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La Une du n° 594

NOUVELLES DU GRIN :N° 594 du 04 au 10Mars 2009

Elle déménage dans une maison offerte par son amant avec son mari

Après le froid spécial qui a sévi pendant le mois de décembre, c’est la chaleur qui est maintenant à la page. C’est la période où le grin est le plus actif.
Les débats sont très houleux et puisque les esprits s’échauffent vite pendant la chaleur, «les coups de gueule» ne manquent pas et engendrent parfois des altercations musclées. Pendant la période de chaleur, le grin reçoit plus de membres que d’habitude.
Le thé coule à gogo pour soutenir les débats. Aujourd’hui, il y a une gamme très variée de thé sur le marché. Il ne se passe pas un jour sans qu’un membre du grin ne vienne proposer une variété de thé. Cela suscite des débats interminables, chacun voulant que sa variété soit préparée.
Ce trop plein de thé au grin est difficile à gérer et le petit fakir doit user de tact pour s’en sortir. Lorsque le premier est servi, chacun oublie sa variété. L’effet du premier est tel qu’il permet d’entamer les débats avec frasques. L’effet varie d’un individu à l’autre… Personne ne peut s’en passer au grin. La période de chaleur est appréciée avec beaucoup de joie chez certains membres du grin.
Pour eux, cette chaleur appelle forcément la pluie. S’il fait très chaud, il pleuvra abondamment. C’est une pluie attendue impatiemment à Bobo-Dioulasso, ne serait-ce que pour venir laver les mangues. Après deux tentatives vaines, on attend toujours la 1e pluie de 2009 à Bobo.

Un an après les émeutes de la vie hère, la vie est toujours chère à Bobo
Les 20 et 21 février 2008, Bobo-Dioulasso a été secouée par une manifestation contre la vie chère. Les manifestants ont saccagé des biens publics et privés et mis le feu à la mairie de Dô.
En tout cas c’est par la ville de Bobo que tout est parti et c’est cette ville qui a payé le plus lourd tribut en termes de destructions.
Avec le recul, le grin a analysé cette manifestation qui a permis de comprendre que la paix sociale est très fragile et qu’il faut savoir la garder jalousement comme un œuf. De nos jours, les effets de la crise financière se ressentent partout. Aucun pays, même les Etats-Unis, n’est épargné. Pour certains membres du grin, la solution ne se trouve nullement dans les manifestations de rue. Cette option contribue seulement à mettre en retard la commune de Bobo qui naguère appelée «Bobo la belle» est en train de changer de visage pour devenir «Bobo la laide».
Les routes du centre ville de Sya sont impraticables. Dans les différents secteurs de la ville, les caniveaux sont parfois remplis de déchets et l’on n’arrive pas à les curer.
Pendant que le conseil municipal est en train de se tordre les méninges pour trouver des solutions pour faire décoller la ville, les manifestants de la vie chère viennent tout compliquer.
La vie a changé de nos jours et il faut savoir la prendre du bon côté.
Chacun doit faire sa petite «technique» pour survivre. Les gouvernements même sont dépassés par la situation qui est générale.
La solution ce n’est pas de lutter pour baisser le prix des denrées alimentaires mais de rechercher les moyens pour contourner la vie chère. Pour cela, les gens du grin pensent qu’il faut que les populations adoptent une nouvelle manière de vivre, dans la modestie et la simplicité. Désormais on doit apprendre à vivre selon nos moyens. C’est surtout le cas des citadins qui posent le plus de problèmes au gouvernement. Ils sont moins nombreux par rapport aux ruraux, mais ce sont eux qui revendiquent le plus. Les ruraux qui constituent la majorité de la population sont plus exposés aux méfaits de la vie chère mais ils vivent leur calvaire dans le silence. Pourtant eux aussi ont droit au bien-être comme les citadins.
Une année après les manifestations des 20 et 21 février à Bobo, on constate que les choses ne font que s’empirer de jour en jour. Les commerçants campent toujours sur leur position malgré l’intervention du gouvernement. Les prix restent toujours les mêmes.
Dans cette histoire de vie chère qui persiste, tout se repose sur les cours du pétrole. Ce sont ces coûts qui déterminent le transport qui est un secteur stratégique. Au grin, des gens disent s’inquiéter du fait que les transporteurs ne songent pas à baisser les cours du transport alors que le prix du carburant a un peu baissé. Pour eux, «lorsqu’il s’agit de l’autre sens, quand les prix du carburant augmentent, rapidement on répercute sans tarder sur le prix du transport, alors que quand ça baisse, ça tarde à se répercuter sur le tarif des transports». Voilà des indices clairs qui doivent être pris au sérieux pour atténuer un peu la cherté de la vie. Sinon rien n’indique que la situation va s’améliorer de sitôt. Tous les indicateurs économiques sont au rouge. Cela met la pression sur ceux qui nous gouvernent. Un peuple qui a faim est un peuple dangereux… Seulement après la casse des 20 et 21 février 2008, ceux qui ont été pris en flagrant délit ont été jugés et mis en prison. Personne n’a pu faire quoi que ce soit pour les libérer. Ils ont pour la plupart purgé leur peine avant de recouvrer la liberté.
De quoi faire réfléchir plus d’un casseur lors des prochaines joutes de la contestation. On ne badine pas avec l’autorité de l’Etat.
La situation difficile de Bobo-Dioulasso s’est encore compliquée avec la manifestation contre la vie chère. Depuis, rien n’a changé. Bobo garde toujours son aspect de ville-carrefour et hospitalière, mais il est très loin l’époque où l’on disait de Bobo que si on la presse, c’est l’huile qui coule.
Aujourd’hui Bobo et devenue une ville qui s’appauvrit de jour en jour. Le chômage bat son plein et les compressions au niveau de travail sont fréquentes.
L’espoir se trouve du côté de la Côte d’Ivoire voisine. Au grin, on pense que le retour définitif de la paix en Côte d’Ivoire est la condition de la relance économique de Bobo. Tous doivent donc prier pour un retour de la paix dans ce pays. La position de carrefour de Bobo n’est bénéfique que si le trafic avec la Côte d’Ivoire est actif.
La vie est chère ; elle le sera encore dans les jours qui viennent. Mais certains, ne vont rien sentir de tout ça. Ceux-là ont compris très tôt qu’il faut réduire les priorités dans les dépenses. Comme par exemple réduire le nombre de bouteilles vertes ou de parties de jambes en l’air ? De toutes les façons, chacun tient sa vie entre ses mains, à chacun de se gérer. Lorsque les cailloux tombent du ciel, chacun protège sa tête. C’est la formule de la vie chère.

A.G de l’ONTTB section Bobo-Dioulasso : BOUGOUMA remplace KORBEOGO
L’Organisation nationale des Transporteurs terrestres du Burkina (ONTTB) section de Bobo a tenu, le samedi 21 février dernier son Assemblée générale ordinaire pour renouveler le bureau. C’était au siège de l’organisation situé à l’auto gare principale de Bobo-Dioulasso.
Le président national de l’ONTTB a fait le déplacement de Bobo pour suivre cette A.G qui finalement s’est déroulée dans une ambiance sereine et saine. En tout cas les forces de l’ordre n’ont pas lésiné sur les moyens pour sécuriser cette A.G.
Les choses sont allées très vite. Quelques allocutions et l’on passa au stade de renouvellement du bureau. Au terme des élections le nouveau bureau est composé ainsi qu’il suit :
- Président, Issiaka BOUGOUMA
- Secrétaire général, Issouf DIARRA
- Trésorier, Mady PORGO
Ces trois membres clés du bureau ont été élus par l’Assemblée. Les autres membres seront révélés après des concertations.
Issiaka BOUGOUMA devient ainsi le nouveau président de l’ONTTB/Bobo. Il remplace Issiaka KORBEOGO, l’ancien président qui a eu recours à un procès pour légitimer son mandat. Samedi dernier, il n’est pas venu à l’A.G. Cela n’a pas empêché le président national de dire que l’A.G s’est déroulée dans les règles de l’art. «Tout le monde, de l’apprenti au chauffeur en passant par les propriétaires de camions, tous peuvent postuler à la présidence de l’ONTTB», a affirmé le président national.
Pour cette fois le président, c’est Issiaka BOUGOUMA. Il a remercié ses frères transporteurs d’avoir porter leur confiance en lui.
«Il appartient maintenant à tous les transporteurs de se serrer les coudes. Nous ne voulons plus de mesquineries et de critiques qui ne font pas avancer les choses», a-t-il déclaré en substance.
Le secrétaire général, pour sa part, espère qu’avec le nouveau président, il pourra travailler car, «avec l’ancien président, je n’ai pas pu faire mon travail. C’est pourquoi il n’y a pas eu de bilan».
Le secrétaire général ne s’est pas s’exprimé sur l’absence du président sortant à cette A.G. Mais il croit que les 3 années de l’ère KORBEOGO ont fait reculer l’ONTTB à Bobo.

Pardonnez-les, car ils ne savent pas ce qu’ils font
A la fin de l’A.G, le président national de l’ONTTB s’est adressé aux transporteurs de Bobo. Il a demandé l’union et la cohésion pour lutter pour la même cause. Aux forces de l’ordre, il a demandé leur clémence vis-à-vis des transporteurs qui sont, en général, des personnes qui ne sont pas allées à l’école. «Pardonnez les, car ils ne savent pas ce qu’ils font», a déclaré le président national.
Même au CCVA, le patron de l’ONTTB demande la clémence pour les véhicules «pourries». Pour lui, là encore, ils ne savent pas qu’il ne faut pas circuler avec des véhicules à risques. Quelqu’un a dit que le transport rime avec pagaille au Burkina Faso. En tout cas les transporteurs membres de l’ONTTB à travers cette assemblée générale ne démentent pas cette assertion. Mais on ne peut pas s’en prendre à eux, car ils ne savent pas.
Mais s’ils ne savent rien à qui la faute ? Il faut travailler à dynamiser l’ONTTB et organiser des formations en faveur de ses membres. Sinon personne ne viendra le faire à votre place.

Elle déménage dans une maison offerte par son amant avec son mari
Au grin, la solidarité est un mot qui a un sens. Parmi les membres, il y a des fonctionnaires, des commerçants, des élèves, des chômeurs…
En ce début de l’année 2009, la chance a souri à un membre du grin qui a décroché un emploi. Un emploi fragile parce qu’il est le 5e chauffeur de ce mini car qui fait le trajet Bobo-Solenzo, mais un emploi quand même.
Pour son premier voyage, il est revenu avec plusieurs variétés de thé. Il était à l’honneur au grin. Il était sans emploi et il sait comment la solidarité du grin est précieuse.
C’est lui qui est venu nous trouver avec cette histoire au grin. Une histoire qui s’est déroulée à Solenzo et notre chauffeur est formel.
C’est l’histoire d’une femme séduisante et très belle qui se trouve être l’épouse d’un pauvre paysan. La femme fut courtisée par un riche commerçant de la place. Ils se voyaient en cachette mais avec le temps, le riche commerçant s’était sérieusement entiché d’elle. Il ne voulait plus l’abandonner. Il lui paya une parcelle à son nom et lui construisit une maison de 40 tôles.
La femme alla trouver son pauvre mari et le proposa de venir vivre avec elle dans cette maison. Bien sûr elle ne dit pas à son mari comment elle l’a eue. Comme on aime à le dire, le pauvre a toujours tort. Le pauvre paysan a suivi sa femme dans sa nouvelle demeure.
Au bout de trois semaines, la femme avoua à son mari qu’en réalité c’est un homme qui dit l’aimer, qui lui a payé cette maison. Elle a prévenu son mari afin que le jour qu’il le verra dans cette cour, qu’il comprenne que c’est son rival et qu’il est chez lui.
L’homme n’a pas pu digérer cette situation. Il a quitté la femme. Le choc lui fit fatal, il mourut déprimé.
Le riche commerçant et la belle veuve étaient maintenant libres ; c’était la belle idylle pour eux. Ils s’affichaient même en public. Un jour, un autre riche commerçant eut affaire à cette belle dame. Il fut subjugué par son charme. Il lui acheta une moto «CRYPTON» toute neuve.
Lorsque le premier riche commerçant sut cela, il abandonna la femme. Par la suite l’autre aussi la quitta. Elle vit maintenant seule dans sa maison avec sa moto. Elle n’a pas d’enfant.
Au grin, les gens pensent qu’il faut se méfier des femmes très belles. Elles ont la particularité de faire de l’effet sur les hommes. Il y a des hommes qui ne peuvent pas résister au charme de belles femmes.
Les hommes n’y peuvent vraiment rien, si une telle femme décide de les séduire. C’est pourquoi, les anciens n’aimaient jamais établir des contacts directs entre les femmes et les hommes. Pour eux, c’est comme le coton à côté du feu. C’est dangereux.
Pour le cas du pauvre paysan, les gens du grin pensent que les femmes mariées qui continuent à être frivoles sont celles-là qui agravent la vie chère.
Le sage du grin est de cet avis; c’est parce qu’il y a trop d’aldutères dans ce monde que les difficultés nous assaillent de partout. Il nous faut revenir à Dieu et suivre un tout petit peu la voie de la morale.

« Le petit fâkir, toujours dispo »

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