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La une du 587 du 14 au Janvier 2009
LA UNE du 21 au 27 /01/2009

Retro-Rétro – Gouvernance: N° 589 du 28 Janvier au 03/02/2009

Médias

Les travers de la presse

Quelques titres des médias burkinabèCourant 2008, la presse burkinabè quoique maintenant le cap du professionnalisme n’a pas manqué de flirter à certains moments avec des dérives  qui ont fortement mis à mal sa crédibilité. En effet, des journalistes voulant s’illustrer comme de grandes plumes avant la lettre ou apparaître comme de preux chevaliers ou encore à la recherche du scoop qui façonne une carrière n’ont pas fait dans la dentelle, prenant des libertés avec les valeurs républicaines.

Nul ne doute de nos jours de la maturité de la presse burkinabè. Il y a cependant des pratiques qui nous rappellent chaque jour que cette maturité reste une quête permanente. Considérée comme le quatrième pouvoir, la presse burkinabè a souvent donné l’impression d’abuser de celui-ci. S’il est une réalité d’ailleurs que les médias burkinabè n'ont plus leur lustre d’antan en terme de crédibilité, il est aussi vrai et écœurant que des journalistes ont tendance à entonner l'hallali de ce qui lui reste comme pouvoir réel du fait attitudes qui prêtent à caution. On pourrait dire de l’année 2008 qu’elle a encore vu la presse s'illustrer dans le colportage sans nuance de ragots de gargotes et d'informations infondées etc. Il y en a qui, se servant de la liberté de presse qui devrait être pour servir la société, s’en sont plutôt servis en se mettant au service de desseins inavoués. C'est un truisme de dire que dans une telle occurrence la vérité ou plutôt sa quête en a pris un sérieux coup.

La précipitation ou l’envie folle de «fouetter» a souvent amené des confrères à fournir des informations infondées et bien souvent tendancieuses. Et c’est peu dire. Des journalistes ont mis au second plan leur devoir premier de défendre le juste et promouvoir le droit. Dans la recherche effrénée des «scoops, l’on foule au pied le substrat de la justice sociale. Comme c’est bien connu dans le métier, quand un journaliste prétendument d’investigation commence son travail d’enquête par des «a priori», et se fonde sur la rumeur il ne peut qu’aboutir à la délation. C’est ce qui a été malheureusement le cas dans bien de situations comme dans «l’affaire D.G. des Douanes», «l’affaire SAMAE», celle de la santé du président et bien d'autres de divers niveaux qui ont égratigné l'honneur et la dignité de citoyens contre lesquels les faits rapportés étaient loin d'être établis. Ainsi, à travers ces «affaires», des confrères à divers degrés, usant de leurs plumes qu’on sait souvent particulièrement nocives, ont de par leurs seules convictions accusé…et condamné au grand dam de la présomption d’innocence et du respect de la vie privée des mis en cause. Le hic est que pris eux-mêmes à ce jeu ils n'hésitent pas à crier à la cabale exigeant des autres le respect de droits qu'ils refusent ostensiblement à leurs victimes. Soit dit en passant, nul ne conteste à la presse le "droit" à l'erreur, nul n'étant infaillible sur cette planète, mais encore faudrait-il que la bonne foi soit au rendez-vous pour atténuer quelque peu le tort fait aux autres. Le traitement de certains sujets, même du domaine de la liberté d'opinion a fini par convaincre que la presse burkinabè doit se ressaisir et travailler à ce que le professionnalisme triomphe à tout prix. On constate que des journalistes dévoient à volonté le principe de la précaution.

Du respect de la vie privée, à la déférence de principe que l’on doit à l’autorité, en passant par le droit à l'image, des confrères donnent l'impression de n’en avoir cure s’ils ne se sont pas livrés à des banalisations des valeurs cardinales même de notre nation à tous. Lorsqu’il est arrivé en fonction, le Premier ministre, Tertius ZONGO croyait bien faire en souhaitant aux patrons de presse qu’il a rencontrés dans le cadre de ses concertations avec les différentes couches socioprofessionnelles du pays, d’être les grands défenseurs de la République. Rien, plus que cela et pourtant des confrères ont hurlé au bâillonnement éventuel de la presse. Au fait, il n’y a rien d’étonnant à cela dans la mesure où de ceux des confrères qui ont eu à redire de cet appel nombre sont militants d'organisations ou d'officines plus ou moins officieuses qui se dressent par principe contre le pouvoir. Ces bonnes gens oublient tout simplement qu’elles sont dans une société organisée et démocratique et que ce faisant, elles se doivent de respecter un minimum de règles, celles-là mêmes qui permettent leur existence.

En réalité, 2008 a davantage montré que la crédibilité de la presse burkinabè était menacée. Et ce par le fait de certains confrères qui prennent trop de liberté avec la déontologie du métier et qui ne veulent guère de remises en causes. Nombre de journalistes font comme s’ils disposaient d’une compétence sacrée et universelle leur permettant de dire le sage et le vrai en tout et sur tout. Alors qu’« auparavant, le journaliste bénéficiait du même crédit de confiance qu’un imam ou un prêtre. » (foi d’Edouard OUEDRAOGO, Directeur de Publication de L'Observateur, le doyen de la presse burkinabè). Les réalités sont toutes autres actuellement. Est-ce pour autant la fin d'une belle époque ? Attention, à ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Car, en effet, dans son ensemble, la presse a tenu son rôle dans l'édification d'une démocratie réelle.o

Drissa TRAORE

    Société civile

    Comment rebondir ?

     

    Sur les grandes questions sociopolitiques et économiques, la société civile burkinabè a été de manière générale aphone en 2008. N’eût été les activités syndicales qui n’ont pas manqué par moment de tenir le monde du travail en haleine, ç’aurait été le calme plat. Est-ce parce qu’il n’y avait pas de grains à moudre, et doit-on en conclure que tout baigne au Faso ? Des questions qui méritent des réponses, si tant est que la société civile doit rester un acteur clé de la consolidation des efforts de démocratisation et de développement de notre pays.

     

    Expression à définition polémique d’autant qu’il est acquis que par le système des vases communiquant des acteurs indésirés l’investissent ou l’utilisent souvent à des fins contraires à sa vocation, la «société civile» est constituée de communautés spécifiques qui évoluent dans un cadre qui lui est propre sans pour autant être en marge de la vie sociopolitique d’un pays. Il s’agit essentiellement des associations, des ONG, des communautés religieuses et coutumières, des syndicats… La société civile du fait de la proximité de ses composantes avec les populations à la base, est un puissant vecteur de communication entre les pouvoirs et la société en général. Elle n’a pas d’engagement politique dans le sens du soutien ou de l’opposition à un parti et n’a pas de pouvoir décisionnaire. Une ligne de conduite qui, dans le principe, consacre sa neutralité dans le jeu politique partisan. Même si intérêts politiques et intérêts civils ne sont pas équidistants, la répartition des rôles impose aux acteurs des organisations politiques et ceux de la société civile un modus vivendi qui, s’il est scrupuleusement respecté, empêche de se marcher sur les plates-bandes et alors de bien civiliser le jeu démocratique. De par sa philosophie, pour ne pas dire de par son essence, les critiques, suggestions et autres points de vue de la société civile sont pris en compte par le pouvoir et l’opposition politique. Comme pour dire que la destinée d’un pays ne doit pas être laissée aux mains des seuls acteurs politiques (pouvoir et opposition). C’est d’ailleurs pourquoi, la société civile a toujours été associée aux grandes décisions et à la mise en place des structures qui engagent la nation. Illustration éloquente, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) n’est-elle pas composée de l’opposition, du pouvoir et de la société civile ? Mieux, la présidence de cette structure lui est confiée. Elle œuvre aussi en arbitre du jeu ou des combats qui ne manquent pas de s’y mener. Elle est et doit donc rester incontournable dans la bonne marche de la nation.

    Malgré sa diversité et les agissements peu orthodoxes de certains de ses responsables avec pour conséquence un discrédit, la société civile garde une certaine aura. Cependant, on observe la naissance d’une société civile «hybride» navigant entre deux eaux, si elle n’est pas résolument ancrée à des berges politiques. Cet état de fait conduit inexorablement le citoyen à douter, s’il ne taxe pas telle ou telle structure dite apolitique de rouler pour ou contre tel parti ou obédience politique.

    Il faut reconnaître que dans le milieu, la tentation est souvent grande, notamment pour certains responsables, d’utiliser et les militants et le patrimoine de leur structure à des fins personnelles qui oscillent généralement entre intérêts politiques et intérêts pécuniaires. Du reste, la problématique du financement conduit certaines organisations de la société civile à oublier leur essence. Accepter souvent sans discernement des financements quels que soient leurs horizons peut établir des relations de dépendance et l’adage dit que la main qui reçoit est toujours en bas de celle qui donne. A-t-on besoin de commentaire pour montrer le risque auquel s’expose l’association de la société civile qui se met dans cette disposition ?

    Le financement d’une organisation de la société civile qu’il soit externe ou interne est accepté «sans la moindre réserve». Certains voient dans l’émergence de la société civile en Afrique le prolongement de la domination de l’Occident. Cet Occident qui est le grand bailleur de fonds et qui souvent impose un canevas d’activités aux associations parrainées et des objectifs sociopolitiques. Dans le pire des cas ce sont de simples maillons d’une chaîne pour enrichir leurs promoteurs ou blanchir de l’argent sale.

    Bref, les récriminations ne manquent pas et c’est à la société civile de se mirer pour contribuer efficacement au renforcement de notre démocratie. En tout cas, en 2008, en dehors des ateliers, séminaires et autres colloques, on n’a vraiment pas entendu la société civile burkinabè et ce n’est certainement pas les sujets d’intérêts majeurs qui ont manqué. C’est pourquoi, on ne peut pas ne pas donner raison à ceux qui «révoltés», s’en sont pris à travers les échanges entre internautes et des écrits dans la presse à cette organisation de défense des consommateurs qui a osé en fin d’année réagir contre l’augmentation des prix de la bière au Faso. Plus que la désapprobation de l’acte posé, c’est la non-réaction conséquente face à la flambée des prix des produits de première nécessité pendant la période cruciale de « la vie chère » qui a été critiquée.

    Si la société civile brille souvent pas une certaine apathie faut-il vraiment lui jeter la pierre ? En tout cas d’aucuns pensent que son «mutisme» s’explique par le peu d’intérêt que les acteurs politiques (opposition/gouvernement) accordent à ses positions ou à ses propositions. Comme pour dire qu’elle prêche dans le désert. Mais, est-ce pour autant qu’il faut se résigner ? Ce n’est pas la bonne attitude, si l’objectif est de jouer sa partition dans le développement et le renforcement de la démocratie dans notre pays.o

     

    Ben Alex Béogo

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    Dossiers pendants

    Retour de manivelle

    Dans la dernière décennie, la justice burkinabè a beaucoup souffert du fait de dossiers traînant derrière eux de grandes charges émotionnelles et passionnelles. « Dossiers pendants » comme on les appelle, ils ont été brandis par ceux prétendant lutter contre l’impunité pour accuser autorités politiques et judiciaires de connivence pour leur donner un mauvais sort. D’où une pression constante avec des manifestations de rue qui par moments ont laissé craindre que le pays bascule dans la violence comme on en voit ailleurs sur le continent et au-delà. C’est vrai que certains de ces dossiers pendants n’ont encore pas eu de verdict mais l’atmosphère sociopolitique s’est vraiment apaisée et la sérénité retrouvée amène même à se demander si les croisés contre l’impunité sont aussi blancs qu’ils veulent le faire croire dans cette mauvaise passe qu’a connue le pays. Retour de manivelle ? ça y ressemble.

     

    Les évidences sont souvent trompeuses et  ce n’est pas le couple des ROSEMBERG, injustement condamnés et exécutés, qui aura cette chance de nous le faire savoir. Voilà pourquoi d’aucuns disent préférer laisser courir un coupable que voir condamner un innocent. Quoi qu’on dise les réalités autorisent à accepter que la justice, souvent, prenne tout le temps qu’il faut pour dénouer les fils d’une affaire et situer les vrais responsabilités. Malheureusement, lorsque les dossiers aux mains de la justice portent en eux des charges émotionnelles et que des acteurs politiques s’en saisissent pour nourrir la flamme de leur combat, les voies du droit sont dévoyées et on tente par tous les moyens d’obliger l’institution à entérimer ce que des officines ont décidé in petto.

    C’est ce qui complique la tâche aux magistrats, à tort ou à raison, accusés de faire le jeu d’une partie impliquée ou supposée l’être dans l’affaire. En l’espèce, des affaires emblématiques ont vu des traitements du genre au Burkina par une opinion publique conditionnée.

    En effet, des affaires telles celles Thomas SANKARA, Norbert ZONGO, Michel CONGO avaient un certain moment été considérées par certains comme les baromètres permettant de juger de l’impartialité de la justice du Faso. Ainsi, ces dossiers « piétinant » (c’est selon), les croisés de la lutte contre l’impunité regroupés au sein du Collectif n’ont pas hésité à y voir la main du Pouvoir qui y aurait des choses à se reprocher et userait d’influences pour que des magistrats mettent le pied sur les freins. Et pourtant, des limites objectives s’imposaient aux magistrats d’autant que des éléments de preuves juridiques ont souvent fait défaut pendant qu’il est dit qu’en matière pénale, seuls les faits et les preuves aident le juge. Où réside donc la partialité de la justice ? Lui faudrait-il se mettre en porte-à-faux avec ses propres règles ? Si cela advenait, c’est ce qui serait le déni de justice. L’institution judiciaire est partout la même et se fonde sur des règles partagées depuis des siècles.

    Par exemple, dans l’affaire Thomas SANKARA, malgré le fait que la justice burkinabè se soit prononcée, les avocats et les ayants-droit de la  famille ont préféré aller se prévaloir devant le Conseil de sécurité de l’ONU. Aujourd’hui   les conclusions de la Commission des droits  de l’homme des Nations unies sont connues. Elles reconnaissent que l’Etat burkinabè a fait son devoir. Et contre toute attente, les mêmes avocats qui encensaient  ladite commission pensant qu’elle ferait les choses comme ils le souhaitent, la regarde aujourd’hui du coin de l’œil. Pour eux, elle ne serait pas différente de cette justice qu’ils décrient. Et là, ils ont raison, toutes les deux ont dit le droit qui reste le même partout dans le monde. Le délibéré de la Commission est une victoire pour la justice burkinabè qui est confortée dans son travail qu’elle se veut véritablement faire dans les règles de l’art. Ainsi est pris qui croyait prendre !

     

    Dans l’affaire Michel CONGO, tout a été avancé pour justifier que c’est un crime politique et un acte délibéré du pouvoir. Pendant des mois, voire des années, on a tenté de lier la mort du jeune journaliste à celle du père camillien Célestino, aumônier de la MACO tué par un détenu déséquilibré dans l’enceinte même de la prison. On a prétendu que les deux étaient des « confidents » ayant échangé des secrets en rapport avec l’assassinat de Norbert ZONGO d’où le fait que Michel devait disparaître tout comme le prélat. Toutes sortes de supputations aussi folles et farfelues les unes que les autres ont été soutenues et entretenues à dessein sur le sujet. Mais une fois que la justice a fait la lumière sur l’affaire CONGO (un dossier de crime passionnel, plutôt que politique) tout l’échafaudage est tombé comme un château de cartes et ses contempteurs ont gardé profil bas. Ce crime qui trônait en bonne place dans leur liste de crimes impunis a été retiré incognito. Heureusement que son utilisation n’a pas produit l’effet escompté et c’est tant mieux pour le Burkina.

    L’affaire Norbert ZONGO qui est le détonateur de toute cette furia contre la justice, dix ans après, a abouti à ce que l’on connaît : l’impasse que d’aucuns avaient prédite du fait d’une forte implication politique qui a faussé dès le départ les enquêtes. Et voilà que le Collectif, artisan de cette œuvre, embouche encore la trompette de la justice aux ordres. Mais, on l’aura remarqué, l’allant n’y est plus les suspicions se retournant contre des composantes ou des gens ayant été au four et au moulin dans ce Collectif. D’ailleurs, quelques jours avant la commémoration du 10e anniversaire de la disparition de Norbert ZONGO, son ancien président Me Halidou OUEDRAOGO, s’inquiétait du silence assourdissant de ses camarades à qui il a passé le flambeau.

    Le constat aujourd’hui sur ce dossier est que, depuis le show orchestré par Robert MENARD de Reporters Sans Frontière, le 20 octobre 2007, en passant par les révélations d’un certain Moïse OUEDRAOGO dans la recherche des faits nouveaux avec les résultats que l’on connaît, plus rien n’est venu faire évoluer le dossier dans un sens ou dans l’autre. 2008 s’est écoulée comme un long fleuve tranquille et c’est à croire que les preux chevaliers sont en manque d’inspiration si ce n’est la peur de devoir se dédire qui les a anesthésiés. Il faut dire que c’est une situation qui a, en tout cas, permis à la justice en l’année 2008 de travailler dans une certaine sérénité, loin des pressions et sans passion. Elle en a même profité pour se relooker en donnant un coup de neuf à ses installations. En tout cas, elle a repris du poil de la bête et semble faire la nique à ses contempteurs, qui eux se font tout petit, même si à l’occasion ils ne manquent pas de pousser une guellante. A la justice, on peut dire que la pression a changé de camp. Et c’est tout le mal qu’on lui souhaite en 2009.

    Frédéric ILBOUDO

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    Justice

    Décompression après le calvaire

    La dernière décennie a été un calvaire pour la Justice burkinabè et ses acteurs. En effet, des affaires de crimes de sang interpellant l’Etat dont la responsabilité civile est engagée ou supposée (affaires David OUEDRAOGO, Auguste Pépin OUEDRAOGO, Flavien NEBIE, quadruple assassinat de Sapouy…) ont mis en mauvaise posture le procureur général, Abdoulaye BARRY et ses collègues. Et pour cause, l’appareil judiciaire était sous les feux de la rampe, accusé de parti pris dans le traitement des dossiers. L’année 2008 aura peut-être été celle de la réhabilitation de la justice burkinabè qui verra ses magistrats travailler dans la sérénité retrouvée.

     

    Abdoulaye BarryAucune œuvre humaine, reconnaît-on, n’est parfaite ici-bas. Un postulat qui doit amener à comprendre que la justice humaine, qui n’est pas celle de Dieu, ne peut être exempte d’avatars. Voilà pourquoi, sous tous les cieux et sur toutes les latitudes, partout où les hommes rendent justice, les systèmes judiciaires sont au quotidien interpellés par les justiciables. Le Burkina Faso n’échappe pas à cette situation et c’est d’ailleurs tant mieux car, cela signifie que les libertés des citoyens sont réellement garanties et que ceux-ci ont le droit de s’exprimer sur la vie et le fonctionnement des institutions. Pendant longtemps, on a pensé que les pressions exercées sur l’appareil judiciaire émanaient des pouvoirs publics et des dignitaires de l’Etat. Erreur, car ces dix dernières années, on a vu comment le Collectif des organisations de la société civile et des partis politiques, créé au lendemain de l’assassinat de notre confrère Norbert ZONGO et de ses compagnons, a exercé de fort belle manière une pression jamais égalée sur la justice burkinabè. L’on se souvient encore, comme si c’était hier, de ces marches, meetings, et autres sit-in organisés devant les palais de justice pour, dit-on, faire pression afin que justice soit dite.  Et que dire de ces « hordes» de badauds organisés pour scander ces slogans mis dans leur bouche « les juges pourris à bas ! La justice aux ordres, on n’en veut pas ! » Dieu seul sait ce que certains magistrats ont subit dans leur chair comme dans leur âme, au propre comme au figuré, pendant ces années de pressions. On se souvient encore de cette chanson que la fameuse chorale du Collectif entonnait à chaque occasion et qui triturait le nom et la fonction du procureur d’alors M. Malobaly  TRAORE. Si le respect dû à des personnalités du monde judiciaire est foulé du pied, comment vouloir que celles-ci aient la sérénité et l’autorité requises pour jouer leur rôle ?

    Le Collectif n’était nullement préoccupé par les torts qu’il causait à l’appareil judiciaire par les actions de rue qu’il organisait contre l’institution. Il se plaira d’ailleurs à mettre des étiquettes sur les juges, divisant ainsi la magistrature. Ainsi, il en aurait établi deux camps. Ceux qu’on disait intègres, et ceux acquis. Pour se réclamer intègre, il fallait être proche du Collectif, donc également acquis à sa cause. La tâche ne pouvait donc pas être aisée pour les « pauvres » juges contraints à faire la preuve de leur « intégrité » en s’alignant sur les vues du Collectif. Evidemment, dans un tel contexte de pression, des magistrats ont été amenés à commettre des erreurs d’appréciation.

     

    L’adage de chez nous dit que la pluie d’hier s’en est allée avec son froid. Pour dire que la virulence des actions du Collectif ayant baissé, la justice retrouve sa crédibilité auprès des citoyens en disant le droit sans pression et selon ses règles.

    Toutefois, il faut craindre que les méthodes du Collectif aient fait des émules car l’inculpation et le procès consécutifs aux émeutes contre la vie chère et la grève des étudiants ont rappelé que les vieux démons peuvent encore se réveiller. Il faut seulement retenir qu’en 2008, la justice burkinabè a été moins «  traquée et attaquée » et les juges ont été moins vilipendés. Conséquence, même avec des attroupements comme ceux qu’on a constatés lors des procès des étudiants et de NANA Thibault, elle a travaillé sereinement et imprimé la marque de son « indépendance » et de son « impartialité » dans les dossiers à elle soumis.o

    Frédéric ILBOUDO

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      Corruption

      Tous responsables

      2008 marque un tournant certain dans la lutte contre la corruption et les fraudes de toutes sortes dans notre pays.  Avec la création de l’Autorité Supérieure de Contrôle de l’Etat (ASCE), le gouvernement a donné un ton nouveau à la lutte contre ces fléaux. Mais les Burkinabè attendent plus que de simples structures et des déclarations de bonne intention. Ils attendent des résultats concrets et 2009 devra permettre à l’Autorité de contrôle de marquer son territoire avec des actes forts.

       

      Chaque Burkinabè est conscient qu’un effort est fait et par les autorités et par les acteurs de la société civile pour fléchir la courbe de la corruption vers le bas. Mais en dépit de tout, le phénomène persiste et résiste ; ses méfaits sont perceptibles tant au niveau économique, social que politique. « Personne ne nie que la lutte contre la corruption et les fraudes est une réalité dans notre pays. Seulement, à chaque fois que le gourdin va taper, c’est sur les têtes des petits. Pourtant, tous nous savons que de gros bonnets entretiennent et vivent de cette corruption ; ces derniers ne sont jamais inquiétés outre mesure ». Cette affirmation d’un journaliste lors d’une émission sur une radio de la place donne toute la quintessence de la vision de certains Burkinabè sur la lutte contre les fléaux de corruption et de fraude.

      Au cours de 2008 des agents de la fonction publique ont été sanctionnés très souvent dans la discrétion pour des faits de corruption et de fraude, mais à y regarder de très près, ce sont des sous-fifres. Il faut donc secouer le cocotier pour que tous ceux qui sont trempés dans de sales affaires répondent de leurs actes. Et ce n’est pas les occasions encore moins les méfaits qui manquent tant on assiste depuis un certain temps à un enrichissement illicite de certaines personnes. C’est le cas notamment de certains agents de l’Etat, dont les émoluments normaux ne peuvent pas permettre de vivre la vie qui est la leur et de réaliser les investissements de prestige auxquels ils s’adonnent.

       

      Le Premier ministre a carte blanche

      « La bonne gouvernance, qui s’affirme progressivement comme une culture de l’Etat républicain stimule la pleine productivité de l’homme et génère de plus en plus des résultats tangibles au Burkina Faso. L’institution de l’Autorité Supérieure de Contrôle de l’Etat dotée de pouvoirs étendus, la reforme des structures des marchés ainsi que le renforcement des autres structures de contrôles procèdent de notre volonté de lutter efficacement contre la corruption et de gagner le pari du développement harmonieux, accéléré et équitable. »  Cette affirmation du président du Faso dans son message du 31 décembre 2008 confirme la volonté des plus hautes autorités de lutter contre la corruption. Mais pour que cela ne ressemble pas à un vœu pieux, il va falloir agir. Et agir, c’est traquer et débusquer tous ceux qui se la coulent douce sur le dos des honnêtes citoyens. C’est dire donc que le président du Faso donne carte blanche au  Premier ministre Tertius ZONGO ; et on peut dire que la balle est dans le camp de ce dernier. Dans son équipe gouvernementale, la dynamique dans cette lutte doit être affichée. Même si l’on ne s’attend pas à ce que chaque mercredi, le conseil des ministres « dégage » en fanfare des agents de l’Etat coupables des forfaits indexés, les citoyens doivent savoir que la rigueur et l’intransigeance sont de mise dans l’action et que par conséquent chacun doit faire correctement son travail.

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      La Cour de Comptes donne

      des pistes 

      Dans son rapport 2008 remis au président du Faso en fin d’année, la Cour des comptes a épinglé encore une fois de plus des sociétés et des personnalités pour malversations financières. En effet, ses rapports d’activités 2006 et 2007 transmis au président du Faso, Blaise COMPAORE, révèlent la mauvaise gestion et des pratiques illicites dans la gestion des fonds publics. Dans les entreprises auditées, les comptes ont été passés au peigne fin, les irrégularités et leurs auteurs dénoncés.   Ainsi par exemple, à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) on reproche à ses premiers responsables d’avoir accordé des prêts illégaux à des sociétés de la place.  1 milliard 800 millions de F CFA à Planor Afrique de M Apollinaire COMPAORE et  500 millions de F CFA à SOGLY Mohamed de Brafaso.

      En outre, la Cour des comptes a relevé comme irrégularité le recours des ministères de tutelle aux sociétés d’Etat pour des besoins financiers. La CNSS a été également citée pour avoir cédé des biens immobiliers à des personnalités, notamment des villas à Ouaga 2000. Sur 5 cas d’attributions analysés, Boureima Pierre NEBIE souligne que des personnalités restent redevables à la CNSS, de sommes comprises entre 28 millions et 106 millions de F CFA. A cela s’ajoute les prêts accordés à des personnalités pour l’acquisition de véhicule qui ne sont pas encore remboursés. En plus de ce rapport, d’autres dorment dans les tiroirs des défuntes structures qui composent aujourd’hui l’ASCE. Il faut les exhumer et leur donner une bonne suite pour qu’enfin le Burkina prenne le pas de ses voisins maliens, nigériens, ghanéens etc. qui sont chaque fois cités en exemple dans les grandes opérations de lutte contre la corruption.

      Certes au-delà des gros bonnets qu’on dit ne pas faire l’objet de traque, il faut aller plus loin pour dire que chaque Burkinabè est responsable de l’expansion du fléau à son niveau. Comme le dit l’adage : «Qui vole un œuf, volera un bœuf ». Alors, que ce soit les 1000F qu’on propose à un agent des forces de sécurité parce qu’on a passé un feu tricolore au rouge, que ce soit les billets glissés à un agent pour faire accélérer un dossier, etc, on est tous coupables. Celui qui donne n’est pas mieux que celui qui prend. A chacun de faire son mea culpa, car à un moment ou à un autre de notre vie dans ce Burkina, on a été corrompu ou corrupteur. Il faut maintenant inverser l’ordre des choses et faire en sorte que chacun de nous puisse se vanter d’avoir dénoncé et fait sanctionner un corrompu ou un corrupteur.o

      Frédéric ILBOUDO

       

      Armée nationale

      La grande muette se ressaisit

      Plusieurs fois appelée à la révolte par des politiciens de mauvaise foi, l’Armée burkinabè, même si elle n’a pas satisfait à ces relents putschistes, a quelquefois, terni son image dans de sombres querelles. 2006 et 2007, auront été des années noires avec les travers qu’on a connus. Mais tel un phénix qui renaît de ses cendres, les bidasses ont amorcé en 2008 une phase de polissage de l’image des casernes.  En un mot, l’Armée a su mettre dans les rangs  les brebis galeuses et surtout sortir de son mutisme pour rassurer les populations de son rôle républicain.

      Yéro BOLLY, ministre de la défense et ses proches collaborateurs ont su insuffler une nouvelle dynamique au sein de la grande muetteOn a tous en mémoire les moments chauds  que les bruits des bottes nous ont fait vivre en 2006. Les 19, 20 et 21 décembre de cette année-là, la capitale  burkinabè, Ouagadougou, a fait la triste expérience de voir ses forces de l’ordre et de défense semer le désordre. En effet, bidasses et «poulets» (pour emprunter au langage trivial) se sont rentrés dedans pour des problèmes qui auraient pu être réglés de façon plus civilisée. Pendant qu’on trouvait des solutions à cette rébellion qui ne disait pas son nom, en mi-2007, ce sont les militaires admis à la retraite qui venaient à la charge avec des menaces et des sorties de défiance au commandement. Du coup, cela venait confirmer ce que le leader de la Révolution du 4-Août, Thomas SANKARA, disait : « Un militaire sans formation politique est un criminel en puissance ». Oui, un criminel d’autant qu’avec l’arme que lui a confiée le peuple, il devient un véritable danger pour ce dernier obligé de se «terrer» lorsque l’adrénaline monte chez celui censé le défendre.

      Ainsi, avec cette «guérilla» urbaine de décembre 2006 et la bronca des retraités, en l’espace de 6 mois, l’Armée aura secoué le sommeil des Burkinabè et fait planer le spectre de la crise et de l’instabilité que connaissent certains pays. A cela, il faut ajouter les multiples couacs que vivent les populations presque au quotidien du fait de certains éléments zélés (surtout des hommes de rangs). Des éléments qui organisent des « battues » sur les civils dans les quartiers pour des histoires de « fesses », et autres futilités. Sans compter l’irrespect quotidien des règles de base de la circulation pour tout simplement « se foutre » de leurs frères ennemis de la police, mis au défi de leur faire respecter la loi. Il faut dire que ça faisait finalement trop désordre dans une armée jusque-là reconnue pour sa discipline et la valeur morale de se hommes. Et cela interpellait la hiérarchie qui devait prendre des mesures vigoureuses pour rassurer les populations. Si la discipline était en souffrance au sein des hommes et la cohabitation inter-arme mise à rude épreuve, que dire alors de celle avec les populations civiles. C’est dire si quelque part, il y a déficit de formation. Ce qu’a perçu la haute hiérarchie militaire qui a mis à profit l’année 2008 pour redorer le blason de la grande muette. A travers de nombreuses activités, le commandement va œuvrer à créer les conditions pour une armée véritablement républicaine.

      On a ainsi vu l’Armée se «métamorphoser» même si ici et là certaines tares ont encore la peau dure. Avec la discrétion et la détermination qu’on lui connaît, le ministre de la Défense, Yéro BOLY, et ses collaborateurs ont su manier la carotte et le bâton pour donner une nouvelle dynamique dans les casernes. Les hommes qui ont enfreint aux lois et règlements ont été sanctionnés et les méritants distingués.

      Si 2006 et 2007 ont été éprouvantes pour les Burkinabè, il faudrait reconnaître que la grande muette a tourné le dos à cette pagaille en se mettant définitivement au travail en 2008. Les différentes armées se sont plus rapprochées et ont beaucoup échangé à travers rencontres de travail et rencontres sportives. Ainsi, la structure dirigée par le colonel Jean SIMPORE qui s’occupe des volets sport et culture dans l’Armée a été des plus actives. On verra que les militaires se sont beaucoup intéressés aux activités notamment sportives des civils en attestent leurs participations massives aux différents cross organisés par les communes de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et autres sans oublier celui organisé dans le cadre de la célébration des 35 ans du quotidien L’Observateur Paalga.

      Les sympathiques images de policiers et militaires dansant ensemble au son de la musique du groupe «La Cour Suprême» sont la manifestation concrète d’un changement qui s’est opéré au sein de la troupe. Un moment de communion qui a amené un observateur à se demander à haute voix si on était encore au Faso. C’est tout dire.

      Ce qui mérite d’être souligné aussi, c’est que la hiérarchie a initié une politique de communication avec l’extérieur. Ainsi, les portes des casernes ont été ouvertes aux hommes de média et à plusieurs reprises les journalistes ont pu toucher du doigt les réalités des militaires.  Certains ont même pu s’essayer au reportage de guerre en accompagnant les militaires dans leurs manœuvres. C’est vraiment nouveau tout ça et la dynamique doit être renforcée.

      En sus de sa mission première qui est celle de la défense de l’intégrité territoriale, l’Armée burkinabè va être réceptive à des missions que veut lui confier la communauté internationale. Et pour cela, elle va se donner les compétences et capacités requises. C’est ainsi que dans le cadre de l’amélioration des capacités opérationnelles des troupes, elle est allée au-delà de l’instruction et de la formation continue pour inscrire des activités comme la préparation de la manœuvre logistique de la force en attente de la CEDEAO.  A cela, on peut ajouter le troisième bataillon en opération de soutien et de paix avec le programme ACOTA, etc.

      Pour ce qui est de l’amélioration des conditions de vie et de travail des bidasses, plusieurs projets ont connu une avancée significative au nombre desquels on note la construction de casernes modernes en phase de finition à Fada, Tenkodogo et à Kaya. En 2008, l’Armée a adopté la politique de reconversion des personnels militaires des FAN ainsi que les modalités de mise en œuvre effective de la MUFAN (la mutuelle des forces armées nationales) qui traduisent la volonté du commandement de donner au militaire une sécurité sociale acceptable.

      Le succès de l’organisation de la première semaine culturelle et artistique des forces de défense et de sécurité démontre que le militaire est un civil en tenue avec ses sentiments et qu’il peut faire parler ses émotions autrement qu’avec la kalach ou le ceinturon. 2008 s’est achevée avec un trop plein d’énergie et d’activités au niveau des Forces armées et cette dynamique qui a été amorcée devra certainement être poursuivie et même renforcée en 2009. Le bataillon Laafi et l’escadron de gendarmerie qui seront déployés au Darfour dans le cadre de la mission des Nations unies pour la paix démontrent la maturité et le professionnalisme de nos Forces armées nationales et augurent une année pleine de promesses  et d’activités pour la grande muette.

      Frédéric ILBOUDO

      Gouvernance :  Le Burkina avance, malgré …

      Le Burkina Faso va bien. Il n’est pas exagéré de faire cette affirmation dans ce monde en crise. Des faits surtout sur le plan international le prouvent aisément.

      Blaise compaore, président du Faso«Même si vous avez une dent, l’essentiel est qu’elle soit blanche» dit l’adage populaire. Appliqué à la situation des nations, nous pouvons dire que dans un monde en crise, l’essentiel est de ne pas baver comme des chiens de Pavlov devant les difficultés.
      Le Burkina, vu dans cet angle peut être satisfait. Depuis le début des années 2000, le monde n’a cessé de basculer vers la crise générale qu’elle vit aujourd’hui et qui a plongé le monde occidental dans la récession. Il n’est un secret pour personne que le capitalisme occidental a montré ses limites depuis la crise des «subprimes» aux Etats-Unis. Des piliers du NASDAQ, la grande indice des valeurs de Wall Street la bourse de New York comme la banque LEHMAN BROTRHERS a été contrainte de mettre la clé sous le paillasson. La compagnie d’Assurance AIS et les fabricants de voitures GENERAL MOTORS, KRYSLER et FORD n’ont été sauvés que par l’intervention massive de l’Etat américain. En Europe, la banque FORTIS est passée sous le contrôle des Etats.
      Les pays africains ne sont pas épargnés et la vie chère est la chose la mieux partagée sous les cieux. Un pays comme le Burkina sans grande richesse naturelle et situé loin du littoral aurait dû être un éternel sinistré dans un tel contexte.
      Pour booster la production agricole, le chef du gouvernement a parcouru les 13 régions du Burkina afin de galvaniser les producteurs.Dieu merci, grâce au dynamisme de ses fils et surtout ceux qui tiennent les rênes du pouvoir, le pays arrive à tirer ses marrons du feu et  enregistre des succès qui augurent d’un avenir meilleur.
      Le MAEP, le Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs avait à son programme le Burkina Faso. Des experts compétents dans plusieurs domaines ont séjourné ici en début 2008. Ils ont parcouru toutes les régions et rencontré les populations. Après ce travail de fourmi mené dans tous les secteurs de la vie sociale, le Burkina a reçu un satisfecit lors d’un sommet au Bénin. Pour qui connaît, la composition et la rigueur au travail du groupe d’experts qui a passé le Burkina à la loupe, il n’est pas permis de douter du sérieux de la décision. La situation ainsi décrite reflète donc la réalité du terrain.
      D’ailleurs, il est aisé de le constater sur le terrain. Depuis la décision du gouvernement d’être plus regardant dans l’usage des biens publics, on note selon certaines sources des économies d’échelle très notables. Le Premier ministère aurait économisé près de trente millions de FCFA de carburant avec l’interdiction d’utiliser les véhicules de l’Etat en dehors des heures de service et l’usage de la carte magnétique dans la gestion du carburant à la place des traditionnels bons d’essence. Si on porte le calcul à tout le pays, ce chiffre pourrait être multiplié par trois ou quatre.
      La vie chère est venue plombée les efforts mais aucune nation ne peut vivre en autarcie et le Burkina a été obligé de subir les conséquences de cet environnement international. D’ailleurs le Gouvernement a pris des mesures idoines pour tenter de minimiser ses effets avec la décote douanière de certains produits de grande consommation comme le riz, le lait en poudre…
      L’incitation à produire davantage sur le plan local pour ne pas toujours dépendre de l’extérieur est une excellente mesure. Cette politique de soutien à la production a été bien inspirée notamment dans le domaine agricole. La bonne pluviométrie aidant, le Burkina s’est retrouvé avec un excédent céréalier pour la campagne agricole 2008.
      Dans le domaine minier, les entreprises se bousculent et au moins quatre mines d’or sont en exploitation à travers le pays. L’avenir est prometteur avec la promesse du sous-sol. La dynamique ne passe évidemment pas inaperçue.
      La  bonne marche du Burkina est confirmée par la rigoureuse Banque Mondiale à travers son concept «Doing business». Selon l’institution de Bretton Woods, le Burkina se classe parmi les pays où le climat des affaires est le plus favorable. En effet, depuis quelques années des mesures sont prises pour faciliter d’abord la création des entreprises à travers l’allègement des formalités.
      On n'a plus besoin de courir derrière de multiples signatures de responsables administratifs avec les désagréments que cela comporte pour mettre en place une activité économique. A la Maison de l’entreprise on peut se faire délivrer les documents d’existence de son entreprise en moins de deux semaines.
      La naissance d’une entreprise ne suffit pas à la faire vivre. Elle a besoin d’un environnement sain de concurrence pour évoluer et s’épanouir. Le Gouvernement a mis en place des instruments qui placent tout le monde sur le même pied d’égalité dans la conquête des marchés publics.
      La réorganisation de la structure de pilotage des marchés de l’Etat, la présence des guichets uniques dans de nombreux secteurs d’activités et la lutte permanente contre le phénomène de la corruption permettent aux acteurs économiques de travailler dans la quiétude.

      Même les pourfendeurs le reconnaissent
      C’est sans doute pour saluer la marche en avant du Burkina que les Etats-Unis d’Amérique ont inscrit le Burkina dans leur Millenium Challenge Account (MCA). Une trouvaille de l’oncle Sam pour venir en aide aux pays oeuvrant dans le sens de la bonne gouvernance.
      Avant le MCA, le Burkina avait déjà reçu les faveurs des Etats-Unis à travers l’AGOA qui permet d’y d’exporter des produits sans frais de douane
      Le président du Faso a effectué un voyage fort remarqué aux USA où un accord de financement de 204 milliards de CFA a été signé. Cette importante enveloppe va couvrir des domaines comme les infrastructures, l’éducation….
      S’il y a encore une preuve à faire que notre pays va dans le bon sens, c’est du côté de l’Association de défense des Journalistes « Reporters sans frontière » qu’il faut aller la chercher. Cet organisme basé en France et qui ne vit en réalité que le malheur de ceux qu’il prétend défendre avait trouvé dans l’ignoble assassinat de notre confrère Norbert ZONGO un terrain favorable pour son épanouissement en Afrique. On se rappelle des actions cavalières de son président Robert MENARD au plus fort de la crise et même de la récente provocation de son successeur Jean François JULIARD le 13 décembre dernier où en compagnie de ses amis du Collectif il a rebaptisé l’Avenue de la Nation « Avenue Norbert ZONGO ».
      Evidemment pour RSF, le Burkina était un enfer pour les gratte-papiers. Heureusement pour son image, elle s’est rendue à l’évidence que le malheur qui a frappé la famille de Norbert ZONGO et l’ensemble de la presse n’était pas le fait du prince. Les journalistes burkinabè sans bénéficier d’un environnement sécurisé à 100% (qui n’existe nulle part) possèdent un cadre adapté à la bonne pratique du journalisme. En classant, le Burkina 7ème sur le plan africain, RSF revient sur ses convictions de départ.
      Contrairement à ce que dit le reggaeman ivoirien Tiken Djah Fakoly dans une de ses chansons, le Burkina ne va pas mal. Même ses pourfendeurs le reconnaissent.

      La construction d’une nation est une œuvre de longue haleine et il est incorrect de dire qu’il ne reste pas de défi à relever. C’est même parce que la tâche à accomplir est ardue que la marche actuelle mérite d’être saluée. Le Burkina va de l’avant grâce au travail de ses fils. Ceux qui ne voient que du noir même sous la clarté de la lune vont finir par le comprendre.

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