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La Une du n° 609

ACTUALITEN°603 du 06 au 12 Mai 2009

Forum des citoyens de l'alternance

Convictions partagées, mais…

 

Du 1er au 3 mai s'est tenu à Ouagadougou (Pavillon jaune du SIAO) le "Forum des citoyens de l'alternance". L'ouverture, présidée par M. Zéphirin DIABRE, a connu la présence de plus de 200 participants issus des partis politiques, des syndicats, des associations et organisations de la Société civile… bref, un échantillon représentatif des différentes couches sociocritiques, économiques et culturelles de notre pays. On y a noté également la présence de M. Saye ZERBO, ancien chef d'Etat du Burkina.

Abdoulaye OUEDRAOGO, président du comité dorganisation du forumDu règlement intérieur du forum, lu par Me Prosper FARAMA, on retiendra que "Le forum a pour but de contribuer au débat national sur la question essentielle de l'alternance démocratique sous le thème : "Quelle stratégie pour une alternance crédible au Burkina Faso? ". A travers ce thème, le forum se fixe, entre autres, pour objectif de contribuer à ancrer dans l'esprit des citoyens burkinabè, la nécessité et la possibilité d'une alternance démocratique au Burkina Faso. Il s'agit donc de recueillir les avis, opinions et propositions de citoyens issus d'horizons divers, susceptibles par leurs savoirs, leurs expériences et leur engagement d'enrichir la réflexion sur la question de l'alternance au Burkina Faso et de réfléchir sur les facteurs sociaux ou politiques qui favorisent ou freinent les chances de l'alternance démocratique.
Pour le président du comité d'organisation, M. Abdoulaye OUEDRAOGO, le forum n'est pas une rencontre de partis politiques. Il repose sur le principe que : "Une intelligence, c'est bien, mais plusieurs intelligences, c'est mieux". C'est pourquoi, les participants sont venus de divers horizons et sont soit des membres du forum, soit des invités ou des observateurs.
Le discours d'ouverture est revenu au président du forum Zéphirin DIABRE.

Les convictions de Zéphirin DIABRE
Zéphirin DIABRE, initiateur du forumPour le président Zéphirin DIABRE, les membres du forum sont interpellés par des signaux persistants d'un malaise profond qui, selon eux, traduit une soif d'alternance dans notre pays. Quelques convictions de Zéphirin DIABRE : "Cette soif se nourrit d'abord des insuffisances et des échecs de notre politique de développement, dont la caractéristique principale est son incapacité notoire à éliminer la pauvreté. Mais cette soif se nourrit aussi et surtout d'un grand sentiment d'injustice qui risque de mettre à mal notre fragile équilibre social. Ceux qui travaillent à la sueur de leur front et à la force de leurs poignets, sont révoltés de voir que d'autres, nullement plus méritants, mais simplement assis à la bonne place, ou titulaires des bonnes relations et des protections prennent comme ascenseur spécial à grande vitesse vers l'enrichissement. Ils sont choqués de voir combien l'Etat, notre bien commun à tous, est devenu, un instrument d'enrichissement aux mains de gens promus uniquement sur la base de relations de concussion, et dont l'énergie se dépense plus dans les surfacturations de marché, que dans la conduite laborieuse de nos chantiers de développement". Une autre conviction de M. DIABRE est qu'en démocratie, lorsqu'un peuple est dirigé par les mêmes personnes pendant un certain temps, et que cela dure et perdure, forcément il commence à se poser un certain nombre de questions.
Mais pour lui, l'alternance ne se décrète pas et ne s'octroie pas. Elle se conquiert et se mérite. Zéphirin DIABRE de préciser qu'un mouvement de masse n'est pas un parti politique. "Il peut discuter de l'alternance dans une approche citoyenne. Il peut contribuer par son action citoyenne à créer les conditions de sa réalisation. Mais n'a pas vocation à la diriger. Cette tâche incombe aux partis politiques…".
Pour l'atteinte des objectifs du forum, il a été mis en place trois commissions dont les résultats des travaux ont constitué le substrat des discussions :
-La commission chargée des questions de développement, présidée par M. Bruno KAFANDO ;
-La commission questions politiques, présidée par Louis Armand OUALI.
-La commission question de société, présidée par Evariste KOSSIOMBO.
Pour les organisateurs du forum, les résultats des travaux serviront à attirer l'attention de tiers sur des sujets de préoccupations majeures. Ils serviront aussi à des recommandations formulées à l'endroit des participants ou de tiers sans obligation quelconque. Enfin, les résultats serviront à des prises de positions sur des questions précises.o

Ben Alex Béogo

Les participants interpellent…

La Turquie économique s’ouvre aux hommes d’affaires

Une vue des participants au forumIstanbul, la capitale de la Turquie sera du 1er au 7 juin 2009 le point de convergence des hommes d’affaires du monde. Organisée par la confédération des hommes d’affaires et des industriels de Turquie (TUSKON), la rencontre dénommée « Pont de commerce Turquie-monde » regroupera 2000 sociétés internationales et 3000 sociétés turques avec en sus près de 120 000 réunions d’affaires et d’opportunités de rencontres de fournisseurs. Le Burkina Faso ne sera certainement pas en reste.

Les membres du Forum des Citoyens de l’Alternance, réunis à Ouagadougou les 1er, 2 et 3 mai 2009, ont décidé d’interpeller SEM le Président du Faso sur la corruption qui sévit dans la haute administration de notre pays, et dont ils ont la présomption qu’elle touche des dignitaires du régime.
Observateurs attentifs de la vie sociale de notre pays, les Citoyens de l’Alternance remarquent que le train de vie quotidien de certains dignitaires de la 4e République (ministres, directeurs généraux, directeurs de projets, élus) se caractérise, ici et à l’étranger, par un niveau de consommation, d’investissement et de largesses financières dont, il est évident qu’ils ne sont pas financés par les salaires et traitements qu’ils reçoivent officiellement.
Des informations concordantes font état de ce que ces dignitaires, dont on sait qu’ils ont pour l’essentiel fait toute leur carrière dans la Fonction publique burkinabè, figurent parmi les acteurs du boom immobilier que connaît notre capitale, à Ouaga 2000 et ailleurs, et érigent des immeubles à usage commercial ou d’habitation, dont le coût dépasse très largement leurs revenus déclarés, et le niveau d’emprunt que permet leur quotité cessible.
Ces mêmes informations font état de ce que ces mêmes personnes réalisent aussi ces investissements à l’étranger.
Les Citoyens de l’Alternance sont fondés à soupçonner ces dignitaires d’être parties prenantes d’entreprises d’enrichissement illicite. Ce soupçon est renforcé par les informations diverses qui circulent dans les milieux économiques, faisant état de fréquentes surfacturations et de versements de commissions occultes autour des marchés publics, et de ce que certains des hauts responsables du régime se livreraient à des pratiques d’affaires incompatibles avec leur statut comme la création, par prête-noms interposés, d’entreprises privées dont certains se voient attribuer des marchés publics.
Tout en respectant la présomption qui prévaut pour tous les citoyens jusqu’à décision contraire d’une instance judiciaire, les Citoyens de l’Alternance, comme tous les Burkinabè, prennent au sérieux ces informations, et sont révoltés de voir que notre Etat et les responsabilités éminentes conférées en son nom deviennent de vulgaires instruments d’enrichissement personnel aux mains de ces dignitaires.
Les Citoyens de l’Alternance s’inquiètent de ce que, malgré la répétition, depuis des années, de ce genre d’accusation, ce régime n’a jamais pris la moindre initiative sérieuse tendant à vérifier officiellement la véracité de ces informations, en ouvrant des procédures judiciaires, et à sanctionner ceux de ses collaborateurs qui seraient effectivement compromis.
C’est en raison de tout cela, et en considération de son statut de premier magistrat de notre pays, que les Citoyens de l’Alternance, comme beaucoup avant eux, ont décidé d’interpeller le Président du Faso et de lui rappeler que l’un de ses devoirs constitutionnels, c’est de protéger la chose publique, de préserver l’intérêt général, et de mettre en œuvre les moyens de notre droit, pour châtier ceux qui se rendent coupables de détournement, d’enrichissement illicite, et de tout acte constituant confiscation, au profit d’intérêts particuliers, de ce qui appartient à l’ensemble de notre peuple.
Fait à Ouagadougou, le 3 mai 2009
Le Forum

(1) La titraille est du journal

Ben Alex Béogo

 

 

 

 

 

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