[Actualité] - [Annonces] - [Archives]
La une du 587 du 14 au Janvier 2009
LA UNE du 21 au 27 /01/2009

Retro-Politique: N° 588 du21 au 27 Janvier 2009

Vie chère

Entre révolte et sursaut


Mamadou SANOU, ministre du CommerceLes 20, 21 et 28 février 2008, des manifestations ont éclaté dans certaines villes du Burkina Faso notamment à Bobo-Dioulasso, Ouagadougou, Ouahigouya et Banfora. L’objet serait le renchérissement de la vie au Faso sur fond de fausses rumeurs d’augmentation d’impôts et de taxes de douanes. Cette situation qui s’est inscrite dans un contexte international de crise céréalière et de flambée du prix du baril du pétrole loin d’avoir intéressé le seul Burkina, a engendré des révoltes un peu partout en Afrique de l’Ouest. Les dégâts ont été énormes et des mesures urgentes prises par les gouvernants pour faire face au phénomène..

Les villes de Ouagadougou de Bobo-Dioulasso etc ont connu des heures chaudes suite aux manifestations contre la vie chère.Les émeutes parties de Bobo-Dioulasso auront l’effet déclencheur d’un phénomène dont on avait du mal à cerner les tenants et les aboutissants. S’il est vrai que le panier de la ménagère avait pris un sérieux coup du fait de l’augmentation brusque et vertigineuse des prix des produits de grande consommation, on était loin d’imaginer que les Burkinabè se manifesteraient aussi bruyamment par des actes de vandalisme à travers les grandes villes du pays.
Tout serait parti de l’appel d’un certain activiste, Thibault NANA, pour l’observance d’une ville morte afin de manifester contre «la vie chère». L’intéressé, tout comme nombre de citoyens abusés par de fausses informations véhiculées par des milieux commerçants, voyait en la difficile situation qui prévalait la responsabilité des pouvoirs publics.
En effet, des commerçants pour justifier leurs augmentations de prix ont prétendu que le gouvernement avait rehaussé les impôts et taxes les obligeant à faire de même pour préserver leur commerce. Ce qui n’était pas exact selon le ministre de l’Economie et des Finances de l’époque, Jean-Baptiste COMPAORE, qui va s’échiner à montrer que le phénomène de renchérissement des prix n’était pas propre au Burkina Faso mais s’observait partout dans le monde eu égard à l’augmentation du prix du pétrole et du fait d’autres contingences internationales.
Il faut dire que si le gouvernement a été lent à communiquer sur la situation, les pêcheurs en eau trouble, eux n’ont pas chômé et l’on a vu ce qui s’est passé. Une situation qui a failli mettre en péril la cohésion sociale.

Le sursaut
Face à la flambée des prix des produits de première nécessité, le gouvernement de Tertius ZONGO a adopté une batterie de mesures qui ont pu alléger un tant soit peu les effets de cette surchauffe des prix. Ce sont entre autres, le décret du conseil des ministres du 27 février 2008 qui a annoncé la suspension des droits de douane et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur certains produits de grande consommation. Cette suspension des droits de douane a été estimée à plus de 3 milliards de francs de perte pour l’Etat pour la période des 3 mois indexés.
Des mesures d’allègement concernant le lait, le riz, le sucre, les pâtes alimentaires, le sel et le savon (SN CITEC) ont été prises et pour les commerçants disposant d’anciens stocks, il a été décidé du remboursement du manque à gagner.
La volonté du gouvernement s’est encore traduite par le ciblage de boutiques témoins dans toutes les villes du Burkina Faso afin que les nouveaux prix soient effectivement observés. A court et moyen terme, le gouvernement a décidé de soutenir la production agricole afin de booster la consommation nationale. Le «consommons ce que nous produisons», slogan usité sous la Révolution, est redevenu d’actualité. Les Burkinabè étaient invités à un changement de comportements et d’habitudes de consommation pour d’une part consommer national et produire national.
Dans la même dynamique, le gouvernement a continué à jouer sa partition à travers un dialogue social avec toutes les couches socioprofessionnelles, les coutumiers et religieux afin de trouver des solutions à long terme.
L’augmentation des salaires, la baisse des prix des hydrocarbures, le soutien des producteurs et la diminution du train de vie de l’Etat sont des mesures concrètes qui vont permettre de lutter contre cette crise. On est sur la bonne voie pourvu que ça continue.o

- Issoufou MAÏGA

Haut

Crise financière
Conséquence d’un libéralisme sans contrôle

Début septembre 2008, le monde occidental a été secoué par une crise financière qui a causé la faillite de plusieurs institutions financières notamment les banques. C’est une fois de plus, un camouflet à la politique du libéralisme tout azimut. Depuis 1929 les Etats-Unis et l’Europe n’ont été aussi menacés dans les fondements même de leur économie. Une situation qui ne pouvait qu’avoir des conséquences sur le reste du monde dans ce contexte de mondialisation.

Comme l’a soutenu le professeur Taladidia THIOMBIANO, spécialiste en économétrie dans une interview qu’il a accordée à notre journal « L’Opinion » dans sa livraison n°573 du 1er au 7 octobre 2008, la finance internationale est au plus mal avec les faillites en cascades des banques américaines et européennes en début septembre. Ce sont les conséquences d’un long processus qui rencontre à plus de trente ans avec le libéralisme tout azimut prôné par un certain nombre de dirigeants occidentaux, soutenant la théorie « du laisser-faire, laisser-aller ». Cette tourmente financière est perçue comme la preuve du chaos inhérent à la politique du préfinancement hypothécaire censée favoriser l’accès à la propriété immobilière en maintenant les taux d’intérêts très bas pour encourager l’emprunt. Ainsi les autorités monétaires américaines ont permis aux banques d’accumuler des crédits en prêtant de façon inconsidérée de l’argent, en particulier au secteur immobilier, sans aucune garantie et même à des gens dont le revenu est faible. Conséquence, trop de maisons à louer ou à vendre du fait des investissements, chute de l’immobilier, parce que incapacité de remboursement, maintenant alors les banques dans une situation de cessation de paiement.

Des solutions de sauvetage qui feront mal aux autres
Lorsque l’économie américaine a des difficultés, le reste du monde en ressent les effets. Cela s’explique par le fait que les USA sont la première grande puissance de l’économie mondiale et qu’au sortir de la deuxième guerre mondiale, le dollar est devenu la monnaie universelle. Pour une solution de sauvetage, le président américain, George W. BUSH a injecté 700 milliards de dollars dans le système bancaire. En Europe, c’était aussi le branle-bas et Nicolas SARKOZI, le président de la république française, tout en dénonçant le fait d’écarter totalement l’Etat de son rôle de garant de l’activité économique, a prôné un nouvel ordre de gouvernance économique mondiale.
Les tentatives pour rééquilibrer la situation en Amérique et en Europe auront immanquablement des conséquences négatives sur les économies des pays en développement du fait des risques évidents de réduction de l’aide. Les exportations de ces pays vers leurs principaux acheteurs pourraient également connaître des baisses.
Comme on le voit, même si la crise financière en elle-même n’a pas atteint les pays en développement, ses effets sont là avec cette dépendance économique qui est leur réalité. C’est dire qu’il va falloir aux pays comme le Burkina repenser leur développement en mettant l’accent sur l’effort endogène. D’ailleurs anticipant sur cette crise financière, le Premier ministre Tertius ZONGO avertissait en mars 2008 devant la représentation nationale : « Nous serons sans doute confrontés à des situations difficiles, imprévues, dont l’appréciation et la résolution comporteront des risques et des incertitudes. Mais grâce à la conscience aiguë que nous avons de tous nos engagements, à la fidélité de nos objectifs, nous réussirons ensemble… ». C’est pourquoi déjà des mesures fortes sont à prendra pour booster la production nationale, la transformation des matières premières et la protection d’un certain nombre de secteurs d’activités pour une autonomie véritable de développement. Désormais avec l’entrée en force de la Chine et de l’Inde sur le marché économique international, un nouvel ordre se dessinera et il est temps pour l’Afrique de saisir cette opportunité pour se faire désirer et tirer le maximum de profit car elle sera le théâtre de la concurrence.o

Issoufou MAIGA

 

Tertius ZONGO tient parole

Tertius ZONGO, premier ministre :A l’issue de son premier conseil des ministres, le tout nouveau Premier ministre Tertius ZONGO déclarait : «… Les gens ont besoin de résultats, ils ont besoin qu’on avance sur les chantiers économiques, ils ont besoin que la pauvreté recule, ils ont besoin qu’il y ait plus de justice… ils ont besoin que chacun, lorsqu’il se couche, se sente en paix, qu’il ne se sente pas menacé, ils ont besoin qu’il y ait une attention particulière sur les questions de gouvernance…». On attendait l’homme au pied du mur et à l’analyse, depuis cette déclaration, on ne peut douter que parole a été tenue même si on lui demande toujours plus.

La volonté d’opter pour la culture de résultats était déjà affichée et le Premier ministre va insuffler à son gouvernement la même ferveur dans l’action. Ainsi, très vite, le changement va se sentir dans la pratique de plusieurs secteurs ministériels et institutions. Bonne gouvernance, lutte contre la corruption, réduction du train de vie de l’Etat… sont, entre autres, quelques facettes de l’action du chef du gouvernement. Pour lui les conditions de réussite de sa mission qui se résume à la mise en œuvre du programme du président du Faso ne tiennent que par les sacro saints principes de rigueur, d’audace, de créativité et de collégialité. Après avoir défini sa mission, son credo et les conditions de réussite de son action, il invitera les Burkinabè à se départir de leur complexe et à regarder l’avenir avec optimisme et sérénité. «… Notre destin nous appartient si nous gardons confiance en nous-mêmes et si nous plaçons constamment l’intérêt de la nation au-dessus des égoïsmes et des sectarismes», a dit Tertius ZONGO, le 27 mars 2008 devant les députés à l’occasion de son discours sur l’Etat de la nation. «Tant que nous serons tous sensibles aux préoccupations fondamentales des populations, prêts au dialogue constructif et disposés à absorber la critique constructive et les idées nouvelles, le Burkina Faso continuera d’avancer sereinement vers son destin de lumière», a-t-il, conclu.
Des actions concrètes
La charité bien ordonnée commençant par soi-même, le chef du gouvernement va donner l’exemple par la suppression de certaines lignes téléphoniques de ses ministres, la réduction du nombre des véhicules des cortèges ministériels, le contrôle de l’utilisation abusive des véhicules de l’Etat… Toute chose qui marque le souci d’alléger les charges de l’Etat.
Dans le domaine de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption, la mise en place de l’Autorité supérieure de contrôle de l’Etat (ASCE) a consacré définitivement l’engagement du gouvernement dans ce domaine. N’a-t-on pas dit qu’une administration conséquente et tangible se doit «d’impulser et contrôler» les actions sur le terrain ? Répondre par la négative c’est méconnaître les rouages des sciences politique et administrative des Etats.
Mais, il est clair que ZONGO n’aura pas que des adeptes, cela s’entend. Ainsi des voix s’élèveront pour diaboliser les actions du chef du gouvernement en l’accusant d’avoir freiné la croissance et autres actions de développement du pays. De manière claire, certains diront que les affaires ne marchent plus depuis son arrivée à la Primature.
Bref, avec ZONGO, un déclic s’est opéré. La moralisation de tous les secteurs d’activités est en marche et on constate que les choses ne se font plus à la légère.
Pragmatique dans ses approches, le chef du gouvernement ne s’est jamais trompé de cible. Pour mieux atteindre ses résultats, il préfère le terrain au salon douillet de son cabinet, présidant le lancement des grands chantiers de développement qui engagent l’avenir de la nation. Pour inviter les paysans à plus de production en vue de faire face au phénomène de la vie chère, il a sillonné toutes les 13 régions du pays. Touchant du doigt les réalités du terrain, il a su trouver les mots justes pour galvaniser les paysans. Aujourd’hui, avec le bilan de la production céréalière fait par les autorités, on peut dire que l’objectif de production a été atteint à la satisfaction des différents acteurs. En terme de production du riz, le Burkina Faso a atteint une productivité et une production sans précédent même si l’autosuffisance dans cette filière est encore à l’ordre du jour. Même si les ambitions de départ ont quelque peu été atténuées pour ne pas dire ralenties par le contexte international du fait de la crise financière, on peut reconnaître cependant que des efforts et des actions de développement ont été posés. Ce qui a eu pour conséquence une diminution de la masse critique des contempteurs. En effet, les mentalités rétrogrades sont en train de changer même si certaines tardent à disparaître. L’année 2008 a été difficile et même très difficile. Mais le Burkina est resté «débout». D’ailleurs le Premier ministre en mars 2008 ne disait-il pas : «Nous serons sans doute confrontés à des situations difficiles, imprévues, dont l’appréciation et la résolution comporteront des risques et des incertitudes. Mais grâce à la conscience aiguë que nous avons de tous nos engagements, à la fidélité de nos objectifs, nous réussirons ensemble…». Qui a dit qu’on reconnaît le bon maçon au pied du mur ?o

Ben Alex Béogo

Haut

Tertius ZONGO-COTECNA
Un duo gagnant

Sébastien DAYAMA, DG de COTECNA2008 a propulsé la société COTECNA au cœur de l’actualité économique et même sociale de notre pays. Inconnue jusque-là par la majorité des Burkinabè, cette société d’inspection des marchandises allait se retrouver, mêlée ou accusée d’être à l’origine de la vie chère. Il faut dire que COTECNA qui existe au Burkina depuis 2004, a vu ses activités prendre de l’ampleur avec la rigueur de gestion et de contrôle instaurée par le Premier ministre Tertius ZONGO depuis son installation à la Primature. Par ailleurs de nombreux acteurs du secteur économique se sont défoncer sur elle pour échapper à leurs responsabilités.

Inspecter les marchandises d’importation au Burkina suppose limiter les manœuvres de fraudes et éviter au trésor public l’évasion de devises auxquelles il est en droit de s’attendre des transactions commerciales des opérateurs économiques. C’est une démarche à laquelle ne peut se soustraire un Etat qui veut réellement rendre saines et transparentes les activités commerciales sur son territoire. Le Burkina, pays de grande importation, ne peut que gagner à avoir des structures de contrôle performantes dans le domaine. C’est ce qui a indubitablement amené les autorités à faire appel à des compétences qui ont fait leurs preuves dans le monde en la matière. En l’occurrence COTECNA, société dont le siège est en Suisse avec laquelle elles ont signé une convention.
C’est à la faveur du phénomène de la vie chère que beaucoup de Burkinabè ont eu connaissance de cette société qui travaille essentiellement avec les importateurs et la douane. Il faut dire que ne connaissant pas grand’chose aux lois du commerce international, l’homme de la rue s’est laissé convaincre par les commerçants véreux certains politiciens à la petite semaine et même des douaniers pour qui, comme ils le disent, « avec Tertius ZONGO et COTECNA, les affaires ne marchent plus comme avant » que les différentes mesures de gestion et de contrôle prises par le chef du gouvernement, mesures qui allient rigueur et transparence, et qui par ailleurs renforcent les actions de COTECNA sont à l’origine du phénomène de la vie chère. Si pour les politiciens on a saisi une opportunité pour nuire au gouvernement, les commerçants, eux, cherchaient plutôt à justifier des augmentations exagérées de prix pour compenser les manques à gagner sur leurs colossaux bénéfices acquis par des manœuvres dolosives (fraude, corruption) en complicité avec généralement des douaniers, manœuvres désormais entravées par l’action de COTECNA. Solidarité d’intérêt faisant, tout ce beau monde va se liguer pour faire rendre gorge au gouvernement. Ainsi, la désinformation et l’intoxication ont été telles que le chef du gouvernement a été obligé de faire des sorties médiatiques pour expliquer une situation intéressant tous les pays et fortement ressentie dans ceux les plus pauvres comme le nôtre, situation consécutive à la détérioration du système financier international. M. Sébastien DAYAMA, DG de COTECNA que nous avons rencontré à l’époque s’exclamait ainsi : « je dirais qu’il y a eu certainement un problème de communication ; sinon, je ne vois pas en quoi les missions de COTECNA peuvent contribuer à ce que nous connaissons et qu’on appelle vie chère. La société COTECNA existe au Burkina depuis 2004, elle fait les inspections de marchandises conformément à la convention. Ses missions n’ont pas varié. Je ne vois pas en quoi cette contribution au service de l’Etat peut être à l’origine de la vie chère ». Les explications sont claires, mais commerçant véreux n’a point d’oreille quand il s’agit de faire des sacrifices comme tout le reste du peuple. Convaincu que c’est ce qu’il faut pour maximiser les recettes de l’Etat afin de pouvoir faire face à la forte demande sociale, le chef du gouvernement est resté ferme sur ses positions permettant ainsi à la société COTECNA de faire efficacement son travail. Un travail qui, depuis 2006, ne fait que porter des fruits pour l’économie burkinabè. En effet selon le chef du gouvernement lors de sa conférence de presse du 10 juin 2008, en recettes fiscales, les six (6) premiers mois de 2006 ont permis à la douane de mobiliser 55 milliards et les 4 premiers mois de 2007 56,7 milliards, soit une augmentation de 1,6 milliard. De janvier à avril 2008, la douane a engrangé 66,9 milliards. Preuve que le tandem COTECNA-Douane marche à merveille avec des résultats probants au profit de l’économie burkinabè. Dans la même dynamique et selon notre confrère Sidwaya, en 2008, c’est au total 27 000 Déclarations préalables à l’importation (DPI) qui ont été émises par COTECNA pour une valeur estimée à 1000 milliards de FCFA et des niveaux de recettes jamais égalés au profit du trésor public.
En somme, l’institution des inspections des marchandises par le gouvernement à travers COTECNA, les mesures « vigoureuses » de lutte contre la fraude et la corruption permettent de booster l’économie nationale, mais ne sauraient plaire à certains importateurs et commerçants et même des douaniers véreux habitués aux pratiques peu orthodoxes pour s’enrichir au détriment des caisses de l’Etat et du citoyen.
Bravo donc au duo gagnant Tertius ZONGO-COTECNA.o

- Ben Alex Béogo

Gouvernement - Syndicats

Les fruits du dialogue social

Paul N. KABORE, SG de l’ONSL et président du mois des Centrales syndicales.Une marche des syndicats dans les artères de OuagadougouL’année 2008 aura été, à n’en point douter, une année difficile pour l’humanité, en témoignent les effets non maîtrisés à nos jours des crises énergétique, financière et alimentaire au plan socioéconomique.
Ces crises ont entraîné un renchérissement du coût de la vie contraignant les populations dont celles africaines à manifester leur désarroi, parfois de façon violente. Face à cette situation, les gouvernants ont répondu différemment selon leurs moyens au cri de détresse de leurs populations. Qu’en est-il de notre pays, le Burkina Faso ?

Le cours du baril de pétrole a connu des hausses successives en 2008, jusqu’à dépasser la barre fatidique de 140 dollars sur le marché international. Des hausses qui ne pouvaient qu’avoir des répercussions sur l’ensemble des secteurs commerciaux et industriels, augmentant les coûts de productions des produits. Les Etats-Unis, grande puissance économique mondiale, ont été secoués par la crise du secteur immobiliser puis du secteur bancaire. A travers le monde, on a aussi constaté concernant les matières premières agricoles, une insuffisance de l’offre par rapport à une demande sans cesse croissante, toute chose qui a entraîné une forte augmentation du cours des produits tels le blé, le riz, le lait et ses dérivés. Ces facteurs conjugués ont donc occasionné les crises énergétique, financière et alimentaire mondiales qui ont secoué le monde et dont les conséquences à nos jours sont loin d’êtres totalement maîtrisés. C’est dire que la crise est mondiale mais les pays l’ont vécue différemment.
En Afrique au sud du Sahara, certains pays comme le Burkina, le Sénégal, la Guinée… ont connu des manifestations de populations appelées «les émeutes de la vie chère» ou encore «émeutes de la faim». Tellement le désaroi des populations était grand face à la hausse vertigineuse des prix des produits de grande consommation.
Au Burkina, on a toujours en mémoire les journées chaudes commencées à Bobo-Dioulasso en février 2008 pour s’étendre à d’autres villes dont Ouahigouya et Ouagadougou. La colère a déversé dans les rues des milliers de personnes remontées contre la vie chère qui ont parfois tout saccagé sur leur passage. Les populations, à leur corps défendant, interpellaient ainsi les autorités du pays pour qu’elles prennent des mesures à même de les soulager. On peut de nos jours, au vu des différentes mesures prises par le gouvernement, dire qu’il n’est pas resté sourd et insensible à l’appel de son peuple ! En effet, au lendemain des «émeutes de la faim», d’importantes mesures avaient alors été prises afin de soulager la souffrance des populations. Elles seront par la suite renforcées.
Les mesures gouvernementales, fruits du dialogue social permanent
Il convient tout d’abord de saluer les réponses apportées par le gouvernement aux préoccupations des populations car ce sont d’immenses sacrifices qui ont été consentis eu égard à l’état de pauvreté de notre pays. Les indicateurs macro-économiques, bien que n’étant pas au rouge, ne sont pas reluisants pour autant du fait de la crise. En effet, la moyenne du taux des 10 dernières années du PIB qui était de 5% a connu une baisse en 2008 et est passée à 4%, selon le FMI. De même, l’inflation s’est accélérée en avril 2008 pour atteindre 7,7% (elle était de 2,4% en 2006).
Lorsque l’on sait que c’est la bagatelle de 200 milliards de nos francs, soit 47% des recettes propres de l’Etat qui a été consacrée uniquement au paiement des salaires, on en arrive à se demander comment fait le gouvernement pour tenir la barre aussi haute.
Le président du Faso ayant fait du dialogue social son cheval de bataille dans la résolution des questions nationales et internationales avait instruit son gouvernement pour que celui-ci trouve des réponses aux préoccupations du peuple. C’est ainsi que celui-ci et les syndicats se sont rencontrés en négociation le 4 décembre 2008 pour parvenir, le 17 décembre à des accords.
Les syndicats qui demandaient pour l’essentiel une augmentation des salaires de 25%, la réouverture du dossier Norbert ZONGO, la réduction des taxes et impôts qui pèsent sur les salaires des travailleurs ont obtenu, selon un communiqué conjoint signé par les représentants du gouvernement et ceux des syndicats les acquis suivants :
D’abord une augmentation de :
- 4% sur la valeur du point indiciaire ;
- 4% sur les pensions et retraites ;
- 4% sur les salaires des agents qui ne sont pas payés sur la base du point indiciaire .
- De même le taux d’abattement de l’IUTS a connu une augmentation pour les travailleurs du public et du privé :
- 15 à 20% pour les cadres supérieurs ;
- 15 à 25% pour les autres catégories.
Enfin ces négociations ont abouti aussi à la baisse du prix des hydrocarbures à concurrence de :
- 30F pour le Super ;
- 20F pour le Gasoil ;
- 20F pour le Pétrole ;
- 10F pour le Mélange.
Au total c’est un effort de près de 10 milliards que le gouvernement a consenti pour l’exécution de ces mesures qui entreront en vigueur en janvier 2009.
Cette année 2008 avait déjà vu le gouvernement prendre certaines mesures pour pallier les conséquences de la vie chère. Il s’agit notamment de celles portant suspension temporaire du mécanisme automatique du prix du pétrole, vente de céréales à prix sociaux aux populations vulnérables, exonération temporaire des droits de douane et de TVA sur certaines denrées de base, enfin fixation de prix indicatif de certains produits tels le riz, l’huile, le lait…
Pour tout dire, il faut voir que des mesures prises par le gouvernement dans des secteurs spécifiques (santé, éducation…), telles les subventions et les gratuités participent de sa volonté d’alléger les souffrances des Burkinabè et doivent être comptabilisées comme telles.

Un ouf de soulagement !
Sans se tromper, on peut affirmer que toutes ces mesures apportent un mieux-être aux populations, le gouvernement se montrant indiscutablement soucieux de son bien-être. C’est donc un ouf de soulagement pour elles en cette période de début d’année, un cadeau de fin d’année. D’ailleurs nous en connaissons beaucoup qui, alarmistes aux premiers abords sur la question de la vie chère et des réponses gouvernementales, finissent par admettre et à mesurer à leurs justes valeurs les efforts fournis par l’Exécutif.
Que dire d’autre sinon souhaiter que 2009 voit notre pays atteindre les 6,2% de croissance attendue par l’effet des allègements fiscaux en faveur des importateurs, le soutien à la production agricole et des différentes réformes réalisées.
Vivement que 2009 soit en tout point de vue meilleure que 2008 afin que les populations laborieuses du Burkina vivent décemment de leur labeur.o

- Angelin DABIRE (Stagiaire)

Haut

INFOS FLASH
LES MEDIAS DU FASO
LES DOSSIERS
index.gif
 
ZEDCOM © 2008 Tous droits réservé