[Actualité] - [Annonces] - [Archives]
La Une du n° 606
RETRO-SPORTS ::N°606 du 27 Mai au 02 juin 2009

"3 femmes, 1 village"

La nouvelle comédie de Kadi Jolie

Ça tourne dans le village de Guiloungou à la lisière de Ziniaré sur la route de Zitenga. La réalisatrice, Aminata DIALLO GLEZ et son équipe sont sur le plateau de tournage du film "3 femmes, 1 village" depuis début mai. Ce village-là, c'est Kikideni aux confins de la savane. Comme le titre du film ne l'indique pas, Aminata DIALLO dite Kadi Jolie est depuis le 6 mai derrière la camera pour réaliser en fait la deuxième saison de "3 hommes, 1 village".
Les mêmes personnages se retrouvent dans le même décor avec les mêmes airs burlesques. Mais seulement à Kikideni, la vie semble cette fois se mener autrement. La phallocratie outrancière dans "3 hommes, 1 village" sera subtilement combattue dans "3 femmes, 1 village".
Cette nouvelle série comique de 36 épisodes de 26 mn remet en scène le chef du village, ladji, et le curé qui ne cessent de se livrer à des bagarres futiles, de s'adonner à des connivences et tout cela parce que "malmenés" par trois femmes dont deux sont épouses de ladji et l'autre celle du chef. Il s'agit cette fois pour ces femmes, Téné, Marie et Bibata, de prendre les devants dans le foyer. Surtout quand il s'agit de devoir conjugal. Cette idée révolutionnaire est inculquée par Laetitia, l'institutrice de l'école primaire de Kikideni venue de la ville avec une mentalité qui bouleverse les idées reçues dans nos villages où la femme est toujours reléguée au dernier plan. Femme de caractère, elle parvient avec ses atouts à soustraire les trois épouses les plus en vue au village de la soumission.
La réalisatrice, qui joue d'ailleurs le rôle de la deuxième épouse de ladji, précise que cette nouvelle série "3 femmes, 1 village est en fait un spin-off de la première, une occasion de diffuser à nouveau la joyeuse énergie de ces personnages tout en adoptant un point de vue légèrement différent : celui des femmes qui mènent discrètement la danse, c'est le plus souvent le cas en Afrique qu'on ne le croit. Téné, Marie et Laetitia deviennent les véritables protagonistes des différentes péripéties. Dans la nouvelle dramaturgie, les hommes deviennent de modestes faire-valoir". Le scénario peut laisser apparaître une cohabitation à toute épreuve. Musulman, catholique et traditionaliste se côtoient et honni qui mal y pense, la seconde épouse de ladji n'est autre, qu'une catholique.

C'est un film sur l'importance de l'émancipation de la femme sous l'angle humoristique que veut livrer la réalisatrice aux cinéphiles d'ici début 2010 avec des acteurs bien connus dans leurs talents de comédiens. On retrouve Odile YONI (Téné, 1ère épouse de ladji) Aminata DIALLO GLEZ (Marie, 2e épouse de ladji), Sarata TRAORE (Bibata, épouse du chef), Rasmané OUEDRAOGO (ladji), Ildévert MEDA (le curé), Alidou SAWADOGO (le chef), Leila TALL (Laetitia, institutrice). L'équipe de tournage composée d'une quarantaine de personnes s'affaire au rythme de trois épisodes par semaine grâce à la parfaite ambiance qui prévaut sur le plateau.o

Drissa TRAORE

Dambé
Salia danse sa vie

Salia SANOU, danseur et chorégraphe burkinabè a livré le cru de sa dernière création le vendredi 21 mai dernier au CDC la termitière. Dambé, c’est le titre de la création où le chorégraphe danse sa vie, son parcours. Ce n’est pas sa biographie, mais cette création retrace sa vie, son parcours, son destin de danseur. De l’émotion, il en partage sur scène avec Mathé KEITA du groupe Kotéba de la Côte d’Ivoire.

Legma est un village situé à l’Ouest du Burkina. Son originalité, il est situé sur un terrain latéritique. Si fait que, tout, dans ce village, est latéritique.  Concessions, greniers, et même les autels des fétiches, etc. Mieux, les activités, la vie des habitants de Legma sont fortement liées à ces pierres. L’autre exception de Legma, c’est qu’il a vu naître le chorégraphe Salia SANOU. Alors, quand celui-ci décide de danser sa vie sur scène, Legma ne pouvait être occulté, puisque tout est parti de ce village.  La scène est parsemée de pierres. A l’autre bout, une colonne de pierres. Est-ce un fétiche ? Puis une femme à la voix suave fait son apparition. C’est Mathé KEÏTA l’instrument awoko en main, chante. Elle s’assoit au milieu du public, puis monte sur scène.  A ce moment précis, elle scande et Salia apparaît. Une grosse pierre sur la tête, il avance au rythme de la voix de la griotte qui parle de souffrance, de travail, de courage. Plus elle monte en éloges, plus Salia accélère son rythme, ses pas de danse. Cette pierre sur la tête, est-ce le poids de la vie ? Ses souffrances ? Ses difficultés ? Et Salia abandonne la pierre, et entre dans un nouveau registre dans lequel on perd le fil de la chorégraphie. Mais en réalité, le spectacle commence dès l’entrée de la cour où sont projetées sur le grand mur, des scènes de vie au quotidien filmées à Legma et dans plusieurs autres localités du pays. La musique et les sons qui accompagnent le danseur sur scène sont originaux. Ils sont tirés des scènes de vie filmées à Legma. Comme d’habitude, Salia déroule ses performances de danseur. Certains gestes, certains pas qui sont propres à l’artiste vous font revivre des créations comme poussière de sang etc.  Après le spectacle, Salia convie les spectateurs à partager leur vision, leurs sentiments, bref leurs regards sur le spectacle. « J’ai voulu partager avec le public ma vie, mon parcours. Un parcours qui a débuté dans mon village Dambé retrace mon parcours artistique, d’artiste et de chorégraphe.…»
Dans leur grande majorité les spectateurs ont apprécié positivement le spectacle. «Salia nous a montrés une fois de plus qu’il est un formidable danseur, qu’il maîtrise son sujet. Il a été exceptionnel sur scène. Mais je dois dire qu’à un moment du spectacle, on perd le fil conducteur du spectacle.» Confie une spectatrice. Pour ce spectateur «J’avoue que Mathé vient apporter avec sa voix une certaine candeur, une certaine pureté du spectacle et sa voix fait vivre. Sa voix suave apporte la joie au spectacle » 
Deux mois, c’est le temps que Salia SANOU, chorégraphe et danseur burkinabè a pris pour mettre en œuvre sa dernière création. Un solo dansé avec une chanteuse sur la scène. C’est un spectacle dont la scénographie sonore a été assurée par Yves GERMAIN et la lumière par Eric WURTZ. Le spectacle doit être peaufiné en France dans les semaines à venir.o

Frédéric ILBOUDO

Musique

 

 

 

 

Haut

INFOS FLASH
LES MEDIAS DU FASO
LES DOSSIERS
index.gif
 
ZEDCOM © 2008 Tous droits réservé