sankarisme, on s’unit pour mieux se désunir, dans un tango d’un pas en avant, puis deux en arrière. A chacun donc son Sankarisme et les moutons seront bien gardés.

Ben Alex Béogo

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François COMPAORE
Au pinacle malgré lui

Francois CompaoreQuoique discret, l’homme n’en est pas moins médiatisé. A son corps défendant, devenu « produit » prisé de la presse tant nationale qu’internationale, François COMPAORE, petit frère et conseiller du président du Faso, cristallise les attentions depuis un certain nombre d’années. L’année 2008 a vu une volée de flèches empoisonnées dirigées sur l’intéressé à qui l’on prête des intentions présidentielles même si rien dans ses propos et actes ne vient justifier ces supputations généralement alimentées par ceux qui voient en lui un adversaire politique à abattre ou l’éventuel talon d’Achille de Blaise COMPAORE contre lequel ils ont fini par avouer leur impuissance.

« En politique, tous les coups sont permis», dit-on. Et dans ce monde que d’aucuns assimilent à une jungle où se côtoient loups et agneaux, on ne se fait pas de cadeau quand il s’agit de déstabiliser l’adversaire. Tous les moyens et stratégies possibles sont mis à profit ; et plus l’adversaire est coriace, plus on est obligé de redoubler d’ingéniosité. C’est dire que la loyauté n’est pas la chose la mieux partagée dans un tel combat voilà pourquoi très souvent les protagonistes n’hésitent pas à emprunter au loup sa vision des choses : « si ce n’est toi, c’est donc ton frère ! »
Il faut dire que c’est de cette logique que découlent les infortunes de François COMPAORE. En effet, voulant atteindre son président de frère qui n’est pas homme facile à manœuvrer et qui ne laisse que peu d’espace exploitable à l’adversaire pour lui porter des coups, ses adversaires vont opter de jeter leur dévolu sur lui, personnage important dans son dispositif qui plus est, a le lien de sang. C’est donc le maillon sur lequel il faut diriger le bélier pour espérer ébranler l’édifice.

La cabale judiciaire
L’image que l’on a voulu donner de l’homme, a été forgée à partir de 1997 où, François COMPAORE, jusqu’alors inconnu de nombreux Burkinabè, sera placé sous les feux de la rampe du fait d’une bavure militaire dont a été victime son chauffeur accusé de vol de numéraires à son domicile et qui semblait au parfum d’un coup d’Etat en préparation contre le régime en place. David OUEDRAOGO, qu’il s’appelait, décèdera des suites de sévices corporels. Norbert ZONGO, poils à gratter du régime, s’en saisira à longueur d’éditions de son journal brocardant le pouvoir à peu de frais, si fait que lorsque celui-ci fut assassiné on voulut faire croire que ceci expliquait cela. L’affaire portée devant les tribunaux sera exploitée par des avocats politiciens et une kyrielle de petits politiciens qui feront des pieds et des mains pour nuire à la famille présidentielle. A l’époque, on a vu comment indistinctement des membres de cette famille et des relations ont été salis dans une certaine presse. Ainsi donc, cité en tant que témoin dans l’affaire David OUEDRAOGO, les contempteurs du pouvoir aidés par les politiciens du prétoire vont tout faire pour faire de lui un coupable que pourtant, même feu Norbert ZONGO dans ses écrits avait disculpé quand il écrivait : «Nous savons tous que François COMPAORE n’a pas tué David OUEDRAOGO… ». L’objectif de la machination était clair : lier deux affaires où il y a eu mort d’hommes et lui faire endosser la responsabilité. En effet, on a voulu faire croire que l’autodafé de Sapouy dont a été victime Norbert ZONGO est la conséquence du premier, (la mort de David OUEDRAOGO puisque le journaliste écrivait abondamment là-dessus). Il aurait donc été exécuté par les mêmes acteurs avec François COMPAORE comme commanditaire. Il fallait pour cette perspective, que l’homme ne soit pas simple témoin mais qu’il soit inculpé dans l’affaire David OUEDRAOGO. Des moyens déloyaux ont été utilisés notamment une pression extraordinaire sur la justice par des actions médiatiques et de rue. Sous nos cieux où les amalgames et les raccourcis sont devenus les choses les mieux partagées, le populisme a vite fait de franchir le rubicon. On avait l’occasion d’enfoncer les dernières lignes de défense pour aller à l’assaut de Blaise COMPAORE, la véritable cible. Le scénario était bien conçu ; sauf que ses concepteurs et exécutants n’ont pas suffisamment pris en compte les rigueurs de la loi, la détermination de nombre de ceux chargés de son application à jouer leur rôle pleinement sans considération aucune et la maturité d’un peuple qui a refusé de servir de cheval de Troie. Le grain de sable qui a fait tout dérailler le temps faisant le reste ; sans ménagement.

Quand s’en mêlent des plumitifs
Il en fallait peut-être plus pour décourager les maîtres à penser de la cabale car par des plumitifs interposés, l’opprobre sera déversée sur l’homme pour coûte que coûte en faire le coupable dans l’affaire Norbert ZONGO. Ainsi des personnages à la probité morale douteuse et aux pratiques sociales peu recommandables s’érigeront en parangon de vertus déversant toutes sortes d’inanités sur lui. L’on se souvient qu’un des titres de la place, l’Evènement, pour ne pas le nommer qui en a fait jusque dans la diffamation pure, a contraint l’intéressé à l’attraire en justice. Le journal a été reconnu coupable et condamné conformément à la loi. Tout compte fait, ont semblé penser les adversaires de François COMPAORE, si la justice ne permet pas d’atteindre les objectifs visés, pourquoi ne pas finalement la jouer à la politique comme à la politique ? Et voilà l’homme affublé d’une autre casquette : on le fera passer pour le dauphin désigné de son président de frère pour espérer attirer la foudre des Burkinabè sur lui en faisant allusion à une succession dynastique tout à fait contraire à la Constitution. Là également, la potion passe difficilement. Alors on fait recours aux rumeurs. Des rumeurs toutes aussi folles et sournoises les unes que les autres à son sujet. L’homme est présenté comme un « superman » contrôlant tout au Faso ; ainsi, dira-t-on, pour réussir dans n’importe quel domaine, il faut passer par lui. On tombera dans l’aberration jusqu’à présenter COTECNA, qui est une société de vérification des importations et dont le siège est en Suisse, comme sa propriété. Certains opérateurs économiques du pays sont considérés comme ses hommes liges et leurs entreprises décrétées lui appartenir en réalité. Pourtant certaines des sociétés citées existaient bien avant que Blaise COMPAORE ne prenne les rênes du pouvoir dans ce pays. A voir tout ce qu’on prend pour ses propriétés, c’est à croire que l’homme possède tout le Faso. Si ce n’est pas faire injure aux Burkinabè, ça y ressemble. Mais comme tout cela est inscrit dans une stratégie politique, ses auteurs exploitant les bienfaits de la démocratie qui donne des libertés, l’incriminé ne peut que prendre son mal en patience et attendre que l’intelligence des Burkinabè, qui ne sont pas des moutons de Panurge et les réalités du terrain sur lesquelles ne manque pas de passer la main divine fassent justice pour lui.
En dépit de tout cela même ceux qui ne le portent pas particulièrement dans le cœur pour une raison ou pour une autre, vous le diront : l’homme est tout le contraire du Machiavel qu’une certaine campagne politicienne veut en faire. Celui que des plumitifs appellent de manière tendancieuse « le petit président », en voulant même se faire plus petit qu’il ne le faut n’aura réussi qu’à aiguiser les appétits pantagruéliques de ceux qui sont rongés par des complexes et autres sentiments inavoués et inavouables.
Voilà un homme porté au pinacle sans avoir eu à débourser le moindre kopec. Cette publicité (quelle que soit sa nature), si elle était faite à l’endroit d’un opposant au régime lui aurait servi grandement. Un tel matraquage peut avoir l’effet contraire pour peu que celui contre lequel il est monté sache le retourner à son avantage. Pour ce qui est de François COMPAORE, en voulant le salir, ses contempteurs n’auront fait que le rendre encore plus populaire et encore plus sollicité. Ce qui illustre cette affirmation d’un politologue : « En politique, fais tout pour qu’on parle de toi. En bien ou en mal, pourvu qu’on parle de toi ». Mais, François COMPAORE n’a pas jugé bon exploiter la situation à son avantage car jusque-là l’homme n’a pas affiché d’ambitions politiques. Pourtant il semble qu’il n’ait jamais été aussi sollicité pour parrainer ceci ou cela, assister à telle ou telle manifestation,donner son avis sur tel ou tel projet…
Il semble même que nombre de ceux qui le pourfendent en plein jour jouent aux obligés la nuit venue et font des pieds et des mains pour être dans ses grâces ! Voilà comment ils ont fait de l’homme un recours pour ne pas dire le recours pour assurer au Burkina Faso un progrès continu et consolidé dans un contexte national où les programmes alternatifs sont aussi nombreux que des cheveux sur un crâne frais rasé.

Frédéric ILBOUDO

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ADF/RDA
Comme la fourmis de la fable

L’Alliance pour la Démocratie et la Fédération/Rassemblement Démocratique Africain (ADF/RDA) est le premier parti de l’opposition burkinabè avec 14 députés à l’Assemblée nationale pour cette 4e législature. Ce parti qui soutient le programme du président Blaise COMPAORE, « le Progrès continu pour une société d’espérance », a marqué sa présence sur l’échiquier politique national en 2008 par l’organisation d’activités diverses allant de tournées, à la formation de ses militants et l’organisation de son 14e congrès ordinaire en passant par une prise de parole responsable sur les grandes questions nationales. Incontestablement elle a été une des formations politiques les plus actives et les plus en vue.

Le premier gouvernement du Premier ministre Tertius ZONGO après sa nomination a vu attribuer à l’Alliance pour la Démocratie et la Fédération/Rassemblement Démocratique Africain (ADF/RDA), deux postes ministériels. C’était la première fois, dans un contexte normal de gouvernance, que la majorité s’ouvrait à l’opposition pour la gestion du pouvoir d’Etat, ce qui a fait des gorges chaudes, certains affirmant que se faisant, elle perdait sa qualité de parti d’opposition. D’autres en face on clamé : « Real politique » car pour eux, le premier parti de l’opposition, entendait jouer un rôle d’animateur actif qui compte de la politique nationale en lieu et place d’être une simple « mouche du coche».
Cette formation, au-delà du soutien de la politique du chef de l’Etat, multipliera les initiatives pour marquer sa présence sur l’échiquier politique national et rester toujours auprès de ses militants et sympathisants. L’année 2008 aura été sienne tant, elle a multiplié les activités comme la tenue de l’université d’été des jeunes de l’ADF/RDA (date), les journées parlementaires du groupe parlementaire ADF/RDA courant octobre à Diébougou dans le Bougouriba, et une séance de formation au profit des militants.
En outre, le parti de « l’Eléphant » a organisé des tournées sur toute l’étendue du territoire pour rencontrer, féliciter et témoigner sa reconnaissance aux militants pour leurs différentes victoires engrangées lors du dernier scrutin tenu au pays. Il a été aussi très actif au plan international avec des sorties dans divers pays d’Europe et d’Afrique.
La cérise sur le gâteau fut l’organisation réussie de son 14e congrès ordinaire tenue les 29 et 30 novembre 2008 sur le site du Salon international de l’Artisanat de Ouagadougou (SIAO) au cours duquel Me Gilbert Noël OUEDRAOGO s’est vu reconduit à la tête du parti pour un nouveau mandat de 5 ans avec l’approbation enthousiaste de plus de 3 000 militants venus de toutes les provinces du Burkina Faso.
Assurément l’année a été bien remplie. Sans grand bruit, l’ADF/RDA n’a donc pas chômé. Chacune de ses manifestations a drainé du monde, à la grande surprise de nombreux observateurs qui la voyaient coincée entre un CDP omnipotent et omniprésent qui en imposait à tous et une certaine opposition qui n’a ménagé aucun effort pour la faire percevoir comme un simple appendice du mastodonte au pouvoir. Il faut avouer que sa marge de manœuvre était des plus minces et force est de reconnaître qu’elle a su tirer son épingle du jeu. En effet, « exister » à côté du CDP dont certains ténors ne lui faisaient aucun cadeau et une mouvance présidentielle qui la regardait en chien de faïence d’une part ; et, de l’autre des partis de l’opposition qui la rejetaient systématiquement, certains ne boudant pas le plaisir de chef de file de l’opposition qu’elle avait abandonné n’a pas été une sinécure. Et pourtant !
Comme la fournis de la fable, elle a été laborieuse, refusant de se laisser enfermer dans le débat fort nourri sur son statut. Il faut le dire, ce débat-là a fait rage à telle enseigne qu’on ne s’entendait plus parler. On a pensé trouver la solution en légiférant sur le sujet, mais les réalités dans le monde semblent dire qu’on s’est tiré une balle dans le pied.

L’ADF/RDA est-il un parti de l’opposition ?
Cette interrogation bien de personne la pose au regard de son appartenance au gouvernement de la majorité. Sidiki BELEM, membre de la direction du parti député à l’Assemblée nationale est on ne peut plus clair sur le sujet : « l’ADF/RDA se veut un parti de l’opposition en tant que parti non membre de la majorité comme le stipule les textes ». Et le président du parti de le corroborer en affirmant que : « L’ADF/RDA est un parti de l’opposition… L’opposition et la majorité peuvent se donner la main dans l’intérêt du peuple. Nous avons opté au grand jour d’apporter notre appui mais en gardant notre autonomie en tant que formation politique ». Les deux ministres, issus de ses rangs ne disent pas autre chose,eux qui soutiennent inscrire leurs actions dans le credo du président du Faso, qui est de ne laisser personne en marge de la politique du progrès social. Le reste n’est que rhétorique. Certains ne s’en rendront compte que lorsque viendra la moisson, c’est-à-dire les élections. C’est alors qu’ils se rendront à l’évidence qu’ils avaient laissé la proie pour l’ombre et chanté au moment où les autres travaillaient.

Par Issoufou MAIGA

 

Budget de l’Etat gestion 2009
Les bonnes intensions attendues

Lucien Marie Noël BEMBAMBA, ministre de l’Economie et des Finances, entouré de son staff a rencontré la presse, le vendredi 9 janvier 2009, autour de la question du budget de l’Etat gestion 2009. Un budget dont il dit avoir été élaboré dans un contexte difficile, eu égard aux crises que le monde a connues en 2008 mais qui n’empêchera en rien la réalisation des infrastructures sociales de base. Un budget qui sera géré de façon rationnel pour qu’il puisse insuffler le développement.

Maîtriser les dépenses de fonctionnement afin de dégager des économies à affecter aux investissements, recentrer les investissements sur les priorités répondant aux exigences et aux défis du moment, mettre en place des programmes de filet social en faveur des couches vulnérables de la population, ce sont là les trois grandes orientations du budget 2009. Un budget qui tire son essence du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté et surtout du programme quinquennal du chef de l’Etat, « Le progrès continu pour une société d’espérance ». D’où l’accent particulier qui est mis pour stimuler la croissance économique afin de relancer la production locale et soutenir les secteurs sociaux de base.
Le budget 2009 est arrêté en ressources propres à la somme totale de 584 114 500 000 FCFA soit une croissance de 8% par rapport à 2008. Elles représentent 63,5% des ressources totales contre 62,2% en 2008. C’est dire qu’un effort particulier sera demandé aux régies (Douane et Impôts) pour une lutte plus accrue contre la fraude, le faux et la corruption si le gouvernement veut atteindre les objectifs fixés. Ce qui passe selon le ministre « par le renforcement et la continuité de l’informatisation des services de régies, le contrôle des services pour boucher les trous et éviter les évasions, la réforme de la politique fiscale par la modernisation pour simplifier et alléger les modes de recouvrements. »
Pour Lucien Marie Noël Bembamba : « Le budget de l’Etat, gestion 2009 a été élaboré dans un contexte marqué par les répercussions socioéconomiques des crises énergétique et alimentaire auxquelles s’ajoute la récente crise financière….. Notre préoccupation fondamentale a porté sur les mesures appropriées à mettre en œuvre à court et moyen terme pour y faire face ». Mais malgré ces contraintes, la structure du budget annonce une baisse des dépenses de fonctionnement de l’Etat, une progression des transferts courants, et surtout un investissement. A travers la gratuité des kits scolaires, la promotion de l’emploi, le programme des logements sociaux, l’appui à la banque de l’habitat, l’appui à la décentralisation, le gouvernement espère réduire un tant soit peu courant 2009 les difficultés des ménages. Il sera également poursuivi, les mesures de relance agricoles avec les semences améliorées, l’octroi des engrais avec un accent particulier qui sera fait dans le domaine de la transformation avec l’installation d’une laiterie, et d’une usine de transformation de tomates. Avec le budget 2009, et foi de Lucien BEMBAMBA : « …des barrages, des routes, seront construits puisque 35 milliards sont prévus à cet effet. Nous allons également procéder à la réalisation des grands bâtiments administratifs dans les treize régions dont certains seront opérationnels en 2009 mais l’opération sera étalée sur trois ans. »
Pour être sûr de son coup, le ministre des Finances soutient qu’un effort supplémentaire sera fait dans la rationalisation de la consommation des biens de l’Etat. Au niveau du parc automobile de l’Etat, on annonce un renforcement des sanctions, l’utilisation plus poussée des puces électroniques pour contrôler la consommation du carburant mais aussi et surtout, la création d’un parc automobile type d’un ministère et le type de véhicule qui sied pour le travail.
En passant, Lucien BEMBAMBA annonce que les consommations d’eau d’électricité, et de téléphone de l’administration seront revues encore à la baisse par un contrôle encore plus rigoureux parce que jusque-là elles représentent 25% des charges. L’organisation des manifestations sera harmonisée ainsi qu’un renforcement des audits dans les services publics pour plus de transparence.
Une liste de bonne intention que le budget 2009 devra permettre d’atteindre que les mauvaises langues n’hésitent pas à qualifier de démagogique. « Nous attendons de voir si ce qui est annoncé avec grand renfort de pub sera réalisé… » A lancé un élu de l’opposition qui a d’ailleurs voté contre la loi de finances 2009. Le gouvernement est donc dos au mur. Et pour cause, nous sommes à la veille d’une année électorale (Présidentielles 2010) et tout ce qui a été annoncé devrait être réalisé si…

Par Frédéric ILBOUDO

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