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La Une du n° 604

NOUVELLES DU GRIN N°604 du 13au19 Mai 2009

Le vieux singe et le jeune morveux

Dans la nuit du jeudi 07 au vendredi 08 mai 2009, une pluie bienfaisante est venue arroser la ville de Sya. Le dimanche 10 mai, elle a récidivé. Au grin, les gens pensent que la saison des pluies est en train de se signaler et que c'est dès maintenant qu'il faut se préparer pour ceux qui veulent réussir leur campagne…
La Miss Burkina 2007, Safiatou DIAKITE, refait parler d'elle. Celle qui est devenue Madame CISSE Kalilou est une véritable femme d'affaires. Après avoir mis à la disposition des femmes de Bobo un salon de coiffure haut de gamme, la Miss "INA", comme on l'appelle affectueusement, se lance dans le maquis avec l'ouverture, le jeudi dernier, du plus grand bar climatisé de Bobo sis à la cité CAN près du siège de la SNC sur le boulevard de la Révolution. "Ibiza" c'est le nom de ce maquis, fait déjà la Une à Bobo. La promotrice a dévoilé qu'Ibiza est une île espagnole qu'elle a visitée avec son mari. C'est un endroit qui l'a beaucoup marqué voilà pourquoi elle a donné ce nom à son maquis.
A l'ouverture il y avait Cho-Cho et Oyou mais aussi l'artiste musicien Erickson le Zouglou.
Ibiza c'est un super bar climatisé mais aussi un allocodrome, une salle de répétition pour les artistes, un studio d'enregistrement…

Sortie des masques à Bobo : les jeunes en raffolent
Du 25 avril au 03 mai 2009, les masques étaient à l'honneur à Bobo à la faveur des grandes funérailles chez les Bobos Mandarai. C'est d'abord le village quartier de Dioulassoba qui a démarré les hostilités le samedi 25 avril 2009. Le regretté chef de terre Sogossira SANOU était au nombre des anciens dont on célébrait les funérailles.
Les vieux ont décidé de marquer cela par l'organisation d'une cérémonie de lancement digne de ce nom. Après le lancement, les masques sont "lâchés". Ils investissent les lieux publics. C'est la fête au village mais aussi en ville. Les jeunes gens venus de tous les secteurs de la ville convergent vers Dioulassoba. Ils s'habillent en tenue de sport, dévoilant ainsi dès le départ, leur intention d'aller provoquer les masques et les défier à la course. Le défi est vite accepté par les masques et on assiste à un véritable encombrement des voies. Les spectateurs sont là pour assister à la pourchasse qui se termine souvent par des blessures. C'est un véritable passe-temps pour la plupart des jeunes de Bobo. Toutes les couches sont concernées. Les masques ne concernent pas seulement les Bobos. Tous les enfants, les jeunes et même certains adultes se mobilisent pour le carnaval. Du samedi au jeudi, Dioulassoba était sous les rampes de l'actualité des masques bobo. A Dioulassoba et aux alentours, c'est la fête totale.
A la demande de l'imam Siaka SANOU, les masques ont accepté de clôturer le jeudi 30 avril pour permettre aux musulmans de respecter le vendredi.
Après Dioulassoba, les masques de Tounouma sont rentrés dans la danse. Les masques de Tounouma qui sont considérés comme les plus redoutables. Ils ne renoncent jamais à quelqu'un qui les aurait volontairement provoqués. Il faut que cette personne goûte au fouet.
Les connaisseurs, disons plutôt les provocateurs de masques disent que ceux de Dioulassoba sont des ambianceurs. Des masques qui comprennent qu'après tout c'est la satisfaction du public qui est recherchée. Les masques de Tounouma par contre sont des cascadeurs nés qui ont le sang chaud. Ils pourchassent souvent les gens et traversent parfois même le boulevard au niveau du "5 heures" de Farakan.
Au grin c'est le problème de masques qui a été posé. Les uns pensent que les masques font partie de notre patrimoine culturel et qu'il faut continuer à perpétrer cette tradition. Lorsque les masques apparaissent, c'est toute la ville de Sya qui vibre. C'est un véritable carnaval où des masques s'adonnent à des courses poursuites à travers la ville. Le jeu est certes dangereux, mais, les candidats sont toujours prêts à s'engager. Ils y gagnent leur plaisir.
De l'autre côté, on pense aussi que les masques doivent continuer d'exister mais qu'il faut essayer de parfaire certains aspects qui peuvent troubler par exemple la circulation. Ce n'est vraiment pas normal de voir des masques pourchasser des gens en plein boulevard. Cela donne des frissons aux adultes mais enchantent les plus jeunes.

Le vieux singe et le jeune morveux
C'est l'histoire d'un chauffeur qui travaille dans une entreprise de la place. Au quartier, tout le monde l'appelle "vieux père". On l'appelait ainsi à cause de son passé de délinquant devant les salles de cinéma de Bobo. Aujourd'hui "Vieux père" est un autre homme. Il gagne honnêtement sa vie et est bien apprécié par ses patrons.
Un jour, il se rend au grand marché de Bobo pour acheter du tissu. C'était un vendredi matin, le marché grouillait de monde. "Vieux père" est pris dans l'embouteillage du marché. Il ne pouvait plus se retourner ni avancer. C'est en ce moment précis qu'un garçonnet d'une dizaine d'années est venu se frotter à lui comme s'il ne l'avait pas vu. "Vieux père", qui n'est pas né de la dernière pluie, prit la main du petit et lui donna des conseils en ces termes :" Mon petit tu es trop "bébé" pour me faire le "pikpocket", ce que j'ai fait dans la vie tu n'es pas capable de faire le tiers. Reste tranquille et saches qu'on n'apprend pas à un vieux singe à faire la grimace". Sur ce, il lâcha la main du petit qui s'enfuit dans la nature.
"Vieux père" se débrouilla pour se frayer un chemin et atteignit les hangars de tissu. Il mit sa main dans sa poche pour enlever son portefeuille. Mais il n"y avait rien. Il se mit au sérieux pour mieux fouiller mais il n'y avait absolument rien. Il revit l'action du petit au marché et se rendit compte qu'il avait été victime de ce "bébé" qu'il a négligé. Lui, un vieux singe qui se laisse apprendre à faire la grimace par un petit morveux. Qui l'eut crut ? Le petit ne parle pas beaucoup mais il est très efficace. Le "vieux père" l'a appris à ses dépens.
Au grin, cette histoire a amusé les gens qui pensent qu'il faut toujours éviter l'excès de confiance en soi. Les petits "pikocket" d'aujourd'hui et ceux d'hier sont très différents. Pour ceux d'aujourd'hui, c'est une question de survie. Pour cela, il leur faut se battre pour pouvoir s'en sortir. Certains pensent même qu'il s'agit de pratiques mystiques et que s'il te touche, ton argent se déplace directement dans sa poche.
Mais le sage du grin pense qu'il n'en est rien. Ces enfants sont bien préparés pour soutirer l'argent de la poche des honnêtes personnes. Il ne faut surtout pas les laisser vous toucher lorsque vous avez de l'argent sur vous. Ils sont tellement habilles que les gens parlent de magie.
Depuis cette histoire, le "vieux père" s'est un peu rétracté. Il n'utilise plus son proverbe préféré qui est "on n'apprend pas à un vieux singe à faire la grimace". Tout ça à cause de la démonstration d'un jeune morveux qui n'a pas pris le temps de prononcer même pas un mot. Comme quoi "le silence est parfois plus profitable que l'abondance de paroles". A méditer.

« Le petit fâkir, toujours dispo »

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