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La Une du n° 601
NATION::N° 595 du 11 au 17 Mars 2009

Mandat d’arrêt contre Omar El BECHIR

Plutôt le pire ?
On la voyait venir malgré les inquiétudes formulées çà et là par des observateurs avertis et même des responsables politiques de par le monde. En effet, la Cour pénale internationale (TPI) a émis le 4 mars 2009, un mandat d’arrêt international contre le président soudanais, le général Omar EL BECHIR, après son inculpation pour crimes de guerre, crimes contre l’Humanité commises au Darfour. Une première dans les annales de la justice internationale qu’un chef d’Etat en exercice soit poursuivi. Quelles perspectives pour un dossier aussi brûlant ?

Omar EL BECHIR est pénalement responsable des exactions de son armée et des milices Djandawid commises sur les populations du Darfour, cette province du Sud du Soudan en proie à une guerre civile depuis quelques années (300 mille morts selon la communauté internationale, 100 mille selon Khartoum, plus de 2 millions de déplacés). C’est le principal argument utilisé par le procureur de la Cour pénale internationale, l’Argentin Luis Morino OCAMPO, pour juger de la nécessité de l’inculpation puis de l'émission d'un mandat d’arrêt contre le président soudanais.
Outre le spectaculaire dans lequel donne l'attitude de la CPI, elle suscite moult interrogations et est sujette à caution. La Cour pourra-t-elle du reste mettre à exécution sa décision ? Rien n'est moins sûr d'autant qu'elle ne peut que se remettre à la volonté des Etats, elle, qui n'a pas pouvoir de police. Même s'il est dit dans le traité de Rome qui a créé la Cour Pénale Internationale qu'il est fait obligation à tous les pays signataires d’appliquer toutes ses décisions cela reste dans le domaine de la théorie; car l'on sait que les intérêts et autres considérations géopolitiques guident le comportement des Etats. La Cour est reconnue par plus de cent pays mais de grandes nations comme les Etats-Unis et la Chine ne sont pas partie prenante au traité de Rome. D'où des difficultés en perspectives pour son efficacité sur le terrain.

Inconséquence à ciel ouvert
D'abord le grief que l'on peut de prime abord avoir contre la CPI, c'est qu'elle semble fonctionner à la tête des "clients". On n'ira pas jusqu'à partager le jugement de ceux qui pensent qu'elle est simplement une structure créée par les "grands" pour régler leurs comptes aux autres et se soustraire du jugement de ceux-ci mais elle fait comme. Elle est une sorte d'épouvantail que l'on brandit ici mais que l'on cache ailleurs. On l'aura remarqué, quatre-vingt-dix pour cent des occupants de ses geôles sont des Africains. On peut citer Charles TAYLOR, l’ex-président du Liberia, Jean-Pierre BEMBA et Thomas LUBANGA, les anciens chefs de guerre de la République démocratique du Congo ; tous des individus qui du reste n'ont été appréhendés qu'après qu'ils aient perdu leur pouvoir. Une situation qui donne l'impression que la CPI est braquée sur l'Afrique qui n'a pourtant pas la palme en matière de violence, et qui a même valu la remarque de Jean PING, le président de la Commission de l’Union Africaine appuyé en cela par des présidents comme le Sénégalais Me Abdoulaye WADE.
La CPI se défend de n’avoir pas du muscle que pour les Africains même si l'on constate que les crimes commises en Irak, en Afghanistan ou dans la bande de Gaza ne font l’objet d’aucune procédure contre leurs auteurs notamment Américains et Israéliens. La porte-parole du procureur a déclaré le 5 mars dernier que tous ces dossiers sont en étude sur les bureaux de son patron. Mais on voit mal la CPI émettre un mandat d’arrêt contre l’ancien président américain George W. BUSH ou son ministre de la Défense Donald RUMSFIELD et son adjoint Paul WOLFOWITZ, considérés comme les architectes de la guerre en Irak. Les responsables israéliens qui ont détruit Gaza avec plus de mille morts en fin d’année 2008, à travers leur opération plomb durci ne sont pas plus inquiétés. Y'a-t-il plus aveugle que celui qui refuse de voir ? La tradition n'a pas été ouverte par la CPI, car avant elle, la Belgique qui avait déclaré la compétence universelle de ses tribunaux a vite déchanté quand des plaintes contre l’ex-Premier ministre israélien Ariel SHARON, par exemple, ont atterrit sur les bureaux du procureur du Roi. Ainsi, le "boucher" de Chabra et Chatila en train de s'éteindre en héros rongé par son mal au milieu des siens. Y a-t-il justice plus sélective que celle que l'on a jusqu'à présent vue au plan international ? L'importance dans la communauté internationale détermine l'attitude de la CPI envers l’auteur de crimes quand bien même celui-ci est clairement identifié. En quoi la mort d’un Soudanais est différente de celle d’un Irakien, d’un Afghan ou d'un Palestinien si ce n’est par l’identité des responsables du crime ?
La polémique déclenchée par la décision de la CP d'attraire Omar El BECHIR est la preuve-même du manque d’unanimité autour de son action.

La mesure pourra-t-elle être appliquée?
Déjà après la décision des juges de la CPI, un débat juridique s'est installé. A ceux qui s'interrogent sur la compétence de cette cour ou précisément se demandent si elle peut inculper le citoyen encore moins le responsable d’un pays qui ne reconnaît pas son existence, le procureur OCAMPO répond que pour les faits de crimes contre l’Humanité, il n’y a pas d’immunité ni de prescription. C'est dire que pour lui, la justice que rend la CPI est universelle et donc peut connaître des actes posés par n’importe quel citoyen du monde quand bien même son pays d'origine n'aurait pas ratifié le traité comme c'est le cas d'ailleurs pour le Soudan. Mais le Soudan donne un autre son de cloche. En effet, son ministre des Affaires étrangères, après la décision des juges de la CPI, a été clair, son pays ne reconnaît pas la CPI et la décision à son encontre est nulle et de nul effet. Il a d’ailleurs annoncé que son président se rendra au sommet arabe de Doha (Qatar) en fin mars comme pour narguer OCAMPO et ses collègues.
Une chose est donc d’émettre le mandat et une autre est sa mise à exécution. La Cour ne possède aucun moyen de coercition pour obliger les Etats à arrêter El BECHIR et le transférer à La Haye pour son jugement. Le Soudan, quoiqu’on dise n’est pas n’importe quel pays. Il est une puissance sous-régionale et son instabilité a des répercutions sur ses voisins notamment le Tchad et la République Centrafricaine. En plus, son sous-sol regorge d’importants gisements pétroliers qui intéressent les grandes puissances. Le contrôle de l’exploitation de l’or noir est d’ailleurs une des raisons du conflit actuel et on voit mal les lobbies "buvant" à cette source être d'un secours pour la CPI dans la réalisation de son rêve. De même qu'il est difficile qu’un pays accepte se créer une crise diplomatique en arrêtant le président soudanais de passage sur son territoire pour les bons yeux du procureur OCAMPO. D’ailleurs, les officiels des Etats jouissent de l’immunité diplomatique quand ils sont en voyage officiel et ce sera une première si une nation décidait de violer cet accord pour faire plaisir à la CPI. Théoriquement, si au cours d’une sortie privée EL BECHIR peut être interpellé hors de son pays, le cynisme dont fait souvent montre la raison d'Etat ne milite pas pour une issue en faveur de la décision de la CPI tant que l'inculpé sera toujours en fonction en tant que chef d'Etat du Soudan, un pays qui compte pour certains qui ont d'ailleurs montré leur mauvaise foi dans la résolution de la crise en jouant à l'autruche, refusant de voir la misère des populations et l'oppression dont elles sont victimes juste pour conserver des privilèges que leur accorde le régime en place. Y'a-t-il vraiment espoir pour la CPI que l'homme fort de Khartoum lui soit livré ? Les chances en tout cas sont minces surtout que l'homme règne en maître absolu sur ses concitoyens dont la quasi totalité de la frange arabophone lui est acquise. D'ailleurs, les jours précédents la publication de la décision en question, beaucoup de Soudanais, notamment dans la partie septentrionale arabophone, ont apporté leur soutien au président. Le 4 mars après l’émission du mandat d’arrêt, les populations sont encore descendues dans les rues pour rassurer leur mentor et brûler des portraits du procureur OCAMPO. « Nous allons mourir avec toi président », pouvait-on lire sur certaines pancartes. Ce qui en dit long sur l’allégeance des populations à EL BECHIR qui n'a alors pas hésité à déclarer dans un discours, au milieu de ses partisans, que la décision de la Cour n'avait pas la valeur de l’encre qui a été utilisée pour l’écrire. C’est tout dire.
La décision de la CPI contente certes les opposants de EL BECHIR en exil dans les pays européens notamment, de même que les organisations de défense des droits de l’Homme qui ont manifesté leur satisfaction, mais les choses risquent fort de s’arrêter là. Les propos de ce responsable de la CPI : « EL BECHIR peut être arrêté aujourd’hui, dans un mois ou dans un an, pourvu qu’il le soit » sont-ils pour rassurer ? Ils sonnent plutôt comme un aveu d'impuissance de l'institution judiciaire internationale qui ne se fait pas d'illusions quant à l’arrivée rapide du président soudanais dans le box des accusés. En attendant, c'est des réactions de l'intéressé dont il faut avoir peur pour les populations du Darfour.

Les populations du Darfour vont payer le prix fort
La réaction du gouvernement soudanais n'a pas tardé à se faire sentir après la décision de la CPI. En effet, immédiatement, dix ONG exerçant dans le domaine humanitaire ont été priées d’évacuer leur personnel étranger du Soudan. Des fonctionnaires de l’Etat soudanais auraient entrepris l’inventaire de leurs matériels ; ce qui signifie purement et simplement l’arrêt de leurs activités. Une situation qui va davantage compliquer la vie des populations qui bénéficiaient de leur aide. Comme dit l’adage populaire « si la marmite couverte ne boue pas, qu’en sera-t-il si on lui ôte le couvercle ?» Déjà martyrisées par une nature ingrate, dépouillées de tout par la guerre, les populations du Darfour vivent dans le dénuement complet et ne survivent que grâce à l’aide internationale ; avec cette nouvelle situation, il va s'en dire que l’absence de toute assistance risque de provoquer une situation de désarroi pire que celle que la CPI reproche à EL BECHIR d’avoir installée. Le Darfour laissé à lui-même va devenir rapidement un tombeau à ciel ouvert. Cela d’autant que la MINUAD, la mission des Nations unies pour le Darfour, manque cruellement de moyens pour accomplir sa mission sur un territoire de plus de 500 mille Km2.
L’action de la CPI, il faut le dire, est cependant loin d’être négative. En constituant une épée de Damoclès sur la tête des dirigeants et des chefs de guerre de par le monde, elle contribue à atténuer les ardeurs des sanguinaires en herbe. Il lui faudra seulement, à la CPI, repenser sa philosophie, son appréhension du monde pour ne pas laisser croire qu'on est en présence de l'expression d'un impérialisme à rebours comme le dirait l'autre !.o

Ahmed NAZE

Fortandem 2009

72 heures pour offrir des opportunités

Les 5, 6 et 7 mars 2009 s’est tenue à Ouagadougou la 3e édition du Salon de recrutement, de formation et d’information appelé Fortandem organisé par International Business Consulting (IBC Burkina) sous le thème : «Environnement, Energie et mine sont-ils des secteurs pour booster l’emploi des jeunes ?».

C’est la 3e fois qu’un tel événement se tient au Burkina Faso servant de cadre de rencontre entre l’offre et la demande d’emploi. Un tel cadre appelé Fortandem est né de la volonté d’Ibrahim CISSE directeur général de l’IBC Burkina, pour offrir des possibilités aux jeunes diplômés, et contribuer par là à l’absorption du chômage des jeunes. Cette troisième édition s’est tenus dans un contexte de crise économique qui menace même des emplois de par le monde. Fortandem pourrait être cet espace pour rassurer, donner confiance et orienter les diplômés ou aspirants un profil des nouveaux emplois qui se créent chaque jour. C’est pourquoi, l’édition 2009, s’est penchée sur l’environnement, l’Energie et les mines pour offrir des possibilités de formation et présenter les emplois qui existent dans ces secteurs. C’est ainsi qu’à l’ouverture du salon, le promoteur du salon de recrutement, Ibrahim CISSE a sans détour rappelé que l’objectif de Fortandem c’est d’aller à la rencontre de l’emploi, donc du recrutement.
Pour mieux étendre leur action, il a été créé en septembre 2008 le groupe IBC, un réseau de partenaires présents dans 8 pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest africain (UEMOA) et le Cameroun sauf la Guinée-Bissau. «Nous voulons mettre en commun notre expérience afin de donner l’exemple à la jeunesse pour aller à la recherche de la performance humaine», s’est justifié M. CISSE. Prenant la parole, le parrain, Salifou SAWADOGO, ministre de l’Environnement et du Cadre de vie représentant le Premier ministre Tertius ZONGO, a encouragé l’initiative au nom du gouvernement. Ainsi, a-t-il relevé que le gouvernement burkinabè s’inscrit pleinement à cette initiative. Sur le thème le ministre SAWADOGO a laissé entendre que les secteurs d’activité de l’environnement et des mines vont grandissants avec un besoin en main d’œuvre abondante. Pour lui, les différentes conférences en marge du Salon susciteront des vocations pour les jeunes. A l’endroit du promoteur Salifou SAWADOGO l’a qualifié de réelle réussite scolaire et un exemple de battant pour les jeunes. Une visite guidée de stands d’exposition par les ministres burkinabè, Justin KOUTABA, Maxime SOME, Ousseini TAMBOURA et leurs homologues du Mali et du Niger ont pu faire découvrir les possibilités de formation qu’offre les grandes écoles telle le CESAG, l’IAM, l’institut de Management du Maroc.
Issoufou MAIGA

 

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