[Actualité] - [Annonces] - [Archives]
La une du 587 du 14 au Janvier 2009
LA UNE du 14 au 20/01/2009
RETRO-SPORTS : N° 587 du14 au 20 Janvier 2009

Mi-figue, mi-raisin

L’année 2008 qui vient de s’achever a été plus ou moins bonne pour le sport burkinabè. Les Etalons seniors, en football, ont redonné à rêver au public avec un parcours presque parfait lors des éliminatoires combinés de la Coupe d’Afrique des Nations et de la Coupe du monde 2010. Les cyclistes se sont assez bien comportés à l’extérieur malgré le fiasco du Tour du Faso. En boxe, la fin de l’année a été douloureuse mais le pays a glané un autre titre de champion international. Revisitons ensemble, 2008 qui a oscillé entre espoir et déception..

En sport, il y a en général, trois résultats : la victoire, le nul et la défaite. Si les victoires sont plus nombreuses on peut crier au succès mais lorsqu’elles pèsent peu dans la balance, il y a forcément des grincements de dents. Aussi a-t-on vu dans certains pays, le sport par l’euphorie créée par les victoires contribuer à apaiser des tensions sociales tout comme malheureusement les échecs ont pu entraîner des situations désagréables.
En 2008, le sport burkinabè a donné autant de motifs de satisfaction que de déception. Les disciplines majeures que sont le football, le cyclisme et la boxe ont connu des fortunes diverses.
En football, dans le cadre des éliminatoires de la CAN et de la Coupe du monde 2010, l’équipe nationale burkinabè, à la faveur d’un tirage au sort favorable, a brillé sur le continent. Tout a commencé avec une victoire surprise sur les Aigles de Carthage sur leurs propres installations en Tunisie, le 4 juin. Après ce succès sur le favori du groupe 7, les Etalons ont retrouvé la vigueur des équipes qui gagnent. Les autres formations qu’étaient celles des Seychelles et du Burundi étaient un cran en dessous et le Burkina n’avait donc rien à craindre pour son avenir dans la compétition. A la fin du deuxième tour en octobre, le Burkina s’est classé premier du groupe 7 avec dix sept points devant la Tunisie et sans la moindre défaite. Ainsi, Paulo DUARTE, le jeune entraîneur portugais qui a été recruté sans tambour ni trompette à cause du climat plus ou moins lourd de la démission du bureau de Seydou DIAKITE quelques mois plus tôt, pouvait être heureux ; il a montré qu’il n’est pas loin d’être un « sorcier blanc ».
Mais le plus dur est à venir pour le onze burkinabè. Le tirage au sort de la dernière phase qualificative a mis les Etalons dans le groupe de la Côte d’Ivoire, de la Guinée et du Malawi. Des adversaires qui n’ont rien à voir avec les Pirates des Seychelles et les Itambas Murunga du Burundi.
Il faut dire que cette magnifique chevauchée des Etalons a permis de décrisper l’atmosphère dans le monde footballistique après un climat délétère qui a conduit à la démission du bureau fédéral et une période chaude de tractations qui a précédé le renouvellement de la Fédération. Après des péripéties dignes d’une campagne politique, c’est la liste de Zembendé Théodore SAWADOGO, le Directeur général de la LONAB et surtout président du conseil d’administration de l’EFO qui est portée à la tête du foot burkinabè devant celle du Lieutenant-colonel Yacouba OUEDRAOGO dit YAK. L’avènement du « messie » que l’on escomptait pour rendre la FBF plus apte à faire face à ses obligations n’a cependant pas eu lieu d’autant que la structure peine à avoir les moyens de sa politique. Elle continue de dépendre du budget de l’Etat pour l’organisation de compétitions comme le championnat national en attestent les difficultés de démarrage de la présente saison de ce championnat. De plus, le statut quo sur des décisions impopulaires ne sont pas pour arranger les choses. A l’épreuve, tout le monde voit que l’instauration de la super division du championnat de deuxième division et la diminution du nombre de clubs à Ouagadougou dans le championnat de première division relevant d’une décision hasardeuse. La preuve, les équipes de province qui bénéficient de la mesure ne tiennent pas en première division malgré le niveau modeste de la compétition. On s’attendait à ce que le bureau actuel revisite le texte, mais il a décidé de le laisser courir jusqu’à son terme en 2010. Ce qui fait que le championnat de deuxième division qui devait être l’antichambre de l’élite n’est plus attrayant. Les équipes championnes des deux dernières éditions n’ont pas accédé à la première division. L’USFRAN et le JCB ont échoué aux matchs de barrage contre Bobo Sport.
Au plan national, l’équipe de foot la plus heureuse en l’année 2008 demeure incontestablement la Reine des stades, l’EFO, qui après sept ans de disette, a renoué avec le succès puis qu’elle a donné l’élite en sortant championne de la saison, succès qu’elle enchaînera avec une victoire en finale de la Coupe du Faso devant l’USO son dauphin en championnat qui cependant la privera du plaisir de faire le triplé en lui enlevant le 18 octobre, la super coupe AJSB joué à Koudougou.

Des difficultés pour le cyclisme
La petite reine burkinabè a vécu une année difficile. Sur le plan intérieur, les compétitions ont été rares.
Il y a eu les épreuves traditionnelles comme les prix du Port autonome d’Abidjan, le prix de la Mairie, le Championnat national sur les traditionnels circuits fermés de l’Avenue Charles De Gaulle et de l’Avenue des Tensoaba. Très peu dans les jambes pour des coureurs appelés à s’exprimer au Tour du Faso, l’objectif majeur de la saison.
Les Etalons cyclistes ont certes, eu l’occasion de se mesurer aux autres sur d’autres théâtres comme le Tour du Sénégal, le Tour du Cameroun, le Tour de la paix en Côte d’Ivoire….. mais les informations du milieu ont montré que la participation à ces compétitions a souvent été sans préparation conséquente, si bien que le Burkina a fait beaucoup plus de la figuration. Au Tour du Sénégal par exemple, Abdoul wahab Sawadogo a porté le premier le maillot jaune avant de disparaître dans le peloton par manque sans doute de compétition.
Dès lors le 22ème Tour du Faso s’annonçait des plus difficiles pour le Burkina. La plus grande compétition du continent qui s’est courue du 24 octobre au 2 novembre, a été un fiasco pour les Etalons. Sur les dix étapes, le Burkina est sorti bredouille, pas la moindre victoire d’étape encore moins de maillots. Il était donc normal que la déception soit grande au sein de l’opinion, cela d’autant que la 21ème édition a été aussi décevante.
Dès lors, les jours de la Fédération étaient comptés, il faut le reconnaître, car le forum organisé le 22 novembre au Stade du 4 Août et baptisé « Etats généraux » du cyclisme annoncera la déroute électorale de Adama DIALLO et les siens le 21 décembre à Ouagadougou.
Alhassane D. OUANGRAWA, vice-président de l’ancien bureau et patron de l’entreprise EODA a conduit la révolution de palais. Par 47 voix contre 25, il ravira à Adama DIALLO le poste de président de la FBC.
Les résultats des Etalons au prochain Tour du Faso seront particulièrement analysés à la loupe pour voir si les progrès promis ont eu lieu. Autrement la petite reine pourrait encore connaître un autre coup de vent.

Boxe : rire ou pleurer ?
Faut-il rire ou pleurer en parlant de la boxe burkinabè ? La réponse à cette question n’est pas facile tant le noble art a connu les deux faces de la médaille.
En effet, le temple de la boxe a beaucoup vibré de joie au rythme des coups de poings donnés par nos pugilistes mais l’année s’est achevée sur une note pas du tout gaie. D’abord il faut dire qu’une nouvelle période faste pour la boxe burkinabè commence en mars 2007 avec Irissa KABORE dit le « Kaïd » qui remporte à Abidjan le titre de champion d’Afrique des Super welters devant l’Ivoiro-Libanais Khaled ZORKOT ; dans la foulée, Boniface KABORE en moyen, Alexis KABORE en Coq et Patrice Sou TOKE en Welter vont conquérir des titres continentaux.
Le 3 mai 2008 à la Maison du peuple, le Kaïd conquiert le titre international IBF de sa catégorie devant le Franco marocain Badr Belhadj. Après Dramane NABALOUM dit Boum Boum à la fin des années 1990, le Burkina porte de nouveau une ceinture internationale de boxe. Le « Kaïd » est adulé par le public et les autorités. Le porte drapeau qui manquait au sport depuis la retraite de Boum Boum et les déboires successifs des Etalons en football semble tout trouvé. La fédération fait ce qu’elle peut pour entretenir la flamme malgré le manque de moyens.
Le 28 octobre, sur initiative du promoteur privé Jean Marc PERONO, Boureima Alexis KABORE dit « Yoyo » est invité à se battre contre l’équatorien Rafael Mendoza TIRADO dit « le monstre » pour la ceinture internationale des poids coq version WBA. Après un combat pénible, YOYO est déclaré vainqueur aux points.
Avant ce succès, la boxe a vécu une mauvaise période. En juillet, Boniface KABORE dit « le Python » refuse d’aller défendre son titre de champion d’Afrique des moyens à Cotonou contre le Béninois Philibert SODJINOU et le perd selon la réglementation. Le « Kaïd » comme l’exige les textes de la boxe professionnelle devait remettre son titre en jeu dans les six mois qui suivent. Faute de moyens et grâce à la compréhension de la structure dirigeante le combat de défense du titre est programmé le 20 décembre. KABORE devait se frotter au rugueux français Franck HAROCHE HORTA. La confiance était de mise dans le camp burkinabè. Malheureusement le verdict du ring va être implacable. KABORE est battu par KO technique à la 9e reprise. Le Burkina n’a plus donc que la ceinture de YOYO comme titre de gloire en boxe professionnelle.

Les autres disciplines
Le volley ball a été le plus actif. Grâce au soutien du Colonel Major Gilbert DIENDERE, la balle au filet a connu une assez bonne saison. Les filles ont remporté le tournoi de la solidarité disputé en Côte D’Ivoire. Ce qui n’est pas rien, si on connaît la situation que vit la discipline.
L’athlétisme qui a constitué le gros de la délégation burkinabè aux JO de Pékin (Chine) n’est revenue qu’avec une place de démi finaliste aux 400 m haies réalisée par Aïssata SOULAMA. Les autres n’ont eu que la satisfaction d’avoir participé. Les arts martiaux, malgré les difficultés organisationnelles et le manque de sponsors pour financer les compétitions ne sont pas restés les membres dans le plâtre. Les judokas ont été les plus présents sur la scène et c’est le club de l’ONATEL qui se sera le plus fait remarquer notamment en remportant la compétition internationale organisée par sa société sponsor. On peut aussi noter la tenue du Ralye moto de Ouagadougou (RMO) qui malheureusement a connu une fin dramatique avec l’accident mortel d’un concurrent.
Ainsi a vécu le sport burkinabè en 2008. Espérons que 2009 qui vient d’entamer sa marche donnera de meilleurs résultats pour le bonheur des fans.

.

Par Ahmed NAZE

.

Haut

INFOS FLASH
LES MEDIAS DU FASO
LES DOSSIERS
index.gif
 
ZEDCOM © 2008 Tous droits réservé