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La Une du n° 605
ACTUALITE :N°605 du 20au26 Mai 2009

Augustin ZAGRE, Directeur commercial de la SOFITEX

"Il ne faut pas baisser les bras face à la crise"

Augustin ZAGREDans le cadre des forums de préparation de la campagne cotonnière 2009/2010, le Directeur commercial de la SOFITEX était à Gnanfongo dans le département de Péni le lundi 11 mai 2009. Augustin ZAGRE y a conduit l'équipe n°6. A la fin des débats avec les producteurs, le DC nous donne à travers cet entretien, une idée sur l'esprit de ces présents forums qui met face à face la SOFITEX et les producteurs..

Quel est le message-clé de ces présents forums ?
Augustin ZAGRE (AZ) :
Les forums sont un cadre institué depuis belle lurette. A chaque démarrage de campagne agricole il est de coutume qu'on se retrouve pour évaluer la campagne qui vient de finir et se reprojetter sur la campagne à venir.
Pour ce qui est du forum de ce jour, nous avons rappelé les résultats de la campagne. Mais le plus important ce sont les perspectives. Et là, nous avons décrit un peu l'environnement qui prévaut dans le monde et aussi la crise cotonnière qui persiste. Après avoir ainsi campé le décor, nous avons expliqué aux producteurs qu'il ne faut pas baisser les bras dans ce contexte de crise ; ceci dans la mesure où le gouvernement a voulu être sensible à la question cotonnière en consentant encore des efforts considérables et appréciables pour maintenir le prix de cession des intrants à un prix relativement abordable pour les producteurs et également pour les impayés internes qui étaient un phénomène qui minait la production. Le gouvernement a soulagé les producteurs de ces crédits internes.
Maintenant, charge aux producteurs de réagir par l'intensification et l'accroissement de leur production pour que les efforts consentis par le gouvernement ne soient pas vains.
Nous avons aussi insisté sur la nouvelle technologie que nos dirigeants, par anticipation, ont adoptée ; il s'agit du coton génétiquement modifié qui a fait ses preuves par l'amélioration des rendements.
Nous sommes passés par une démonstration qui a consisté à la comparaison du compte d'exploitation sur un hectare pour deux producteurs (un qui ferait du coton conventionnel et l'autre qui ferait du coton génétiquement modifié). Nous avons vu que la différence de dépense est de 4332 francs supérieurs pour le producteur qui ferait le coton OGM. L'espoir de revenu est de 300 kg si on part sur la base d'un producteur qui faisait à peu près une tonne. 300 kg pour un prix planché de 160F, cela p-représente quand même 48 000F de revenus à l'hectare ; sans compter que le producteur fait l'économie de la pénibilité du travail de traitement. Il est aussi à l'abri des probables accidents avec les pesticides qui peuvent constituer des éléments intoxicants par moment.
Il y a aussi une économie de temps ; parce que ce temps qu'il ne prendra pas pour traiter, il pourra l'utiliser à d'autres tâches.

La démonstration est belle mais toujours est-il que le prix du coton a baissé de 5F pour la campagne qui va démarrer…
A.Z :
Il y a une disposition conventionnelle entre nous et les producteurs. Le mécanisme de lissage qui a été signé entre l'Etat, les producteurs et les sociétés cotonnières, dispose d'un modèle économétrique qui a été élaboré par un consultant et adopté par tous. Le mécanisme de calcul des prix est connu de tous. Chacun de son côté calcule sur la base de ce mécanisme qui est conventionnel. C'est ce calcul qui intègre une moyenne des prix sur les deux années à venir. Les deux années antérieures et l'année en cours, c'est-à-dire, la moyenne centrée sur 5 ans qui fait que nous pouvons fixer aujourd'hui le prix d'achat aux producteurs sur la base de 160F en fonction des prévisions et des réalisations.

Concernant le coton OGM, est-ce que vous disposez d'assez de semences pour les mettre à la disposition des producteurs qui le souhaitent ?
A.Z :
Pour la campagne en cours, nous avons de la semence suffisamment pour couvrir 118 mille hectares. Maintenant, pour la campagne 2010-2011 nous pourrons dans une certaine mesure distribuer suffisamment pour que tout le monde soit couvert.

La nouvelle campagne est pratiquement en train de s'installer et jusqu'à présent, certains producteurs n'ont pas encore touché l'argent de leur production. Pourquoi ce retard de payement ?
A.Z :
Les payements qui avaient commencé avaient été interrompus à un moment. Mais actuellement ça reprit. Vous savez que dans un environnement de crise, les mécanismes de financement pour les sociétés cotonnières sont devenus moins fluides qu'avant. Pour le cas particulier de la SOFITEX, nous aurions dû effectivement fait de tirages pour payer rapidement les producteurs. Mais c'était des tirages suicidaires parce que ça nous obligeait à vendre notre coton à des coûts de 550F le kg en position FOB. Ce qui était vraiment suicidaire. Le déficit allait être tel que la société serait en banqueroute. Nous avons préféré adopter une position attentiste et je pense que cela a été payant puisqu'aujourd'hui, les prix ont repris un peu de couleur et nous pouvons faire des placements et procéder à des tirages sur nos lignes de financement et effectuer le payement des producteurs.o

Drissa KONE à Bobo-Dioulasso

 

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