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La Une du n° 601

NOUVELLES DU GRIN N°601 du 22 au 28 Avril 2009

Un adjudant-chef major victime d’un incident de tir

Du 02 au 05 avril dernier, le Premier ministre Tertius ZONGO était à Bobo-Dioulasso pour présider une série de cérémonies notamment le 2e Salon des métiers, le lancement de la coupe du fonctionnaire… Le chef du gouvernement est présenté comme un «fan» de la ville aux silures sacrés. Au grin, certains n’hésitent pas à dire qu’il ne manque aucune occasion de se rendre dans la capitale économique. «Il aime Bobo» c’est le refrain qu’on entend généralement en ville. Lorsque Tertius ZONGO est à Bobo, il vit avec le peuple, dans un secteur populaire.
Le secteur 8 est, en effet, l’un des tout premiers quartiers de Bobo. Il est composé de parcelles tellement vastes qu’on se croirait toujours au village. C’est là-bas que le Premier ministre a établi son quartier général depuis sa nomination à la tête du gouvernement. Quand le P.M est là ; il y a un regain d’activité au secteur 8. les forces de défense et de sécurité sont sur la brèche.
Le staff (forces de sécurité, chauffeurs et autres) n’a pas besoin de trop se déplacer ; tout est là, à leur disposition. Au rythme des déplacements du PM à Bobo, il y a des liens qui se nouent avec les habitants du secteur 8. Le boutiquier, le vendeur de brochettes, les vendeuses de bananes, d’oranges… de charme, tous sont impliqués dans le mouvement.
Mais le revers de la médaille, c’est la grande perturbation de la circulation routière. Presque tous les usagers sont obligés d’emprunter les voies internes du secteur, avec tout ce que cela comporte comme danger pour les enfants du secteur qui ne sont pas habitués à voir passer tant d’engins à la fois.
Au grin, certains ne sont pas d’accord sur le fait que le PM aime Bobo. Pour eux, depuis le temps qu’il vient à Bobo et qu’il constate que toutes les voies du centre ville sont hors usage, qu’a-t-il fait pour changer les choses.
Même le secteur 8, le secteur qui accueille la BCEAO, les voies ne sont pas éclairées. Les lampes existent mais pas de lumière. Le fameux palais de la culture que le PM et l’Archevêque de Bobo ont posé la première pierre, tarde à se dessiner à une année pile de la SNC 2010. Si Tertius ZONGO aime Bobo c’est sur ce terrain qu’on veut le sentir.

Les Etalons cadets médaillés de bronze en Algérie ; seule la formation paye

Les Etalons cadets sous la houlette du technicien brésilien Dayton ont ramené la médaille de bronze de la CAN des cadets Algérie 2009.
Les Etalons ont joué 5 matchs et réalisé 4 victoires contre une courte défaite. Et c’est cette seule défaite qui a empêché les Burkinabè de jouer la finale. C’était face au pays organisateur en demi-finale. Les nôtres ont perdu (0-1). Mais dans l’ensemble, la performance des Etalons cadets est satisfaisante. Le peuple est fier d’eux et il leur a réservé un accueil triomphal digne de ce nom.
Au grin, les gens sont fiers des enfants. Ils ont fait une belle chevauchée et cela est le fruit de la formation à la base entamée dans notre pays depuis l’époque glorieuse de planète champion. Aujourd’hui, l’ossature de l’équipe tourne autour du centre de formation Naba Kango de Ouahigouya. C’est pourquoi au grin, tout le monde est unanime à reconnaître que la formation à la base paye. Mais le problème majeur qui handicape le football des jeunes c’est le manque de compétition. Ailleurs, il existe des championnats pour les petites catégories (minimes, cadettes et juniors). Au Burkina ce n’est pas le cas et c’est ce qui freine un peu l’ardeur des fondateurs de centres de formation.
A quoi sert la formation si on ne l’applique pas dans une compétition. C’est la compétition qui peut les acquérir et le donner de l’expérience sur le terrain. Sinon, entre la théorie et la pratique, la marge est parfois très importante. Vivement que la Fédération songe à établir un championnat national pour les différentes catégories.
Cela apportera assurément un plus au football burkinabè qui, de plus en plus, est en train de monter. Les Etalons seniors sont désormais respectés sur le continent. Le football burkinabè malgré un championnat national pas très au top, fait des merveilles. Les clubs sont, en effet, limités sur la scène africaine. Ils dépassent rarement le 2e tour. L’EFO et l’USO, les deux représentants burkinabè en coupe d’Afrique des clubs ont été éliminées au premier tour. C’est toujours comme ça depuis des lustres.
Les équipes se battent dans le championnat burkinabè aux fins d’être championne et puis c’est tout. Sur la scène africaine, elles font une piètre prestation. Sur ce côté, le football burkinabè n’a pas évolué. Les clubs sont toujours fébriles. Il n’y a pas d’équipes aguerries à l’image des grands clubs du continent comme le National du Caire, l’Espérance de Tunis, l’ASEC d’Abidjan, l’Ashanti Kotoko…
Nos équipes dites phares de la capitale sont gérées toujours dans l’amateurisme. On se contente de se manger le nez entre nous au championnat et après on baisse la garde comme si l’essentiel c’était seulement le titre national. Un grand club doit songer à remporter un titre international au moins dans sa carrière. Il faut travailler à le bâtir.
Le championnat national pour toutes les catégories pourra encore être nécessaire pour préparer les grands de demain. Un joueur qui compétit depuis sa tendre enfance et celui qui commence directement en senior, ne peuvent pas avoir les mêmes performances. Ne dit-on pas que c’est en forgeant qu’on devient forgeron ?

Un adjudant-chef major victime d’un incident de tir

La nouvelle est tombée tôt le matin du mardi 07 avril dernier. C’était la consternation totale à Bobo, particulièrement au secteur 6 (Bolomakoté) où habitait la victime. L’Adjudant chef major, Amadou OUATTARA est décédé, le lundi 06 avril dernier à l’hôpital Sourou SANOU de Bobo. Il était le chef des armements, munitions et optiques (ARMO) de la 2e région de gendarmerie de Bobo. Le lundi 06 avril dernier, il était en instruction en armement avec des élèves-gendarmes de la 2e année. L’instruction portait sur une arme redoutable, l’arme automatique conçue en 1952 (AA52). Selon des témoignages proches de la gendarmerie. C’est en voulant montrer comment on introduit la balle dans l’arme à ses stagiaires que le coup fatal est parti alors qu’il se trouvait dans le champ de tir. Il fut atteint sur le côté gauche logeant le foie. Le tir aurait été actionné par une des jeunes filles-gendarmes qu’on vient de recruter. L’incident est survenu autour de 12h 30 et très rapidement les médecins se sont mis à son chevet mais malheureusement, c’était trop tard. Malgré leur promptitude et leur engagement, l’Adjudant chef major Amadou OUATTARA est décédé dans la soirée.
La stagiaire responsable de cet incident mortel est en état de choc indescriptible. Il en est de même pour les autres élèves qui ont vu succomber celui qui leur donnait les cours en armement.
L’AA52 est une arme-mitrailleuse capable de tirer 600 coups à la minute. Ses balles sont des 7,60 minimètres, capables d’abattre d’un coup un éléphant.
L’Adjudant chef major Amadou OUATTARA était selon ses collègues un homme qui maîtrisait le domaine des armes. C’était, en fait, un expert et sa mort est une grande perte pour la 2e région de gendarmerie.
Mais comme le dit si bien le dicton, «quand l’âne va te terrasser, tu ne vois pas ses oreilles». L’Adjudant chef major était un membre de la confrérie des dozo. Sa mort a surpris l’un des dozos qui s’est finalement résigné lorsqu’il a appris que le coup fatal est parti d’une femme. Pour ce dozo qui ne jure que par ses talismans, les vrais hommes meurent toujours sous l’arme d’une femme.
En tout cas le décès de l’Adjudant chef-major Amadou OUATTARA a attristé toute la gendarmerie de Bobo qui est allée l’accompagner à sa dernière demeure le mercredi 08 avril au cimetière militaire de Bobo.
Il était, au dire des gendarmes eux-mêmes, l’un des plus grands armuriers de la 2e région.
Le vide qu’il laisse sera difficile à combler. Nous sommes à Dieu et à lui nous retournerons tous. C’est le seul commentaire fait par le sage du grin qui a été tellement affecté par cette perte.
Les grandes douleurs sont toujours muettes.

Paix à son âme

« Le petit fâkir, toujours dispo »

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