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La Une du18 au 24/02/2009

Retro-Rétro – Gouvernance:N° 593 du 25 février au 03 Mars/2009

Il était une fois…

Véritable vitrine du cinéma africain, le FESPACO créé en 1969 est le deuxième festival des cinéastes à voir le jour en Afrique après les Journées cinématographiques de Carthage.

Prolongement de ce qui était la semaine du film de Ouagadougou organisée par des amoureux de cinéma de la capitale burkinabè, le Festival panafricain du Cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) a commencé son aventure en 1969. Au nombre des premiers de cette aventure, le Sénégalais Ousmane SEMBENE, le Tunisien Cheriaa TAHAR, les Français, Claude PRIEUX, Jean ROUCH, le Burkinabè Roger NIKIEMA... La première édition non compétitive s’est tenue du 1er au 15 février 1969 avec la participation de 7 pays (Sénégal, Niger, Côte d’Ivoire, Cameroun, France, Hollande et Burkina Faso). 24 films dont 18 africains ont été présentés à cette édition qui a mobilisé au moins 10 000 spectateurs. Le président Sangoulé LAMIZANA préside cette première manifestation et apporte son soutien la deuxième édition. Un appui décisif qui se perpétuera d’édition en édition. Le Burkina Faso disposait à cette époque de six salles de cinéma mais celles-ci étaient des propriétés de sociétés françaises : la Compagnie africaine cinématographique et commerciale (COMACICO) et la Société d’exploitation cinématographique africaine (SECMA). Ce sont ces deux sociétés qui se partageaient exclusivement le marché du cinéma au Burkina Faso.

En janvier 1970, le président Sangoulé LAMIZANA, pour faire front à une augmentation de 25% des tarifs d’entrées imposés par ces deux structures privées et pour afficher sa bonne volonté de promouvoir le cinéma considéré comme un outil de développement, décide de nationaliser toutes les salles de cinéma. Il s’agissait donc de la nationalisation de la distribution et de l’exploitation cinématographique.
Après les Journées cinématographiques de Carthage (JCC) créées en 1966 à Tunis qui se voulaient être une plate-forme des images arabes et africaines, le FESPACO est né avec l’idée de récompenser des auteurs exprimant la réalité culturelle de l’Afrique. En fait, on luttait pour le cinéma d’auteur africain, contre celui qui pastichait avec plus ou moins de bonheur les films hollywoodiens ou le cinéma populaire français. Les JCC se tenant dans les années paires, les autorités burkinabè ont décidé que le FESPACO ait lieu dans les années impaires. Il y eut donc deux éditions du FESPACO à une année d’intervalle : l’une en 1972, l’autre en 1973. Le 7 janvier 1972, le FESPACO est institutionnalisé et devient biennal à partir de la 6è édition. Il s’illustre comme le meilleur cadre pour la promotion des cinéastes africains. L’année 1972 qui consacrait la 3e édition été celle d’un FESPACO tourné vers le professionnalisme avec l’institution de la compétition. Cette édition tenue du 04 février au 12 mars a connu la participation de 23 pays dont 18 africains avec 36 films. Et on a estimé à 50 000 le nombre de spectateurs. Le premier Etalon de Yennega, qui est le symbole de la consécration suprême de la meilleure œuvre cinématographique de la sélection officielle, a été remporté par le cinéaste nigérien Oumarou GANDA avec son film : « Le Wazzou polygame ».

L’Afrique Noire découvrait véritablement ses premiers cinéastes en plus de Ousmane SEMBENE, le doyen, on voyait ainsi des auteurs comme le Guinéen Moussa Kemoko DIAKITE (Hydre Dyana), le Congolais Kouami Mambu ZINGA (Moseka), le Gabonais Pierre-Marie Dong (Sur le sentier du requiem), le Sénégalais Tidiane AW (Pour ceux qui savent) ou l’Algérien Mohamed RACHEDI (L’Opium et le bâton). Le premier réalisateur burkinabè à entrer dans le palmarès du FESPACO est Mamadou Djim KOLA qui a reçu le prix d’encouragement du jury avec son œuvre : « Le Sang des parias » à la 4è édition en février 1973.
La naissance du FESPACO a été un vrai levain pour la cinématographie africaine, étant le festival phare du continent aux côtés des JCC. Les enjeux devenus plus grands, les réalisateurs ont trouvé bon de mieux professionnaliser leur art en créant en 1970, à Tunis, la Fédération panafricaine des cinéastes (FEPACI) qui siège à Ouagadougou depuis 1972 en tant que structure annexe du FESPACO. Pour aller au-delà de son caractère panafricain, une section de la diaspora a été instituée et qui permet à d’autres champs cinématographiques culturellement plus proches d’apparaître au grand jour. Il faut par ailleurs noter qu’à partir de 1973 qui consacrait la 4è édition, des thèmes de discussions sont introduits lors de chaque édition. Le thème général est choisi en tenant compte des préoccupations de l’Afrique et du rôle que le cinéma doit jouer dans l’éveil des consciences des peuples africains.
1969-2009. 40 ans après, le FESPACO est devenu une véritable vitrine cinématographique internationale autant que touristique. S’il est l’expression de l’identité culturelle panafricaine, le cinéma africain, dont on parle tant, est cependant sous danger permanent du fait qu’il soit toujours financièrement soutenu par le Nord. Par ailleurs, l’un des grands défis à relever pour le FESPACO est de trouver l’équilibre entre un festival festif et militant en créant beaucoup plus d’espaces aux professionnels...o

Drissa TRAORE

 

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FESPACO 21e édition

«Vision 21» est en chantier

Vision 21», concept initié par le nouveau Délégué général du FESPACO, est le gouvernail devant le conduire à bon port. Pour cette 21e édition qui marque également le 40e anniversaire du festival, l’organisation et la conduite de la manifestation ont connu des innovations, histoire de donner un new-look à la fête.

En décidant de lancer la campagne médiatique du festival sur les terres de l’une des icônes du FESPACO, Ousmane SEMBENE, son Délégué général, M. Michel OUEDRAOGO, et ses collaborateurs ont frappé un grand coup. Une innovation qui déjà donne le ton pour la nouvelle dynamique qui veut être insufflée à l’institution chargée de porter le cinéma africain. De Dakar, à Bruxelles en passant par Paris, la Délégation générale a pu annoncer les couleurs de ce que sera la fête du cinéma africain dans sa 21e édition, et dans les années à venir. Si tant il est vrai que la campagne médiatique, qui a été la résultante de cette longue tournée, participe à faire connaître davantage l’événement, il n’en demeure pas moins que d’autres innovations d’envergures sont annoncées pour cette édition. Ainsi, en plus des traditionnelles activités comme la galerie marchande qui va être le cœur du festival pendant la journée et même tard dans la nuit, il y aura des visites touristiques. Ce qui cadre d’ailleurs avec le thème du festival qui est : «Cinéma africain, Tourisme et Patrimoines culturels».
Michel OUEDRAOGO est ses ouailles innovent également avec ce qu’ils appellent les nuits musicales du FESPACO. Véritables moments culturels, ces instants nocturnes de prestations théâtrales et musicales seront assurés par des vedettes et artistes sélectionnés de par le continent et le monde. Les prestations en live qu’ils vont donner permettront aux festivaliers de se recréer tous les soirs de 22h à 3h.

Les innovations
Pendant longtemps, les accréditations au festival donnaient droit à un certain nombre de services, notamment l’accès aux salles de cinéma par les comédiens et autres. A partir de cette 21e édition, c’est un privilège qui prend fin. «A chaque édition du festival, nous délivrons 4 000 à 6 000 badges. Des badges qui donnent accès aux salles de «ciné», mais qui empêchent les cinéphiles qui achètent les tickets d’avoir un accès facile à la salle puisque les accrédités sont prioritaires. Nous avons décidé de mettre fin à cette situation. A partir de cette édition pour avoir accès aux salles de ciné, il faudra, en plus du badge, un pass», souligne-t-on.
Mais le Délégué général a pris le soin de préciser que les pass seront délivrés aux hommes de médias et aux professionnels du cinéma. En plus de cette mesure qui fâche, le Délégué général a enfoncé le clou avec l’annulation pure et simple des projections en plein air. Pour Michel OUEDRAOGO, «il n’est plus autorisé à qui que ce soit de faire des projections à l’air libre. Si nous voulons que nos salles de ciné retrouvent leur lustre d’antan, il faut que nous ramenions les cinéphiles dans les salles de ciné en projetant les films dans les salles de ciné». Ce qui a amené le Délégué général à rencontrer les acteurs qui procédaient de la sorte pour qu’ils se conforment au nouveau dispositif.
Afin d’immortaliser, à jamais, les réalisateurs-lauréats de l’Etalon de Yennega, il est envisagé une implantation progressive de statues grandeur nature en bronze des lauréats, à partir du Rond-Point des cinéastes, sur l’avenue Mgr Thévenoud. Une innovation appelée «Colonne des Etalons» qui sera ouverte par l’illustre, l’aîné des anciens, Ousmane SEMBENE. Dans la dynamique des innovations, il est prévu l’ouverture de la boutique du FESPACO pour valoriser et promouvoir l’image du festival. Des articles liés à cette image notamment des gadgets de l’institution seront vendus en guise de souvenir pour les festivaliers et le grand public. Pour couronner le tout, le FESPACO se déporte à Bobo-Dioulasso, deuxième ville du pays. Ainsi donc, du 12 au 15 mars, la population de Sya pourra vivre l’ambiance du festival à travers des rencontres professionnelles, des projections de films africains et des films de la région Rhône-Alpes (France), des manifestations culturelles et des activités de détente (déjeuner champêtre à la Guinguette). L’ouverture officielle du festival à Bobo aura lieu au stade Wobi et sera précédée d’une grande parade dans les artères de la ville.
A y voir de très près, toutes les grandes innovations annoncées pour cette 21e édition sont en réalité contenues dans la feuille de route du concept «Vision 21». C’est donc une mise en chantier que Michel OUEDRAOGO est en train d’effectuer. Nous osons espérer que toutes ces innovations qui ont pour objectif d’apporter un plus pour une plus grande visibilité du cinéma africain auront des résultats heureux pour l’avenir du FESPACO.
Michel OUEDRAOGO et son équipe sont à leur premier challenge dans l’organisation du festival. Les innovations qu’ils ont déjà introduites feront très certainement du bruit, parce qu’il n’est pas aisé de bousculer les habitudes des gens. Mais si celles-ci vont contribuer à donner un autre visage au festival, c’est tant mieux..o

Frédéric ILBOUDO

Tourisme et Culture

Des atouts le développement

Tourisme et culture sont deux secteurs d’activités très dynamiques au Burkina Faso. Situé au cœur de l’Afrique de l’Ouest, le pays accueille en moyenne 300 mille visiteurs par an et l’activité touristique génère des ressources avoisinant trente milliards de FCFA.

« La culture est ce qui reste quand on a tout perdu », entend-on dire souvent. Le Burkina qui a bien compris la maxime a développé depuis longtemps des mécanismes pour tirer le meilleur parti de son patrimoine. Culture et Tourisme font véritablement bon ménage et ce n’est pas pour rien qu’ils sont tous deux logés au même département ministériel. Conscient des potentialités touristiques du pays et du fait que sa véritable richesse réside en ses hommes, le gouvernement a opté de faire du Burkina un pays de services. Sa position de pays de l’hinterland et sa diversité culturelle sont un atout déterminant dans cette perspective. Selon des études, le tourisme est la première industrie mondiale et génère plusieurs milliards de dollars par an. Pour un pays comme le Burkina, pouvoir bénéficier d’une partie de cette manne est une aubaine. C’est pour cela que les autorités mènent depuis quelques années une politique attractive visant à faire venir davantage de touristes dans le pays. Le réceptif hôtelier a été largement amélioré avec de nombreuses ouvertures sur tout le territoire national. La sécurité qui est un élément indispensable à la pratique du tourisme est assurée.
Avec le FESPACO qui se tient du 28 février au 7 mars, le Burkina confirme qu’il demeure un grand pays de tourisme et de culture.

Des zones touristiques variées avec aménagements
Le Burkina offre, ou presque, toutes les variantes touristiques : du tourisme de vision à celui cynégétique ; de la découverte à la villégiature en passant par la chasse sportive. Le territoire est divisé en zones touristiques plus ou moins spécialisées avec des aménagements et une gestion professionnel qui satisfont aux désirs des visiteurs. Ainsi, la zone du Centre concerne Ouagadougou et ses alentours. La capitale du ''pays des Hommes Intègres'', dotée d'infrastructures très variées et confortables est propice pour le tourisme d’affaires. Elle abrite de grandes rencontres régionales, sous-régionales et internationales (séminaires, conférences, congrès ou ateliers). Plusieurs autres attractions et sites offrent un tourisme urbain, élargi à des excursions et circuits sur le site granitique de Laongo, la mare aux crocodiles de Sabou et celle de Bazoulé, le Ranch de Nazinga, le Parc animalier de Ziniaré, le musée de Manega. C'est une zone où le touriste peut découvrir l'architecture Kassena de Tiébélé dans la province du Nahouri. Sur la route qui y mène, l'on peut également après une déviation, se rendre au ranch expérimental de Wedbila où s'ébattent des animaux sauvages : antilopes, hyènes, tortues, serpents, etc. En plein centre de la ville de Ouagadougou, le parc Urbain Bangr Weoogo offre un cadre idéal de repos et d’admiration des animaux qui y sont élevés.Des hôtels modernes réservent un accueil digne et hospitalier aux visiteurs et d'excellents restaurants, maquis et discothèques animent la douceur des soirées. Mais Ouaga, c'est aussi le FESPACO, le SIAO et autres grandes rencontres culturelles, économiques et scientifiques.
Il y a ensuite la zone de l'Ouest qui s'étend autour de Bobo-Dioulasso. Cette zone a la particularité de regrouper de nombreux sites naturels très attractifs, des traditions séculaires et également des sites historiques. C'est la zone par excellence du tourisme de découverte et de villégiature. Elle dispose de cadres d’accueil (hôtels, restaurants) de standing divers. Que ce soit dans la ville de Bobo, dans ses environs ou dans la région, le touriste a l'embarras du choix entre les curiosités et autres manifestations touristiques dont les plus en vue sont entre autres la mosquée de Dioulassoba, la mare aux hippopotames de Bala, le Lac de Tengrela, les pics de Sindou, le musée de Gaoua. Bobo est le siège de la Semaine Nationale de la Culture (SNC).
Puis vient la zone de l'Est qui est par excellence celle du tourisme cynégétique et de vision. Elle renferme, sur des espaces protégés et disséminés un peu partout, de nombreux parcs nationaux et de réserves de faune (Parc d’Arly, Parc du W, réserve de Pama, etc.). On y trouve de nombreuses espèces de la faune Ouest-africaine : lions, hippotragues, buffles, éléphants, phacochères, etc. La période pour les découvrir se situe entre les mois de décembre et juin, correspondants à l'ouverture de ces aires.
On a enfin le Sahel burkinabè, zone située au nord du pays, qui se caractérise par l'aridité du sol et l'absence presque totale par endroits de la végétation. Elle est habitée par des peuples nomades qui mènent leurs troupeaux d'un point d'eau à un autre, à la recherche de pâturage. Le Sahel est toujours traversé par les caravanes de chameaux. FESTICHAMS est un festival dédié aux chameaux et qui oeuvre à valoriser les richesses culturelles de la zone. Les attraits du Sahel sont entre autres les dunes de sable d'Oursi, les gravures rupestres de Pobe Mengao en passant par les marchés de Gorom-Gorom et de Dori.

Des sites et manifestations attrayants
De nombreux lieux pleins de symboles sont dignes d’être visités. En effet, des lieux de culte et de mémoire des populations que sont entre autres des mosquées, des églises,des mausolées, des tombeaux… offrent des curiosités par leur architecture authentique et les charges historiques et émotionnelles qu’ils traînent avec eux. Les plus célèbres sont entre autres la grande mosquée de Dioulassoba construite il y a plus d’un siècle à Bobo-Dioulasso, les mausolées de la princesse Guimbi OUATTARA, de Naba Oubri, de Tiéfo Amoro, de Naba ZOUNGRANA, les cathédrales de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, les maisons atypiques de Tiébélé, les ruines de Loropéni en passe d’être classées patrimoine culturel mondial par l’UNESCO ….
De nombreux autres monuments, des musées et des places incarnent la diversité du patrimoine culturel burkinabè. A tout cela viennent n’ajouter des activités modernes à travers festivals, salons et autres. Ainsi, le FESPACO dont la 21ème édition débute bientôt est depuis 40 ans la vitrine du cinéma africain. Le Salon international du Tourisme et de l’Hôtellerie de Ouagadougou (SITHO) regroupe chaque année les acteurs du secteur du tourisme et son complément indispensable qu’est l’hôtellerie. Le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) regroupe tous les deux ans le meilleur de l’Artisanat africain.
De nombreuses autres manifestations sous forme de festivals ou rencontres à travers tout le pays montrent aux visiteurs la grande richesse du peuple burkinabè.o

Le Burkina dans la compétition

A la 20e édition du FESPACO 2007, seulement trois films burkinabè avaient été sélectionnés pour la compétition officielle. On s’en plaignait déjà à l’époque, mais voilà qu’à la 21e édition, ils ne seront que deux à défendre les couleurs du pays à la compétition. Il s’agit de «Cœur de lion» de Boubacar DIALLO, et «Le Fauteuil» de Missa HEBIE.

«(…) Le fait d’être déjà à ce niveau signifie que ce sont des films de très bonne facture» ; avait déclaré en 2007 Baba HAMA, alors Délégué général du FESPACO. En clair, être sélectionné en compétition officielle au FESPACO est déjà en soit une victoire. Et si en plus de cette sélection l’œuvre est couronnée par l’Etalon de Yennega, c’est le summum de la consécration. Mais on s’en souvient, comme si c’était hier, nos trois représentants à la compétition à l’édition 2007 n’ont guère brillé. Et pour cause, que ce soit «Code Phénix» de Boubacar DIALLO, «Djanta» de Tahirou Tasséré OUEDRAOGO ou «Le monde est un ballet» de Issa TRAORE de Brahima, aucune de ces œuvres n’a retenu l’attention du jury. Il aura fallu les prix spéciaux pour sauver la face à nos cinéastes. Peut-on dire aujourd’hui que la pluie d’hier est partie avec son froid et que la débâcle de 2007 est loin derrière nous ? Rien n’est moins sûr. Surtout que tout le monde a pu voir comment le réalisateur Missa HEBIE a presque littéralement versé des larmes en «live» sur la chaîne du plaisir partagé (la télévision nationale du Burkina) pour solliciter de l’aide à tout venant afin de pouvoir kinescoper son film «Le Fauteuil».
C’est à croire que nos cinéastes naviguent à vue car opter de démarrer un chantier comme le tournage d’un film en comptant sur les bonnes volontés pour mener à bien son projet est hasardeux,. Caracoler de la sorte pour sortir une œuvre qui sera en compétition contre d’autres qui ont été «gâtées» par les grands moyens, c’est pour espérer quoi ? Pourrait-on se demander.
Il faut donc regarder les choses en face. Le FESPACO est une affaire de professionnels et il faut être à la hauteur de ses pairs pour prétendre à leur suffrage. Nous ne présageons pas du sort de nos représentants à cette compétition 21e du genre, mais nous disons qu’il y a des prémisses qui trompent rarement quant aux conséquences qu’elles vont engendrer. Des œuvres «achevées» aux forceps à quelques jours du deadline pour le dépôt d’un exemplaire en vue de la compétition, avouons qu’un sort heureux relèverait de l’exploit, surtout qu’aucun des deux œuvres de nos compatriotes en compétition, n’a été visionnée par des regards étrangers pour apporter des critiques à leur amélioration.
Nous osons néanmoins espérer que nos deux compatriotes, qui ont accumulé des expériences, pourront tirer leurs marrons du feu. Si l’on nourrit cet espoir, on ne peut toutefois pas s’empêcher de frémir à l’idée que des pays comme le Maroc, l’Afrique du Sud et l’Algérie, à ce qu’on dit, sont venus en force. Non seulement avec la quantité, mais aussi et surtout la qualité et les critiques misent déjà sur leurs cinéastes qui bénéficient de moyens colossaux pour la réalisation de leurs œuvres.o

Frédéric ILBOUDO

Boubakar DIALLO, réalisateur burkinabè

A la recherche de l’Etalon de Yennenga avec un « Cœur de lion »

Avec l’expérience de l’édition passée où avec « Code phénix » vous n’avez-pas pu « séduire » la princesse Yennenga. doit-on croire que vous revenez avec « Cœur de lion » pour arracher l’Etalon ?
Boubakar DIALLO (B..) :
Si on estime qu’un lion, c’est quelque chose d’assez gros, d’assez majestueux qui a de la force à revendre et ne manque de volonté, alors là oui. « Cœur de lion » est un film qui me tient à cœur ; c’est un espoir que j’avais il y a une dizaine d’années de cela. C’est un projet d’envergure, cette fois-ci pour nous, la structure « Les films du dromadaire », nous venons au FESPACO avec confiance.

On connaît dans l’histoire occidentale, Richard « cœur de lion », peut-on dire « Boubakar cœur de lion » ?
B.D :
Si on le veut, il n’y a pas de problème. Mais notre référence est typiquement africaine. « Cœur de lion » est un film d’époque qui aborde le sujet délicat de la traite négrière. Le film est aussi une aventure, une leçon de courage, d’amitié, d’où la référence au lion.

Pour ce 2e coup dans la compétition, quelles sont vos attentes ?
B.D. :
Comme tous les autres cinéastes en course, notre objectif est de faire les yeux doux à la princesse Yennenga et lui piquer son étalon. Notre attente principale est de se voir sacrer « Etalon de Yennenga ».

Quelle lecture faites-vous de la cinématographie burkinabè en terme de bilan?
B.D. :
Le cinéma au Burkina, comme un peu partout en Afrique, recherche ses marques. Il y a quelques années de cela, on discutait beaucoup en opposant systématiquement les films 35mn aux films en numérique. Ce vent de redéfinition étant passé, aujourd’hui, les gens apprennent à essayer de voir ce qu’il faut faire face aux difficultés de financement. Les subventions, les crédits ont connu une baisse très notable ; notre préoccupation est de voir comment continuer à faire les films dans une telle situation de morosité et surtout comment les faire circuler dans nos pays, pourquoi pas dans le monde.

Que vous inspire le thème de cette 21e édition du FESPACO ?
B.D :
Je pense que le thème « cinéma, tourisme et patrimoines culturels » est une volonté nationale mais aussi africaine de s’interroger sur notre quête dans la consolidation du patrimoine culturel. Nous avons un passé très riche, un patrimoine très varié, il est bon de voir comment on s’en inspire pour bâtir aujourd’hui et demain. Je vois dans ce thème une façon de se recentrer en rapport à d’où nous venons pour mieux voir l’avenir.

Peut-on dire que le cinéma a tué le journalisme en vous ?
B.D. :
Il n’y a rien qui puisse tuer le journalisme en moi. Le journalisme, dit-on souvent, mène à tout, à condition d’en sortir…

Dans votre cas c’est par le cinéma que vous êtes sorti du journalisme ?
B.D.
: Je ne peux en être sorti, je continue à être journaliste autrement. Le cinéma et le journalisme se rejoignent quelque part surtout à travers les films documentaires, et j’en ai fait quelques-uns. Et même dans les fictions, il y a du documentaire, du vrai et de la fiction. Dans le cas de mon film « Cœur de lion » sachant que c’est une histoire d’époque, c’est une aventure imaginée se reposant sur des mécanismes qui ont existé. C’est donc une façon de témoigner, de montrer une sorte de reportage sur l’Afrique du 19e siècle.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?
B.D. :
L’imagination se cultive ; plus on l’utilise et plus elle pousse. Je m’inspire du vécu quotidien par moi-même ou en absorbant le monde alentour. Ecrire est mon plus grand plaisir et le plus facile. Maintenant, la difficulté réside dans comment trouver les moyens de mise en œuvre.

Quels est votre message urbi et orbi pour cette 21e édition du FESPACO ?
B.D. :
J’espère et je souhaite que le public redécouvre le FESPACO qui marque un nouveau départ avec une nouvelle équipe. Au-delà de certaines critiques que le public, notamment les comédiens, les journalistes ont eu à formuler, le FESPACO 2009 va réellement permettre de booster la manifestation avec la grande adhésion du public.o

Issa SANOGO

Pierre ROUAMBA, cinéaste burkinabè

« Cinéma et Patrimoines culturels », quel beau couple !!!

Sur le thème de cette 21e édition du FESPACO, « cinéma, tourisme et patrimoines culturels », nous avons rencontré Pierre ROUAMBA, cinéaste et ancien responsable de la Fédération panafricaine des cinéastes africains (FEPACI). Tout en appréciant l’idée de thématisation des éditions du FESPACO, il appelle à une opérationnalisation des thèmes afin de booster la cinématographie par les sillons tracés. Si pour lui, le couple « cinéma/patrimoines culturels » mis en exergue par le thème rend celui-ci pertinent, il reste réservé quant à l’engouement qu’il peut susciter du point de vue touristique. Lisez !

Quelle importance a le fait de donner des thèmes aux différentes éditions du FESPACO ?
Pierre ROUAMBA (P.R) :
Le fait de donner des thèmes aux éditions du FESPACO vise essentiellement l’objectif qui est de regarder la vie du cinéma africain afin de réfléchir sur un volet à même d’impulser son développement. On a choisi à chaque édition un volet donné pour le proposer à la réflexion des professionnels afin que les uns et les autres aient une compréhension consensuelle pour pouvoir dégager des politiques nationales autour des questions essentielles. On a eu des thèmes partant sur « les circuits de distribution des films », « la formation et la professionnalisation », « la diversité culturelle », « le droit des peuples à s’exprimer », etc.… Tous ces thèmes permettent, après réflexion, de donner une base plus solide à notre cinéma, de trouver une approche pour exister. Il faut la réflexion pour progresser et cela nécessite une constante, à savoir, lier les questions débattues les unes aux autres. Pour moi, il faut obligatoirement un lien ombilical entre les thèmes afin de tirer le maximum de profit dans le cadre du développement de notre cinéma. Dans ce sens, le thème de l’édition 2007 doit appuyer celui présent, qui à son tour approfondira l’édition 2011.

Le thème a-t-il une influence sur l’obtention du grand Prix Etalon d’or du FESPACO ?
PR :
Non, le thème n’a aucune influence pour être sacré Etalon d’or. Les préoccupations des cinéastes au devenir de leur métier ce qui est une autre explication des thèmes, n’ont rien à voir avec le travail du jury qui décerne les prix. Pour cette édition-ci, le thème est « Cinéma, tourisme et patrimoines culturels », ce qui ne veut pas dire que l’Etalon sera décerné forcément à un film qui traitera du tourisme et du patrimoine culturel. Les critères d’appréciation du jury lui sont propres et donc ce sont les meilleurs films qu’il prime. Il faut du reste souligner que les cinéastes ne savent pas toujours à l’avance les thèmes retenus, donc ils ne peuvent pas faire de films liés essentiellement aux thèmes.

Quels commentaires pouvez-vous faire sur le thème de cette 21e édition ?
P.R. :
C’est un thème d’une importance capitale. La question principale est quelle influence a le cinéma sur le patrimoine culturel ou comment le cinéma peut-il servir à développer un patrimoine culturel ? Nous sommes sur des trésors patrimoniaux immenses que nos films ignorent quasiment. Ceux qui arrivent à faire un lien entre le cinéma et le patrimoine culturel découvrent des boulevards exceptionnels qui montrent à la réalité de la terre qu’on n’a pas besoin d’être à Hollywood, ou à Berlin pour avoir un cinéma de qualité. On est donc à égalité sur ce plan avec les autres même si sur le plan des moyens techniques et financiers ils peuvent faire la différence.
Il faut reconnaître que ce thème vient à point nommé car au niveau du patrimoine exploitable, nos cinémas n’ont rien à envier aux cinémas extérieurs.
Dans le thème de cette année, j’y vois aussi comment le cinéma peut contribuer à développer le patrimoine culturel. Plus vous faites des films sur votre patrimoine culturel en vous en servant comme quelque chose à célébrer, à promouvoir, plus vous faites découvrir au monde qu’il y a des choses à voir dans votre pays. En retour également, plus vous travaillez avec les patrimoines culturels de chez vous, plus l’impact sur la qualité, la profondeur de votre œuvre se dévoilent. Il y a donc une interaction entre cinéma et patrimoines culturels.

Quelqu’un nous disait pourtant que ce thème fait plus film documentaire, téléfilm avec cet appel au tourisme comme pour voir les patrimoines culturels. Qu’en dites-vous ?
P.R. :
Quand on dit cela, c’est vrai et en même temps ce n’est pas vrai.

Comment peut loger une belle histoire d’amour avec téléphones cellulaires et cyber cafés dans les ruines de Loropéni, Koro ou à Oursi ? Ou encore un film militant avec marche, casses, gaz lacry ?
P.R. :
Ce n’est pas parce que je vais aller sur Loropéni ou sur les collines de Koro vers Bobo-Dioulasso, que je ne vais pas pouvoir faire du cinéma d’amour, du cinéma militant ; tout se passe dans un cadre donné. Et ce cadre, il y a plusieurs façons de l’exploiter. On peut exploiter dans tout cadre toutes les situations que vous avez évoquées. Il n’y a pas de l’exclusivité pour une situation donnée, ce n’est pas parce qu’on est sur les ruines de Loropéni qu’on fera un film historique et ce n’est pas parce que vous êtes allés à Koro que vous ne pouvez pas traiter une histoire d’amour. A Loropéni comme à Koro, il y a et de l’amour et du militantisme. Tous les thèmes sont applicables dans tous les discours ; tout dépend de l’intelligence de celui qui doit le faire. Il faut savoir exploiter le patrimoine sur place pour y insérer votre discours. Les grands thèmes que sont l’amour, la mort, la souffrance, tous les thèmes peuvent se retrouver dans n’importe quel décor de n’importe quelle partie de l’Afrique ou du monde. On ne doit pas faire une opposition entre cinéma qui se passe dans les discours patrimoniaux et celui qui se passe en ville. En fait, la ville même peut être un lieu d’expression ou de manifestation du patrimoine culturel.
Par exemple la manifestation du vendredi chez le Moro Naaba, c’est en pleine ville de Ouagadougou capitale du Burkina.
Ce n’est pas parce qu’un film va prendre comme arrière-plan cette manifestation que c’est de l’historique et donc on ne peut y introduire une intrigue qui va déboucher sur d’autres choses. Le thème de ce FESPACO est une invite à se réinvestir dans le patrimoine, pour nous amener à faire le beau à partir de nos réalités.

Des gens disent aussi que ce thème a des liens avec la nomenclature du ministère qui héberge le FESPACO, à savoir « Ministère de la Culture, du Tourisme, et de la Communication »
PR :
Il faut avouer que dans ce thème, quelque chose me gène un peu à savoir la tendance à y ajouter le tourisme. J’aime bien « cinéma et patrimoines culturels » que « cinéma, tourisme et patrimoines culturels ». Il est vrai que quand on travaille dans le patrimoine culturel, il y a souvent des sorties vers le volet touristique ; mais essentiellement votre cinéma n’est pas un cinéma de tourisme. C’est un cinéma qui vise une expression culturelle, tant mieux si ça permet effectivement à un certain tourisme de se développer. Mais cela ne doit pas être l’objectif visé.
Le tourisme peut profiter d’une situation donnée comme dans le cas du décor de « Sarahounia » qui a été construit à Korô justement et qui pendant un certain nombre d’années était un site touristique pour les gens en voyage dans l’Ouest. On peut faire un film sur un patrimoine culturel donné pour le montrer, pour le faire connaître ; on peut intégrer dans un film un patrimoine culturel pour l’enrichir, mais on ne fait pas nécessairement un film pour que les touristes viennent se promener sur le décor en disant : « C’est là qu’a été tourné tel film ».
L’essentiel pour moi est « cinéma et patrimoines culturels », c’est un couple qu’il faut consolider en le mettant avantageusement à profit. Si on prend le film « Guimba » de Chieck Ouma SISSOKO, sacré Etalon de Yennega, on voit bien qu’il exploite intelligemment et de façon très fonctionnelle un décor du paysage malien ; il y a aussi « Sya, le rêve du piton » de Dany KOUYATE qui a également fait une exploitation très intéressante de notre patrimoine, de même qu’avec « Keita, l’héritage du griot », il exploite avantageusement le Palais du chef de Kokologo. Beaucoup de sites ont été mis en exergue dans des films et cela leur a servi à renforcer la force d’expression du film en question.
Le couple « cinéma et patrimoines culturels » a largement fait ses preuves et on gagnerait à le développer davantage pour mieux permettre de revaloriser le patrimoine culturel et en même temps le film s’en trouvera revalorisé.o

Issa SANOGO

L’occasion pour de bonnes affaires

La 21e édition du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO), qui marque aussi le 40e anniversaire de l’événement, se tiendra du 28 février au 7 mars 2009. C’est dire que, événement dans l’événement, cette édition devra être des plus remarquables et à cela, les organisateurs s’attellent, qui ont programmé diverses activités qui en marge des projections cinématographiques.

Le FESPACO, c’est avant tout l’occasion pour les cinéphiles de vivre leur passion en visionnant les films en compétition et ceux sélectionnés. C’est au total 128 films qui ont été sélectionnés cette année. C’est dire donc que le public, pour peu qu’il fasse le déplacement, verra à coup sûr de belles projections cinématographiques. Cependant, le FESPACO est aussi une grande fête populaire avec de nombreuses activités culturelles et économiques en marge.
Au-delà des compétitions cinématographiques, des colloques, des panels et des projections publiques de films, le programme de cette 21e édition compte aussi avec l’espace jeune, la galerie marchande, la boutique FESPACO, les visites touristiques. On pourrait parler d’activités connexes qui se développement autour du FESPACO.
Le public pourra assister à des animations quotidiennes au siège du FESPACO, à des nuits musicales à la place de la Nation, tous les jours de 22h à 03h, à des animations visuelles et voir des animations théâtrales.
La galerie marchande établira ses quartiers au site du SIAO et à la Maison du peuple. Elle offrira une panoplie de souvenirs du Burkina Faso, dans des domaines variés tels que : le vestimentaire, les objets d’art, l’agroalimentaire, la vannerie, la poterie…
Au programme aussi de cette 21e édition, des visites touristiques. Le Burkina est, en effet, un pays de tourisme. Les festivaliers pourront faire des sorties sur des lieux touristiques pas loin de Ouagadougou. Pour exemple, ils pourront visiter le site de sculptures sur granite de Laongo, le mausolée de Naba Oubri (fondateur du royaume de Ouagadougou), le musée de Manéga, la mare aux crocodiles sacrés de Bazoulé, les ruines de Loropéni… Le comité en organisant ces sorties veut coller au thème de cette 21e édition qui est : «Cinéma africain, tourisme et patrimoines culturels».
Le FESPACO est l’occasion pour une certaine catégorie de personnes, à l’instar de grandes manifestations organisées au Burkina Faso de se faire de l’argent. Ce ne sont pas les hôteliers, les tenanciers de buvettes et bars, les restauratrices, les petits vendeurs à la criée (papier lotus, cigarettes…) et surtout les gérants de parking qui diront le contraire. Les tenanciers des débits de boissons proposent une gamme de boissons aux festivaliers qui peuvent aisément se désaltérer. Il suffira d’y mettre le prix qui, pour des évènements du genre, est légèrement revu à la hausse. Les restauratrices, elles, proposent des mets locaux allant du tô simple ou pilé (foutou), du riz sauce graine ou arachide, de l’attièké poisson, aloco… Bref ! Des plats succulents et variés. Ne soyez pas surpris aussi d’être accosté par de petits vendeurs ambulants surtout aux entrées des sites retenus pour les manifestations. C’est une activité à part entière qui permet à ces enfants, voire à leur famille de subvenir à leurs besoins.
Les gérants de parking sont ceux qui véritablement se frottent les mains. En effet, les droits de gardiennage passent généralement de 50 – 100F CFA à 200F pour les vélos et mobylettes, voire à 300F pour les voitures. On peut dire que dans ce genre de manifestations, chacun essaie de faire de bonnes affaires, toute chose qui est légitime. Cependant, il serait bon que le comité d’organisation trouve une formule d’harmonisation des prix notamment au niveau des parkings étant donné que ce sont, comme nous l’avons souligné, des activités qui viennent en complément du FESPACO. En effet, il faut, par exemple, pouvoir garer son engin pour regarder un film.
Bonne fête du FESPACO à tous.o

Angelin DABIRE (Stagiaire)

Michel OUEDRAOGO, Délégué général du FESPACO “…une salle de ciné qui se ferme en Afrique, c’est un poignard que l’on plante dans le dos de la culture…”

Il est à son baptême de feu en tant qu’organisateur en chef du FESPACO. L’homme dont il est question, c’est Michel OUEDRAOGO, habitué des grands challenges. Mais comme dit l’adage : «Le bon maçon se reconnaît au pied du mur». Pour l’heure, Michel OUEDRAOGO et son équipe mettent les petits plats dans les grands pour réussir l’événement. C’est un homme très sollicité que nous avons retrouvé à six jours de la cérémonie d’ouverture de cette biennale du ciné africain. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, c’est dans une sérénité bon teint qu’il nous dévoile le contenu de la cérémonie d’ouverture, puis se penche sur la problématique des salles de cinéma et du chantier qu’est «Vision 21» qu’il est en train de mettre en œuvre. Lisez plutôt.

A quelques jours de la 21e édition du FESPACO, qu’est-ce qui, à l’étape actuelle de l’organisation, pourrait inquiéter le Délégué général ?
Michel OUEDRAOGO (M.O) :
Je puis vous assurer que véritablement, du point de vue organisationnel, rien ne me dérange dans mon sommeil, parce que nous avons pris les dispositions nécessaires pour que cette manifestation soit une réussite. Mais ce qui peut me déranger, puisqu’il ne s’agit pas seulement d’organiser, c’est la pleine réussite de l’évènement. Et aujourd’hui ce que je souhaite, c’est de réussir cette organisation, cet état de fait ne dépend pas du Délégué général seul. Parce que, nous pouvons avoir les stratégies de cette réussite ; mais il faut que l’ensemble des acteurs oeuvrent pour la réussite et pour le succès. Il faut que nous mettions cette manifestation, sous la bénédiction du peuple burkinabè. Nous disons que ses prières et ses bénédictions doivent nous accompagner pour que cette manifestation soit une réussite parce que rien de si grand ne peut se faire, par une seule intelligence. Il faut l’ensemble des intelligences, alors pour moi, ce qui me préoccupe le plus aujourd’hui, c’est de réussir cette manifestation, pour rendre véritablement un hommage à notre pays, mais un hommage à toute l’Afrique, parce que le FESPACO a toujours été un succès. Il n’y a donc pas de raison que nous ne puissions pas garantir davantage ce succès-là et faire avancer le FESPACO dans une parfaite organisation.

«Nous n’avons pas le droit de rater les cérémonies d’ouverture et de clôture», disiez-vous lors d’une conférence de presse. Alors, que réservez-vous aux festivaliers et aux Burkinabè pour que cette 21e édition reste inoubliable ?
M.O :
Nous avons voulu innover, mais les innovations, il faut savoir les faire, il ne faut pas se précipiter. Je pense que la cérémonie d’ouverture est celle de communication et de visibilité ; mais plus encore, une cérémonie politique : une cérémonie pour l’Afrique, parce qu’elle existe, en tant que continent, et qu’elle peut apporter quelque chose de merveilleux au reste du monde. Mais aussi, une cérémonie politique pour le Burkina, pour que le Burkina Faso, en tant qu’Etat africain, souverain, puisse apporter sa contribution à l’éclosion d’une Afrique qui gagne. Une image d’une Afrique forte, une image d’une Afrique qui apporte au monde quelque chose. Et cela ne doit pas se faire au hasard. Cela doit être bien pensé voilà pourquoi nous ferons en sorte que cette cérémonie d’ouverture soit spéciale. Nous avons prévu de faire en sorte que des artistes burkinabè, puissent avoir une création.
Ça sera une nouveauté, une première. Nous avons le groupe Yeelen, Alif Naaba, Floby et Eugène Kounker que nous avons réunis pour faire une création. Vous avez l’exclusivité et cette création sera belle. Au plan international, nous ferons venir un célèbre musicien, dont je ne vais pas vous donner le nom cette fois-ci, confirmation oblige ; mais il y aura un beau spectacle. Et pour l’événement, pour la chorégraphie, nous avons confié cela à une grande Burkinabè de notoriété, Irène TASSEMBEDO. Elle est en train de «concocter» un spectacle qui va nous faire rêver. Je pense que l’un dans l’autre, nous allons avoir un beau spectacle. Alors, j’aimerais inviter les Burkinabè à sortir nombreux et faire le déplacement du stade pour voir et vivre les spectacles que des Burkinabè ont su concevoir. Parce que cette production que nous allons faire au stade du 4-Août est à 90% burkinabè. Et cela est très important, parce que notre réflexion pour les années à venir, c’est de changer la configuration de la cérémonie d’ouverture, et la cérémonie de clôture. Les deux cérémonies ne doivent pas se ressembler. Pour le moment, elles se ressemblent, mais donnons nous rendez-vous en 2011, elles ne se ressembleront pas.

M. Modibo DIARRA a été choisi comme parrain du Festival. Que cherche un Astrophysicien dans un festival de cinéma ; en d’autres termes, qu’est-ce qui a prévalu au choix de ce dernier comme parrain ?
M.O :
Mais l’astrophysicien que vous dites est d’abord Africain. Cet astrophysicien, sans sa culture, il ne serait peut-être pas là où il est. Et le cinéma africain fait partie de sa culture parce que ce sont des images de l’Afrique, ce sont des images de son enfance, ce sont des images de ses parents qui sont projetées, donc c’est sa culture. Cet astrophysicien, le Burkina l’a choisi, comme parrain, parrain, pour montrer encore une fois de plus que le Burkina reste un pays ouvert. Que le FESPACO reste un festival qui appartient à l’ensemble de l’Afrique. Et s’il y a des pépites d’or en Afrique, il faut les promouvoir, il faut leur donner cette visibilité. Et le FESPACO doit être un tapis pour les étoiles africaines comme Modibo DIARRA. Et cet astrophysicien est une étoile qui illumine dans le firmament africain et au plan international, même universel, parce qu’il a fait des œuvres qui ne bénéficient pas seulement à l’Afrique mais à toute l’humanité, et c’est une manière à nous, de lui rendre hommage.

«Cinéma africain, Tourisme et patrimoines culturels», tel est le thème de cette 21e édition. Que visez-vous à travers un tel thème, quand on sait que la plupart des œuvres sélectionnées ne vont pas tenir compte de ce thème ?
M.O :
En fait, le thème n’influence pas la compétition. Le thème n’est pas un critère de choix pour la sélection des films. Il est donné pour que ce soit matière à réflexion, au monde du cinéma africain, et des intellectuels africains. C’est simplement pour mettre le pont entre le cinéma, le tourisme et nos valeurs patrimoniales. Pour dire quoi ? Pour dire que simplement aujourd’hui, quelle image, les réalisateurs africains peuvent donner de l’Afrique ? Parce que ce sont des images d’Afrique qu’ils doivent donner, mais quelles images ils donnent ? Quel tourisme les réalisateurs africains peuvent aider à promouvoir ? Est-ce un tourisme basé sur nos valeurs ou est-ce un tourisme dégradé et dépravé ? C’est cette réflexion profonde-là qu’il faut faire. Et je pense que les réalisateurs africains qui viennent au FESPACO ne viennent pas seulement pour le cinéma, mais ils viennent aussi pour nourrir la réflexion, ils viennent aussi pour apprendre, pour donner et pour recevoir. Et je crois que le FESPCAO est ce cadre véritablement professionnel, mais aussi un cadre intellectuel.

Quel film aura l’honneur d’ouvrir cette 21e édition ?
M.O :
Je pense que c’est prématuré, car nous sommes en train de faire la programmation, et vous savez que nous aurons une programmation très forte parce que nous avons changé. Il y aura la cérémonie d’ouverture, après la cérémonie d’ouverture, nous aurons les 40 ans, notamment la célébration du gala des 40 ans du FESPACO, donc il n’y aura pas de sélection de film en tant que tel, mais une rétrospective de tous les anciens films qui ont remporté l’Etalon. Et le dimanche, il y aura l’ouverture solennelle du festival présidé par M. le Premier ministre pour ce qui concerne le volet professionnel et c’est en ce moment qu’on saura quel est le film qui a été retenu pour l’ouverture professionnelle.

A l’édition 2007, ils étaient trois réalisateurs burkinabè dans la compétition officielle. A cette 21e édition, ils ne sont que deux. Comment expliquez-vous ce recul ?
M.O :
Comme vous êtes Burkinabè, vous vous inquiétez du sort des Burkinabè. Mais moi qui suis responsable du FESPACO, je m’inquiète du sort de beaucoup d’autres Etats africains qui n’ont même pas un seul film en compétition. Je crois qu’avoir déjà deux Burkinabè sélectionnés en compétition officielle, c’est déjà magnifique. Parce que, si nous avons notre choix à faire, on aurait souhaité un film par pays. Et l’on aurait fait de manière tournante pour que toute l’Afrique soit concernée par le festival. Mais nous voulons aussi que ce soit une compétition et je crois que si, à cette édition, le Burkina a deux films, il doit être fier d’avoir deux films. Et les films burkinabè n’ont pas été retenus par complaisance ; mais parce que ce sont des films qui méritent d’être retenus. Et cette année, nous avons une production de qualité. Les films burkinabè sont de qualité, mais les autres films sont aussi de qualité. La compétition est relevée et nous avons un très bon cru et vous les hommes de médias vous allez le constater et vous verrez quel est le niveau de la production burkinabè ? Quels sont les efforts qu’on doit faire ? Quels sont les efforts que les autres pays aussi doivent faire pour que le cinéma africain dans son ensemble grandisse.

Vous avez annoncé une batterie d’innovations pour cette 21e édition. Peut-on affirmer que c’est le concept «Vision 21» qui est en marche ?
M.O :
Je peux dire que sur certains aspects, notre vison est en marche. Je crois déjà que, par l’organisation des conférences à Dakar, à Bruxelles, c’est notre vision qui est en marche. Je peux dire aussi et souligner que le fait qu’il y ait une ouverture professionnelle solennelle, c’est aussi notre vision qui est en marche. Mais je crois que toutes les innovations de «Vision 21» ne pourront pas être intégrées en une seule édition, je crois qu’il faut aller sur plusieurs éditions et je pense qu’il y a déjà des éléments qui sont prises en compte, il y a des éléments qui ne sont pas prises en compte. Pour des questions de moyens on a essayé d’atténuer certaines de nos innovations, nous allons avancer pas à pas pour qu’au fur et à mesure que nous avançons, nous-mêmes nous travaillons à peaufiner certaines innovations que nous voulons introduire pour que le FESPACO prenne peau neuve d’édition en édition.

Dans votre vision, on ne sent pas le côté infrastructurel. Le FESPACO grandit et les salles de cinéma se ferment, le siège du Festival est toujours en chantier, dans «Vision 21» qu’est-ce qui sera fait à ce niveau ?
M.O :
Vous savez, ce que nous disons et répétons tous les jours, c’est qu’il faut une réflexion générale sur le cinéma africain.
Au FESPACO, nous faisons la promotion du Cinéma africain. Et nous savons que nous ne pouvons pas faire de promotion de ce cinéma-là si effectivement il n’existe pas de salles.
La salle de conférences en construction est une préoccupation nationale certes, mais c’est plus une préoccupation africaine.
Je suis persuadé que d’ici la fin de l’année en cours, cette préoccupation va être résolue. Parce que, parfois les choses ne vont pas comme on souhaiterait qu’elles aillent. Parfois, il faut faire des choix étant donné la rareté des moyens certes ; mais si ces choix n’ont malheureusement pas permis de faire avancer la cinémathèque, ils ont permis de faire avancer d’autres secteurs. C’est dire donc qu’il ne peut pas tout faire en même temps, il faut toujours saluer ce que l’Etat fait pour d’autres secteurs au détriment d’autres. Mais comme on dit, chacun à son tour et je crois que le tour de cette salle viendra, elle sera achevée très bientôt.
Maintenant, c’est toujours le lieu de faire un appel, à tous les politiques en Afrique, pour que la question des salles de ciné soit une réflexion forte. Parce que l’on ne peut pas faire la promotion du cinéma africain, si nous n’avons pas de salles pour la promotion de ces films.
C’est une réalité, elle est devenue même criante et il faut faire en sorte que l’Etat s’investisse et s’implique de plus en plus dans la construction des salles de ciné. Et comme je le dis, autant l’Etat construit des écoles, des centres médicaux pour la santé des populations autant l’Etat doit construire des salles de ciné pour l’éducation du peuple. Parce que les deux sont des espaces d’éducation, de sensibilisation et de formation. Aujourd’hui je l’ai dit, une salle de ciné qui se ferme en Afrique, c’est un poignard que l’on plante dans le dos de la culture et il faut que ça cesse.

Des souhaits particuliers pour les festivaliers et aux Burkinabè ?
M.O :
D’abord je voudrais commencer par le Burkina et comme je l’ai dit plus haut, le succès du FESPACO, ne peut pas se faire sans les Burkinabè. A commencer par les plus hautes autorités et ensuite par les populations, mais aussi par les leaders d’opinion, par les hommes de média.
Mon souhait, c’est faire un appel au Burkina tout entier, pour qu’il fasse du FESPACO, son affaire. Qu’il fasse du FESPACO, son désir de succès pour une bonne image du peuple burkinabè demain. Je demande aux Burkinabè d’être accueillants vis-à-vis de ces milliers de festivaliers qui vont venir dans notre pays, nous devons les recevoir à bras ouverts.
Je sais qu’il y aura des désagréments, mais soyons compréhensifs devant ces désagréments. Parce que nous ne pouvons pas inviter dans notre pays des milliers et des milliers de personnalités, des réalisateurs, des cinéphiles et croire que notre vie quotidienne sera la même. Il y aura des bouleversements, il y aura des ingérences dans notre vie de tous les jours, qu’on accepte et qu’on tolère pour que ceux qui viennent, sachent qu’ils sont sur une terre libre du Burkina, sur une terre libre d’Afrique. Aux festivaliers qui vont venir, je leur demande d’être compréhensifs, d’être tolérants, d’être des hommes et des femmes de solidarité et de partage avec les Burkinabè, cette volonté de faire de l’Afrique un continent qui compte.
De faire de l’Afrique un continent de l’Afrique, un continent qui progresse et de faire surtout du cinéma africain une vitrine pour toute l’Afrique.o

Frédéric ILBOUDO

Les salles de ciné

Casse tête du festival ?

Treize (13) salles de ciné, 8 au centre ville et 5 dans les périphéries, voilà les infrastructures qui vont accueillir la manifestation. A y voir de plus près, le FESPACO est malade de ses salles de cinéma. Et si rien n’est fait pour faire revivre celles-ci, le festival risque de prendre un coup dans les années à venir.

Le cinéma africain a mal dans ses salles. Partout sur le continent, à l’exception de quelques pays, les salles de «ciné» se vident, pire, elles se ferment. Toutes les raisons sont invoquées pour justifier leur fermeture. Mais si dans d’autres pays cela peut se comprendre aisément, tel n’est pas le cas au Burkina. Et pour cause, ce pays abrite le siège du FESPACO, qui, chaque deux ans, accueille les cinéastes venant de toute l’Afrique et du monde. C’est dire que si dans les autres pays les salles de «ciné» se meurent, le Burkina particulièrement Ouagadougou, se doit d’adopter une attitude particulière, différente des autres ; car étant l’un des berceaux du 7e art africain. Mais hélas ! malgré le fait que le pays regorge de cinéastes qui ont du talent et qui ne manquent pas de le prouver à chaque occasion à travers leurs œuvres, aucune réflexion n’est véritablement menée pour remédier à la situation
Des salles de «ciné» sont devenues des entrepôts, si elles ne sont pas des dortoirs pour zécos et autres salamandres. Tenez, la capitale du cinéma africain Ouagadougou n’a que deux salles dignes de ce nom, dont une d’ailleurs privée, qui fonctionnent ! Du coup, pour cette 21e édition comme pour celle précédente d’ailleurs, on a recours à des salles de conférences d’autres institutions pour pallier le manque. Que ce soit la salle de conférence du C.G.P (Caisse générale de Péréquation), celle du Conseil Burkinabè des Chargeurs (CBC) où celle du Liptako Gourma, c’est sur réquisition certainement que le FESPACO va agir pour couvrir «sa honte» qui est en réalité celle de tout le pays. Pire, pour permettre au jury officiel de faire son travail, on a ouï dire que là également une salle de conférence d’un hôtel sera sollicitée non sans aménagement pour que le travail soit de qualité.

Le pouvoir politique doit prendre ses responsabilités
C’est enfoncer une porte ouverte que de dire que le FESPACO est envié aujourd’hui de part et d’autre du continent. Des pays comme l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, etc. à la moindre peccadille sont aux aguets pour «récupérer» la poule aux œufs d’or. Mais si on peut affirmer que le festival est en passe d’être parmi les domaines utiles à la crédibilité du Burkina sur la scène internationale, il va falloir susciter la prise de conscience de ceux qui nous gouvernent afin qu’ils prennent le taureau par les cornes. Aujourd’hui, l’intervention du politique dans tous les segments du cinéma est plus que nécessaire si notre pays veut garder la main sur la gestion du festival. De plus en plus les appels de pied des Etats qui frappent à la porte du Conseil d’administration du festival devra interpeller nos autorités. Il appartient au politique, de penser autrement la promotion du festival.
A quoi sert d’organiser un festival du cinéma africain si les salles se meurent ? Déjà, la décision de la Délégation générale du FESPACO de mettre fin aux projections de plein air est salutaire. Si cette décision est accompagnée d’une politique de réhabilitation des salles de ciné, de construction d’autres salles, il n’y a pas de doute que cela peut impulser une dynamique dans la fréquentation des salles de «ciné». La balle est dans le camp des autorités.o

Frédéric ILBOUDO

Attentes d’acteurs du 7e art

Fanta Régima NACRO, réalisatrice
Rendez-vous 2011 avec "Yelkayé"


Qu'attend Fanta à cette 21e édition du FESPACO ?
Fanta Régina NACRO (F.R.N.):
J'attends de voir beaucoup de bons films. Cette édition est aussi le 40e anniversaire du FESPACO, c'est donc l'occasion pour se poser les vraies questions ; car nul n'ignore que nous traversons une crise sur le plan production, distribution et même le contenu de nos films. L'occasion est belle pour se poser la question à savoir pourquoi fait-on du cinéma dans ce continent africain ? Je pense que ce FESPACO va être très décisif pour nous les cinéastes, il nous faut une orientation pour le futur.

Le thème "Cinéma, tourisme et patrimoines culturels", n'est-il pas une bonne question puisque vous avez parlé de se poser les bonnes questions?
F.R.N. :
Les thématiques qu'on donne à chaque édition me laissent un peu perplexe. Je ne pense pas qu'il soit judicieux d'allouer à chaque FESPACO un thème, parce que cela participe à orienter surtout les jeunes réalisateurs vers les sujets ayant trait à ces thèmes et du coup nous passons à côté des vraies choses. C'est-à-dire faire rêver le public.

Quel est ton message d'anniversaire pour le FESPACO ?
F.R.N. :
De façon classique, je dis "happy birthday to FESPACO", joyeux anniversaire. La manifestation a atteint un âge de maturité, de réflexion, elle ne doit donc pas passer à côté de l'essentiel.

Que proposez-vous pour cette édition?
F.R.N. :
Je serai présente avec des documentaires qui me semblent importants. J'amène un documentaire portant sur l'enfance, et intitulé "Survivre à tout prix pour les enfants". Il pose le problème de la mortalité infantile. Dans la section panorama, je viens avec un film sur le sida traitant de la question des A.R.V. J'aurai aussi une nouvelle corde à mon arc, à savoir l'animation d'une émission à la télévision nationale qui reçoit des cinéastes pour parler de leur univers et non des grands problèmes du cinéma africain. On traitera des choix thématiques, esthétiques, en un mot artistique.

On dit que vous avez choisi le "cinéma alimentaire" avec ces documentaires de commande ou presque, qu'en dites-vous ?
F.R.N. :
Je ne crois pas que ce soit des films alimentaires, c'est plutôt des films de sensibilisation. D'ailleurs un regard sur mon parcours cinématographique indique clairement que mon univers est avant tout éducatif, sensibilisation. Après "La nuit de la vérité", j'avais besoin de faire tous les films prévus dans mon programme. Je me suis libérée d'une contrainte heureusement fixée par moi-même pour pouvoir aller vers un autre type de cinéma.
Dieu voulant, en 2011, je serai de retour avec un long-métrage.

Pouvez-vous lever un coin de voile sur ce projet de long-métrage ?
F.R.N. :
Sera-t-il une comédie ? Un film dramatique, ce qui est sûr je serai présente avec un long-métrage.

Peut-on savoir au moins le titre même, provisoire ?
F.R.N. :
(Hésitations) : Le titre qui me vient en tête est "Yel kayé", c'est-à-dire "il n'y a pas de problème", traduit du mooré.

Baba HAMA
Plein succès et joyeux anniversaire

En demandant à Baba HAMA, actuel directeur de la communication du Président du Faso, et anciennement Délégué général du FESPACO, ce qu’il souhaite pour le grand rendez-vous panafricain du cinéma de Ouagadougou, il affirme qu’il ne peut et ne souhaite que du succès, beaucoup de courage et un joyeux anniversaire au FESPACO. A l’endroit des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel qui seront de la fête, Baba HAMA les invite à poursuivre le travail qui a toujours été celui du FESPACO ; c’est-à-dire aller dans le sens de la promotion du cinéma africain. Pour lui, son vœu le plus cher est que cette 21e édition réponde à tous les attentes et qu’elle puisse être un pas supplémentaire vers le travail de promotion du cinéma africain qui en a encore besoin. Notre cinéma est jeune, a-t-il poursuivi, donc il y a encore de la terre à défricher, dans ce sens, Baba HAMA voit en cette 21e édition qui marque aussi les 40 ans du FESPACO, soit un grand moment de réflexion, et surtout d’action pour tracer les sillons qui permettront les années à venir de récolter de meilleurs fruits. Lorsque nous lui avons demandé s’il va participer à la fête ou bien il sera en marge ; Baba HAMA a tout d’abord esquissé un sourire, l’air de dire que pour rien au monde il ne ratera une si belle occasion de communier avec le monde du cinéma, celui-là même pour lequel il a consacré une bonne dizaine d’années de travail. Mais vu ses nouvelles fonctions à la présidence du Faso, l’ex-Délégué général du FESPACO avoue ne pas être maître de son agenda. Si celui-ci l’oblige à être ailleurs durant le festival, il rassure les uns et les autres qu’il est de cœur avec le festival et les festivaliers. En cachant mal son souhait de voir un agenda favorable pour lui permettre d’être un festivalier, Baba HAMA, assure vouloir savourer ce temps de films et de rencontres d’échanges à pleine dent, ce plaisir est d’autant plus grand qu’il le fera sans le stress et les angoisses de l’organisateur principal qu’il était les autres années.

Zakaria HEMA, Directeur général de la cinématographie burkinabè
Quel visage aura la cinématographie du Faso à cette 21e édition du FESPACO ? Zakaria HEMA D.G. du cinéma burkinabè répond.

Pour le D.G Zakaria HEMA, le Burkina Faso tout naturellement marquera cette 21e édition du FESPACO par une présence avec des films dans toutes les catégories. «On sera au FESPACO avec un visage radieux », martèle-t-il. Au décompte, il y a 19 films en compétition dont deux en longs-métrages 35mm, trois en court-métrage, et six séries en TV Vidéo.
« Ce nombre 19, est l’expression, assure le D.G. HEMA, de la vitalité du cinéma burkinabè, même si la tendance va de plus en plus vers le support numérique. A l’endroit du public, il y aura encore des émotions, preuve que le cinéma du Faso a encore pris des galons ». Dans ses souhaits, le D.G de la cinématographie du Burkina invite le public à participer massivement à la fête. Revenant sur la grande question des salles qui se ferment ici et là, le FESPACO, pour lui, est une belle occasion qui permet au public de voir des films et aux cinéastes, il agrandit l’espace de diffusion des productions. A l’endroit des cinéastes du Faso, le souhait est de les voir profiter largement de la grande tribune qu’offre le festival pour faire la promotion de leurs productions, nouer des partenariats pour la réalisation des projets futurs. Avec la crise financière qui frappe durement les économies africaines et donc nourrit la « vie chère », la question que beaucoup de personnes se posent est que les grosses sommes investies dans le cinéma sont considérées comme un mauvais usage car la priorité pour le moment est de nourrir le corps et non l’esprit par le rêve que donne le cinéma. A propos de cette interrogation, Zakaria HEMA, est catégorique. « C’est vrai que le cinéma coûte cher mais c’est aussi un moyen d’éducation, d’instruction d’un peuple, une école de formation pour la jeunesse ; le cinéma n’est pas qu’amusement » soutient-il. Financer les films c’est financer l’éducation de masse. La culture, dont fait partie le cinéma, a certes un coût, mais n’a pas de prix » renchérit le D.G de la cinématographie burkinabè. Il faut, nous a-t-il dit avec insistance, « que l’Etat continue à soutenir le cinéma, car ce n’est point de l’argent jeté par la fenêtre ». Une interpellation à l’endroit des autorités qui doivent rester un grand soutien pour le cinéma mais qui n’empêche pas un intéressement aussi du secteur privé qui peut agir dans le sens d’investir dans le cinéma, ce qui amoindrirait les coûts de production, c’es la conviction de M. Zakaria HEMA. Il faut donc une synergie d’actions pour permettre à la cinématographie de vivre et de rayonner.

Idrissa OUEDRAOGO, cinéaste
“L’heure de l’autocritique”

Qu’est-ce qu’Idrissa OUEDRAOGO que des intimes appellent «Maestro» n’a pas eu au cinéma ?
En réponse à cette question, on peut affirmer que l’homme «Maestro» aura tout eu, et au FESPACO et hors d’Afrique. Il a été Etalon de Yennega, puis président du jury officiel. On se rappelle comme si c’était hier, lorsqu’il grimpait les marches au festival de Cannes en costume s’il vous plait. Ce n’est donc pas pour rien que l’on le surnomme «Maestro», le maître.
A la sortie de la 1ere du film «Il faut sauver Rama» de son jeune frère Tahirou OUEDRAOGO, nous avons un Idrissa OUEDRAOGO le sourire large, mais l’ air pensif. Lorsque nous l’avons approché, il est brusquement revenu comme d’un rêve pour nous dire que le film «Il faut sauver Rama» l’a replongé dans son passé ou tout grand débutant il faisait ses premiers pas avec «Poko». Pour lui, ce film est de la même trempe que «Borom saret» du vieux SEMBENE, «Certificat d’indigence» de Moussa BATILY.
Le thème abordé par Tahirou, prend appui sur le paludisme chez les enfants pour aborder la pauvreté en milieu rural et chez beaucoup de gens en pleine ville. C’est un thème de proximité qui interpelle les consciences sur la misère grandissante chez les populations avec comme effets collatéraux la prostitution, le grand banditisme. Selon Maestro, le malaise actuel du cinéma africain peut trouver solution dans la conception et la réalisation de petits films du genre «Il faut sauver Rama». Se basant sur cet espoir, Idrissa OUEDRAOGO, à l’endroit du FESPACO, affirme que le cinéma africain est en panne mais si le FESPACO met les cinéastes au centre des activités, des questions fondamentales peuvent surgir pour relancer la machine. Il passe en revue le lien vitalité des créateurs et FESPACO pour reposer le grave problème du financement des films malgré le fait que les priorités soient nombreuses.
Le FESPACO étant l’occasion où les phares du monde sont braqués sur le Burkina pour «Maestro», il est primordial de faire le tour des créateurs. Comme message d’anniversaire «Maestro», dit «joyeux anniversaire et surtout prise de conscience de nos faiblesses et de nos forces. Il faut donc faire le bilan du parcours fait pour mieux se projeter dans l’avenir.

Aï KEÏTA, comédienne
Longtemps devant la caméra, Aï KEÏTA, comédienne presque doyenne du cinéma burkinabè aujourd’hui, entend passer de l’autre côté de la caméra ; c’est-à-dire changer de métier pour être réalisatrice. Elle met donc beaucoup d’espoir à cette 21e édition du FESPACO afin de trouver les partenaires qui vont l’aider à réaliser son rêve, un film sur sa propre mère et qui traite en même temps des problèmes de polygamie. Sur les raisons qui l’ont poussée à vouloir faire un film sur celle qui l’a mise au monde , Aï KEÏTA met l’accent sur le côté soumission et respect du mariage qui sont les credos de sa mère. Avec ses coépouses, sa mère a toujours su se comporter afin de ne pas transformer le foyer en champ de bataille rangée. Et dire que ce n’était point le Pérou, dans la grande famille KEÏTA, c’était dur et même très dur par moment. Malgré tout, par respect et par amour pour son époux, la mère de Aï, qui a aujourd’hui 84 ans, a pu sauver son foyer. C’est donc pour sa fille un exemple à partager avec les jeunes de nos jours qui pour un oui ou un non parlent de divorce. Tout vient à point nommé à qui sait attendre, voilà le fil conducteur du film de Aï KEÏTA qui entend profiter du FESPACO pour finaliser des partenariats afin qu’il soit une réalité, un cadeau de la famille à la «Mère poule» et une expérience à partager.
En attendant de voir Aï KEÏTA, réalisatrice, la comédienne exhorte les jeunes surtout les jeunes filles qui veulent venir au cinéma, de le faire sans peur afin que la relève pour sa génération qui prend de l’âge soit assurée. Cependant elle avertit que le métier est difficile surtout pour les jeunes filles. D’où la nécessité du courage et de l’abnégation au travail. Pour elle, faire du cinéma ne veut point dire se vendre au premier venu. Le métier est noble, dit-elle, «mais il faut du courage, de la volonté et de la dignité pour avoir les fruits». «Il faut venir au cinéma pour la noblesse du métier et pas autre chose», précise-t-elle. Cette autre chose c’est quoi, avons-nous demandé ? Dans un large sourire, la comédienne, affirme que des jeunes filles viennent au cinéma pour profiter se lancer dans des histoires pas «catholiques». Nous ne comprenons pas bien avons-nous dit. Alors Aï, de dire que les journalistes aiment tirer les vers du nez des gens, sinon, elle a été très claire.
Et sur ces relations avec les réalisateurs, Aï KEÏTA a souhaité ne pas en dire quelque chose de peur de se mettre certains à dos. Après notre insistance, elle lâcha : «Nos réalisateurs quand ils ont les financements ne pensent qu’à eux-mêmes». Pour Aï, on ne doit pas faire du cinéma par complaisance, en préférant un non professionnel à un pro parce que ce dernier coûte cher. «Il y a dans ce cas du gaspillage de pellicule, et le résultat ne peut être satisfaisant», a dit Aï. Elle prêche pour la chapelle des pros, contre la tendance qui veut qu’on joue les coûts en choisissant des amateurs et le plus souvent dans sa famille, un neveu, une tante, un frère… Pour Aï, c’est ce qui rend la tâche difficile aux comédiens professionnels.

Gustave SORGHO, comédien
Des souhaits de Gustave SORGHO, pour cette 21e édition du FESPACO, il y a tout d’abord,celui de voir de bons films, donc que le Festival 2009 soit d’un bon cru. A côté de cela, l’homme SORGHO, veut voir à ce FESPACO un encouragement pour tous les corps de métiers du cinéma. « Après 40 ans, insiste-t-il, on doit être arrivé à un stade où le professionnalisme doit être de rigueur et il faut être très regardant par rapport aux différents films, afin que la qualité soit le critère principal des choix ». SORGHO s’élève contre ce qu’il appelle « le cinéma africain ». Pour lui, il n’y a que le cinéma et il n’est ni africain, ni européen. C’est vrai, souligne-t-il, qu’il y a des films faits en Afrique, et qui ont une envergure internationale. Mais accepter des navets car ce sont des productions africaines, il n’en veut pas. Il refuse qu’on minimise les créateurs africains en les plaçant sous le sceau du « cinéma africain ».
L’Afrique doit faire le cinéma avec des comédiens de talent, des réalisateurs talentueux, tous les maillons de la chaîne doivent être reconnus dans nos films. SORGHO est-il prêt à partager son expérience avec les jeunes qui viendraient à lui dans le but de se lancer dans le métier d’acteur ? A cette question, il lâche tout de go, qu’il faut tout d’abord savoir qu’être acteur est un métier comme plein d’autres. La condition de réussite se résume au maître-mot travail. Il prévient les futurs acteurs que le cinéma n’est pas un lieu pour se pavaner. Prenant l’exemple sur comment on traite quelque chose qu’on aime bien, l’acteur s’appuie sur le cas de la femme qu’on dorlote, chouchoute quand on l’aime. Alors les jeunes qui veulent embrasser le métier de cinéaste doivent aimer et même adorer le cinéma, c’est la condition principale de réussite.
Mais cela suffit-il à faire le bonheur ? Sur ce point, Gustave SORGHO sort de ses gonds contre le traitement fait aux acteurs par les réalisateurs. Sans appeler à une révolte des comédiens, il les invite à se prendre beaucoup plus au sérieux car personne ne viendra faire leur bonheur à leur place, la défense des intérêts matériels et moraux des comédiens incombe surtout aux comédiens. Selon Gustave, il ne va jamais se rabaisser pour les beaux yeux de quelqu’un, il entend ainsi se faire respecter et faire respecter son métier.
On frôle ce qui fait dresser les poils de sa barbe lorsqu’on aborde la question des cachets. Il assure que le travail du comédien qui est de rendre une situation comme le veut le réalisateur n’est pas une mince affaire. « Lorsqu’on demande à un charpentier de faire une belle charpente, il y mettra et son temps, et son savoir-faire », dit-il, pour expliquer le fait qu’on trouve qu’il est trop coûteux comme comédien. « Pas de bradage », chez lui conclut-il. Et pour appuyer ses dires, il avoue aimer la vérité de la bouche des réalisateurs. Chacun sachant qui est dans le métier, l’homme a fini par trouver la stratégie pour démasquer les réalisateurs qui veulent les comédiens à bas prix. Gustave SORGHO nous a assurés que son expérience lui permet aujourd’hui d’avoir quelques entrées et donc de pouvoir avoir des informations sur les budgets des films. Et donc si un réalisateur abaisse son budget pour tromper les comédiens, cela ne marchera pas avec lui. Et ça, ce n’est pas du cinéma.

Jacob SOU, comédien, réalisateur
Du 28 février au 7 mars, Ouagadougou va vibrer au rythme du Festival panafricain du cinéma, placé cette année sous le thème «Cinéma africain, tourisme et patrimoines culturels». Nous avons rencontré quelques cinéastes sur leurs attentes durant cette 21e édition.
«En tant que réalisateur, j’aurais bien aimé être présent au FESPACO avec un film de mon crû, malheureusement mes souhaits ne seront pas exhaussés, car je ne veux pas me présenter avec quelque chose de bâclée à un tel grand rendez-vous. Il se peut, tout de même, que mon film soit là pour l’approche avec les partenaires afin de trouver les moyens pour bien le peaufiner. En parlant de film, je précise qu’en fait c’est un feuilleton d’où seront tirés des films, et dont s’inspireront des longs-métrages.
Les feuilletons étant à la mode, je me suis arrangé pour faire la jonction des deux. Et je suis heureux d’apprendre qu’un numérique de qualité peut être gonflé pour en faire un long-métrage.
Etant un des doyens de la cinématographie burkinabè, à l’endroit de la jeunesse, je voudrais dire de s’armer de courage, car le métier n’est pas facile. Mon feuilleton en préparation est intitulé «Vies parallèles» il a la spécificité d’être financé par le privé, et soit dit en passant, je n’ai jamais bénéficié des fonds de l’Etat pour mes films.
Ayant deux (2) casquettes, je serais aussi au FESPACO en tant que comédien, je vais tout mettre en œuvre pour les rencontres d’échange et surtout voir le maximum de films qui certainement vont m’inspirer. Vivement que la fête commence» !o

A jour J-3

Dans 72 heures, les projecteurs du monde seront braqués sur le Burkina pour suivre le film des évènements du Festival panafricain de Ouagadougou (FESPACO) du cinéma africain. A trois jours du début de la manifestation, l’heure est aux derniers réglages. Ainsi le siège du Festival ne désemplit pas. Entant entendu que l’événement ne saurait se réfugier dans sa tour d’ivoire, Ouaga la belle fait sa parure aux fins de l’accompagner : on sent monter la fièvre. La fête promet d’être belle.

Il faut emprunter l’avenir de la Nation pour prendre la température réelle des préparatifs de la fête du Cinéma africain. Sur cette avenue s’y trouvent, en dehors des salles de ciné, tous les sites qui accueilleront les festivités de la 21e édition.
L’avenue de la Nation s’est parée des couleurs du festival et celles de ses partenaires. A la Maison du peuple où se tiendra la galerie marchande, les hangars sont dressés. Et, M. Djibril BOUNDI président de la Commission de dire : «Tout est fin prêt, les stands sont déjà tous érigés et il ne nous reste qu’à procédé d’ici demain ou après-demain aux attributions».
Cette galerie marchande sera un des centres neurologiques du festival. Et pour cause, en dehors des salles de cinéma qui vont grouiller de monde surtout les nuits, grand nombre de festivaliers, de Ouagalais, et autres. vont se rabattre à la Maison du peuple, histoire de se rafraîchir, de s’offrir des gadgets souvenirs du FESPACO. D’où l’importance de plus en plus accrue de cette galerie marchande. «On ne peut même pas imaginer un FESPACO sans sa galerie marchande. La galerie marchande est devenu tellement importante et internationale que nous sommes obligés d’étendre l’offre. Aujourd’hui, nous sommes à 400 stands et nous accueillons presque tous les pays de la sous-région et d’autres pays comme l’Iran, la Syrie, etc.», affirme M. Djibril BOUNDI.

Partout les travaux de finition occupent et préoccupent
Il n’y a pas de FESPACO sans salles de cinéma. Les 13 salles annoncées pour accueillir la manifestation ont subi des cures. De la salle de ciné Nerwaya aux salles de conférences réquisitionnées ou encore les salles de ciné des quartiers périphériques en passant par celle du ciné Burkina ont toutes été retouchées, pour être présentables et à même d’accueillir dignement les cinéphiles.
Le siège du FESPACO, quant à lui, en plus d’abriter quelques stands, à jour-J moins trois grouillait de monde.
Les derniers réglages sont toujours en train d’être faits. Electriciens, jardiniers, menuisiers, etc. sont dans les travaux de finitions. Pendant que, eux ils luttent dans la cour, dans les bureaux, les agents, chacun à son poste de responsabilité règle les derniers détails. La commission accréditation poursuit son travail qui est de faire en sorte pour que chaque festivalier reçoive son accréditation. Au siège du Festival, ça bouge !

Ouaga s’est faite belle
La mairie de Ouagadougou accompagne les responsables du FESPACO pour réserver un accueil digne de ce nom aux festivaliers. Et comme il est de coutume, la ville capitale s’est parée de ses habits de fête pour les hôtes de marque qui vont fouler le sol burkinabè. Guirlandes, jeux de lumière, agents de police à tous les grands axes, etc. sont les grandes images qu’offre Ouaga à trois jours du début du festival. La brigade verte, chargée de rendre la ville propre est également à pied d’œuvre et l’Avenue de la nation a été astiquée. A jour J-3 le Burkina est prêt pour accueillir les festivaliers. Souhaitons comme le Délégué général du FESPACO que les Burkinabè réservent un accueil chaleureux à tous ceux qui nous font l’amitié de leur présence en terre libre du Burkina. Qu’ils viennent en paix, qu’ils repartent en paix, et que la fête soit belle.o

Frédéric ILBOUDO

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