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La Une du n° 608

NOUVELLES DU GRIN :N°608 du 10 au 16 juin 2009

C'est Dieu qui protège les pauvres talibés

Le manque de pluie commence à inquiéter sérieusement. Partout, c'est le sujet phare qui préoccupe tout le monde. La pluie est rare et la chaleur est intense. Même pas le moindre signe annonciateur d'une pluie à l’horizon. C'est un peu le calme plat et personne ne s'emeut. Les paysans, comme toujours, attendent avec leurs semences. On attend toujours ; le temps, lui, s'écoule lentement mais sûrement. Il y a un temps pour tout. Il y a un temps pour semer et un temps pour récolter. Maintenant c'est le temps de semer et il n'y a pas de pluie. Dans ces conditions, le temps des récoltes est compromis d'avance.
Les regards sont tournés vers les religieux. Il faut des séances spéciales de prières dans les mosquées, les églises et les temples. N'oublions pas aussi nos grands parents qui sont les gardiens de la tradition et des coutumes. Tous doivent se mobiliser pour trouver une solution. La météo est pessimiste sur toute la ligne en ce qui concerne la pluviométrie dans la zone du CILSS. Mais cela ne doit pas nous faire baisser les bras.
Il faut davantage maîtriser les techniques de gestion de l'eau. Le peu d'eau que nous recevons doit être géré avec beaucoup de parcimonie.
Au grin, les gens pensent que l'action de l'homme sur l'environnement est devenue aujourd'hui pénible à supporter. La pollution, l'émission des gaz nocifs etc. entraînent chaque jour la décadence de la planète terre. Elles est presque dépassée par les évènements. Disons que la TERRE n'en peut plus. Mais puisque la foi est plus forte et que les gens sont croyants, on espère que la pluie sera au rendez-vous tôt ou tard.
C'est vrai que les hommes ont commis de pires péchés susceptibles de mettre Dieu le Père dans tous ses états, mais après tout c'est encore vers lui qu'on se retourne pour demander de nous pardonner "comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés". C'est là tout le secret de l'humanité que les Hommes ont du mal à adopter. "Celui qui voilera les défauts des autres, Dieu voilera ses propres défauts". C'est dans l'union des cœurs que jaillit le bonheur.

Match Etalons-Eléphants : chacun tient son destin en main
La victoire des Etalons enregistrée au Malawi (1-0) a été très bien accueillie au grin et largement commentée.
La bande à Paolo DUARTE est désormais dans la cour des grands. C'est une équipe superbe qui n'a pas fini de surprendre. Depuis le début des éliminatoires jusqu'à cette phase, c'est le buteur-maison des Etalons qui occupe la tête des meilleurs buteurs. Moumouni DAGANO est un élément incontournable au sein de l'attaque burkinabè. C'est la joie totale au pays et tout le monde est fier des Etalons.
Certains supporteurs du grin qui ne jurent que par les Etalons avaient souhaité que le Syli national de Guinée batte la Côte d'Ivoire ou que le match se solde par un nul afin de permettre aux Etalons de s'installer seuls sur le fauteuil de leader. Finalement ce sont les Ivoiriens qui ont gagné (2-1) à Conacry. Les Eléphants sont donc en tête avec 6 points et une différence de but de (+6). Les Etalons suivent de près avec le même nombre de points mais une différence de but de (+3). Qu'à cela ne tienne, une 2e catégorie de personnes pense que les Etalons n'ont pas à suivre le rythme de la Côte d'Ivoire.
"C'est chacun dans son chacun". Il ne faut pas que notre équipe compte sur une autre équipe pour aller à la coupe du monde. Les Etalons ne doivent compter que sur eux-mêmes. Le 20 juin prochain, nos vaillants Etalons auront l'occasion de se mesurer au pachyderme ivoirien. C'est ce jour-là qu'on attend de voir le vrai visage des Etalons du Burkina.
Si notre équipe veut aller à la coupe du monde, c'est à travers cette rencontre capitale qu'on la jugera. L'essentiel c'est de mettre à l'idée que chacun doit gagner chez lui à domicile. Les Eléphants sont les supers favoris, c'est vrai, mais, le ballon est rond pour tout le monde. Le Burkina doit s'accrocher dur jusqu'au bout. La première coupe du monde en Afrique est un événement tellement grandiose que tous les pays africains se bousculent pour faire partir des élus du pays de Jacob ZUMA.
Les relations entre la Côte d'Ivoire et le Burkina sont on ne peut, plus excellentes. C'est cette période que le sort a choisi de les opposer en football. Un match que d'aucuns redoutent à cause de l'enjeu qu'il suscite.
Le sport est un facteur de rapprochement entre les peuples. Mais le match Etalons contre Eléphants de Côte d'Ivoire du 20 juin s'annonce comme un match à risque. Dans l'esprit de certains supporteurs ivoiriens, il n'y a pas match, la victoire c'est pour Didier DROGBA et ses camarades. Ils comptent sur la valeur intrinsèque de chacun des joueurs ivoiriens individuellement pris par rapport à ceux des Etalons.
Mais en football, il n'y a pas de logique. Le résultat ne se dégage qu'à l'issue de 90 minutes d'explication sur le terrain.
Il faut seulement savoir être fair-play. C'est ce qu'on demande à tous les acteurs de cette double confrontation. Le sage du grin souhaite que les supporteurs burkinabè soient très attentifs vis-à-vis de leurs collègues ivoiriens.
Si vous voulez qu'on vous fasse du bien, il faut le faire aux autres d'abord. De toutes les façons les supporteurs burkinabè n'ont pas une mauvaise presse en Afrique. Les Etalons attendent de pied ferme les Eléphants à Ouaga. Les Eléphants le savent. C'est le match des grands de la poule E. Retenons notre souffle et prions pour les Etalons qui n'ont pas fini de nous étonner.
Au grin, les Etalons sont largement félicités. Ils font vivre de meilleurs moments aux supporteurs burkinabè. L'entraîneur Paolo DUARTE qui est à l'origine de cette belle chevauchée vient d'être enrôlé par de club de ligue 1 française le Mans FC. Le championnat français démarre en août. Paolo DUARTE pense qu'il peut gérer les Etalons et ce club en même temps. On attend de voir comment il va faire. Ils sont très nombreux ceux qui pensent que le Burkina a perdu son meilleur entraîneur Le contrat qui le lie à la Fédération court jusqu'en mars 2010. Après cette date le Portugais va-t-il renouveler son contrat ? Seul Dieu le sait.
A moins qu'une fois en France, il ne soit pas performant comme il l'était avec les Etalons. Si au bout de 10 journées de compétition en France son équipe a 10 défaites alors il perdra certainement sa place. Le Burkina sera là pour le consoler et le ramener à la maison.

C'est Dieu qui protège les pauvres talibets
Le phénomène des talibets, qu'on appelle aussi "garibous" est vieux comme le monde. La preuve nous a été donnée au grin par un ladji, aujourd'hui grand opérateur économique. Ce ladji en question, après avoir pris le bon premier du thé s'est mis à se dévoiler. C'est ainsi qu'il nous apprendra qu'il a lui-même été talibet. A l'époque, les parents envoyaient leurs enfants chez des maîtres qui étaient chargés de les éduquer. Ces derniers forgeaient en eux des hommes endurcis par les épreuves de la vie. Très tôt et très jeunes vous allez à l'école de la mendicité. Pour voir comment réagissent les nantis face à des non nantis. Aujourd'hui notre ladji est un grand commerçant qui sillonne fréquemment les pays d'Asie qui émergent ces temps-ci. Indonésie, Thaïlande, Chine, Dubaï… Mais il n'a jamais fait un jour d'école. Il a fait l'école coranique. A ce titre, il a été honnête en reconnaissant qu'il a lui-même été un garibou dans sa vie.
Le marabout avait expliqué à son père que de cette façon son enfant apprendra à maîtriser certains rouages de la vie. Il faut que l'enfant souffre énormément avant d'avoir gain de cause. C'est l'époque des grandes compétences… pas de place pour les médiocres. Un jour, raconte ladji, alors qu'ils étaient en train de mendier, ils furent interpellés par une femme qui souhaite leur donner du lait et des galettes. Elle fit venir les talibets et les positionna au salon en attendant qu'on en finisse avec le lait et les galettes. Le temps passait, toujours rien. L'un des talibets fit un tour vers le couloir où se trouvait la famille autour d'une vieille femme assise dans une grande cuvette. C'est une malade qu'on était en train de laver avec du lait et qu'on essuyait le corps avec les galettes.
Le talibet qui a fait un tour a surpris cette scène. Il a failli en mourir. Il est allé mettre en garde les autres de ce qu'il a vu. Ils ont fait comme s’il n'y avait rien. La bonne dame est venue avec le lait contenant les galettes pour leur verser dans leurs boîtes. Chacun en a eu suffisamment dans sa boîte. Mais une fois devant le portail de la cour, ils ont reversé tout le lait et galettes avant de disparaître.
Aujourd'hui, ladji dit que pour rien au monde son enfant ne va mendier. Si c'est ce qu'il doit faire pour connaître le monde, il ne le connaîtra jamais, a-t-il lancé ce jour-là au grin. Il pense que c'est le bon Dieu qui sauve les talibets sinon les donateurs ne sont pas toujours de bonne foi. Ils pensent peut-être que les talibets sont des sous-hommes, des misérables… alors qu'en réalité ils ne sont pas tous des enfants de pauvres. Il existe des petits talibets qu'on rencontre en ville, souffrant alors que leurs parents sont de grands éleveurs, d’autres se trouvent être parmi les plus riches de la région. C'est une des raisons qui peut provoquer la colère sur ceux partisans de l'école coranique. Dans un monde où l'argent est roi, les talibets apparaissent comme des miséreux qui ne méritent pas de respect, alors qu’ils sont des enfants en quête d’une bonne éducation, et d’un savoir.

« Le petit fâkir, toujours dispo »

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