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La Une du n° 597
Lettre de l'Editeur :N° 597 du 25 au 31 Mars 2009

A Tana, enfin Andry et demain… ?

En définitive, s'il y a un exemple de changement à la tête de nos Etats à ne pas encourager, c'est bien celui de Madagascar où la fonction de président de la République semble inscrite sur un tableau de chasse. Après avoir délogé le général Didier RATSIRAKA grâce à la rue, Marc RALOMANANA a été chassé par Andry RAJOELINA avec le soutien de la même rue et si l'on n'y prend garde, il sera à son tour braconné par un autre quidam à moins que le peuple malgache prenne conscience qu'il joue un jeu qui n'est pas à son avantage.
C'est le sursaut qui lui est demandé afin d'éviter au pays l'éternel recommencement. Tout indique malheureusement que ce n’est pas le chemin qu’il a pris car, il semble que la rue gronde déjà et que la présidence risque de n’être qu’une halte pour TGV.

"TGV" est finalement entré en gare, à Antananarivo, après avoir laissé sur les bas-côtés des rails les victimes collatérales des remous de la traversée. C'est, on ne peut mieux, la caricature qui peut être faite de la situation vécue à Madagascar ces derniers jours.
En effet, le 17 mars dernier, le directoire militaire auquel le président acculé, Marc RAVALOMANANA, a remis le pouvoir l'a aussitôt cédé, des kalachnickov pointés sur les tempes à Andry RAJOELINA, l'ex-maire de la capitale malgache à la tête du mouvement insurrectionnel ; un acte entériné par la Haute cour constitutionnelle de la Grande île. C'est l'épilogue du bras de fer qui mettait aux prises les deux hommes depuis quelques deux mois. Il faut dire que l'affaire de Andry que ses partisans appellent affectueusement "TGV" a été rondement menée car, en plus du soutien d'une grande partie de la population, il a pratiquement bénéficié de celui de l'Armée qui s'est refusée à toute intervention mais finira par investir le palais de la présidence de la République contraignant le président RAVALOMANANA à se réfugier à la résidence de l'ambassadeur de France à Madagascar,un diplomate qui n’a pourtant pas pu le rencontrer pour lui transmettre ses lettres d’accréditation. Un deal a-t-il été conclu avec l’ex-colonisateur pour exfiltrer le président déchu ?
Ainsi donc, le pouvoir est à présent aux mains du maire frondeur et Madagascar vient par là de créer une situation difficile qui donnera incontestablement le tournis à une Union africaine déjà pas au mieux dans l'appréhension des crises et autres changements au forceps à la tête de certains Etats du continent. C'est vrai que dans la foulée, avec la grande réprobation de la communauté internationale, les USA se montrant plus virulents, l'UA par l'entremise de son Conseil de sécurité et de paix a condamné cette prise de pouvoir qui n'est rien d'autre qu'un coup d'Etat et donc tombant sous le coup de l'article 23 de sa charte, mais que va-t-elle réellement faire, elle qui a été impuissante à empêcher que la situation pourrisse jusqu'à parvenir à ce dénouement ? On attend, en tout cas, de voir l'appréciation que son président en exercice, le truculent KADHAFI, fera de cette situation, lui qui est souvent enclin à prendre le contre-pied de la position de ses pairs africains se laissant en de pareils cas emporter par la nostalgie de ses jeunes années de troublions.
Madagascar vient, une fois de plus de prouver en cette année 2009 que l'U.A a déjà perdu de sa superbe. En effet, si les débuts prometteurs de l'organisation continentale ont fait espérer que l'Afrique se résolvait à se mettre à l'abri des prises de pouvoir de façon anticonstitutionnelle, le continent semble plutôt en train de renouer avec ses anciennes amours avec cette propension des politiques et militaires voulant se donner un destin national, à court-circuiter les constitutions de leur pays. Et quel cynisme à présent! Si la charte de l'U.A met l'accent sur la constitutionnalité des pouvoirs, qu'à cela ne tienne, on fera dorénavant les choses proprement. Pour, pense-t-on, ne pas être dans l'illégalité, exit la suspension de la constitution et qu'est-ce que cela coûte de garder en l'état les institutions de la République le temps de tempérer les condamnations de par le monde ? Une astuce ou stratégie qui a pour conséquence de semer le trouble dans les esprits et de gripper l'organisation continentale qui peine à faire alors l'unanimité dans l'appréciation de la situation. On l'aura vu dans les cas récents de la Mauritanie, la Guinée Conakry, la Guinée-Bissau. Ce semble déjà loin, le cas Sao Tomé et Principe résolu avec poigne et majesté par l'U.A !
Disserter sur la légalité ou la légitimité d'un pouvoir issu d'un coup d'Etat ne devrait pas être à l'ordre du jour dans les instances de l'U.A ; c'est plutôt de comment éviter d'en arriver là dont il devrait être question. Ainsi, l'organisation devrait créer des mécanismes et se donner les moyens pour aider les pays en difficulté ou traversant des crises politiques majeures à les régler pacifiquement et en conformité avec les dispositions de leur constitution. Arriver à pacifier le jeu politique dans les Etats sera un grand atout pour la construction tant souhaitée des Etats-Unis d'Afrique. Il faut que l'Afrique, en ses Etats pris individuellement, comprenne que pendant qu'elle est toujours à résoudre des problèmes domestiques qui n'auraient pas dû être, les autres sont en train de se créer des espaces, et de grands, pour leur épanouissement ; ce qui inévitablement ne peut se faire sans… hégémonie. C'est dire donc que des faibles sont appelés à subir. Gardons alors nos énergies pour des combats qui vaillent.
En définitive, s'il y a un exemple de changement à la tête de nos Etats à ne pas encourager, c'est bien celui de Madagascar où la fonction de président de la République semble inscrite sur un tableau de chasse. Après avoir délogé le général Didier RATSIRAKA grâce à la rue, Marc RALOMANANA a été chassé par Andry RAJOELINA avec le soutien de la même rue et si l'on n'y prend garde, il sera à son tour braconné par un autre quidam à moins que le peuple malgache prenne conscience qu'il joue un jeu qui n'est pas à son avantage.
C'est le sursaut qui lui est demandé afin d'éviter au pays l'éternel recommencement. Tout indique malheureusement que ce n’est pas le chemin qu’il a pris car, il semble que la rue gronde déjà et que la présidence risque de n’être qu’une halte pour TGV.o
- Fatogoma DOUSSE.o

- Fatogoma DOUSSE

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Cheick AHMED
ilingani2000@yahoo.fr

 

 

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