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La Une du n° 606
:N°606 du 27 Mai au 02 juin 2009

Lutte contre l’excision : L’appel de Kaya

«Les mutilations génitales féminines sont une grave violation des droits fondamentaux garantis par la Constitution. La suppression de cette pratique odieuse et discriminatoire est un impératif pour l’amélioration de la santé maternelle, la promotion de l’égalité des sexes et la réduction de la mortalité infantile.
J’invite les populations du Burkina Faso à opérer de véritables changements de mentalités et à se libérer des pesanteurs et des traditions avilissantes pour la femme.
Les mutilations génitales féminines compromettent l'avenir de la femme et hypothèquent du même coup, notre marche vers un développement humain durable.
Les raisons évoquées pour cette pratique traditionnelle néfaste sont infondées au regard des résultats des recherches scientifiques, et de l’absence de sa prescription dans les Saintes écritures.
Il apparait urgent de nous mobiliser afin d’agir pour conférer à la femme toute sa dignité (…).
A cet effet, je lance un appel à la mobilisation de tous afin de parvenir à la Tolérance Zéro aux mutilations génitales féminines d’ici à 2015.
J’invite particulièrement le Gouvernement, l’ensemble des institutions républicaines, les collectivités locales, les ONG, la classe politique, la société civile, les opérateurs économiques, les producteurs et productrices du monde rural, les artistes, les hommes de culture, les associations de jeunes, de femmes, les militaires  et  paramilitaires, les communautés religieuses et coutumières, bref,  le peuple burkinabè tout entier à s’impliquer activement dans cette lutte en vue d’enrayer la pratique de l’excision dans notre pays.
Les mesures et objectifs suivants s’inscrivent comme des priorités   :
1 - L’adoption et la mise en œuvre d’un Plan d’Action National 2009-2013 de promotion de l’élimination des mutilations génitales féminines. A ce titre, l’organisation et l’appropriation de la lutte contre ce phénomène par l’ensemble des populations burkinabè sont une exigence. 
2 - La réactivation de la coopération transfrontalière en matière de lutte contre les mutilations génitales féminines.
3 -  La commémoration de la journée du 18 mai comme journée nationale de lutte contre la pratique de l’excision. (…).
Je compte sur l’ensemble des citoyens et le soutien des amis du Burkina Faso pour débarrasser notre pays de toutes les formes de violences faites aux femmes, notamment les mutilations génitales féminines qui constituent un véritable frein au développement harmonieux de notre société.
Il est temps d’agir et chacun peut faire quelque chose.»

Sans commentaire ; pourrait-on dire ! Loin des satyres de ses contempteurs et des billevesées servies en guise d’analyse voire de prospective, le Président Blaise COMPAORE était à côté des femmes à Kaya le 25 mai dernier pour donner un tournant décisif à la lutte contre les violences faites aux femmes, particulièrement l’excision. S’il fallait un acte majeur, et il en fallait, pour donner un véritable coup d’accélérateur à cette lutte dans laquelle notre pays a déjà fait d’énormes progrès, et bien on ne pouvait pas espérer mieux ! Que chacun écoute et se mette au travail. Nos enfants, nos sœurs, nos épouses, les générations à venir le méritent.o.

 

 

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