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Une n°595 du 11 au 17 mars 2009
La Une du n° 595
RETRO-SPORTS :N° 595 du 11 au 17 Mars 2009

Promouvoir et valoriser l’artisanat africain

Le credo de SOS (Save Our Skills)

La Fondation SOS Afrique œuvre à promouvoir ce qui est tissu fait uniquement à la main sans énergie artificielle et à valoriser les talents locaux, dépositaires de notre héritage culturel. L’Homme étant un être de culture, les connaissances, les habitudes et les aptitudes doivent être puisées dans son passé et dans l’environnement présent de celui-ci pour lui permettre de se réaliser en tant que agent économique conscient des défis du futur. C’est le sens donné à l’exposition du Jeudi 05 mars 2009 au Musée national à Ouagadougou.

Le développement de l’art et de l’artisanat, terreaux fertiles de la culture d’une société, est tributaire de l’attention et de la valeur que lui confèrent les peuples qui en sont les dépositaires. C’est pourquoi, il est plus que jamais nécessaire, voire utile de louer les efforts des hommes et des femmes qui œuvrent inlassablement nuit et jour pour sauver les cultures, surtout africaines, engluées dans un monde globalisant et globalisé où les technologies de l’information, l’internet et le numérique fascinent et captivent plus que tout.
Parmi ces hommes et femmes, on pourrait faire référence à Désiré Maurice OUEDRAOGO qui, à la tête d’une structure volontaire dénommée SOS Afrique (Save Our Skills), œuvre au Burkina Faso pour faire ressurgir des tréfonds de l’histoire de notre culture, la filature-main et le tissage-main africains qui sont en train de disparaître avec la modernité. Comme disait E. Herriot, « La culture c’est ce qui reste lorsqu’on a tout oublié ». Nous nous devons alors de faire revivre les faits et gestes ancestraux sclérosés par le temps.
Maurice et ses amis en l’occurrence, Mme Karine PHILLIPS, responsable de SOS sur le plan international et Mme Florence EDMONDE, designer de nationalité martiniquaise, convaincus qu’avec un peu de volonté et de courage, ils peuvent redonner une âme au textile africain afin qu’il vive et pouvoir concurrencer avec le velours d’Utrecht, le jean du Texas, ou encore le Wax hollandais etc. s’activent chaque jour, et de fil en aiguille, reconstituent la cotonnade burkinabé.
Le FESPACO, qui a ouvert pour la quarantième fois ses portes le 28 février sur les bords du Kadiogo, au profit du cinéma africain, a ouvert en même temps grandement ses portes à toute la culture africaine, et partant celle de l’humanité toute entière. C’est pourquoi, la Fondation SOS Afrique et Afrique Authentique ont saisi l’occasion que leur offre le FESPACO pour faire découvrir aux festivaliers et au grand public diverses facettes de la culture africaine à travers le fil et le textile issus des mains habiles et expertes des braves tisserands et fileuses de Soulgo et de Napalgué. Soulgo, village dans la région de Ziniaré situé à une cinquantaine de kilomètres de Ouagadougou, semble être, selon des études récentes, le berceau du tissage moaga.
Les festivaliers et les visiteurs ordinaires ont pu visiter au musée national à Ouagadougou à partir du 05 mars, une exposition de tissus fabriqués uniquement à la main. Outre cette exposition atypique, qui va être authentifiée par des musées de renommée internationale tels le musée de Paris Quai Branly et New York Métropolitaine Muséum, il y a eu également eu le lancement d’un prix dénommé «Larlé Naaba Abga» récompensant des personnalités engagées dans la promotion et la valorisation de nos cultures.
C’est par des actes de ce genre que l’identité culturelle pourrait être préservée afin de baliser les sillons du développement au profit des générations présentes et futures, car la culture demeure le tremplin sur lequel les peuples africains doivent rebondir pour impulser une dynamique à leur développement..o .

Elie Stéphane BANGRE

Musique

Trois Togolais à l'assaut du show-biz burkinabè

“Lolo” artiste musicien et leader du groupeLe show-biz burkinabè va s'enrichir d'une nouvelle œuvre dans les jours à venir. En effet, un groupe de jeunes Togolais s'apprêtent à "inonder" le marché du disque avec un maxi. Les jeunes, tous du groupe "Indemne" s'affairent dans les coulisses pour que leur produit soit une réussite de mélange de Rap et d'autres sonorités qui captivent les Burkinabè et Togolais voire, l'Afrique tout entière. Pour l'heure, ceux qui ont tendu l'oreille ont déjà pu goûter aux délices de cette mélodie sur des radios de la place.

"Indemne" pour sa première initiative dans la musique veut frapper fort, vite. Les trois membres du groupe sont impatients. Ils veulent montrer ce qu'ils ont dans le "ventre". Lolo, 26 ans batiker, Achille, 28 ans batikier et Gobi, 26 ans peintre dessinateur, n'ont plus rien à démontrer dans ces domaines de l'art. Seule la musique, le virus de la musique semble les secouer. En effet, ces trois jeunes Togolais qui veulent affronter le marché du disque burkinabè ont une passion, dont l'origine est lointaine.
"Notre histoire est comme celle des trois mousquetaires. Achille, Gobi et moi se fréquentons depuis notre enfance. Nous avons fait l'école primaire ensemble sur les bords de la lagune de Bè au Togo. Depuis, nous avons presque tout fait ensemble. Aujourd'hui, nous affrontons ce challenge musical ensemble, parce qu'on est resté indemne, on est soudé" affirme Lolo leader du groupe. Pour la petite histoire, c'est depuis 1998, qu'ils ont, décidé de mettre en veilleuse, le domaine dans lequel ils étaient, pour se consacrer à la musique. Ils créent alors un groupe de Rap dénommé normal X 200 qui deviendra 10 ans plus tard (2008) Indemne. Mais avant cette métamorphose, X200 met sur le marché du disque togolais, en mars 2003, un single "Signe 2 vie". Une œuvre qu'ils ont enregistrée au studio N.G. Records à Lomé qui, selon le leader du groupe a eu un succès auprès des mélomanes au pays de Faure GNASSINGBE.
Le groupe rentre en studio en octobre 2008 pour travailler le maxi "Chienne de vie". Maxi qui sera repris dans le studio LIS " Indemne " parle d'amour avec le premier titre "J'inscris". Un titre qui est un hymne d'amour pour l'être aimé. Comme pour dire à l'être aimée. "Je veux t'inscrire dans le livre d'or de ma vie". Un titre dans lequel, Lolo, Achille, et Gobi soutiennent que c'est l'histoire de chaque être humain qui fonde la destinée du monde. Raison pour laquelle, chacun doit s'exprimer. Un titre de rythme reggae qui ne manquera pas d'interpeller la conscience du mélomane, surtout la jeunesse. Le dernier titre du maxi "Signe 2 vie" appelle chaque être humain à se rappeler qu'il a été enfant. D'où la nécessité de travailler à protéger les enfants, à avoir pitié d'eux. " Indemne ", en décidant de s'attaquer au marché du show-biz burkinabè joue gros. Et pour cause, le marché est important et très rude. Pour se frayer un chemin dans ce milieu, il va falloir s'attacher les services de professionnels aguerris du secteur, sinon, ce n'est pas gagné d'avance car ce n'est pas la matière qui manque surtout dans le milieu du Rap. "Indemne" devra donc cravacher dure, s'ils veulent rester "Indemne".o .

Frédéric ILBOUDO
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