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La Une du n° 600
:N° 598 du 1er au 07 Avril 2009

Omerta chez Tertius ZONGO

On peut le dire, et franchement ; Tertius ZONGO et les siens se sont amusés et bien amusés à nos dépens les semaines dernières. En jouant à ceux qui ne voyaient rien, n’entendaient rien et ne pouvaient rien dire, alors que les Burkinabè s’étripaient dans une vaste polémique monstre à propos de «l’affaire des villas de la Caisse» (1). Ils ont dû s’exclaffer entre copains en lançant, pourquoi pas, des jurons du genre «pauvres cons !» ; comme l’autre l’a fait à haute voix et en public devant micros et cameras sans sourciller.
Alors que les uns croyaient tenir là le scoop ou l’affaire de l’année, aidés en cela par les cris d’orfraie d’acteurs politiques jouant les preux chevaliers, glaives au clair décidés à abattre l’immonde bête prédatrice des biens publics et que d’autres ne voyaient dans la polémique qu’une cabale politicienne ou à tout le moins mercantiliste, il semble que, eux, (Tertius et les siens) riaient sous cape parce qu’ils avaient le fin mot de l’histoire.
En déclarant en effet, le jeudi dernier, devant la représentation nationale dans son discours sur l’état de la Nation, que ce n’est pas la Cour des comptes qui lui a révélé l’affaire, qu’il était au courant depuis la session 2008 de l’AG des Sociétés d’Etat (26-27 juin 2008) et qu’il avait déjà pris des mesures (les personnes redevables avaient été sommées de se mettre à jour sous peine de se voir retirer les villas sans aucune contrepartie), le Premier ministre Tertius ZONGO nous fait une véritable nique. A moins qu’il n’ait estimé que l’opinion publique n’avait rien à voir ou à dire dans cette affaire. Une situation pour le moins cocasse puisqu’il fait du droit à l’information et de l’accès de la presse aux sources d’information, deux de ses chevaux de bataille. Si dans le même temps il garde sous le coude une «info» de première main qui aurait pu éclairer davantage les citoyens sur la gestion de leurs biens, avouez que cela fait un peu désordre.
Ce n’est pas que cette info aurait fait taire la polémique ou qu’elle aurait convaincu tout le monde que tout allait pour le mieux comme dans le meilleur des mondes possibles et qu’il fallait circuler parce qu’il n’y avait rien à voir, mais tout le monde aurait eu toute la dimension de l’affaire et aurait ainsi pu se faire une opinion beaucoup plus conforme aux réalités et aux faits. Que l’on sache que le sommet de l’Etat était au courant du problème, qu’il avait demandé des comptes, que des résultats étaient atteints sont des éléments qui influent assurément sur les analyses qu’on peut faire.
Du coup, on se demande pourquoi ce silence, alors qu’on avait tout à gagner en communiquant. A-t-on accordé peu d’importance à la polémique et à son objet ? N’en a-t-on pas mesurée toute la portée ou a-t-on simplement voulu que la polémique meurt d’elle-même ? Dans tous les cas, merci au député Michel TIENDREBEOGO du groupe parlementaire ADJ dont la question aura amené le Premier ministre à nous faire des « confidences ». Pour le reste, on pourra toujours épiloguer sur celui qui aurait dû éclairer notre lanterne. Entre le Premier ministre lui-même, le porte-parole du gouvernement, le ministre responsable de la Caisse, le DG de la Caisse, le service de presse du Premier ministère, celui de la Caisse,…; cela fait du monde qui aurait pu nous filer le tuyau. Et pourtant ! Ce n’est pas l’omerta ça ? o
(1) Caisse :Caisse Nationale de Sécurité Sociale.o

Par Faèz

 

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