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La Une du n° 597

Retro-Rétro – Gouvernance: N° 597 du 25 au 31 Mars 2009

ournée internationale de la Francophonie

Koudougou à l'honneur

Le parrain de la journée internationale de la Francophonie, Léonce KONE remettant un prix à un des lauréatsjKoudougou, chef-lieu de la région du Centre-Ouest, a abrité le 20 mars 2009, la commémoration la Journée internationale de la Francophonie. La cérémonie qui a rassemblé un beau monde a débuté aux environs de 15h30mn, place du gouvernorat.

De nombreuses activités didactiques et ludiques (olympiades, conférences, jeux radiophoniques, jeux de pétanque, football) ont été organisées dans le cadre de la commémoration de la semaine nationale de la Francophonie qui s'est tenue du 12 au 21 mars dernier sous le thème : "Francophonie et dialogue des générations : valorisation des savoirs et savoir-faire des anciens et des aînés francophones au Burkina Faso". Souleymane OUEDRAOGOCette année ce sont les villes de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, et Koudougou, la 3e ville du pays et chef-lieu de la région du Centre-Ouest, qui ont abrité les activités entrant dans le cadre de cette commémoration ouvrant sur celle du Centre-Ouest, de la Journée internationale de la Francophonie célébrée le 20 mars 2009 à la place du gouvernorat de la région.
C'est donc une foule des grands jours composée de vieux, de femmes, de jeunes et d'élèves habillés de tee-shirt et coiffés de casquettes estampillées TV5-Monde /Francophonie qui ont pris d'assaut l'aire de la manifestation. Au programme de cette commémoration, les discours de certaines personnalités, la remise de lots aux lauréats des jeux organisés, des prestations musicales.
L'absence du maire de la ville, Seydou ZAGRE empêché, c'est son premier adjoint qui a souhaité la bienvenue intervenue aux hôtes. Il a dit la joie, la fierté, et la reconnaissance de sa ville qui a été choisie pour abriter la Journée internationale de la Francophonie. Intervenant à la suite du représentant du maire, Monsieur Valentin KAMBIRE du Centre de lecture et d'animation culturelle (CLAC) qui a livré les résultats des jeux organisés dans le cadre de la semaine nationale de la Francophonie. Ainsi, l'équipe de football de l'université de Ouagadougou remporte le premier prix dans la catégorie maracana. Comme lot, elle reçoit un trophée, la somme de 15 000F CFA, un jeu de maillots et des gadgets. Pour ce qui est des jeux de société, M. Adjouma TRAORE s'impose au damier sur 10 participants. Il a reçu 10 000F CFA, un tee-shirt et une casquette. D'autres participants au jeu de waré, au sccrable, aux jeux radiophoniques déclarés vainqueurs ont aussi reçu leurs prix composés de sommes d'argent, de tee-shirts, de casquettes et de gadgets. Les jeunes élèves du primaire n'ont pas été oubliés eux aussi. Leurs champions ont reçu des cahiers, des bics, des gadgets et de l'argent. C'est donc tout sourire que les gagnants du jour ont reçu leurs lots des mains du parrain, Léonce KONE, président du forum francophone des affaires, de l'ambassadeur du Sénégal au Burkina, du chargé d'affaires de l'ambassade du Ghana au Burkina…
Une vue des autorités à la cérémonieLe moment fort de la cérémonie aura été sans aucun doute la lecture du message du Secrétaire général de l'Organisation de la Francophonie, Abdou DIOUF, par Dramane KONATE, secrétaire général de la commission nationale pour la Francophonie. A l'occasion, il aura pu démontrer sa parfaite maîtrise des subtilités de la "langue de Molière", suscitant des applaudissements nourris de la foule. Pour l'essentiel, il lira qu'"en ces temps de crises et de mutations inédites…" il faut "oser et revendiquer une langue française au service du développement durable, au service d'une mondialisation plus encadrée… au service d'un dialogue pacifique et fructueux entre les hommes de toutes les religions et de toutes les cultures!". Il dira que la valorisation du capital des aînés et anciens est une nécessité dans un monde en perpétuel mouvement. Il faut alors s'abreuver à leur source car il fera remarquer et citant le regretté Pr. Joseph Ki-Zerbo qu'"un vieillard assis voit plus loin qu'un jeune débout" et qu'"un vieux qui meurt est une bibliothèque qui brûle" (Hamadou Ampâté BA). Il conclura, parlant de la langue française, que parler la même langue est une assurance pour faciliter les relations de l'ensemble des pays qui partagent les valeurs de la Francophonie.
Monsieur Souleymane OUEDRAOGO, secrétaire général du ministère de la Culture, du Tourisme et de la Communication, représentant son ministre, également chargé de la Francophonie, dira que le 20 mars de chaque année est un moment fort de communion et d'échange. Il a relevé l'appui multiforme de la Francophonie dans le domaine du développement des secteurs éducatif, agricole, environnemental, sanitaire… Il a terminé son propos en affirmant sa conviction du fait que le français n'est pas en conflit avec les langues nationales mais qu'il doit s'accommoder des langues nationales.
Des artistes musiciens à l'image de Djata ILEBOU, le groupe Symbiose, la troupe Saaba de Koudougou ont produit un spectacle appréciable qui a contribué à rendre la cérémonie plus belle.
Un koctail à la résidence du gouverneur qui a rassemblé autour des mêmes plats les autorités politiques, religieuses et coutumières ; les invités et la population a mis fin à la commémoration de la journée internationale de la Francophonie à Koudougou.o

Angelin DABIRE (stagiaire)

Plaidoyer pour les ruines de Loropéni

Le Pr. Jean-Baptistie KIETHEGA, animateur de la conférenceDans le cadre des activités de la semaine nationale de la Francophonie, une grande conférence sur les mines de Loropéni s'est tenue à l'université de Koudogou, le vendredi 20 mars 2009.

Initiée par l'Institut des peuples noirs (IPN), la tenue de cette grande conférence à l'université de Koudougou, a été, selon Jean De Dieu VOKOUMA, chargé de mission de l'institut, une réponse à l'invitation de la commission nationale pour la Francophonie à s'associer à la réflexion commune sur les ruines de Loropéni. Ce qui pour lui va contribuer au renforcement et à l'affirmation des caractères communs des identités culturelles des peuples noirs par la sauvegarde et la mise en valeur de leurs patrimoines culturels qui témoignent et expliquent leur affinité ; stimuler, promouvoir et manifester la créativité dont les Noirs ont donné des preuves magnifiques dans leur histoire et qui, aujourd'hui, peut servir de ressources pour l'expression moderne de leurs génies inventifs scientifiques et technologiques énormes pour la transformation de leurs pratiques culturelles et sociales ; et contribuer enfin à l'émergence d'une nouvelle conscience historique dans le monde noir en favorisant les mutations susceptibles d'enrayer certaines extraversions négatives afin de redonner aux Noirs l'initiative créatrice pour réaliser leur propre développement. La grande conférence sur le thème : "Ruines de Loropeni, patrimoine pour l'humanité", prononcée par l'archéologue, le professeur Jean Baptiste KIETHEGA, a été une opportunité pour les étudiants de l'U.K et les initiés de cerner la substance du dossier soumis par notre pays pour l'inscription de ces ruines sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Le conférencier du jour, le professeur KIETHEGA, très averti du dossier parce que ayant été l'un des acteurs principaux du travail, a d'abord justifié le contexte et l'intérêt de l'inscription des Ruines au patrimoine mondial.
Ainsi, M. KIETHEGA a relevé que c'est en 1920 que l'administrateur colonial, Henry LABMET a fait état pour la première fois dans un article du mystère des ruines du Lobi. Et depuis lors, elles ont suscité de l'intérêt pour des chercheurs. En effet, poursuit le professeur, les ruines de Loropeni, province du Poni, région du Sud-Ouest, font partie des sites majeurs du patrimoine culturel du Burkina Faso. Il s'agit d'une enceinte quadrangulaire presque carrée de 105 m de largeur sur 106 de longueur, construite en moellons de latérite dont les mûrs atteignent 5 à 6 m de hauteur.

Pourquoi inscrire ces ruines au patrimoine mondial ?
Une partie de l’enceinte des ruines de LoropéniJean Baptiste KIETHEGA a fait savoir que la tentative du Burkina Faso en 2005 pour l'inscription du site sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO fut un échec lors de la session des délibérations du comité scientifique à Vilnius (Lituanie) en juillet 2006. C'est ainsi que le dossier a été renvoyé au Burkina pour des études complémentaires.
Il s'est agi d'approfondir la connaissance des valeurs et de la signification des sites par des études et des fouilles ciblées des ruines et leur espace intérieur, afin d'établir le rôle et la fonction de Loropéni et son association avec le commerce transaharien et à destination des côtes de l'Afrique de l'Ouest ; de réunir les recherches existantes sur Loropéni et les ruines de la totalité du pays lobi afin de mieux comprendre la relation entre Loropéni et d'autres villes fortifiées de la région du Lobi et formuler un projet détaillé pour stabiliser les murs des ruines et en expliquer les moyens de financement. Les deux premiers points ont été confiés au professeur KIETHEGA, qui, avec l'aide d'une équipe scientifique, pluridisciplinaire composée d'une expertise nationale et sous-régionale a pu séjourner 50 jours sur les ruines afin d'apporter des réponses aux différentes interrogations. Archéologues, historiens spécialistes en tradition orale, botanistes, et géomorphologues ont réalisé cette étude avec brio et dont les résultats ont été livrés aux nombreux participants. Ainsi, en ce qui concerne le rôle, la fonction des ruines, le conférencier a relevé que les fouilles ont permis de mettre en évidence le rôle d'habitation et les analyses radiocarbones attestent d'une première occupation des lieux à partir du XIe siècle et une dernière utilisation au XVIIe siècle. Il a affirmé que les recherches ont confirmé l'association des ruines avec l'extraction de l'or, d'où le développement du commerce dans la région avec un niveau d'insécurité important. Ce qui explique le caractère fortifié des ruines comme un moyen de défense.
M. KIETHEGA a aussi fait état de l'association de ces sites fortifiés avec le commerce transaharien et à destination des côtes. "L'or du pays lobi a d'abord été exploité dans le cadre du commerce transaharien avant d'être détourné vers la côte atlantique dès lors que le trafic maritime le long des côtes africaines fut mieux établi", a-t-il soutenu.

A qui appartiennent ces ruines ?
Autorités, étudiants et élèves ont participé à la conférenceSelon le conférencier, Jean Baptiste KIETHEGA, avec l'apport des spécialistes de la tradition orale, les ruines peuvent être attribuées à un groupement de peuplements que sont les Nabé, les Lorhon, les Touna et les Koulango qui se trouvent actuellement sur le sol ivoirien parce ayant été repoussés par des populations guerrières que sont les Lobi, les Birifor, etc. Le professeur KIETHEGA a conclu son exposé en brandissant fièrement le nouveau dossier révisé des ruines de Loropeni déposé le 29 janvier 2009 au centre du patrimoine mondial de l'UNESCO, non sans avoir regretté que seul le Burkina Faso n'a pas encore de site inscrit sur cette prestigieuse liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Il a demandé à tout un chacun "de prier et d'implorer tous les dieux qu'il connaît" afin que les 22 et 30 juin 2009 (réunion de comité à Seville en Espagne) soient favorables à l'inscription des Ruines.o

Issoufou MAÏGA

 

Dramane KONATE, secrétaire général de la commission nationale pour la Francophonie

La commémoration de la Semaine nationale de la Francophonie qui a commencé, le 12 mars 2009 a pris fin le vendredi 21 mars dernier. Ouagadougou et Koudougou ont été les deux villes choisies pour abriter les activités entrant dans le cadre de la Semaine nationale de la Francophonie. Présent à Koudougou pour prendre part à la Journée internationale de la Francophonie, votre journal s'est entretenu avec le Secrétaire général de la commission nationale pour la Francophonie, M. Dramane KONATE. Entretien.

Pouvez-vous nous dire dans un premier temps ce que c'est que la Francophonie et dans un deuxième temps à quelle date notre pays a adhéré à l'organisation ?
Drame KONATE (D.K) :
La Francophonie c'est d'abord une organisation internationale dont les missions sont, entre autres, la promotion de la langue française, la promotion de la diversité culturelle et linguistique, la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance dans ses Etats membres également la promotion des secteurs de développement éducation, énergie, formation, environnement…) Cela veut dire qu'il y a une Francophonie institutionnelle et une Francophonie culturelle et linguistique.
La Francophonie institutionnelle est celle qui regroupe sous forme d'organisation les pays membres, les chefs d'Etat et de gouvernement ; la Francophonie culturel et linguistique, autrefois appelé l'Agence de coopération culturelle et technique (l'ACCT) est celle qui a été créée en 1970 par Léopold Sedar SENGHOR du Sénégal, Habib BOURGUIBA de la Tunisie et Hamani DIORI du Niger avec le président de la France à l'époque, Georges POMPIDOU qui entretenait de très bonnes relations avec ses pairs de l'Afrique occidentale française.

Pourquoi une semaine nationale de la Francophonie ?
D.K :
La Semaine nationale de la Francophonie vise à rassembler tous les parténaires, les acteurs et opérateurs francophones au Burkina pour une réflexion d'ensemble sur l'action francophone, sur le positionnement de la Francophonie en tant qu'organisation et en tant que communauté. Donc la semaine nationale de la Francophonie devient une rampe de la célébration de la Journée internationale de la Francophonie qui est célébrée sur l'ensemble des 5 continents.

Quel est le thème et les activités entrant dans le cadre de la commémoration de cette Francophonie ?
D.K. :
Il y a effectivement des activités au plan institutionnel comme celle à laquelle nous venons d'assister (interview réalisée, le vendredi 20 mars 2009) avec l'Institut des peuples Noirs (IPN) portant sur les ruines de Loropeni devant figurer comme un bien de l'humanité sur la liste du patrimoine mondiale de l'UNESCO. Il y a aussi d'autres types d'activités que nous avons organisé en rapport avec le thème : "Francophonie et dialogue des générations : Valorisation des savoirs et savoirs-faire des anciens et aînés francophones au Burkina Faso". C'est la raison pour laquelle nous avons eu, par exemple, une rencontre avec le forum francophone des affaires où les jeunes hommes d'affaires sont venus s'entretenir avec des opérateurs économiques confirmés, avec l'Association internationale des Aînés francophones ou il a été question de développement local, comment la jeunesse peut s'impliquer dans le processus de développement. Nous avons aussi eu une rencontre avec d'éminentes personnalités telles Adama FOFANA, fondateur de la petite académie, le doyen Edouard OUEDRAOGO de l'Observateur paalga afin qu'ils s'entretiennent avec la jeunesse sur les évènements et les hommes qui ont fait les évènements au Burkina Faso. Nous avons aussi des activités cultuelles telles les Olympiades qui ont concerné pratiquement toutes les régions et les établissements d'enseignement primaire comme secondaire du pays (concours de dictée, dissertation…) pour magnifier la langue française. Il y a aussi eu les jeux de société (pétanque, damier…) pour dire que la francophonie ce n'est pas seulement la langue française mais c'est aussi un partage, la solidarité, la fraternité si bien que même ceux qui ne s'expriment pas en français se retrouvent dans ce cadre didactique et ludique.

Pourquoi avoir délocalisé une partie des activités à Koudougou ?
D.K :
La délocalisation de la Semaine nationale de la Francophonie à Koudougou répond aux soucis d'accompagner le gouvernement dans sa politique de décentralisation. La Francophonie cherche à se rapprocher davantage des populations. Il faut qu'elles s'approprient les valeurs et les idéaux de la Francophonie.

Est-ce que vous êtes satisfait du déroulement des activités ?
D.K :
Nous sommes absolument satisfaits dans la mesure où il y a eu une forte adhésion de la population. La jeunesse en particulier a participé massivement aux activités. Ce qui ressort des échos qui nous sont parvenus c'est que la jeunesse est satisfaite. Elle a pleinement conscience du rôle qu'elle doit jouer dans la société parce que le dialogue intergénérationnel suppose que la jeunesse du jour au lendemain puisse aussi communiquer à ceux-là qui doivent venir, à leur cadet et ainsi de suite, c'est toute une chaîne. Nous estimons que notre pays occupe une place assez privilégiée au sein de l'organisation. Raison pour laquelle au cours du FESPACO l'administrateur de la Francophonie représentant Abdou DIOUF était là.

Un dernier mot ?
D.K :
Je voudrais remercier particulièrement la presse pour sa mobilisation. C'est vrai que depuis le début de la semaine nationale de la Francophonie, la mobilisation de la presse est sans faille. Nous l'avons senti à travers les différents articles qui sont de très bonne qualité. Je puis même vous dire que ces articles pour ce qui concerne la presse écrite seront compilés et envoyés à l'organisation internationale de la Francophonie pour les mettre sur le site de la Francophonie. On en fera une revue de presse ou "book press". Vos articles vont côtoyer d'autres grands articles comme ceux du soleil… Je tiens aussi à remercier l'ensemble de la jeunesse du Burkina Faso, les autorités régionales et communales de Koudougou et l'ensemble des acteurs francophones qui nous ont accompagnés. Que se soit les chancelleries, les groupes constitués tels le forum francophone des affaires, l'Association internationale des Aînés francophones. Je remercie tout le monde parce que c'est grâce à l'action de tous les acteurs que la Francophonie est ce qu'elle est de nos jours. Merci.o

Angelin DABIRE (Stagiaire)

 

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