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Une n°598 du 1er au 07/04/2009
La Une du n° 598

NOUVELLES DU GRIN N° 596 du 18 au 24 Mars 2009

Si le père est blanc, l’enfant doit être métis

Comme annoncées, les funérailles du père du maire de Bobo ont eu lieu le week-end écoulé à Dioulassoba. Ces funérailles ont été célébrées à travers un programme débuté depuis le jeudi 12 mars par un doua.
Les musulmans ont prié et prodigué des bénédictions ; le samedi matin, il y a eu la sortie de masques en fibre et dans la nuit les mythiques masques blancs ont fait leur apparition. Salia SANOU et ses frères n’ont pas lésiné sur les moyens. On avance la somme de 300 mille francs remis par la famille pour renouveler tous les masques. Ce sont en tout cas des masques nouveaux qui ont fait le show le samedi 14 mars dernier dans le «village-quartier» de Dioulassoba. Selon le représentant du chef de canton de Bobo, Siaka SANOU, la sortie des masques blancs commémore le décès d’un ancien.
Un ancien ou un chef de masques, car on peut être chef de masque sans être ancien. L’objet des funérailles du père du maire de Bobo se rapporte à cette dynamique. Il était un ancien de la communauté et en plus, il a fait beaucoup de choses pour les masques blancs. Il faut donc qu’on lui rende les honneurs après sa mort pour lui témoigner la reconnaissance de la communauté tout entière. Sinon ses funérailles avaient déjà été organisées, il y a de cela 2 ou 3 ans. Mais par rapport à ce qu’il a fait pour la jeunesse et la communauté Bobo Mandarai, il faut lui rendre hommage.
Pour Siaka SANOU, les gens pensent que c’est parce que c’est le père du maire de Bobo qu’on a fait sortir les masques blancs à son honneur ; pourtant ce n’est pas du tout cela. C’est plutôt la personnalité du défunt lui-même qu’on regarde ; sa droiture.
La fête fut belle et grandiose. Elle a connu la participation des deux responsables des femmes qui se regardent en chien de faïence : Adja Naba DIANE et Assita OUATTARA. Elles sont toutes venues pour soutenir le maire Salia SANOU…
Au cours de ces funérailles, les Bobolais ont fait la découverte du demi-frère du maire de Bobo.
(Ils sont de même père). Il s’appelle Zoumana SANOU et selon les indiscrétions qui nous viennent du grin, il serait le médecin personnel du président gabonais Omar Odimba BONGO. Il est venu tout droit de Libreville pour les funérailles.
La sortie des masques blancs a été largement commentée au grin où la plupart des membres ont fait un tour. Contrairement aux autres masques, les masques blancs ne frappent pas les gens. Mais ils préfèrent l’obscurité à la lumière. Méfiez-vous donc de vous diriger vers un masque le phare allumé…

Enlèvement d’enfants à Bobo : rumeurs ou réalités ?
Le vendredi 06 mars dernier, des mosquées de la ville de Bobo ont mis en garde leurs fidèles contre ce qu’ils ont appelé «l’offensive des coupeurs de têtes». Sur la base de témoignages de quelques fidèles, les imams ont jugé nécessaire d’en parler pour alerter l’opinion.
Après la prière, la nouvelle s’est propagée comme une traînée de poudre partout dans la ville. Au grin, c’est d’ailleurs ce sujet qui s’est finalement imposé.
Les exemples fusent de partout. Il ne se passe pas un jour sans qu’on entende qu’un enfant l’a échappé bel devant l’insistance d’un homme en Mercedes noire qui voulait l’embarquer. Chacun raconte son histoire qu’il situe dans un secteur éloigné de la ville, mais jamais dans son propre secteur. Les enfants sont presque terrorisés par les parents qui essayent de les mettre sérieusement en garde. On raconte au grin qu’un homme a tellement mis en garde son enfant que ce dernier a pris la poudre d’escampette dès que son propre oncle, qui revenait du boulot le soir, a voulu le ramener à la maison dans sa Mercedes… noire. La situation est en tout cas très préoccupante et les exemples se multiplient tous les jours. Le vendredi 13 mars dernier, les abords de la mosquée sunnite d’Accart-ville sud étaient noirs de monde. Il paraît que les fameux coupeurs de tête ont été arrêtés. Toute la ville s’est presque aussitôt déportée sur les lieux. Sur place, les versions des témoins sont loin de se recouper.
Dans le cadre de son vaste projet d’assainissement, la ville de Bobo a creusé des grands caniveaux un peu partout à travers les secteurs pour permettre une meilleure évacuation des eaux de pluie. Au niveau du campement de la sitariste vers la sortie de la mosquée, se trouve l’un de ces caniveaux couvert par endroits. C’est cette partie couverte qui tenait lieu de quartier général pour les vagabonds de l’autogare. Ils pénétraient par l’endroit ouvert pour marcher librement jusqu’à leur «tanière». Ils restaient là, dans le caniveau recouvert où ils pouvaient fumer la drogue ou vérifier leur butin de vol. Ces vagabonds y vivaient depuis et personne ne s’occupait d’eux jusqu’au jour où ils eurent affaire à des enfants qui certainement avaient trop retardé leurs regards sur ces hommes qui vivent en souterrain.
Une femme qui passait par là et alertée par la fuite des enfants a trouvé cela bizarre et a ameuté toute la population proche du lieu. Deux personnes furent interpellées par les badeaux qui les prenaient pour les coupeurs de tête. Ils eurent leur salut grâce à leur dextérité dans les explications.
Parmi les badeaux, il y a certains qui ont jugé leur plaidoyer un peu logique. Les autres ne voulaient rien comprendre ; ils voulaient leur faire leur peau. Le bénéfice du doute va finalement profiter aux deux vagabonds qui s’en tirent à bon compte.
Pendant que les deux vagabonds s’en allaient, les badeaux qui s’apprêtaient à se disperser ont remarqué dans le tunnel, la présence de deux autres personnes qui étaient restées là à écouter tout ce qui se passait au-dessus d’eux.
A ce moment, les badeaux n’ont plus voulu écouter les explications. Ils sont tombés sur les deux rescapés qu’ils ont fait sortir à l’air libre. Ils ont été copieusement battus et n’ont eu la vie sauve que grâce à l’arrivée des forces de l’ordre. Pendant que cette scène se déroulait à Accart-Ville, des gens au secteur 11 (Colma) racontaient partout qu’on a arrêté les coupeurs de tête. Ils disent même que les forces de l’ordre ont découvert dans le caniveau en question les corps sans vie et sans tête de deux enfants.
Tout était flou dans cette histoire et pour avoir le cœur net, le grin a décidé de joindre le colonel Serge Alain OUEDRAOGO, le patron des pandores de la région des Hauts-Bassins. Celui-ci a été formel. «Il faut prendre toutes ces informations avec beaucoup de réserves.
Les gens en parlent mais jusqu’à présent, il n’y a personne qui est venu se plaindre de la disparition d’un enfant. Pour lui, il y a trop de rumeurs autour de cette histoire. A propos des personnes qui ont été arrêtées dans le caniveau du campement de la sitariste, le colonel dit que les vérifications sont toujours en cours mais que rien n’indique que ce sont des coupeurs de tête.
Bobo-Dioulasso est connue comme une ville de rumeurs. C’est vrai qu’aujourd’hui, personne ne veut prendre la longue échelle dans la vie. Tout le monde pense passer par la courte échelle pour devenir riche et tous les moyens sont permis, pourvu que l’argent rentre. Dans ces conditions les gens sont en train de revenir au temps de nos anciens qui faisaient des sacrifices humains. C’est cela qui revient sous d’autres formes.
La course effrénée pour l’argent, rien que pour l’argent, c’est désormais le slogan des hommes d’aujourd’hui.
C’est cette soif d’argent qui se lit sur les visages c’est ce qui conduit les gens à se méfier les uns des autres.
Maintenant, c’est un sale temps pour les propriétaires des Mercedes noires à Bobo. Mêmes les prostitués qui font le trottoir se méfient d’eux.
Alors tout ceci serait-il de la rumeur ? Personne ne peut le dire avec exactitude. Il faut seulement retenir que la prudence est toujours de mise car la confiance n’exclut pas le contrôle. Alors les forces de l’ordre doivent ouvrir l’œil, le bon, pour éviter à la ville de Sya une psychose générale.

Si le père est blanc, l’enfant doit être métis
C’est l’histoire d’une jeune fille d’une famille modeste. Elle pratique parfois la prostitution sans pour autant l’officialiser. Elle a peur de se jeter à l’eau comme on aime à le dire. C’est une fille très malicieuse qui sait faire ses calculs. Dans ses sorties nocturnes, elle rencontre un jour un homme blanc avec qui elle sort. L’idylle a duré presque deux ans. Un jour, la fille tombe enceinte. Au bout du 5e mois, elle porte à la connaissance du Blanc qui dit ne pas être sûr d’être l’auteur de cette grossesse. Cela affecte énormément la jeune fille qui décide alors d’avorter. Mais le Blanc refuse net. Il se propose de prendre la grossesse en charge jusqu’à l’accouchement, mais reste convaincu que le bébé qui est dans son ventre n’est pas le sien.
La fille souffre tout le temps de la «trahison» de son amoureux. Mais au bout de 9 mois, la vérité éclate. La fille accouche d’un garçon, mais au lieu qu’il soit métis, il est un vrai «black» à 100%.
L’homme croyait ainsi s’être tiré à bon compte, mais c’était sans connaître la fille qui est restée toujours ferme dans sa conviction. Pour elle c’est l’enfant du Blanc et c’est Dieu seul qui sait pourquoi l’enfant n’est pas métis.
Devant son sang froid, le Blanc n’arrive pas à comprendre la fille qu’il a connue depuis un bon moment. Maintenant, elle insiste pour qu’on fasse des examens de sang pour déterminer la paternité de l’enfant.
Cela met certains membres du grin dans le doute. Ils se disent qu’elle a peut-être raison et que cela est une œuvre de Dieu pour montrer qu’il peut toujours faire des phénomènes qui ne sont pas maîtrisables par l’homme.
De toute façon, le Blanc est toujours disposé à l’aider et à aider son enfant. Mais pour cela, il veut que la fille lui dise la vérité. Mais quelle vérité ? La vérité c’est que lorsqu’on vit avec une femme dans la même maison, l’enfant qu’elle gagne c’est pour vous l’homme, sans autre forme de procès. C’est ça aussi l’Afrique.

« Le petit fâkir, toujours dispo »

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