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La une du 587 du 14 au Janvier 2009
LA UNE du 14 au 20/01/2009
Lettre de l'Editeur :N° 587 du14 au 20 Janvier 2009

2008 : Une année contrastée

Entre un CDP dont l’activisme de certains ténors a débordé du cadre du parti, à des Sankaristes engagés dans un tango qui s’est apparenté à une « danse du scalp », en passant par la besogneuse ADF/RDA, on a aussi eu droit au coma profond d’une mouvance présidentielle dont on a fini par oublier l’existence, même si un tel sort est certainement meilleur à celui d’une certaine opposition qui a passé le clair de son temps à s’entre-déchirer. Assurément, chacun était comme occupé à gérer ses propres problèmes et n’avait pas l’esprit aux grandes réflexions philosophiques, d’autant que la crise économique obligeait à vivre au jour le jour.

Edition de reprise, édition des grandes annonces, des bilans et de la prospective. Chacun y va de sa partition comme vous le constatez. Comme à l’accoutumée, nous allons sacrifier à la tradition. Ainsi notre rubrique « dossier » de la semaine et des deux prochaines éditions sera consacrée à faire le bilan de l’année 2008 et à essayer de percer l’avenir et d’anticiper sur les faits qui marqueront l’année 2009.
Un exercice à la fois complexe et très simple, tant il est vrai et évident qu’en la matière, comme l’a écrit le grand écrivain africain Biraogo DIOP « Quand la mémoire va chercher du bois mort, elle ramène le fagot qui lui plait ». C’est dire si nous ne nous attendons pas à faire l’unanimité ni dans le choix des évènements qui auront marqué l’année, ni dans leur lecture. D’ailleurs ce n’est pas notre objectif.
En effet, le plus important, et cela a toujours été le credo de L’Opinion, c’est de vous donner des grilles de lecture qui vous permettent de vous forger vos propres opinions.
Dans la présente édition, nous avons ausculté le domaine politique qui a été très animé au cours de l’année, même si ce n’était pas une année à élection et même si les avis peuvent diverger sur le sens à donner à cette animation. Alors qu’on s’attendait à ce que les politiques se la jouent au rythme de sénateurs, certains y sont allés avec beaucoup d’allant, à telle enseigne que par moment, on a eu l’impression qu’ils avaient quelques problèmes avec leur calendrier. C’est vrai que les fortunes ont été diverses, l’hyperactivité des uns contrastant avec l’apathie des autres. Entre un CDP dont l’activisme de certains ténors a débordé du cadre du parti, à des Sankaristes engagés dans un tango qui s’est apparenté à une « danse du scalp », en passant par la besogneuse ADF/RDA, on a aussi eu droit au coma profond d’une mouvance présidentielle dont on a fini par oublier l’existence, même si un tel sort est certainement meilleur à celui d’une certaine opposition qui a passé le clair de son temps à s’entre-déchirer. Assurément, chacun était comme occupé à gérer ses propres problèmes et n’avait pas l’esprit aux grandes réflexions philosophiques, d’autant que la crise économique obligeait à vivre au jour le jour. C’est vraiment le cas de le dire, car on a très peu entendu la classe politique sur les grandes questions nationales. Les rares acteurs qui ont daigné s’échiner au boulot se sont contentés du service minimum, de sorte qu’ils ont très peu pesé sur le cours des évènements.
Pourtant l’actualité a été très fournie, offrant aux politiques des occasions pour se mettre en valeur. Autant dire que dans ce pays, les hommes politiques sont d’un genre bien singulier. Il ne faut donc pas s’étonner qu’on en soit à désespérer d’eux et à envier les autres.
2009 sera-t-elle d’un tout autre cru ? Il faut l’espérer car c’est une année pré-électorale et on devrait assister à une mise en ordre pour affronter la présidentielle de 2010. Vœu pieux ou perspective plausible ? La question vaut son pesant d’or tant la classe politique nationale nous a habitués à toutes sortes d’anachronismes. On risque en effet d’assister à un cavalier seul du parti au pouvoir, tandis que les autres seront aux abonnés absents.
L’argument massu qu’on nous brandira sera le manque de moyens pour les uns et l’utilisation des biens de l’Etat par le parti au pouvoir ! Une ritournelle qu’on n’a plus aucun scrupule à débiter pour se donner bonne conscience. En effet le prétexte est trop gros pour justifier jusqu’à l’absence de toute vie de parti. Qu’à cela ne tienne, on cheminera tout doucement vers l’élection présidentielle de 2010 pour assister au même spectacle, comme si depuis 5 ans, certains ne savaient pas qu’une élection présidentielle devait avoir lieu en cette date. Croisons les doigts et prions pour que, pour une fois, nos politiciens nous fassent mentir.
En attendant cette occurrence qui relève beaucoup plus des fantasmes que de l’analyse politique, on peut observer d’ores et déjà un léger frémissement qui augure une évolution probable. C’est tout le mal qu’on souhaite à nos acteurs politiques ; eux qui doivent certainement envier nos hommes de culture qui ont été sur la brèche toute l’année.
En effet la situation chez nos hommes de culture a été toute autre. En dépit des contingences de la crise économique, la culture a tenu la route. Mieux, elle a comme bravé les éléments s’inspirant même d’elle comme pour en rire. C’est le constat que nous avons fait et dont nous vous rendons compte. Gageons qu’elle continuera de plus belle en 2009.

Par Cheick Ahmed
ilingani2000@yahoo.fr.

 

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