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la Une du n°602 du 29/04/au 05/05/2009
La Une du n° 602

NOUVELLES DU GRIN N°602 du 29 Avril au 05 Mai 2009

Un imam accusé d’adultère

Les masques sont à l’honneur à Dioulassoba depuis, le samedi 25 avril dernier avec le lancement des grandes funérailles. La particularité de cette année c’est que le chef de terre, le patriarche Sogossira SANOU, sera au nombre des anciens dont les funérailles auront lieu cette année. Les grandes funérailles sont des périodes de réjouissances en pays bobo.
Les masques s’exhibent, la bière de mil coule à flot. Il y a en tout cas à boire et à manger. Mais depuis l’histoire du masque qu’on a emprisonné pour mauvaise conduite sur un honnête citoyen, les débats vont bon train. Au grin, on espère que cela va permettre à nos gardiens de la tradition de cadrer davantage les choses sur les réalités de l’évolution. Ce qui était possible, il y a 48 ans ne l’est plus de nos jours. Il faut évoluer avec son temps. Ne laissons pas tomber les masques-là, pas du tout. Mais soyons compréhensibles et retenons que notre liberté s’arrête là où commence celle des autres…

Unité des femmes du Houet : Céline YODA prend ses responsabilités
La crise qui perdurait entre les femmes du Houet à propos de la coordination provinciale a connu un dénouement, le mardi 21 avril dernier.
Le ministre de la Promotion de la femme a séjourné pour cela du 17 au 21 avril 2009. Un séjour qu’elle a mis à profit pour rencontrer successivement le chef de Dioulassoba et ses notables, l’archevêque de Bobo, le responsable de la communauté musulmane, le président du conseil régional, le pasteur de l’église des Assemblées de Dieu de Colma, El Hadj Djanguinaba BARRO et le maire de Bobo. L’objectif de ces concertations était de trouver une solution de sortie de crise et Mme le ministre pense qu’il est grand temps de refermer ce chapitre.
Après moult réflexions, c’est finalement la voie du consensus qui a été arrêtée. Un consensus qui écarte d’office les deux groupes de femmes qui n’arrivent pas à s’entendre sur l’essentiel.
Le groupe de Assita OUATTARA et celui de Hadja Naba DIANE sont invités à rentrer dans le bureau, mais le poste de présidente doit revenir à une femme neutre.
Le choix s’est porté sur une technicienne en la personne de Rosalie OUOBA de l’Union des femmes des associations professionnelles du Burkina (UFAPB).
Selon Mme Céline YODA, Rosalie OUOBA et une femme d’expérience que tout le monde connaît à Bobo-Dioulasso pour ses capacités techniques et professionnelles. Elle a même dirigé le CESAO. «C’est une femme qui est reconnue au niveau national, sous-régional et même international et c’est à cause de ses capacités intrinsèques que nous lui avons fait appel».
Avec Rosalie OUOBA, le ministre de la Promotion de femme pense que la coordination du Houet est entre de bonnes mains.
Mais pour le camp d’Assita OUATTARA, Rosalie OUOBA malgré ses qualités suscités, n’est pas aussi neutre que ça. Elle est soupçonnée d’accointance avec le groupe de Adja Naba DIANE. Elle aurait même participé à une réunion de ce groupe. La première adjointe au maire de Dafra Fatou ZIDA est formelle.
Rosalie OUOBA a été aperçue à une réunion avec les Adja Naba DIANE. Pour étayer ses dires, elle a même précisé que Mme OUOBA était habillée en robe blanche ce jour-là.
Réplique de la nouvelle coordinatrice des femmes du Houet. C’est vrai qu’elle se trouvait chez Adja Naba DIANE mais pas en robe blanche. Elle était habillée en robe marron…
Les discussions ont achoppé sur la neutralité avérée de Rosalie OUOBA. Mais Mme le ministre maintient la présidente de l’UFAPB qui sera finalement confirmée nouvelle coordinatrice provinciale des femmes du Houet. Le camp d’Assita OUATTARA décide de ne pas faire partie de cette coordination. Il est suivi par d’autres associations qui déclinent l’offre parce que le consensus n’est pas total.
La coordination provinciale des femmes du Houet est ainsi mise en place. C’est un bureau provisoire qui va exister jusqu’en septembre 2010. Le ministre peut enfin respirer ; à l’instar des 44 autres coordinations provinciales, celle du Houet peut se mettre au travail. En tout cas, le ministre ne pouvait pas laisser une province comme le Houet en rade.
«Je crois que nous avons réussi», a déclaré Céline YODA visiblement satisfaite. Le groupe de femmes qui n’a pas accepté de faire partie de la coordination n’a pas non plus refusé «d’appuyer» les autres à faire le travail.
Maintenant le ministère a un interlocuteur qui est la coordination provinciale dans le Houet. En rappel, c’est le 13 octobre 2008 devant le Haut-Commissariat du Houet que la 1re coordination conduite par Assita OUATTARA a été mise en place.
Un groupe de femmes s’est plainte de la manière dont les élections se sont déroulées. Pour ce groupe, en occurrence celui d’Adja Naba DIANE, les élections ne se sont pas passées dans les règles de l’art. Le ministère saisi à Ouagadougou, décide d’annuler cette coordination contestée et demande au gouverneur de procéder à des élections équitables et justes qui impliquent toutes les femmes du Houet. Ce que refusent Assita OUATTARA et ses partisanes.
Le blocage s’installe. Cela faisait 8 mois que les 2 groupes se regardent en chien de faïence.
Au niveau de la ville de Sya et de la province, les démarches pour rapprocher les points de vue sont restées vaines. Le 8 mars dernier, les 2 groupes ont célébré la fête des femmes de façon séparée. Le maire de Bobo, le chef de Dioulassoba… tous se sont impliqués, mais les femmes sont restées sur leur position. Il a fallu le mardi 21 avril 2009 pour voir la coordination provinciale du Houet en marche.
Au grin, les gens pensent que la crise n’est pas totalement écartée. C’est vrai que le groupe de Assita OUATTARA a promis d’aider le bureau de Mme OUOBA, mais au fond, il va plutôt travailler à saboter leur action sur le terrain.
Des femmes proches d’Assita OUATTARA pensent que ce nouveau bureau ne pourra pas travailler parce qu’elle ne connaît pas le terrain. C’est un bureau composé de femmes intellectuelles qui ne savent pas mobiliser surtout dans les départements. Elles prédisent des jours difficile pour Rosalie OUOBA et son équipe d’une vingtaine de membres.
De l’autre côté, on affirme que la coordination mise en place renferme des femmes battantes à l’image des femmes comme Hélène TRAORE, nouvellement portée à la tête du FEDAP-BC des Hauts-Bassins. Elle est rentrée dans le bureau de la coordination en tant que personne-ressource qui a à cœur d’aider ses sœurs des campagnes à se développer. Hélène TRAORE vient également d’être cooptée pour faire partie du Conseil économique et social du Burkina. Une marque de reconnaissance au plus haut sommet de l’Etat qui fait qu’elle ne veut pas rentrer dans des bagarres de chiffonniers.
Autre dame respectée qui fait partie de cette coordination ; Me Fatoumata BARRO, présidente de l’association femme …
La coordinatrice provinciale pense que l’objectif principal, c’est de faire en sorte que tout le monde se sente partie prenante du travail que les femmes doivent faire dans la province du Houet. La concertation avec l’autre camp sera toujours d’actualité pour ramener les autres femmes dans la coordination pour qu’ensemble les choses se réalisent bien pour le Houet et ses femmes. Seul l’avenir nous situera.

Un imam accusé d’adultère
Le mardi 21 avril dernier, l’imam de la «mosquée de Nacro» situé à Accart-ville Nord, à la lisière de Yéguéré au secteur 10, a été suspendu de ses fonctions. Il est soupçonné d’avoir flirté avec la femme d’un de ses fidèles.
Ce dernier qui habite le secteur 8 est un muezzin. C’est sa 2e femme qui loge près de ladite mosquée où il passe quelque temps. Quand il est chez sa 2e épouse donc, il ne manque pas d’aller prier à la mosquée qui se trouve tout juste en face.
Le muezzin aurait surpris une conversation téléphonique entre l’imam et sa femme. Pressée de questions, la 2e femme expliqua que l’imam étant un marabout qui exerce cela avait forcément une explication. Elle dit qu’en fait l’imam est en train d’aider son fils qu’elle a eu dans son premier mariage, à trouver du travail. Mieux elle passa le cellulaire à son mari qui a conversé même avec l’imam. Mais depuis cette scène, le muezzin du secteur 8 avait arrêté de se rendre dans la mosquée de Nacro.
Un jour, un fidèle de la mosquée qui est proche de lui, est allé lui rendre visite pour s’enquérir de ce qui l’empêchait de venir à la mosquée. Il aurait expliqué que l’imam est en train de séduire sa femme et en tant que bon musulman, il a décidé de ne plus jamais prier derrière un tel amateur d’adultère. C’est le fidèle en question qui est venu propager la nouvelle à la mosquée Le comité de gestion de la mosquée s’est réuni urgemment et a décidé de suspendre l’imam en attendant de voir clair.
Cette lourde accusation est tombée comme un couperet sur la tête de l’imam qui n’en revenait pas.
La nouvelle lui a tellement bouleversé qu’il n’a pas réagi. Il renonça à son titre d’imam en l’espace d’un moment ; mais par la suie, il voulait reprendre sa place. Le président du COGES de la mosquée et un autre membre se sont chargés de le pousser de là par la force. Un autre imam a été choisi parmi les adjoints pour le suppléer. Le mercredi 22 avril, la communauté musulmane de Bobo s’est saisie du problème. Une délégation a fait le déplacement à la mosquée de Nacro pour s’enquérir de la situation. Après avoir écouté le COGES de la mosquée, la communauté musulmane est allée à la rencontre du muezzin., de sa femme et de l’imam pour les écouter. C’est à l’issue de toutes ces concertations que la communauté musulmane va trancher. Mais d’ores et déjà, les langues se délient. Le muezzin du secteur 8 dit ne pas envoyer le fidèle qui a rapporté «ses soi disants propos» et que s’ils sont en train de lutter pour leur poste d’imam qu’il ne faut pas qu’on l’y mélange.
Actuellement tous les imams adjoints refusent de diriger la prière. Le premier qui a osé le remplacer le jour où il a été bousculé a été mis en garde et menacé par son propre père.
Depuis, il s’est rappelé que la saison des pluies était proche et il est parti en campagne.
Maintenant on choisit à tout hasard, un imam volontaire à chaque séance de prière. L’imam continue de fréquenter la mosquée.
Au grin, cette histoire est longuement commentée. Les uns pensent que l’imam, en tant que personne-ressource dotée d’une autorité morale et religieuse, devrait être prudent dans sa démarche.
Ils trouvent anormal qu’un imam appelle la femme d’autrui sur son téléphone portable. Même si c’est pour des raisons de «maraboutage», cela est mal vu.
Pour les autres par contre, le cellulaire est devenu aujourd’hui un outil de communication très important dans les relations entre les hommes.
Il ne doit plus faire l’objet de scène de jalousie inutile. En tout cas, l’accusation portée contre l’imam est jugée sans fondement et sans preuve.
Sans attendre le verdict de la communauté musulmane ils pensent qu’on devrait blanchir l’imam et le laisser diriger la prière…
Un ancien du secteur qui connaît bien l’histoire de cette mosquée dit ne pas être très surpris par ce qui arrive à l’imam. Il s’est référé à un proverbe français qui dit «qu’il y a une sanction pour le bien et pour le mal. Si elle tarde, c’est que l’heure n’est pas venue !».
Au début, c’est l’imam Mahamadou SALEMBERE qui était le 1er imam de cette mosquée mais comme il bougeait beaucoup, il avait imposé l’imam Nacro pour le suppléer pendant ses nombreuses absences. Ce Nacro-là n’était pas un imam comme les autres. C’était un ancien combattant qui avait été taximan et même réceptionniste dans un hôtel.
Malgré qu’il n’était pas bien instruit, il dirigeait la prière sous la coupe du 1er imam qui l’a initié pratiquement. Il compléta son initiation à Diarradougou chez les Diénepo. A la mort de l’imam SALEMBERE, c’est l’imam Nacro qui s’est installé.
Il a dirigé la mosquée avec un gant de fer, déjouant tous les pièges. Il a fallu la vieillesse pour le déposer. Il avait des trous de mémoire et se trompait fréquemment pendant la prière. Il fut prié de laisser la place à son adjoint immédiat, mais il restait toujours imam, en présidant les différentes cérémonies dans le quartier. Mais l’imam n’a pas bien pris cette destitution qui ne disait pas son nom. Il est venu avec un inconnu dans la mosquée qu’il a imposé par la force. Malgré l’opposition des fidèles, les trois adjoints sont écartés (ils sont finalement tous morts à tour de rôle) et finalement l’imam imposé par le vieux Nacro a été confirmé.
C’est cet imam qui est aujourd’hui victime de cette imagination qui va le suivre partout. Comme quoi, tout se paye ici sur terre.
Réagissant à cette histoire, le sage du grin pense qu’au-delà des coups bas qui sont fréquents dans les différentes mosquées c’est le rôle ambigu des comités de gestion qui doit être décrié. Ils sont composés en général d’anciens fonctionnaires qui sont présentement à la retraite. Ils ont trouvé en la mosquée un lieu pour se mettre en activités. Ils gèrent l’administration de la mosquée et ont tendance à être au-dessus des imams qui eux ne se reconnaissent pas trop dans leur organisation.
Dans une mosquée, l’unique chef doit être l’imam et pas quelqu’un d’autre. Même s’il n’est pas riche, on lui doit du respect. Mais avec l’avènement des COGES dans les mosquées, les données ont changé.
Le COGES met en place une organisation qui permet de collecter de l’argent des fidèles et c’est avec cet argent qu’il tient les imams. Ils sont obligés de respecter ces anciens fonctionnaires qui ont le sens inné de la politique or dans les mosquées, il ne devrait prévaloir que la parole d’Allah contenue dans le Coran.
Point de politique dans les mosquées. Aux dernières nouvelles, l’imam a repris du service depuis le vendredi 24 avril dernier.

« Le petit fâkir, toujours dispo »

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