[Actualité] - [Annonces] - [Archives]
La Une du n° 594
Lettre de l'Editeur :N° 594 du 04 au 10Mars 2009

Un Fespaco peut en cacher un autre.

Il ne s’agit certainement pas de tirer des plans sur la comète sous prétexte que le cinéma serait du rêve, ni d’aller à l’aventure, mais le temps est compté tant la situation est largement mûre pour une révolution maîtrisée qui renouvellerait les promesses des pères fondateurs du FESPACO. L’ouvrage est sur le métier et attend de chacun sa part de tour de braquet. Pour ce qui le concerne, le Burkina Faso assure largement sa part du contrat. Peut-être faut-il rappeler que ce pays est classé parmi les plus démunis de la planète et conséquemment au nombre des plus pauvres. Dans de telles conditions, 40 années de sacrifices valent bien une reconnaissance …

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la fête du cinéma africain bat son plein à Ouagadougou et en met plein la vue à tous. Pas seulement du point de vue des festivités qui semblent répondre aux attentes du large public avec une cérémonie d’ouverture officielle qui a brillé de mille feux et des activités environnementales qui font le plein, mais on a aussi la nette impression d’une prise de conscience aiguë des réalités dramatiques du cinéma africain écartelé entre difficultés de financement et problèmes de diffusion, comme si on avait brutalement compris l’imminence du danger. Celui d’avoir laissé la proie pour l’ombre et de devoir aujourd’hui retourner sur ses pas pour répondre à une question bassement existentielle. Et pourtant, la confiance est là, palpable et forte comme si en dépit de tout ce qui pourrait arriver, le commun des mortels était assuré qu’il survivrait à toutes les crises. Un optimisme que nous aurions tant voulu partager mais qu’un certain réalisme commande de tempérer, pour ne pas se retrouver à méditer avec des «si» à n’en pas finir.
Nous l’évoquions dans notre édition précédente, le cinéma africain est à la croisée des chemins ; le FESPACO avec. Tout indique qu’on ne peut plus continuer à faire comme avant et à toujours reporter à plus tard la nécessaire réflexion sur leur avenir à tous les deux et aux responsabilités tant individuelles que collectives qui en découlent.
Si de toute évidence les premiers acteurs refusent de se résigner, force est tout de même de constater qu’on ne va pas au bout de la logique comme si on avait peur de bousculer des pré-réquis et des habitudes pour ne pas ouvrir une boîte de pandore dont on aurait des raisons de craindre le contenu.
Il ne s’agit certainement pas de tirer des plans sur la comète sous prétexte que le cinéma serait du rêve, ni d’aller à l’aventure, mais le temps est compté tant la situation est largement mûre pour une révolution maîtrisée qui renouvellerait les promesses des pères fondateurs du FESPACO. L’ouvrage est sur le métier et attend de chacun sa part de tour de braquet. Pour ce qui le concerne, le Burkina Faso assure largement sa part du contrat. Peut-être faut-il rappeler que ce pays est classé parmi les plus démunis de la planète et conséquemment au nombre des plus pauvres. Dans de telles conditions, 40 années de sacrifices valent bien une reconnaissance d’autant qu’il a réussi à ce que le festival traverse toutes les vicissitudes de sa tumultueuse histoire et les aléas d’une situation économique des plus précaires. Cela n’a l’air de rien, mais le FESPACO a survécu à tous les régimes politiques, à toutes les sécheresses, toutes les famines, toutes les guerres, tous les conflits que ce pays a connus. Et il y en a eu. Il a même fait face à l’adversité de certains pays qui souhaitaient sournoisement la mort du festival, qui, selon eux, faisait de l’ombre à leurs propres initiatives. Même ceux qui s’imaginent en dehors de ces préoccupations parce qu’on l’a vu, le FESPACO peut en cacher un autre pour ne pas dire que d’autres devraient réfléchir par deux fois avant de lui lancer la pierre.
En effet, Dieu seul sait dans combien d’agendas, il occupe une place de choix. Au Burkina ici, comme ailleurs. Pas seulement au niveau de tous ceux qui en tirent leur pitance ou en profitent pour mettre du beurre dans les épinards et pour lesquels il tend à devenir un espace vital, crise financière mondiale oblige. Il est devenu un support incontournable pour certains acteurs politiques et sociaux qui s’en servent comme tribune pour leurs opérations de séduction de l’opinion publique. Il n’y a qu’à voir la multiplication des sorties sur ce terrain pour comprendre que «FESPACO n’est pas FESPACO» tout comme «cinéma n’est pas cinéma». Car certaines scènes qu’on nous sert actuellement obligent à de telles comparaisons. C’est vrai que pour certains, le ridicule ne tue pas. Mais tout de même !
En effet, il faut dire que si les cinéastes venaient de partout le continent et si tous les pays louaient le festival, ils n’avaient pas toujours les mêmes rêves. Les uns et les autres devront néanmoins se faire une raison car le temps faisant son œuvre la raison commande que chacun prenne enfin sa part de responsabilité pour le pousser davantage dans l’avenir. Plus que les Etats pris individuellement, sont interpellés, l’Union Africaine elle-même et tous les organismes sous-régionaux. N’est-ce pas une hérésie que l’UNESCO et la Francophonie soient aux côtés du FESPACO alors que les organismes africains s’en lavent les mains ?
Le FESPACO est une manifestation continentale et devrait bénéficier à ce titre de l’attention de l’Union Africaine et des chantres du gouvernement africain. Une évidence qui est loin d’être une réalité..o

.
Cheick AHMED
ilingani2000@yahoo.fr

 

 

INFOS FLASH
LES MEDIAS DU FASO
LES DOSSIERS
index.gif
 
ZEDCOM © 2008 Tous droits réservé