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La Une du n° 605
:N°605 du 20au26 Mai 2009

Qui déserte les classes ?

S’il est une situation qui commence à inquiéter sérieusement les Burkinabè actuellement, c’est celle qui prévaut depuis quelques semaines à l’université de Ouagadougou. En effet, il semble qu’inexorablement et chaque jour qui passe, on s’achemine vers une année blanche, dans certains UFR ou à tout le moins une autre année compliquée. La faute à qui ?
C’est la question que l’on se pose d’emblée avec les réponses qu’on sait, chacun désignant le ou les coupables dans un procès déclaré équitable mais qu’on sait aussi uniquement à charge comme si la cause était entendue d’avance. A cet exercice chacun y va de ses clichés et de ses convictions au gré de ses opinions et de l’usage qu’il entend faire du mouvement.
Il faut dire qu’il y a longtemps qu’on n’avait pas vu pareille situation dans le Temple du savoir. Si on avait l’habitude de voir les étudiants à la manœuvre, cette fois-ci ce sont leurs enseignants qui ruent dans les brancards. C’est comme si les maîtres apprenaient de leurs élèves car le problème ce n’est pas que les enseignants se soient sentis obligés d’aller en grève, c’est d’ailleurs la mode un peu partout, ce n’est pas non plus leur fermeté dans leurs revendications, mais le vocable quelque peu décalé qu’ils usent pour se faire entendre et s’expliquer et le mode opératoire de leur action.
Du coup on s’interroge sur leur légitimité à risquer ainsi l’année universitaire, d’autant plus que leur lutte a été loin d’être vaine puisqu’ils ont réussi à faire tomber dans leurs scarcelles quelques espèces sonnantes et trébuchantes (au total 1 milliard 39 millions de FCFA) qu’ils n’avaient pas pu avoir autrement. En plus ils ont eu des propositions de nouvelles indemnités qui, si elles ne correspondent pas à leurs exigences, sont néanmoins consistantes. Est-ce ce succès qui les a poussés, par stratégie, à vouloir plus ? Ce serait de bonne guerre et on peut difficilement leur faire le reproche de vouloir profiter de leur avantage. Mais maintenant que les choses se corsent sérieusement, ne vaudrait-il pas mieux prendre rendez-vous avec l’avenir ?
Il est vrai que comparaison n’est pas raison, mais l’exemple des travailleurs de Total qui ont repris le travail le lundi sans leur délégué-porte parole en se promettant de continuer la lutte pour sa réintégration sous d’autres formes nous paraît d’une telle pertinence que nos professeurs d’université ne devraient pas avoir de honte à le copier. Surtout qu’ils copient déjà très mal leurs étudiants en déclenchant une grève illimitée en tout début de négociations, et en dépit des concessions majeures de la partie adverse. Que vont-ils faire maintenant ? Mystère et boule de gomme.
Le temps est compté. Des décisions doivent être prises urgemment. En toute responsabilité car, au bilan, l’opinion publique situera les responsabilités. Et enseignants, étudiants et populations savent qui déserte les classes.o.

Par Faèz

 

 

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