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La Une du n° 609

Retro-Rétro – Gouvernance: N°603 du 06 au 12 Mai 2009

Boubacar GANSORE, Directeur des Sports Scolaires et Universitaires et de la Relève (DSSUR)

«Les talents issus de l’USSU-BF ne seront pas laissés à eux-mêmes»

 

Lancée le 20 novembre 2008 à Fada N’Gourma dans la région de l’Est, l’Union des Sports Scolaires et Universitaires vient de baisser ses rideaux sur la 3e édition de sa relance, le dimanche 26 avril 2009. Une saison 2008-2009 qui a tenu ses promesses vu l’engouement et la qualité des prestations des athlètes. Et pour en parler, nous avons rencontré le directeur des Sports scolaires et universitaires et de la relève (DSSUR) qui nous dresse dans cet entretien un tableau organisationnel les plus positifs même s’il faut à l’avenir relever le défi des infrastructures sportives et d’équipements ainsi que la question du transport dans les différentes régions.

Présentez-nous votre service ?
Boubacar GANSORE (B.G) :
La Direction des sports scolaires et universitaire et de la relève (DSSUR) dont j’ai la charge, comporte deux services, le premier est chargé de l’organisation et du suivi des compétitions et le deuxième celui de détention, de la sélection et du suivi des talents.

Comment va le sport scolaire et universitaire au Burkina Faso ?
B.G :
Le sport scolaire et universitaire se porte de mieux en mieux. Depuis la relance en 2006, nous avons entrepris un vaste chantier de réforme avec un programme bien élaboré que nous tentons de respecter. Un bilan à mi-parcours nous montre que nous sommes sur la bonne voie dans la mesure où nous avons réalisé la plupart des programmes que nous avons élaborés.

C’est dire donc que la relance de l’USSU-BF était une nécessité…
B.G :
C’est une évidence dans la mesure où tout le monde était unanime à reconnaître que la relève connaît véritablement un problème au niveau du Burkina Faso. Les clubs ont de sérieux problèmes de formation à la base.
Aussi, il n’y a pas de compétitions véritables à basse échelle qui permettent de sélectionner les jeunes sportifs et de les orienter vers les centres ou écoles de formation à même de fournir le championnat national en manque. L’USSU-BF comble ce vide parce que, quoi qu’on dise c’est quand même la pépinière du sport national.

Après 3 ans de relance, quel bilan pouvez-vous dresser en ce qui concerne les compétitions !
B.G
: Il y a une situation de mi-figue mi-raisin en terme de résultat actuellement. Mais tout cela a son explication. Au niveau de la participation, on est totalement satisfait et l’on est même surpris de l’engouement que cela a suscité au niveau des établissements et des enfants eux-mêmes. Aujourd’hui un peu partout au Burkina on parle d’organisation, il y a de quoi être satisfait dans la mesure où nous avons pu mettre en place des structures de gestion qui vont désormais organiser l’USSU-BF avec des normes assez formelles et officielles. C’est notamment la fédération, les ligues dans toutes les régions et les districts qui sont en train d’être mis en place. Aussi il y a la commission nationale des litiges qui est officiellement installée de même que la commission nationale de détection, de sélection et du suivi des talents. On a démarré l’information de traitement des licences qui suit son cours.
Cependant, c’est au niveau des infrastructures et de l’équipements que nous n’avons pas trouvé entière satisfaction. Cela est du ressort de plusieurs ministères : la Jeunesse et de l’Emploi, les Enseignements secondaires et supérieurs et de la Recherche scientifique et les Sports et Loisirs. Beaucoup de régions manquent d’infrastructures sportives. Il y a un programme à cet effet. Ce n’est pas un domaine facile à réaliser ce qui explique ces difficultés. Pour ce qui est de l’équipement sportif, il faut reconnaître que l’équipement coûte cher et les régions peinent à trouver du matériel pour entraîner conséquemment leurs équipes.

Cette compétition est chapeautée par une fédération. Pourquoi cette option ?
B.G :
C’est un choix qui est guidé par des directives. Pour être en phase avec l’organisation du sport scolaire sur le plan sous-régional, régional et international, il faut créer des structures de gestion qui répondent à ces critères. C’est une question qui était posée, aujourd’hui les acteurs discutent sur les mots et les textes. Mais depuis la relance du ministre Jean-Pierre PALM, nous avons reçu des instructions d’accélérer la mise en place de ces structures parce que c’est un domaine pratiquement indispensable. La Fédération burkinabè des sports scolaires et universitaires (FBSSU) a vu le jour et nous avons réussi à affilier cette fédération à la Confédération des sports scolaires et la Fédération internationale des sports universitaires. Au niveau national, cela coupait court à un débat qui existait depuis un certain temps concernant la paternité de l’USSU-Bf. Ce débat est vide de sens dans la mesure où la fédération est une association sportive dont l’adhésion est libre et tous les acteurs peuvent se faire élire. Aujourd’hui cette fédération est représentée par tous les ministères concernés.

Depuis la relance, nous constatons un intérêt croissant en termes de participations. Quelle est la situation aujourd’hui ?
B.G :
Nous venons de nous faire affecter un statisticien pour ce travail. Il est trop tôt de donner des chiffres précis puisque le travail n’est pas encore terminé.
Il y a en tout 1 779 compétiteurs pour les 7 disciplines venant de toutes les régions. 105 encadreurs et 49 officiels. Voilà ce qui est des acteurs directs pour ces phases finales. Au niveau des licences, nous comptons 5 600 nouvelles licences traitées. A la date d’aujourd’hui nous n’avons pas moins de 15 000 licenciés au niveau des sports scolaires

Quelles sont les disciplines concernées cette année ? Y a-t-il y eu de nouvelles disciplines ?
B.G :
C’est essentiellement les mêmes disciplines, les 4 sports collectifs (football, hand-ball, basket-ball et volley-ball) et sports individuels (l’athlétisme, le judo et la lutte). Il y a plusieurs autres disciplines qui frappent à la porte pour l’USSU-BF. Nous sommes en train d’examiner ces cas.
Il faut dire que ce n’est pas toujours évident parce que toute discipline qui rentre engendre un bouleversement au niveau de l’organisation, des infrastructures, des projets, des programmes n’en parlons pas des finances qui doivent suivre. C’est une question qu’il faut étudier avec le maximum de rigueur. Il y a certains de ces disciplines qu’on a déjà mises en pratique au niveau de l’OSEP (Organisation des sports des élèves du primaire). Cela veut dire que c’est en bonne voie et si tout va bien l’année prochaine ou dans deux ans on pourra avoir de nouvelles disciplines dans l’USSU-BF.

Est-ce que la participation des grandes écoles est une nouveauté pour la relance ?
B.G :
Non ! Pas particulièrement. Les grandes écoles ont toujours compéti. Seulement dans le temps on n’avait pas suffisamment accordé une très grande importance à la compétition des grandes écoles. De plus en plus nous tentons de le faire parce que nous estimons que prendre le secondaire et laisser le supérieur il y aura une sorte de vide, de nature sur la chaîne. C’est pourquoi nous avons mis l’accent aussi bien au niveau du secondaire que du supérieur qui regroupe les universités et les écoles professionnelles.

Quelles sont les relations entre l’USSU-BF et les clubs ?
B.G :
Depuis la relance nous tentons de faire en sorte qu’il y ait une passerelle entre le sport scolaire et le sport civil c’est-à-dire les fédérations des sports. C’est pour cela que nous avons créé la commission nationale chargée de la détection de la sélection des talents. Cette commission nationale est composée de 7 directeurs techniques nationaux (DTN) des disciplines de l’USSU-BF. Cela veut dire qu’il y a déjà un pont qui est établi entre le sport scolaire et les fédérations. Ces DTN travaillent pour recenser les meilleurs sportifs qui pourront être sélectionnés dans les équipes nationales.
Disons aussi que l’une des missions des DTN c’est de travailler à développer leurs disciplines au niveau national. En faisant de la sélection, de la détection, cela permet de remplir cette mission principale tout en aidant le sport national à grandir. Pour dire qu’il y a une relation étroite entre l’USSU-BF et les clubs.

Cependant on a constaté l’absence de certains présidents de fédération aux phases finales. Quelle appréciation faites-vous de cette situation ?
B.G :
Nous avons déploré cette situation. Au niveau de l’USSU-BF, toutes les fédérations ont toujours été invitées à toutes les compétitions.
Tous les programmes et calendrier que nous établissons pour les compétitions nous les envoyons aux différentes structures notamment aux ligues et aux fédérations. Ce qui est dommage, c’est que sur le terrain leur présence n’est pas remarquée. C’est vraiment une déception parce que nous sommes convaincus que le sport civil ne peut grandir que si les acteurs commencent à descendre sur le terrain pour être en contact avec les talents afin de fournir les clubs.
C’est ce qui ne se fait pas et c’est dommage. Les prochaines années nous allons les approcher pour échanger sur la question et voir dans quelle mesure on pourra les aider dans ce sens. Sinon une fois que le programme est envoyé à une fédération, il revient à celle-ci vient de le dupliquer pour les ligues et ces dernières à leur tour pour les clubs.

Parlons de la saison 2008-2009 qui vient de s’achever. Est-ce qu’on pourrait parler d’innovations ?
B.G :
On peut parler d’innovations parce qu’il y a les commissions ci-dessus citées qui ont été mises en place cette année et l’aspect de l’information des licences a démarré avec pour ambition de l’améliorer au fur et à mesure. Comme vous l’avez remarqué avec l’engouement, il y a beaucoup de tricherie au niveau des jeux. Dans 2 ou 3 ans même si nous n’allons pas éradiquer cette tricherie nous allons venir à bout à hauteur de 90% de réussite.

Depuis la relance est-ce qu’il y a des talents détectés si oui qu’est-ce qui leur est réservés ?
B.G :
L’année dernière nous avons sélectionné une trentaine dans les 7 disciplines. Nous avons eu à l’époque une promesse de bourse. Mais pour certaines situations indépendantes de notre volonté, cette promesse n’a pas pu se concrétiser. Ce qui ne veut pas dire qu’elle est annulée, elle est toujours en cours dans la mesure où des recherches sont en train d’être faites au niveau sous-régional, régional et même national pour voir comment nous allons orienter ces talents. Il y a aussi le fait que cette année nous avons pu sélectionner un certain nombre de talents. La commission est en train de travailler pour faire son rapport avec la liste des talents détectés. Ce travail est fait par des DTN qui auront l’œil sur ces talents qui pourront être sélectionnés dans les équipes nationales. Il y a aussi la possibilité pour cette commission de faire des propositions pour l’utilisation de ces talents. Il y a déjà pas mal de projets dans ce sens. Il y a leurs orienteurs au niveau des écoles de sports, les centres de formation, des écoles sports et études qui se font dans certaines régions. Nous sommes en train d’envisager au niveau du Burkina Faso de faire ce projet. Ce qui est sûr ces talents ne seront pas laissés à eux-mêmes.

L’USSU-BF, c’est beaucoup d’argent, comment arrivez-vous à tirer votre épingle du jeu ?
B.G :
Nous sommes partis d’abord d’un premier budget assez faible. Avec la détermination et l’engagement des autorités du pays, nous avons pu avoir un budget assez conséquent. Ce qui nous a d’ailleurs permis d’atteindre un certain nombre d’acquis au niveau de l’organisation. En plus du budget nous avons des autorités très engagées tels le ministre des Sports et des Loisirs, Jean-Pierre PALM, François COMPAORE président d’honneur de la FBUSSU aux côtés de cette activité. Ce qui nous a permis d’avoir pas mal de sponsors qui nous ont fortement appuyés ces dernières années financièrement, matériellement pour l’organisation des différentes compétitions.
L’argent n’est jamais suffisant. Au fur et à mesure que l’activité grandit les besoins de financement augmentent et de plus en plus il faut trouver des ressources additionnelles pour que cette activité ne retombe pas dans les oubliettes.
Evidemment des efforts sont en train d’être faits dans ce domaine.

Quel genre de difficultés avez-vous rencontré pour cette édition ?
B.G :
Quand on travaille dans une activité comme l’USSU-BF qui grandit d’année en année vous avez affaire à beaucoup de gens à la fois qui de plus certains n’ont pas les compétences requises. La difficulté majeure à souligner, c’est au niveau de l’hébergement et la restauration.
Les finales de cette année ont enregistré pas mal de compétiteurs alors que les sites d’accueil n’avaient pas la capacité nécessaire pour accueillir tout le monde. Mais nous avons mis le «paquet» pour leur permettre de dormir avec un minimum de confort.

Vous avez comme parrain pour cette édition, Ulrich HOSCHSCHILD, l’ambassadeur de la République Fédérale d’Allemagne. Pourquoi ce choix ?
B.G :
La plupart des parrains que nous avons eus sont des personnes qui se sont toujours investies dans le milieu du sport.
A ce titre nous estimons qu’il faut les remercier pour ce qu’ils ont fait pour le sport national et ensuite les inviter à avoir toujours un regard du côté de cette activité qui est une activité phare de notre sport national. L’année dernière, c’était le ministre de la Jeunesse et de l’Emploi et cette année, c’est l’ambassadeur d’Allemagne. Il est connu que ces personnes sont très engagées dans le domaine des sports.

Est-ce que ce choix sur l’ambassade d’Allemagne augure des perspectives heureuses pour l’USSU-BF avec la République Fédérale d’Allemagne ?
B.G :
Oui, pourquoi pas ! Je crois que l’ambassadeur ne sera pas ici éternellement, il sera obligé de rentrer un jour et s’il a la possibilité de nous aider dans ce sens, je crois qu’il n’hésitera pas. D’ailleurs, à la finale il a fait un don de matériels sportifs destinés aux régions. C’est un qui va certainement aider toutes les régions à mieux s’engager dans l’encadrement des équipes sportives au niveau régional. Aussi pourquoi pas un jour nous trouver des bourses de formation ou des formateurs qui viendront dans notre pays aider à la formation des acteurs de l’USSU-BF. C’est tout cela aussi la coopération, c’est cela aussi les missions d’un parrain. Espérons que ça ira dans ce sens.

3 ans de relance, des motifs de satisfaction ?
B.G :
Absolument ! Si nous faisons une évaluation globale de la relance du sport scolaire, nous dirons que nous avons énormément d’acquis en termes d’organisation, d’infrastructures, de participations, d’engagements.

Quel côté de l’organisation, voudriez-vous revoir ?
B.G :
C’est surtout le côté déplacement des équipes, le transport. C’est une difficulté énorme. Les régions ne sont pas dotées de moyens roulants de grande capacité. Donc nous sommes obligés de travailler avec les transporteurs et ce n’est pas toujours évident. Ça c’est la principale difficulté. Il y a aussi les infrastructures et équipements sportifs que nous aimerions avoir pour les régions. Le manque d’encadreurs au niveau de certaines régions est une réalité qu’il faut travailler à améliorer. Les enseignants d’Education Physique et Sportive (EPS) ne sont pas nombreux et ils sont tellement débordés qu’ils n’ont même plus le temps pour encadrer une équipe.

Parlant du niveau des compétitions, y a-t-il satisfaction ?
B.G :
On est de plus en plus satisfait parce que l’engagement des élèves est sans réserve. L’enjeu de l’USSU-BF de plus en plus pertinent. Nous avons même des matchs qui ont eu un niveau technique supérieur à certains matchs du championnat national. C’est ce qui nous réconforte et nous amène à nous dire que nous sommes sur la bonne voie.

Nous avons vu que l’équipement laisse à désirer. Et c’est souvent un problème qu’évoquent certains établissements pour justifier leurs non-participations aux compétitions. Y a-t-il quelque chose qui sera fait dans ce sens ?
B.G :
C’est juste, il y a pas mal de lycées qui nous ont approchés pour nous faire part de leur intention de prendre part aux compétitions.
Mais pour un problème de moyen comme vous l’avez souligné, ils n’ont pas pu le faire. Nous savons que les établissements ne sont pas suffisamment nantis pour engager le maximum d’équipes. Nous sommes conscients de cette situation et je pense qu’il y a des réflexions pour faire participer le maximum d’établissements aux compétions de l’USSU-BF.

Qu’est-ce que vous projetiez pour ce sport ?
B.G :
Nous avons une ambition qui est de faire en sorte qu’à terme le sport scolaire puisse être autonome dans son organisation, dans sa gestion. Cela veut dire qu’à terme, il faut formaliser tous les aspects de l’organisation de l’USSU-BF. C’est ce qui peut sauver notre sport scolaire et partant le sport national.

Est-ce que l’USSU-BF pourrait contribuer à maintenir la flamme de la performance dont jouissent les Etalons en matière de football ?
B.G :
Notre objectif principal c’est de faire en sorte que l’USSU-BF puisse alimenter les sélections nationales. C’est déjà le cas. Nous avons l’équipe cadette qui vient de rentrer d’Algérie pour la coupe d’Afrique des Nations de leur catégorie dont l’effectif était composé de pas mal de lycéens. Il n’y a pas que le football : aux jeux de la CEN-SAD au Niger où nous avons participé pratiquement tous les sports de mains et les sélections étaient composées de lycéens et d’étudiants. C’est pour dire que ce sont les meilleurs de l’USSU-BF qui se retrouvent en sélection pour renforcer ces équipes au niveau national.

Un souhait pour nos Etalons.
B.G :
Qu’ils puissent représenter dignement le pays au niveau de la coupe d’Afrique pour les seniors. Pour les cadets au niveau de la coupe du monde qu’ils puissent nous surprendre agréablement comme ce fut le cas en CAN moins de 17 ans en Algérie.o

Issoufou MAÏGA

 

 

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