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La Une du 04 au 10/02/2009
Lettre de l'Editeur :N° 591 du 11 au 17/02/2009

rattrapés par les faits !

Toute cette cabale ne serait donc qu’un vulgaire règlement de comptes sur l’autel duquel on instrumentalise des journalistes. De là à penser que cela s’est fait contre espèces sonnantes et trébuchantes, il y a un pas que nous ne franchirons pas pour ne pas aller trop vite en besogne. En réalité, la qualité du dénonciateur, époux d’une très haute personnalité de l’Etat donc un homme du sérail et certaines accointances avérées entre les petits comploteurs de l’ombre de cette triste et minable mise en scène peuvent facilement expliquer l’empressement qu’il y a eu à balancer cette info qui s’avère être une intox de bas étage!
Il faut espérer que cette affaire serve de leçon. Dans le sens de plus de professionnalisme et de rigueur afin que des charlatans en tous genres ne se drapent du manteau de journaliste d’investigation pour vivre de leurs basses besognes.

Beaucoup de bruits pour bien peu de chose ! Ainsi pourrait-on qualifier cette affaire de détournement et de mal gouvernance à la CIL, qui aura fait long feu même si tout ce que ce pays compte de journalistes d’investigation y ont trempé leurs plumes, sûrs de leurs faits comme à leur habitude, abreuvant un public avide de sang et de scandales qui n’en demandait pas tant. Il faut dire que l’actualité était aux dénonciations tous azimuts sur fond de confidences et de fuites sur le rapport annuel de la Cour des comptes qui avait épinglé certaines administrations.
C’était à qui lèverait le plus gros lièvre surtout qu’on s’est fait sien depuis longtemps l’adage selon lequel qu’importe le flacon pourvu qu’il ait l’ivresse.
En effet, la presse «spécialisée» faisait feu de tous bois avec tous les ingrédients qui vont avec, notamment ces menaces d’assassinats contre des journalistes qui vous transforment un vulgaire et banal fait divers en une affaire d’Etat, un célèbre inconnu en célèbre martyr, un navet en best-seller… On en était à ramener le pays à ce rapport alors que deux autres, d’aussi grande importance, avaient été déposés dans le même temps et qui devraient tout autant interpeller les citoyens.
Mais tous comptes faits les sujets avaient beau être croustillants, on commençait à s’en lasser d’autant que certains mis en cause refusaient de se laisser immoler sans réagir et dans leurs défenses mettront à nu les incohérences des accusations et la volonté de nuire de certains de leurs pourfendeurs qui prendront même des libertés avec la déontologie en omettant volontairement de rectifier des faits de peur de devoir réviser leurs procès et leurs sentences sans appel. Il faut croire que, dans ce pays, la morale ne gît pas là où on en parle le plus et où il faudrait en toute logique la chercher et que certains l’invoquent pour mieux s’asseoir dessus et lui donner des géométries variables en fonction des personnes sur lesquelles ils portent leurs regards inquisiteurs. Toujours est-il que personne n’est plus dupe dans ce pays de savane où on finit par reconnaître les gens, même à leur ombre et par temps crépusculaire s’il vous plait. C’est tout dire !
N’est-ce pas cela qui explique la passe d’armes que se livrent actuellement, à leurs corps défendant les professionnels de la communication comme s’il y avait un ras-le-bol à voir certains coreligionnaires «s’amuser» avec les principes de base du métier et invoquer les mêmes principes pour exiger une sorte d’omerta qui leur garantirait par le jeu d’une solidarité de Franc-maçon l’impunité et le droit de massacrer les autres sans devoir rendre compte?
En vérité, entre confrères, on devrait pouvoir parler de déontologie et de principe du métier sans prendre de gants où chercher à se cacher derrière son petit doigt pour ne pas reconnaître ses propres travers. D’autant que, comme d’habitude, l’histoire ne tarde pas à rattraper les censeurs qui se retrouvent vite pris à leurs propres jeux. L’affaire de la CIL en est une parfaite illustration. De long en large. Puisque mettant en jeu les principes professionnels, comme ceux de confraternité.
Commençons par la dernière ! Comme on le sait l’un des protagonistes de cette affaire est un confrère, le Dr. Mahamoudou OUEDRAOGO, pour ne pas le nommer, qui a fait ses classes dans la pratique du métier comme dans son enseignement et qui est actuellement vice-président de la CIL. C’est lui que des confrères mettent en cause sur la base d’un document aussi invraisemblable qu’incongru, une décharge qu’il n’a pas signé, sans se donner la peine des réserves d’usage, encore moins des devoirs de vérification et de recoupement. On a ainsi choisi d’attenter à l’honneur et à l’intégrité morale d’un confrère, de surcroît un ancien haut responsable du métier sans prendre la moindre précaution ni professionnelle, ni de simple bon sens. Pas pour accorder un passe-droit mais, par principe, pour avoir un éclairage dans un sens ou dans un autre. Bien au contraire, à voir la manière dont le sujet est traité, c’est comme si on se disait qu’on allait voir ce qu’on allait voir et que la preuve était désormais faite que ce pays était pourri jusqu’à l’os puisque même ceux auxquels on accorde du crédit et qui sont censés redorer le blason des cannibales politiques ne seraient guère mieux lotis sur le plan de l’éthique. C’était donc une grosse prise et l’on s’explique pourquoi nos confrères sont passés sur certaines évidences sans même les voir. « Ah les… » se serait écrié l’autre.
En effet, comment peut-on donner quitus à une décharge non signée ni par le bénéficiaire, ni par l’ordonnateur, avec la seule signature de l’exécutant qui par ailleurs vous le brandit pour incriminer le prétendu bénéficiaire. ; comment peut-on, sans donner de base de référence affirmer que telle ou telle facture est surfacturée ou que telle ou telle est anormalement élevée etc.  Sur le plan de la déontologie, comment peut-on se fier à  une seule source surtout lorsque celle-ci a toutes les raisons de vouloir régler des comptes ?   Comment peut-on traiter de l’honneur d’un citoyen en se fondant sur des  faits pour le moins tronquées et se présenter en donneur de leçons sans le moindre brin d’humilité comme si on détenait une science infuse ? Assurément ce sont là des fautes professionnelles graves dont la preuve la plus implacable est le résultat des enquêtes diligentées par le Premier ministre et qui concluent à l’absence de malversations et tout au contraire à la culpabilité du présumé informateur anonyme du journal.
Toute cette cabale ne serait donc qu’un vulgaire règlement de comptes sur l’autel duquel on instrumentalise des journalistes. De là à penser que cela s’est fait contre espèces sonnantes et trébuchantes, il y a un pas que nous ne franchirons pas pour ne pas aller trop vite en besogne. En réalité, la qualité du dénonciateur, époux d’une très haute personnalité de l’Etat donc un homme du sérail et certaines accointances avérées entre les petits comploteurs de l’ombre de cette triste et minable mise en scène peuvent facilement expliquer l’empressement qu’il y a eu à balancer cette info qui s’avère être une intox de bas étage!
Il faut espérer que cette affaire serve de leçon. Dans le sens de plus de professionnalisme et de rigueur afin que des charlatans en tous genres ne se drapent du manteau de journaliste d’investigation pour vivre de leurs basses besognes.

Mais aussi sans être un frein à l’ardeur des confrères tant il est vrai que nul n’est infaillible, ni à l’abri de l’erreur ou de la manipulation. L’essentiel, c’est de pouvoir dire, preuve à l’appui et le cœur tranquille qu’on a fait le maximum pour éviter d’être le mouton noir de la profession

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Cheick AHMED
ilingani2000@yahoo.fr

 

 

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