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La une du 587 du 14 au Janvier 2009
LA UNE du 21 au 27 /01/2009
NOUVELLES DU GRIN ::N° 588 du21 au 27 Janvier 2009

Le mécanicien refuse de « coller » un vélo au profit d’une moto

Après 2008, voici 2009. Les mêmes vœux sont formulés çà et là et la vie continue.
On espère toujours que l’année qui vient de commencer soit meilleure que la précédente.
Au grin, c’est la même vision. Autour du thé, on se souhaite tous les « bon » thés sauf la pauvreté, la mortalité, la méchanceté, la sévérité…
Les fêtes continuent toujours de se chevaucher. Après la Tabaski, les gens n’ont même pas eu le temps de souffler que la fête de Noël est arrivée, puis la Saint-Sylvestre…
La vie chère est toujours d’actualité : chacun y est allé de sa manière pour passer à la nouvelle année dans la joie. Au grin, il y a des gens qui ne mettent rien devant le thé. Même le 31 décembre, dernier jour de l’année, ils sont toujours accrochés au thé.
Le fâkir, s’arrange, comme il peut, pour faire durer le suspense jusqu’à minuit avant de servir le premier thé de l’année nouvelle.
Pendant qu’ailleurs c’est le champagne qu’on sable pour entrer dans la nouvelle année, au grin, ce sont les petits verres de thé qui sont à l’honneur.
Les choses sont ainsi faites ; ceux qui aiment le thé ont généralement du dégoût pour l’alcool. Les partisans de la bière aussi n’apprécient pas le thé. Ainsi va le monde.
La bonne santé et la longévité, c’est cela le meilleur des vœux car rien ne vaut la vie. La vie chère, la crise financière, la victoire de Barack OBAMA. Pour être témoin de tout cela, il fallait être vivant. Et ceux qui auront encore longue vie, seront témoins de pleins d’autres évènements à venir.
A Bobo-Dioulasso, la commune a organisé un « show » à la place de la mairie, le 31 décembre avec des artistes nationaux et locaux. Cela a permis à la grande majorité de la population de venir fêter gratuitement la dernière nuit de 2008.
A minuit, le maire Salia SANOU a adressé ses vœux à sa population avant d’illuminer le ciel bobolais par des feux d’artifices géants. La communion était totale et le public s’est défoulé au son de la musique des artistes comme Aly Verhutey, SISSAO, Big de Salle et surtout le maître du « Tacborsé » Hamed Smani qui a fait danser le public. A défaut de réussir à faire bouger le maire de sa chaise, Hamed Smani a fait porter son fameux chapeau au maire Salia SANOU sous le regard amusé de sa population. La fête fût belle à la place de la mairie et aussi au gouvernorat où s’étaient réunis les corps constitués de la région autour du gouverneur Pascal BENON. Bonne et heureuse année 2009.

Saboteur au RCB, quel effet sur la relance du sport roi bobolais ?

Le dimanche 28 décembre 2008, le stade Wobi de Bobo a refusé du monde et pour cause, le RCB version Drissa TRAORE Saboteur recevait l’USO.
Un match apparemment anodin mais qui a battu le record d’affluence au stade Wobi.
De mémoire de sportifs bobolais, il y a très longtemps qu’on avait vu un tel public au stade Wobi.
A l’issue de cette rencontre qui s’est soldée par la victoire étriquée (1-0) du RCB, les deux équipes ont empoché chacune la somme de 91 mille francs CFA. Le soir au grin, les débats ont tourné essentiellement sur ce match.
Les gens pensent que ce regain d’intérêt des supporteurs pour le club « Noir et blanc » de Diarradougou est à mettre à l’actif de Saboteur. Pour eux, la plupart des supporteurs sont venus au stade à cause de cet entraîneur de renom. Une véritable icône pour le football burkinabè.
Saboteur reste le premier burkinabè à avoir qualifié « proprement » les Etalons à une CAN ; c’était en 1996 en Afrique du Sud. Saboteur, c’est aussi le premier entraîneur burkinabè a avoir mené le Kadiogo à une demi finale de coupe d’Afrique de clubs. C’est aussi le premier burkinabè à avoir entraîné de grands clubs sur le continent africain (l’ASEC d’Abidjan, le Djoliba AC de Bamako…). Et lorsqu’on apprend qu’un tel entraîneur est à la tête du RCB, cela suscite naturellement de l’engouement.
Maintenant, le public bobolais attend avec beaucoup d’impatience les matchs du RCB. Même les séances d’entraînements de Saboteur sont suivies par de nombreux supporteurs.
Mais Saboteur n’a pas que de partisans à Bobo. Il y a certains qui ne croient pas du tout à l’effet Saboteur. Pour eux, sa venue au RCB va créer plus de problèmes au football bobolais.
Saboteur est un dur à cuir. Il se fait tellement confiance qu’il ne veut pas entendre d’autres sons de cloche au-dessus de sa vision. Il croit qu’il a toujours raison et en fait selon sa volonté.
Pour certains supporteurs, le RCB serait même en danger.
Pour eux, le public de la première journée est le fait du travail souterrain abattu au sein des secteurs de la ville par la nouvelle ligue. Car lors du match de l’ASFB le 27 décembre 2008 face au RCK on n’a pas vu ce public.
C’est parce que l’ASFB est sans tête (sans bureau). Les supporteurs sont la plupart découragés d’aller se faire humilier au stade.
Drissa TRAORE Saboteur est d’abord venu à Bobo pour un stage avec le RCB puis il est reparti. Mais à la veille de la première journée du fasofoot, il est revenu pour prendre en main l’encadrement technique du Racing. Cela n’a pas été du goût du coach titulaire (Albert BAMBARA) qui a fini par partir. Or Saboteur ne se considère pas comme l’entraîneur attitré du RCB. Il parle « d’apporter son expertise » au club. Pendant combien de temps ? « Cela dépend des dirigeants du RCB ». Au grin, les débats sont plus qu’houleux.
La venue de Saboteur au RCB est diversement appréciée. Le sage du grin pense que Saboteur est quoiqu’on dise un monument de notre football. Il a beaucoup d’expériences à refiler à la nouvelle génération. Pour lui, il faut plutôt l’encourager au lieu de saboter sa belle idée de se mettre à la disposition du football de son pays et s’il a choisi le RCB et Bobo-Dioulasso, c’est qu’il est convaincu que le berceau du football burkinabè n’a pas changé. Il ne faut donc pas le juger au départ mais à l’arrivée. Ce qu’il faut craindre, c’est l’attitude de certains dirigeants du RCB. L’arrivée de Saboteur va constituer un frein pour les « deals » de certains dirigeants qui se sucraient sur le dos de l’équipe. Saboteur est en effet, un homme de rigueur qui ne rentre pas dans des affaires louches. Lorsque les intérêts de ces dirigeants seront menacés, ils vont tout faire pour créer des problèmes à Saboteur.
Mais il a le soutien sans faille du président Nicolas MILLOGO qui compte sur lui pour bâtir un grand club du RCB. Pour cela, il lui a donné carte blanche pour agir à sa guise.
Ainsi va la vie sportive à Bobo. Depuis sa première sortie, le public n’a plus revu Saboteur au stade Wobi. Ils auront l’occasion de le revoir ce mercredi face à la nouvelle promue en D1, l’AS Kouritenga de Koupéla. C’est aujourd’hui qu’on saura si réellement Saboteur à lui seul peut attirer le public à travers cette rencontre modeste.

Le mécanicien refuse de « coller » un vélo au profit d’une moto

En affaire, il faut toujours suivre ses intérêts. C’est en tout cas ce qu’a fait un mécanicien de nuit qui a choisi de travailler le 31 décembre.
Il était là, sous ce froid glacial, attendant les clients. Un homme un peu âgé (la cinquantaine) est arrivé le premier dans son atelier de fortune situé sous un caïlcédrat au bord de la route. Son vélo était crevé. Le mécanicien se mit à démonter son pneu. Il cherchait le trou lorsqu’une moto Jakarta conduite par un jeune homme bien habillé arriva. Lui aussi il avait crevé. Mais comme le jeune était pressé, il voulait carrément changer la chambre à air. Le mécanicien laissa tomber le vélo pour s’occuper de la Jakarta du jeune sapé.
L’autre s’interposa en disant qu’il était le premier client et qu’il fallait que le mécanicien finisse avec lui avant de toucher à la moto du jeune. Le mécanicien ne voulait rien entendre de tout cela. Il a essayé de calmer l’homme mais ce dernier insistait surtout à cause de son âge par rapport au jeune de la moto.
C’est alors que le mécanicien se fâcha et lui fit comprendre qu’en réalité il ne collait jamais de vélo et que si c’était pour ce genre d’engin, il n’allait pas braver le froid pour venir s’asseoir ici. Sur ce, il s’occupa rapidement du jeune et empocha l’argent qu’il venait de gagner dans cette opération puis il se mit à ranger ses outils de travail. Le cycliste n’a rien compris.
Le mécanicien, lui fit comprendre qu’il était tout juste sorti pour avoir un peu d’argent. Maintenant il va aller en ville pour faire la fête comme les autres. Il rentra en ville, laissant le cycliste et son vélo. Ce dernier très furieux lui proféra des menaces voilées du genre « sais-tu à qui tu as à faire ?»
Le mécanicien s’en alla en sifflotant laissant l’homme et ses menaces sur place. Réagissant à cette histoire au grin, les gens pensent que le mécanicien devait aider le cycliste surtout en cette dernière nuit de l’année. Mais personne n’en voulait au mécanicien en cette nuit importante de la Saint-Sylvestre.
Le cycliste apprendra à ses dépends que le monde est guidé par les intérêts.

"Le petit fâkir, toujours dispo"

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