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La une du 587 du 14 au Janvier 2009
LA UNE du 21 au 27 /01/2009
SUR LE VIF: N° 588 du21 au 27 Janvier 2009

On ne naît pas corrompu…

C’est moi qui vous le dis, l’année 2009 sera celle de la lutte contre la corruption ou elle ne sera pas ! Depuis le temps qu’on en parle, on en parle et on en reparlera encore et plus que jamais. C’est vrai que depuis ce temps, l’immonde bête ne s’est jamais aussi bien portée narguant avec un cynisme incroyable notre conscience comme si elle voulait se convaincre elle-même de son impunité. Naguère rampante, elle est devenue bondissante comme si les détournements, la mauvaise gouvernance et les autres fléaux qui minent la société lui faisaient concurrence et lui donnaient des ailes. Une image saisissante qui exprime à la fois l’ampleur supposée du phénomène et les craintes du commun des mortels qui par ces temps de crise financière généralisée est prêt à sauter sur le premier bouc émissaire qui pointe le nez.
En tout cas, mon oncle, celui qui l’a fendu au plus mauvais endroit, n’est pas passé par quatre chemins, la semaine dernière, pour m’exprimer son ras-le-bol et son courroux devant ce qui, pour lui, ressemble à des «foutaises». En effet, les «infos» colportées sur le dernier rapport de la Cour des Comptes ont eu le don de le mettre hors de lui.
L’occasion pour lui de m’astiquer les oreilles et de me faire «voir les réalités en face», moi le naïf, qui n’ai pas encore compris que le pouvoir actuel est tellement pourri qu’il se garde bien de s’attaquer véritablement à la mal gouvernance, car ce serait pour lui, scier la branche sur laquelle il serait assis. Naturellement cette réflexion m’a paru quelque peu exagérée ; ce que j’ai essayé de lui faire comprendre, en lui disant qu’à mon avis et, en ma connaissance, aucun responsable n’a jusque-là jamais été nommé pour ses «talents» de corrupteur ou de corrompu, pour ses «promesses reconnues» de voleur, ni pour ses «hauts faits» dans la dissipation des biens publics. Les gens le devenaient éventuellement après leur nomination et trahissaient donc la confiance de ceux qui les ont promus pour leurs compétences techniques, politiques, etc.
Il me laissa développer et d’un air impassible laissa tomber : «Et pourtant !». Dans le brouhaha qui s’ensuivit, je crus par la suite comprendre que pour lui, le pouvoir ne faisait rien pour aider les gens qu’il nommait à servir loyalement le peuple et que ce faisant, il était responsable en dernier ressort de leur perversion !
Depuis ce débat, je réfléchis à cet argument et je me dis que mon oncle me surprendra toujours !o

Par Faèz

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