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La Une du n° 601

Retro-Rétro – Gouvernance: N°601 du 22 au 28 Avril 2009

SMA 2009

L’alphabétisation au centre des préoccupations

L’une des menaces qui planent sur l’atteinte de l’objectif de l’éducation pour tous en 2015, c’est l’analphabétisme. Surtout au niveau des jeunes et des adultes. On compte plus de 700 millions d’adultes analphabètes dans le monde. Une situation inquiétante qui fait l’objet de plaidoyer cette année (du 20 au 26 avril) de la coalition mondiale pour l’éducation, organisation de la société civile qui organise chaque année à travers ses structures nationales, une semaine d’action pour interpeller les gouvernants et les bailleurs de fonds.

Blandine KY, présidente du comité de pilotage de la SMA 2009A mi-chemin avant l'année butoir de 2015 pour la réalisation des objectifs de l’Education pour tous, on constate que le monde est loin du but, et l’objectif n°4 portant sur l’alphabétisation a été négligé. Une situation qui est la cause de l'existence de 774 millions d’adultes analphabètes dans le monde dont 64% sont des femmes, selon l’UNESCO. Ce qui amène la coalition mondiale pour l’éducation, créée en 2000 à la suite de la conférence mondiale sur l’éducation pour tous à Dakar, à axer en cette année 2009 son plaidoyer à l’occasion de la Semaine mondiale d’action (SMA) sur le thème : « Alphabétisation des jeunes et des adultes, et formation tout au long de la vie. » Cet axe de plaidoyer est pour interpeller les gouvernants afin qu’ils prennent conscience de la nécessité d’agir de toute urgence.
Selon l’UNESCO, l’alphabétisation est « l’un des objectifs les plus négligés parmi les objectifs de l’Education pour tous. » Des programmes éducatifs en majorité se sont concentrés sur l’éducation primaire, et l’alphabétisation des adultes a souvent été négligée. Alors que l’alphabétisation joue un rôle primordial et les études ont montré que, dans certains pays, les enfants dont les mères sont alphabétisées ont 50% de chances supplémentaires de survivre après l’âge de cinq ans. L’alphabétisation des adultes constitue en outre un outil essentiel pour l’éducation primaire universelle, car il est rare que des adultes alphabétisés n’envoient pas leurs enfants à l’école.

L’alphabétisation est essentielle, confirme Saïdou OUEDRAOGO du CCEB-BF (chef de file de la coalition nationale EPT), « elle est la clé du coffre à outils qui contient l’autonomisation, l’accès à une vie meilleure, la vie démocratique, et des familles réduites et en meilleure santé. » A preuve, dit-il, le fait que deux des six objectifs de Dakar mentionnent l’alphabétisation des adultes. Une étude de l’Institut de l’UNESCO pour l’éducation menée au Bangladesh indique que les femmes ont trois fois plus de chances de se rendre à un meeting politique lorsqu’elles ont étudié jusqu’au secondaire, que lorsqu’elles n’ont jamais été à l’école.
Qu’entend-on par « alphabétisation » ? Il ne s’agit pas seulement d’apprendre à lire, écrire et compter. L’alphabétisation ouvre à d’autres compétences, indispensables à l’autonomie de l’individu et à sa participation à la société. L’alphabétisé à cette possibilité de lire le mode d’emploi des engrais ou une ordonnance, consulter les horaires des bus, ou tenir les comptes d’un commerce.

L’ampleur du problème et la réticence des gouvernements
En 2000, le monde comptait quelque 877 millions d’analphabètes adultes dont les deux tiers étaient les femmes. En 2008, il ya environ 774 millions dont 68% de femmes. Si dans certains pays, les oubliés de l’alphabétisation sont les minorités ethniques ou linguistiques, dans d’autres, ce sont des populations des régions reculées. Puisque l’alphabétisation améliore la vie des gens, comment expliquer la faiblesse des investissements publics ? L’éducation non formelle, dont font partie les programmes d’alphabétisation des adultes, représente en effet rarement plus de 5% des budgets nationaux de l’éducation.
Plusieurs théories sont souvent avancées pour expliquer cette frilosité des gouvernements. Certains semblent préférer se concentrer sur la scolarisation des enfants, pour garantir l’alphabétisation des générations futures. Pour des experts, on ne peut pas opposer alphabétisation des adultes et éducation des enfants d’autant que lorsque les parents sont analphabètes, les enfants ont du mal à profiter de l’école. Une autre théorie est que certains pays hésitent à éduquer et autonomiser les masses en raison du lien évident entre alphabétisation et démocratie. « Des gouvernements craignent que si la population sait lire, il soit plus difficile de lui cacher la réalité », estime un ancien ambassadeur du Nigeria auprès de l’UNESCO. Même lorsque les gouvernements souhaitent intervenir, ils sont handicapés par le manque de données sur le nombre d’analphabètes, les groupes-cibles et les actions entreprises. La lutte contre l’analphabétisme se complique également par le manque de ressources avec l’idée que l’éducation ne rapporte pas assez vite, que l’éducation des filles ne sert à rien, le manque de matériels de lecture, la pauvreté. L’éducation non formelle a du mal à s’imposer, car le système formel ne l’accepte pas comme partenaire à égalité.

Les défis de l’alphabétisation
De nombreux pays ont fait de réels efforts pour alphabétiser leurs populations, comme le Burkina Faso, l’Ouganda, le Botswana, le Kenya, l’Inde, la Tanzanie, même s’il reste encore beaucoup à faire. Par ailleurs, l’élan pour l’alphabétisation ne doit pas être vu comme concurrent avec le soutien général donné à l’éducation de base. L’un des défis qui se posent à l’humanité, est de parvenir à émanciper des centaines de millions de nos concitoyens en les aidant à apprendre à lire, et à continuer de lire par la suite.
Il est reconnu que les campagnes d’alphabétisation sont toujours efficaces. Mais l’absence de matériels de lecture qui était souvent un problème l’est toujours. S’il est vrai qu’on ne peut pas prêcher l’alphabétisation sans créer un environnement, il y a que certains villages n’ont ni signalisation, ni dispensaires, ni banques. Passer d’un environnement où l’écrit est inexistant à un environnement alphabétisé dynamique est un pas de géant qu’il faut franchir. Certains centres d’alphabétisation ont pu trouver des solutions au manque de supports de lecture en faisant créer aux apprenants leurs propres matériels, et consignant par écrit leurs expériences, les événements locaux et diffusant ces textes autour d’eux. Ailleurs, des bibliothèques ambulantes satisfont ces besoins.

Les attentes de la SMA 2009

La coalition mondiale pour l’éducation entend à travers le thème de la Semaine mondiale d’action (SMA) qui se tient du 20 au 26 avril, inciter les Etats à augmenter les allocations budgétaires de manière à utiliser au moins 3% des budgets de l’éducation pour l’alphabétisation des adultes tout en développant leurs plans sectoriels afin de répondre au double défi de l’alphabétisation et de la qualité de l’éducation. Le plaidoyer voudrait aussi l’élargissement de l’Initiative Fast Track De l’EPT afin d’inciter les pays à s’occuper des six objectifs de l’EPT, en mettant l’accent sur l’alphabétisation. Par ailleurs, les pays riches sont invités à financer intégralement leur quote-part des 16 milliards de dollars requis pour l’éducation pour tous, y compris leur part du million de dollars nécessaire pour l’alphabétisation des adultes. Au Burkina, la coalition nationale pour l’EPT va mener des activités, à l’instar des autres pays du monde, autour du concept de la "Grande lecture", qui consiste à magnifier l’importance de l’alphabétisation à travers la lecture de recueils de récits. Une grande manifestation nationale de mobilisation sociale est prévue le 24 avril à Garango pour demander au gouvernement davantage d’efforts dans le secteur de l’alphabétisation.o

Ben Alex Béog

Alice TIENDREBEOGO, directrice génrale du FONAENF

“Nous avons besoin de 91 milliards pour relever les défis de l’éducation d’ici à 2015”

AAlice TIENDREBEOGOlice TIENDREBEOGO, directrice générale du Fonds pour l’alphabétisation et l’éducation non formelle (FONAENF) et marraine de la Semaine mondiale d’action (SMA) 2009, se prononce sur le financement des centres d’alphabétisation et les défis à relever pour atteindre les objectifs de l’Education pour tous(EPT) en 2015.

Pourquoi la mise en place d’un Fonds pour l’alphabétisation et l’éducation non formelle ?
Alice TIENDREBEOGO (AT) :
Dès les premiers moments des indépendances, on a mis l’accent sur l’enseignement primaire. Les pères de l’indépendance avaient même pensé qu’on allait mettre fin à l’analphabétisme dans les années 80. Alors de ce fait, on a sous estimé l’alphabétisation. Malheureusement on a pu mettre fin à l’alphabétisme par le biais de la scolarisation primaire et l’on s’est retrouvé devant une masse d’adultes analphabètes. Alors avec l’appui de l’UNESCO, nos pays se sont lancés dans des campagnes d’alphabétisation. On peut citer des exemples comme le projet UNESCO d’égalité d’accès des femmes à l’éducation, Alpha commando sous la période révolutionnaire, Alpha bantaaré. Mais tout cela ne pouvait pas suffire et une des raisons, c’était l’insuffisance des ressources accordées à l’alphabétisation. Pendant longtemps, nos pays n’ont accordé qu’un pour cent du budget total du ministère chargé de l’Education. Donc, en 1999, dans le cadre de la mise en place du PDDEB, il s’est posé la question : quelle place fallait-il accorder à l’alphabétisation ? Dans la réflexion, on a dit qu’il ne fallait pas alphabétiser pour alphabétiser. Il s’est donc dégagé d’une part la problématique d’une alphabétisation pour le développement. D’autre part, l’alphabétisation devrait être le point d’appui pour mieux réussir la scolarisation primaire. En ne mettant l’accent que sur la scolarisation des enfants, il est difficile renverser la tendance parce qu’ils ne sont pas assez nombreux par rapport à des adultes qui alphabétisés peuvent tout de suite influer sur le développement. Parce que d’une manière générale, les femmes alphabétisées mettent leurs enfants à l’école. Le premier point était donc de promouvoir une alphabétisation pour le développement et le deuxième point était la problématique du financement puisque l’Etat ne mettait qu’un pour cent.
C’est là que l’Etat et ses partenaires se sont mis d’accord pour créer un fonds. L’Etat devait faire passer son financement à l’alphabétisation de 1% à 7% d’ici en 2010 et les partenaires techniques et financiers ont aussi décidé d’apporter des financements substantiels dans le cadre du PDDEB.

Comment travaillez-vous sur le terrain?
AT :
Quand on a créé le fonds, il fallait savoir qui fait quoi. C’était la grande question. On a donc réparti les tâches en décidant que l’Etat oriente, définit les politiques, fait le suivi de la qualité, quant aux partenaires techniques et financiers, ils contribuent au financement du fonds. Les opératrices et opérateurs en l’alphabétisation sont ceux qui reçoivent des subventions et enfin on a voulu que le secteur privé puisse être également bénéficiaire et contributeur. De ce fait, les actions du fonds sont essentiellement le financement des activités d’alphabétisation. Les opérateurs et opératrices nous adressent des requêtes. Ces requêtes sont examinées d’abord au niveau provincial, ensuite au niveau régional et puis au niveau national. Toutes les actions d’alphabétisation sur le terrain sont donc financées par le FONAENF.

Quels sont les critères de financement?
AT :
Je tiens d’abord à souligner que le FONAENF n’a pas un rôle d’encadrement, cela relève de l’Etat. Nous finançons les organisations paysannes et les associations qui ont une expérience d’au moins trois ans dans l’alphabétisation. En plus, dans leurs requêtes, elles doivent joindre un certificat de crédibilité délivré par la direction provinciale de l’éducation de base et de l’alphabétisation (DPEBA). Ce certificat de crédibilité qui est la pièce importante est délivré à la suite d’une évaluation du centre d’alphabétisation.
Nous demandons les résultats des évaluations qui ont été faites.

Que pouvez-vous dire de vos acquis ?
AT :
Je pense que nous avons beaucoup d’acquis. Au départ, au cours de la campagne 2002-2003, nous avons financé 91 requêtes dans une trentaine de provinces du Burkina. Pour la campagne 2008-2009, nous finançons 450 requêtes des opérateurs à travers toutes les 45 provinces à hauteur de près de 8 milliards FCFA..

Quel est le nombre des opérateurs en alphabétisation au Burkina ? Et comment appréciez-vous leur travail ?
AT :
A la création du FONAENF, on est parti du fait que pour qu’il y ait une vraie alphabétisation pour le développement, il fallait que ça passe par des associations de développement dans la mesure où elles connaissent leur milieu.
Soit dit en passant pour nous l’alphabétisation ne se limite pas à appendre à lire et à écrire dans une langue, il faut pouvoir aussi influer sur son environnement. L’Etat a donc intégré une pièce-clé qui est la formation technique spécifique. Après la création du fonds, nous avons mené une enquête de terrain pour connaître le nombre d’associations qui opèrent dans le domaine de l’alphabétisation.
L’enquête a révélé en son temps environ 300 associations. Cette année, nous avons enregistré des requêtes de 733 associations. Ce qui donne une idée du nombre d’associations qui font de l’alphabétisation sur le terrain.
La plupart de ces opérateurs font un excellent travail. Il y a d’autres associations qu’il faut encadrer mais cela relève du domaine de l’Etat. En termes d’impact, nous avons pu constater sur le terrain que les nouveaux alphabétisés contribuent par exemple à l’aménagement des bas-fonds agricoles, ils conservent mieux leurs récoltes, ils envoient leurs enfants à l’école, ils arrivent facilement à gérer les micro-projets et parviennent à rembourser les crédits grâce à la formation technique spécifique.
Dans le domaine civique, nous avons pu constater que les néo-alphabètes accordent beaucoup plus d’intérêt aux activités communautaires. Nombre d’entre eux sont candidats aux élections municipales. Par exemple dans la région de Ouahigouya les femmes se sont mobilisées pour soutenir certaines d’entre elles pour qu’elles soient conseillères municipales. De plus en plus on voit qu’au cours des réunions des femmes prennent des notes sur le cahier en langue nationale.

Pourquoi l’Etat a-t-il en partie cédé le secteur de l’alphabétisation aux privés?
AT :
C’est ce que nous appelons la stratégie du faire-faire. Cela a été décidé en 1999 dans le cadre de la recherche des voies et moyens pour améliorer l’alphabétisation.
On est parti du fait que sur le terrain, il y avait des associations qui faisaient de l’alphabétisation et que l’Etat ne pouvait pas être juge et partie.
Ainsi l’Etat qui demeure le premier acteur doit définir les politiques d’alphabétisation, faire le suivi-évaluation et garantir la qualité. On a donc décidé de confier aux associations le soin de mener les politiques d’alphabétisation tout en étant sévèrement contrôlées. Et ce n’est pas pour rien que nombre d’opérateurs trouvent le fonds FONAENF difficile à obtenir parce que nous sommes très exigeants sur la qualité de leur travail.
Comme je le disais tantôt, il faut que l’alphabétisation soit vraiment liée à ce qui se passe dans les villages. Il n’appartient pas aux DPEBA de définir ce qui convient aux apprenants c’est plutôt les villageois eux-mêmes qui doivent exprimer leurs besoins par exemple en formation technique et spécifique à travers leurs associations.
Ils ont beaucoup de choses à faire et lorsque l’alphabétisation ne leur apporte pas autre chose qu’apprendre à lire et à écrire, ils désertent les centres. Il y a par exemple l’expérience de l’alphabétisation en milieu de travail que nous avons menée avec les ouvriers de la société Hage Matériaux et TAN ALIZ. Au bout de l’année, on nous a fait savoir qu’il y avait moins d’accidents de travail parce que les ouvriers savaient quel était le danger d’utiliser ceci ou cela.

Quel est le taux national d’alphabétisation ?
AT :
Tel que décrété par l’INSD le taux d’alphabétisation est de 28,4%. Ce taux a été déterminé par enquête. Nous ne sommes pas tout à fait d’accord avec ça étant donné que la méthode consiste à s’adresser aux chefs de famille qui peuvent quelquefois oublier de vous dire que sa femme est alphabétisée ou si son enfant même s’il a le CEP et qu’il ne part plus à l’école, il peut oublier de le mentionner. Le gouvernement a fait tellement d’efforts dans le domaine de l’alphabétisation que nous pensons que ce taux de l’INSD ne nous convainc pas. Cependant je relève que 80% de ceux qui sont déclarés alphabétisés au Burkina Faso proviennent des centres financés par le FONAENF.

Mais quels sont les obstacles à l’alphabétisation ?
AT :
Le principal obstacle c’est l’insuffisance des ressources financières. Si nous disposions de suffisamment de fonds, nous allions financer toutes les 733 requêtes. Mais nous n’avons accepté que 450 demandes. Nous avons élaboré un plan stratégique pour amener le taux d’alphabétisation à 60% à l’horizon 2015 et qui nécessite 91 milliards FCFA alors que depuis la naissance du FONAENF nous n’avons pu mobiliser que 25 milliards et nous sommes déjà en 2009.

Vous n’êtes donc pas satisfaite du niveau de mobilisation des ressources financières par rapport aux objectifs de l’alphabétisation ?
AT :
Déjà il y a eu beaucoup d’efforts fournis. Quel que soit le domaine, à un moment donné les partenaires s’essoufflent.
Nous avons donc commandité une étude sur l’autofinancement du FONAENF pour voir en dehors des partenaires qui existent déjà tels que l’Etat et les traditionnels partenaires techniques et financiers, comment nous pouvons mobiliser beaucoup plus de ressources financières pour atteindre nos objectifs. Il faut par ailleurs que nous puissions faire quelque chose au plan endogène. Actuellement, nous sommes dans le cadre de la communalisation intégrale, il serait tout à fait normal que chaque commune dégage une ligne budgétaire pour l’alphabétisation afin qu’il y ait un centre d’alphabétisation dans chaque commune. Nous avons pensé également que nous pouvons élargir nos recherches de financement en faisant appel à des fondations américaines qui investissent beaucoup dans l’éducation. Contrairement à ce que les gens pensent, on a l’impression que les paysans ne font rien pour l’alphabétisation.
Alors que leur présence déjà dans les centres d’alphabétisation est aussi une forme de participation. Parce qu’ils ne sont pas assis à ne rien faire car pendant que les femmes qui font du commerce sont par exemple dans les centres d’alphabétisation, c’est de l’argent qu’elles perdent aussi.
C’est aussi une forme d’investissement.

Pensez-cous que le Burkina pourrait atteindre l’objectif de l’éducation pour tous en 2015 ?
AT
: J’y crois. Si nous obtenons les financements nécessaires nous pouvons relever le défi. Au niveau du primaire par exemple, nous avons fait un bond en atteignant déjà 70% de taux de scolarisation avant 2010. Je crois qu’avec les nouvelles initiatives telles que la Fast Track l’UNESCO de la Banque mondiale nous pouvons y arriver.

Il se tient du 20 au 26 avril la Semaine mondiale d’action pour l’éducation (SMA) quelle appréciation faites-vous de cette activité ? Et que pensez-vous du thème choisi ?
AT :
Je pense qu’une de préoccupations dans le domaine de l’éducation, c’est d’amener les populations non seulement à s’alphabétiser mais aussi à envoyer leurs enfants à l’école. C’est un pan qui n’est pas encore gagné.

Il y a des classes qui sont toujours vides, ce qui veut dire que nous devons continuer à mobiliser nos populations. Le but de cette Semaine mondiale d’action, c’est de mettre l’accent sur les problèmes qui restent posés et ce qu’il y a lieu à faire. La question de l’alphabétisation et son financement nécessitent des efforts supplémentaires

Drissa TRAORE

 

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