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La Une du 04 au 10/02/2009
La Une du 04 au 10/02/2009
RETRO-SPORTS :N° 590 du 04 au 10/02/2009

    Jean-Pierre PALM, ministre des Sports et des Loisirs

    Jean-Pierre PALM, ministre des Sports et des Loisirs“Les choses changeront au niveau des fédérations” Ardjuma Jean-Pierre PALM n'est plus homme à présenter, tant son action à la tête du ministère des Sports et des Loisirs fut des plus salvatrices, aidant à l'émergence et à la promotion du sport dans tous ces compartiments.

    L'homme surnommé le "gendarme du sport", pour ses méthodes dignes de l'armée, s'est ouvert à notre journal à l'entame de cette année 2009 faisant le bilan de l'année écoulée et les immenses chantiers à défricher et sa volonté de toujours œuvrer à assainir le milieu. C'est un entretien qui ne manque pas de piquants vu son franc-parler.

    Nouvelle année, nouvelle ambition pour votre département. Quels sont les grands défis du ministère des Sports et des Loisirs ?

    Jean-Pierre PALM

    (JPP) : Merci pour la visite. Avant toute chose, je voudrais vous présenter mes vœux les meilleurs pour l'année 2009, paix, bonheur et réussite pour vous et vos proches. Au niveau du département des Sports et des Loisirs, je parlerai plutôt des chantiers à finir. Nous avons entamé un certain nombre de réformes et nous avons des équipes en compétition.

    Nous comptons finaliser les textes du plan d'action sur la politique nationale du sport et sa mise en œuvre. Un plaidoyer pour le financement du sport est en voie d'être introduit en Conseil des ministres pour que les institutions au plan national prennent en compte le sport dans leur politique sectorielle comme facteur de développement et de paix. Toutes les grandes manifestations pour sensibiliser et rendre visible leur action, font appel au sport mais par la suite, l'on oublie.

    Facteur de développement parce qu'il permet à peu près à 14 équipes de football de première division sur un effectif de 25 par équipe de vivre grâce au football. Cela fait plus de 210 millions de francs CFA par an. C'est peut-être peu. Mais si ces jeunes-là n'avaient pas 25 000F et 50 000F par mois, je suis sûr que le nombre de braquages aurait augmenté. Au niveau de nos équipes nationales de football principalement les cadets on s'affaire afin qu'ils puissent avoir une prestation honorable à Alger (Algérie). Nous avons une très bonne équipe qui est bien en jambes et nous espérons que l'arrivée de l'entraîneur brésilien pourra renforcer cet acquis pour qu'on puisse au moins jouer le carré d'As à cette CAN (Coupe d'Afrique des Nations) des cadets en Algérie. Quant aux seniors après cet excellent parcours au 1er tour, nous sommes sûrs que toutes les équipes nous attendent au tournant. Nous serons toujours en contact.

    Les garçons (ndlr : la section des seniors) qui ont le moral et qui ont en cœur de rendre au peuple burkinabè ce qu'il leur a donné, notamment l'augmentation des primes qui sont passées de 500 000F CFA à 2 500 000F CFA en cas de victoire. Chacun d'eux a engrangé en 5 matchs 13 millions FCF A. J'ai foi, je crois que nous pourrons au moins jouer pour la place de la qualification pour la CAN 2010 en Angola et pourquoi pas la Coupe du monde.

    Le processus de déconcentration est une réalité dans votre ministère. Cependant les directions régionales manquent de moyens pour fonctionner correctement. Qu'est-ce qui sera fait pour renforcer leurs capacités à court terme ?

    JPP : Ce ministère est l'un des ministères les plus empiriques. On a toujours travaillé à mettre la «charrue avant les bœufs». Tant que les gens ne sont pas dans une condition minimale de production, on ne peut pas s'attendre à des résultats. Au niveau central nous avons fait des efforts d'améliorer l'environnement du travail des directeurs et cela renforce indéniablement le rendement. Rares sont les directeurs aujourd'hui qui rentrent à midi et demi ; mieux ils sont souvent au bureau jusqu'à 21 heures. Nous sommes en train de descendre petit à petit au niveau des régions.

    Bobo-Dioulasso, Gaoua, Ouahigouya ont reçu chacune un car. Pour 2009, nous pensions les équiper en matériels informatiques, c'est progressivement et c'est à la limite de l'allocation budgétaire. Il faut que les gens sachent que nous sommes dans un pays pauvre et qu'on ne peut pas avoir tout en même temps.

    Beaucoup de mouvements au niveau de l'Office de gestion des infrastructures sportives (L'OGIS). Qu'en est-il exactement ?

    JPP : Il y a un problème de rendement. Le Premier ministre Tertius ZONGO, dit tout le temps que nous sommes liés par un contrat d'objectifs et c'est ce que je fais également avec les directeurs. Si cela n'est pas respecté, il faut que les gens partent.

    L'OGIS depuis que ça fonctionne, c'est un gouffre financier qu'elle crée. 500 millions d'arriérés d'électricité, 150 à 300 millions d'arriérés d'eau, les boutiques au niveau du stade sont sous-louées. C'est quand même trop. On a beau prendre des mesures, on ne les respecte pas. C'est pourquoi, je suis allé chercher un gendarme fougueux, gestionnaire de formation pour mettre de l'ordre dans la maison. Il faut travailler dans le sens des structures que l'Etat met à nos dispositions pour les rentabiliser.

    Je n'ai pas encore fini avec cette direction du stade du 4-Août, à sa construction il y avait une buandérie, des frigidaires, des fers à béton. Tout a disparu. On s'est même permis de décoiffer le toit du grand bâtiment qui se trouve derrière le stade et aujourd'hui en réfection. Où étaient les responsables ? Même des interrupteurs disparaissent. Soyons sérieux! J'ai dit que si un interrupteur se perd encore, on compte le nombre d'employés au niveau du stade et l'on coupe dans leur salaire. Comme ça chacun deviendra le surveillant de l'autre. Ça ne fait pas toujours plaisir d'en arriver là. Mais s'il faut que des gens deviennent respectueux vis-à-vis des biens de l'Etat, je n'y vois pas d'inconvénients.

    Vous avez parlé tantôt d'impayés d'électricité. Est-ce qu'il n'est pas possible de négocier l'éclairage public pour les stades ?

    JPP : Si on opte pour cela, c'est dangereux pour la simple raison que ce sont des structures qui doivent être rentables. Il faut suivre leur vie et leur rentabilité. Sinon c'est la porte ouverte au désordre. Aujourd'hui, j'ai pris des mesures draconiennes au niveau des logements dans les stades.

    Tous les locataires doivent verser 60% avant tout usage et si vous êtes inscrits dans la durée 48 heures avant votre départ si vous ne soldez pas on vous chasse. Le local chinois justement au stade du 4-Août qui servait était pratiquement devenu, excusez-moi du terme, un hôtel de passe. Nous l'avons aujourd'hui cédé à l'Université, c'est une bonne chose. Il y a un loyer fixe qui tombe et c'est à l'actif des mesures prises. Nous sommes en train de dégager les fonctionnaires dans la gestion des infrastructures pour les céder aux privés: Il y a même des rencontres périodiques entre le directeur de l'OGIS, celui de la SONABEL et secrétaire général du ministère en charge des Sports pour voir dans quelle mesure on pourra amoindrir le coût de l'électricité et renforcer la rentabilité du stade du 4-août.

    Après la tournée du directeur général des Sports, Alexandre YOUGBARE en Europe en 2008, les sportifs qu'il avait rencontrés ont pu relever beaucoup de choses et il avait même été préconisé une rencontre entre ces acteurs. Qu'en est-il du projet ?

    JPP : Cette tournée a fait des gorges chaudes surtout au niveau de la presse où certains ont très mal compris l'objectif qui est de sonner un élan patriotique au niveau des athlètes burkinabè à l'extérieur.

    Cela a concerné toutes disciplines confondues. Les discussions qu'il a eues avec ces acteurs ont été franches et riches en enseignement.

    Ceux qui sont à des niveaux professionnels élevés et qui évoluent sous d'autres couleurs en Europe ont promis d'aider. Le rugbyman burkinabè qui joue en équipe de France sera incessamment dans notre pays parce qu'il veut monter un club à Bérégadougou. Nous avons suffisamment fait le point sur cette sortie et quand vous écoutez ce que ces athlètes ont pu dire sur le fonctionnement du sport au Burkina, vous avez quelques fois des larmes aux yeux.

    C'est pourquoi, nous avons pris un certain nombre de mesures au niveau des élections fédérales pour doter les structures de dirigeants responsables et qui travailleront pour les intérêts essentiels des athlètes. Nous avons en projet d'installer des responsables du département dans certaines ambassades. Ce qui est même très avancé puisque le dossier et les noms des représentants sont au niveau du ministre des Affaires étrangères et je pense que 2009 pourra voir le projet se réaliser dans certaines ambassades clé comme la France, l'Italie (Europe), le Ghana et la Côte d'Ivoire (Afrique). Leur rôle sera de battre le rappel de nos troupes à chaque fois que de besoins. En outre, j'ai me suis fait le plaisir de dire à chaque athlète évoluant à l'extérieur d'avoir la conscience patriotique. On ne parle ni de pétrole camerounais, ni du café, etc. à l'extérieur. Ce sont les sportifs comme Roger MILLA, Rigobert SONG, Eto'o Fils, etc. qui font connaître le Cameroun. Donc nos sportifs à l'extérieur doivent aider au rayonnement du pays et véhiculer l'image positive du Burkina par leur comportement. L'hommage qui m'a le plus touché c'est quand le président français, Nicolas SARKOZY, lui-même dit que «Son rêve, c'est de participer à une étape du Tour du Faso». C'est pour dire que le Burkina est aussi connu grâce au Tour du Faso et les images positives véhiculées.

    Une autre mission, cette fois-ci en terre ivoirienne pour vous imprégner du modèle de financement du sport de ce pays. C'est la parafiscalité qui semble être l'option. Qu'en est-il exactement?

    JPP : Il faut remercier d'abord les autorités ivoiriennes, surtout le ministre des Sports, M. BAZIO. Ce fut une expérience enrichissante pour les deux parties ; c'est vrai qu'en matière de parafiscalité, ils sont beaucoup en avance sur nous, mais ils ont tenu à nous féliciter sur certaines mesures que nous avons adoptées chez nous et qui s'adaptent mieux dans leur contexte. A titre d'exemple, les Ivoiriens ont pu mobiliser les Fonds et le problème de la gestion se pose. Nous, nous avons pensé à créer d'abord le fonds pour l'investissement du sport avant de chercher son mode de financement. Je pense qu'ils s'en sont inspirés aussi. Au niveau du Burkina, nous avons introduit un dossier qui pourra voir le jour en mars prochain. Le Premier ministre ainsi que le ministre des Finances sont très engagés là-dessus. Le budget pour le financement du football est très lourd et ça m'étonnerait qu'on puisse toujours continuer dans ce sens-là, à moins que, on tue les autres fédérations. Ce qui n'est pas possible car toutes sont utiles. Aujourd'hui le football, ce sont les moyens, qu'on le veuille ou pas. Dans n'importe quelle catégorie tant que tu ne déposes pas du concret, les enfants ne jouent pas.

    Il est question cette année de l'adoption de la politique nationale des loisirs. A quoi va servir ce document ?

    JPP : Les loisirs, c'est un domaine très vaste et transversal. La définition même du loisir nous a pris plus d'une demi-heure lors de l'atelier que nous avons organisé à Bobo- Dioulasso en 2008 sur la question.

    Nous avons essayé de faire un document qui parle des loisirs sains qui cadrent bien avec notre environnement, notre milieu culturel et social. Si on veut prendre tous les loisirs, ça risque d'être très dangereux. Donc nous avons opté pour les loisirs qui peuvent favoriser un développement social harmonieux, une cohésion dans la paix et l'épanouissement des acteurs. Nous avons des endroits comme Bangr-Weogo que nous devons travailler à faire connaître. Ne ce reste que par la marche. Même les vieilles personnes ont compris l'importance de la marche. L'exemple est là au stade municipal, où elles se font encadrer par un moniteur. Le travail c'est de faire adopter ce document et en collaboration avec plusieurs ministères comme le Tourisme, la Culture, la Santé, la Jeunesse, etc. Pour évacuer le stress que vous avez accumulé par des heures de travail, il n'y a que le loisir pour vous faire voyager dans la tête et de manière agréable.

    Quelles sont vos attentes vis-à-vis des structures fédérales sportives dont le renouvellement des membres se poursuit toujours pour certaines ?

    JPP : Le discours que je leur tiens depuis mon arrivée, c'est savoir réconcilier les dirigeants sportifs avec le grand public. Que les supporters, 1es spectateurs en regardant les dirigeants sportifs ne voient pas en eux des voyous pour se faire de l'argent mais des gens qui sont là pour le réel épanouissement des choses. Je pense que les présidents des structures sont des gens assez responsables. Il nous reste encore la Fédération de l'athlétisme qui compte tenu des jeux de la CENSAD à Niamey (Niger), a demandé à reporter les élections. Je tiens à dire que les choses vont changer. Nous allons nous attacher les services d'un cabinet comptable qui chaque 3 mois fera le point de toutes les fédérations pour voir les subventions reçues aussi bien interne qu'externe avec un contrat d'objectifs assignés à chacun et un agrément de l'Etat. Si nous constatons des dysfonctionnements graves au niveau d'une structure fédérale, l'Etat retire purement et simplement l'agrément et cette fédération n'aura plus de financements publics.

    Cela va nous permettre de jeter les derniers rats qui restent encore dans le bateau et laisser ceux qui veulent correctement travailler. Des responsables fédéraux souscrivant entièrement à cette nouvelle vision. Cela va permettre aux enfants de s'épanouir pleinement parce que quand on donne les primes il ne faut pas que ça se trouve dans la poche d'un dirigeant.

    L'exemple du cyclisme est là. Il a fallu l'Assemblée générale pour que les acteurs comprennent que le ministère finance fortement les activités contrairement à ce qui se disait. Ce sont ces pratiques que nous allons travailler à éviter. Maintenant, je dis que si les dirigeants font bien leur boulot, il y aura des retombées positives pour tout le monde. Je demande qu'on travaille dans l'unité, la cohésion et dans la transparence.

    C'est le seul gage de force. Publier les recettes d'un match, je ne vois pas ce qui y a de secret dans cela. Il faut que le public connaisse les investissements apportés au sport pour ne pas s'attendre à plus. J'appelle tous les responsables des structures sportives à publier les chiffres.

    En 2008 vous avez associé les radios FM à la sortie des Etalons cadets au Rwanda. Comment avez-vous apprécié leur production ?

    JPP : Je crois que ça été favorablement apprécié par le grand public. Ce qui nous amène maintenant à les associer pratiquement à toutes les sorties. Aujourd'hui, les FM sont faciles d'accès un peu partout, même en voiture. Pour la mobilisation du public pour soutenir les Etalons, nous nous appuyons beaucoup sur ces radios à fréquences modulées et souvent gratuitement. Il faut dire aussi que les gens sont moins capricieux dans les FM que sous d'autres cieux.

    La dernière sortie des Etalons, on n'a pas vu la Radio nationale. Y a-t-il un problème ?

    JPP : Il n'y a aucun couac entre le ministère et la Radio nationale (RNB). J'ai écrit au premier responsable du département qui est Filippe SAWADOGO, pour lui signifier que le budget, presse pour la sortie des Etalons est très lourd à supporter par le ministère des Sports et des Loisirs et qu'il fallait qu'on trouve une solution pour répartir les frais. Je pense à l'heure actuelle, on n'a plus besoin de deux ou trois techniciens pour la radio. La technique a évolué et le nagra n’a plus d'utilité dans le monde d'aujourd'hui dans la mesure où il y a 3 pays qui l'utilisent encore. C'est le Burkina, le Bénin et le Niger. Qu'il fasse l'effort d'amener une seule personne. Les FM l’ont démontré. Ils n ont pas voulu cela en rétorquant que c'est un manque à gagner pour le technicien parce qu'il avait budgétisé les sorties.

    J'ai dit qu'il ne pouvait pas budgétiser la sortie dans la poche du ministère. Le journaliste peut mettre son nagra en bandoulière. On est sur cette position. S'il revoit leur copie en acceptant envoyer une seule personne. On reprend la collaboration. Nous sommes d'ailleurs pratiquement l'un des seul pays qui paie les journalistes pour ses sorties. Il faut qu'on sache que c'est l'Etat pour qu'ils fassent correctement leur boulot. Maintenant s'ils ne veulent pas, ça fait la chance des FM.

    Est-ce que vous pouvez nous rassurer que toutes les «journées FIF A» seront occupées par des matchs de préparation vu que ça demande beaucoup de moyens ?

    JPP : Le budget avait déjà été bouclé avant même la fin d'année. Il y a une commission mixte qui a été mise en place pour prévenir tous ces cas là et travaille à dégager toujours les fonds en temps opportun.

    On devait jouer contre la Libye ça n'a pas eu lieu. On doit rencontrer le Togo, le Il février à Paris (France). Ce budget est déjà bien en place il faut saluer l'attention que les premiers responsables du pays accordent au sport. Il faut aussi qu'on arrête de se sous-estimer. C'est peut être la nature du Burkinabè. On n'est pas moins excellent que ceux qui participent à la Coupe du monde. La boxe est un exemple. Qui pouvait imaginer, il y a deux ans que le Burkina sera double champion du monde ? L'excellent parcours des Etalons est dû à la rigueur et au sérieux du travail. Aujourd'hui, il n'y a plus de petite équipe et nous sommes parmi les meilleures. Je demande au peuple burkinabè de soutenir cette équipe là parce qu'elle en aura besoin plus que jamais.

    Qu'est-ce qui sera fait particulièrement pour une prestation honorable en Algérie en CAN-17 ?

    JPP : Il faut être réaliste aussi à ce niveau. On nous reproche de ne pas les interner. D'abord si on considère leur âge, ce sont des enfants qui vont à l'école. Leur sortie de leur milieu scolaire pour les regrouper un mois durant cela équivaut à un mois de cours perdus pour la plupart qui sont en classe de 3e donc d'examen. Quel est le parent d'élève qui acceptera cela tout en n'étant pas certain que l'avenir de son enfant sera au foot. Aussi, ce sont des enfants qui sont la plupart dans les centres de formation et n'ont plus besoin de techniques de base. Donc quand on les regroupe c'est pour aboutir sur un schéma technique, on n'a pas besoin de 45 jours de pression pour ça. J'ai confiance en ces enfants-là et je suis sûr qu'ils ne seront pas ridicules en Algérie.

     

    Il est aussi question du credo «Sport pour tous» actuellement comment comptez- vous l'organiser ?

    JPP : Nous avons fait des correspondances au niveau de chaque département ministériel pour inviter les agents à la pratique du sport. Le gouvernement a déjà, donné l'exemple. Il y a une coupe interministérielle qui doit se jouer incessamment dans les disciplines comme le football et le volley-ball.

    Il y a une sensibilisation qui se fait au niveau des régions avec l'appui des gouverneurs. Banfora, Ouahigouya et Bobo-Dioulasso sont déjà actives.

    L'objectif c'est de sensibiliser les gens sur le fait du sport en matière de santé. L'expérience a démontré que ceux qui pratiquent le sport ont un meilleur rendement que ceux qui ne font rien du tout. L'adhésion se fait plus ou moins puisque c'est de façon volontaire. Il faut que les gens ne se sentent pas obligés mais qu'ils comprennent que c'est une nécessité et pour leur propre bien-être.o

    Issoufou MAÏGA

    Coupes africaines des clubs

    Espoir pour l’EFO, doute pour l’USO

    Le week-end de coupes d’Afrique a souri à moitié aux deux représentants burkinabè. Si l’EFO en ligue des champions a fait le boulot, 2-0 contre les Hearts of Lions, l’USO en coupe de la confédération a calé, 0-0 face au Jaraf de Dakar. Elle doit réussir un exploit au retour pour obtenir le ticket du tour suivant.

    En première heure, si on peut ainsi le dire, l’USO accueillait au stade Municipal le Jaraf de Dakar à 15H 30. Et deux heures et demie plus tard, c’était au tour de l’EFO de rentrer en scène au stade du 4-Août.

    En ouvrant donc le bal de ces joutes continentales, l’USO a été l’auteur d’une prestation de piètre qualité, ponctuée par un nul vierge. Ce fut, diront certains spécialistes, un nul vraiment nul, tant la production unioniste fut triste. On savait depuis le début de saison, l’équipe très peu à son avantage. Mais il demeurait l’espoir que la réputation et surtout le niveau de la compétition allait la transcender.

    Las, les protégés du quartier Larlé ont reproduit à l’identique, leurs représentations du championnat. Très faible à la finition, l’USO a laissé filer une aubaine déterminante en football. Celle de prendre les devants dès le coup d’envoi et de ainsi obliger l’adversaire à aller à l’abordage et partant à se découvrir. En effet, dès la 3e minute son centre avant, Simplice YAMEOGO bénéficiait d’un face-à-face avec le portier adverse. Un duel qu’il va perdre, alors qu’il s’est joué dans les six mètres et devant une cage grandement ouverte.

    Cette inefficacité chronique que traîne la division offensive de l’équipe ne sera jamais rattrapée par la suite, surtout que ce sont les visiteurs qui la plupart du temps auront le contrôle des opérations.

    Plus véloces, plus rapides, plus explosifs, les joueurs du Jaraf ont imprimé un rythme laissant sans réaction les éléments locaux, qui alors mesuraient la différence entre le championnat et les compétitions continentales. En somme, le physique de nos équipes laissent à désirer. Elles n’ont ni la force, ni la résistance et l’endurance exigées par le haut niveau.

    Au sortir de ce match, on ne voit pas comment l’USO pourra revenir de Dakar avec la qualification, à moins de se muer d’ici là en une autre machine que celle en vogue actuellement. Cependant, elle aurait tort de lâcher le manche avant la cognée, sachant surtout qu’un nul avec des buts serait suffisant.

    Venant à la suite de l’USO, les Stellistes champions en titre n’ont pas raté leur entrée dans la prestigieuse ligue des champions. Faisant face au champion du Ghana, les surprenants Hearts of Lions qui ont réussi à damer le pion à leurs homonymes des Oak d’Acra et au célèbre Ashanti Kotoko de Kumasi. Très en jambes, et forte de ses automatismes retrouvés, l’EFO a dicté sa loi, surtout en première période, au cours de laquelle, son adversaire n’a pas vu le jour.

    Pressés continuellement dans leur camp, les Hearts auraient pu couler si l’EFO s’était montrée plus réaliste. Mais en dépit de sa domination, elle a par moment laissé les trous dans sa défense, notamment son axe central, qui s’est oublié sur certains coups, aspiré qu’il fut par le dispositif trop offensif configuré par le déroulement de la partie.

    Ces quelques deux ou trois occasions nettes de but que se sont procurées les visiteurs, l’EFO ne devraient pas les occulter dans la perspective de la manche retour. Etre plus rigoureux en défense, telle sera la bonne manière de protéger les deux buts, œuvres de Eric SOULAMA à la 24e minute et de Aboubacar TRAORE en toute fin de match.

    Sur cette manche, l’EFO a justifié de son potentiel et peut légitimement espérer passer cet obstacle pour aller défier l’ASEC d’Abidjan, un vrai test grandeur nature. En attendant, elle a à soigner son repli une fois dépossedée du ballon. Si les Ghanéens n’ont pas paru très à l’aise en défense, devant, ils ont des joueurs habiles balle au pied et qui n’auront flanché que dans la finition.On sait que ce ne serait pas la même musique au retour parce qu’ils sont chez eux. Et une formation ghanéenne à domicile est généralement dangereuse. Avant donc de penser à l’ASEC, toute l’attention des Stellistes doit être concentrée sur ce retour.o

    .Idriss SEMDE

     

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