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La Une du n° 609

ACTUALITE :N°603 du 06 au 12 Mai 2009

Carte de presse

Enfin là ! mais pour quand ?

Ce qui était encore, il y a sous peu, un rêve pour les journalistes, est, depuis le lundi 4 mai 2009, une réalité. Enfin le journaliste burkinabè aura désormais sa carte de presse. La cérémonie de lancement de ladite carte a été présidée par le Premier ministre Tertius ZONGO, devant un parterre de personnalités du monde politique et surtout des médias.

Remise officielle du document de base de la carte de presse auLa carte de presse est délivrée uniquement aux journalistes professionnels et au personnel assimilé. Est journaliste professionnel, toute personne qui a pour occupation principale, régulière et rétribuée, l’exercice de sa profession dans un ou plusieurs agences de presse, dans une ou plusieurs publications quotidiennes ou périodiques, ou dans une ou plusieurs entreprises de presse audiovisuelle et qui en tire le principal de ses revenus. Le correspondant de presse de nationalité burkinabè, exerçant sur le territoire national ou à l’étranger pour le compte d’un organe de presse burkinabè est journaliste professionnel s’il remplit ces conditions prévues. Sont assimilés aux journalistes, les photojournalistes ou reporters d’images, les techniciens audiovisuels et les rédacteurs graphistes. Ce sont là les personnes habituées à avoir la carte de presse.
Le doyen Edouard OUEDRAOGO recevant sa carte de Cependant, des inquiétudes demeurent car si une chose est de lancer la carte, l’autre est de rentrer en sa possession. En effet, si désormais on peut dire que la carte professionnelle va simplifier les choses pour les chasseurs d'informations en leur ouvrant surtout certaines portes, on ne peut en tout cas pas être sûr de la diligence de sa disponibilité. Le chemin sera long entre le lancement et l’octroi du sésame aux premiers bénéficiaires. Et pour cause, après cette étape, il revient au comité technique présidé par Germain Bittiou NAMA de statuer sur l'identification des bénéficiaires de ce précieux document d'identification des journalistes aux fins que ceux-ci entrent en possession de leur outil de travail. Ce qui ne sera pas une mince affaire tellement le milieu est comme une jungle. Cependant, on est en droit de se poser certaines questions. Quelles sont les limites d’action du comité technique ? Est-il une chambre d’enregistrement des demandeurs ? Y aura-t-il d’autres conditions pour l’octroi de la carte ou bien le comité va se fier à la seule bonne foi des patrons de presse ou des requérants ? De l’avis de certains spécialistes, il faut que le comité technique pose d’autres conditions qui puissent contraindre certains patrons à être du même coup en règle vis-à-vis de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) à travers la déclaration du personnel.
Mais au-delà même des conditions édictées pour l’octroi de la carte, son établissement a un coût à supporter par l’Etat.
Et comme l’a dit Mme Béatrice DAMIBA, présidente du C.S.C, en remettant au Premier ministre le document de base relatif à la carte de presse « La balle est dans le camp du gouvernement ». Il doit délier le cordon de la bourse pour que la carte de presse soit effectivement une réalité. C’est dire donc que ce ne sera pas demain la veille que les journalistes auront cette carte de presse, quand on connaît les procédures budgétaires qui aiment à se hâter lentement. Le mandat du comité technique qui est de trois ans court déjà et espérons qu’il ne finira pas sans que les premières cartes tombent. Sinon ce sera à l'exemple de la convention collective qui a été signée le 6 janvier 2009, dont l'application pose problème du fait que les allègements attendus par les patrons de presse pour pouvoir mettre en œuvre cette convention sont toujours en attente de règlement de la part du gouvernement.
En dévoilant le spécimen grandeur nature de la carte de presse, le Premier ministre Tertius ZONGO, Béatrice DAMIBA président du C.S.C et Fillipe SAVADOCO, ministre de la Culture, des Arts du Tourisme et de la Communication, lançaient par la même occasion la carte de presse, mais son établissement proprement dit pourra être un gageur si le gouvernement Tertius ne réagit pas plus vite en mettant « les feuilles » à la disposition du C.S.C pour que cela soit traduit dans les faits.
Au cas contraire, les aînés comme M. Pierre BARRY, Pierre Claver TASSAMBEDO, ou encore Edouard OUEDRAOGO, etc., qui ont reçu leur carte de presse des mains des autorités (Premier ministre, Présidente du CSC et ministre de la CTC) resteront les seuls à la détenir et à titre honorifique !.o

Frédéric ILBOUDO

 

 

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