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La Une du n° 609

NOUVELLES DU GRIN N°603 du 06 au 12 Mai 2009

Un mariage hypothéqué par un SMS

A l'instar des travailleurs du monde entier, ceux de Bobo-Dioulasso ont célébré le vendredi 1er mai 2009 la fête internationale du travail.
Marche à travers la ville, remise de cahier des doléances aux autorités régionales et meeting à la Bourse du travail étaient au menu de cette célébration à Bobo. Depuis 4, 5 ans maintenant, les centrales syndicales du Burkina célèbrent en rangsle 1er mai. Cette année, la commémoration a eu lieu dans un contexte international, africain et national marqué par une très grave crise économique-financière qui secoue le système capitaliste libéral depuis une longue période. Le 1er mai est une journée de protestation et de lutte des travailleurs du monde entier, jour de souvenir pour la classe ouvrière : souvenir des grandes luttes et sacrifices consentis par le prolétariat dans sa lutte contre la bourgeoisie, pour se libérer du joug de l'oppression et de l'exploitation capitaliste. En mémoire de ces grandes luttes, les organisations syndicales ont réaffirmé aux structures de la Société civile de la région des Hauts-Bassins leur disponibilité pour la poursuite de la lutte dans le cadre de la coalition contre la vie chère.
La grève des travailleurs de Total s'est invitée à la fête du 1er mai 2009. Les organisations syndicales des Hauts-Bassins se sont dits solidaires aux travailleurs de Total dans leur juste lutte contre le licenciement. Les procédures utilisées sont jugées non conformes aux lois du Burkina Faso. Les travailleurs de Bobo disent qu'ils vont protester pour que cette situation qui n'a que trop duré puisse prendre fin et ne se répète plus jamais dans notre pays.
Au grin, la fête du 1er mai est un jour de repos. Au lieu d'aller user les chaussures sur le goudron, la plupart des travailleurs pas "très engagés" se retrouvent dans des bars, en campagne ou au grin tout simplement. Pour l'occasion le grin se transforme en une sorte de bourse de travail. Les débats sont houleux. Les syndicats peuvent-ils vraiment aider les travailleurs à améliorer leurs conditions, de travail et de vie ? La question a fait des vagues au grin et certains n'ont pas hésité à parler d'incompétence. Pour le cas du délégué du personnel de Total, par exemple, les gens ne comprennent pas qu'on puisse le licencier alors qu'il est normalement protégé par la loi. Les syndicats du Burkina seraient-ils aussi faibles que ça ?
D'autres ne sont pas de cet avis. Pour eux, la notoriété de nos syndicats dépassent même les frontières. Seulement la lutte est permanente et elle n'est jamais gagnée d'avance.
Lorsque les syndicats obtiennent une satisfaction sur un point, d'autres problèmes surviennent d'ailleurs et la lutte continue. Voilà pourquoi on ne peut pas mesurer le degré de compétence de nos organisations syndicales. Mais ce qui est sûr, c'est que si les syndicats des travailleurs n'existait pas, il fallait les créer. Bonne fête de travail à tous !

Le CDP Houet à nouveau dans la tourmente
Après la mise en place de la coordination provinciale des femmes du Houet, présidée par Rosalie OUOBA, le mardi 21 avril 2009, c'était un peu le calme plat à Bobo. On peut parler de période d'observation. Au grin les débats ont tourné essentiellement autour de cette situation. Les uns pensent qu'il s'agit là des signes avant-coureurs de la chute programmée du secrétaire général de la section Houet. Les femmes qui ont perdu la coordination constituant en fait une partie importante de sa base.
Le jeudi 23 avril 2009, Fatou DIENDERE la présidente des femmes du CDP est venue mettre en place la première structure des femmes au niveau du CDP Houet. Là encore, le camp d'Assita OUATTARA (première adjointe au maire de la commune de Bobo) a été battu. Leur candidate, Fatou ZIBA (je dis bien ZIBA) n'a pas été préférée à l'honorable député Adja Naba DIANE. Finalement, c'est cette dernière qui s'est succédée à elle-même. Il y avait deux candidates et après concertation, c'est Adja Naba DIANE qui a été choisie, alors qu'on croyait qu'elle allait perdre après des révélations faites par une militante qui l'accusait de l'avoir induite en erreur. Cette militante dit ne rien comprendre. Adja Naba DIANE l'aurait affirmé que désormais le CDP et l'ADF/RDA allaient travailler ensemble à Bobo et que c'était la même chose parce qu'elle travaille avec KOUSSOUBE.
La députée Fatou DIENDERE s'est fâchée et a mis à la porte toutes les militantes ADF/RDA. Des femmes sont effectivement sorties. Preuve que la militante n'a pas menti mais toujours est-il que c'est Adja Naba DIANE qui a été choisie au détriment de la première adjointe au maire de Dafra, Fatou ZIBA.
En tout cas au grin, les gens pensent que le CDP Houet est encore en train de se préparer à une guerre fratricide. Salia SANOU le secrétaire général du CDP Houet contrôle-t-il la situation ? Rien n'est moins sûr. Il est dépouillé progressivement de ses appuis féminins. Au prochain congrès du CDP, on ne vend pas cher sa tête.
Aujourd'hui, quand on regarde un peu la géopolitique de Bobo, on voit venir un grand chamboulement. Sur le plan national, le CDP est trop occupé à asseoir sa suprématie et à démontrer qu'il reste toujours un grand parti. Le CDP Houet n'est vraiment pas le premier des soucis. Il y a plus urgent à faire pour redorer le blason du parti. Les "femmes" de Salia ont tout perdu. Elles ne savent plus à quel saint se vouer et c'est justement cette période qui est propice aux actions souterraines.
Il y a des mauvaises langues qui racontent partout que désormais les alliances ont changé à Bobo il paraît que KOUSSOUBE est plus proche aujourd'hui de Djamguinaba BARRO que de Salia SANOU. Or, on connaît bien le poids du "Dijanguine" sur l'échiquier politique bobolais. Serait-il en train de lorgner la mairie centrale pour son fils, l'actuel maire de Konsa ? Seul l'avenir nous le dira. En attendant, ce sont les tractations souterraines qui se poursuivent.
Les autres, par contre, pensent que le CDP Houet est fidèle à sa tradition. A l'approche de chaque échéance électorale, c'est comme ça que le CDP Houet s'agite. Pour ceux qui pensent que le maire Salia SANOU est en difficulté, l'autre camp assure que ceux-là, ne connaissent pas le maire de Bobo. Il est considéré comme un véritable dinosaure de la politique à Bobo. Tel le Phénix qui renaît de ses cendres, Salia SANOU est capable de retourner n'importe quelle situation politique à son profit. C'est un homme populaire qui sait mobiliser jusqu'à la base. Depuis la mise en place des femmes du CDP Houet, les tractations vont bon train. Pendant que les gagnantes se battent pour mettre le plus de femmes de Bobo de leur côté, les perdantes sont là pour mettre des bâtons dans les roues. Il y a même des rumeurs de défection au niveau du CDP Houet. Le méga parti est en mouvement à Bobo et tout le monde retient son souffle. "Quand les éléphants se battent, c'est l'herbe en dessous qui souffre", dit l'adage.

Un mariage hypothéqué par un SMS
C'est l'histoire d'un fonctionnaire de la région des Cascades. Il entretient une relation amoureuse avec une demoiselle qui habite à Ouagadougou la capitale. Depuis toujours, les deux amoureux sont ensemble et ont même élaboré un projet de mariage. L'homme a été par la suite affecté à l'intérieur du pays, plus précisément dans les Cascades. Cela n'a nullement entaché leur idylle. C'était le parfait amour et tout leur entourage les admirait. Le projet de mariage prenait corps peut à petit. Leur amour grandissait de jour en jour. On les enviait partout. Les deux familles ont fait connaissance et se respectaient mutuellement.
Un jour, pendant que l'homme était au milieu de ses amis, il reçoit un "Sms" de la part de sa dulcinée. Il cessa toute conversation et lu les messages qui, en fait ne lui étaient pas destinés. C'était écrit : "Salut bébé je t'attends dans notre endroit habituel à 22 heures. Bisou". Le sang de notre homme fit un tour. Son visage devint grave. Sa copine est à Ouaga et lui dans les Cascades comment veut-elle qu'ils se rencontrent à 22 heures ? Et c'est de quel lieu habituel s'agit-il ? Il en déduit qu'il s'agit de quelqu'un d'autre et que c'est par erreur que le "Sms" lui est parvenu.
Il n'en revenait pas du tout. Il appela sa copine pour lui dire d'enlever son nom dans ses histoires de rendez-vous nocturnes puis raccrocha et ferma son portable. Il a même décidé de changer son numéro dès le lendemain pour ne plus avoir affaire à cette trompeuse. Il a beaucoup remercié le bon Dieu pour lui avoir ouvrert l'œil à temps. Mais depuis cette histoire, l'homme est très affecté. Il déprime de jour en jour. Au grin, certains pensent qu'il a vite agi sans réflexion. Pour eux, il y a forcément une explication. Il devait écouter sa copine avant de prendre toute décision. De l'autre côté, on pense que l'homme a très bien agi et qu'une telle femme n'est pas bonne pour le mariage. En tout cas les commentaires se succèdent au grin et les gens pensent que l'amour véritable est en train de disparaître. On ne peut plus faire confiance en une femme. La formule "loin des yeux mais près du cœur" n'est plus en vigueur. Quel monde !

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