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La Une du n° 608
:N°608 du 10 au 16 juin 2009

Se prémunir contre tout syndrome

Annoncée au départ comme une rumeur, la mort du président El hadj Omar Odimba BONGO a été finalement confirmée dans l’après-midi du lundi 8 juin, jetant ainsi le Gabon dans un deuil de 30 jours décrété par les autorités.
Cette disparition du doyen des chefs d’Etat africains et principal pilier de la Françafrique, assez douloureuse pour les Gabonais, suscite de nombreuses supputations autour de sa succession. Ainsi, aux hypothèses d’une succession du père au fils s’ajoutent celle d’une transition démocratique normale mais aussi celle d’une éventuelle intrusion de l’Armée. Et tout ça, la France avec. Pour l’heure, les Gabonais sont en train de faire mentir tous ceux qui avaient prédit dans l’immédiat un scénario catastrophe avec une guerre de succession ouverte dès l’annonce du décès de celui qui aura fait près de 42 ans au pouvoir. En tout cas, le Gabon ne s’est pas encore fait gagner par le syndrome togolais en refusant de s’asseoir sur la légalité constitutionnelle.
L’intérim du pouvoir, pour le moment, assuré par la présidente du Sénat, Victoire Lasseny DUBOZE, en vertu des règles constitutionnelles, peut donner à espérer pour une transition apaisée. C’est bien une réalité que le Gabon est à la croisée des chemins. Comme ça été le cas en Côte d’Ivoire ou au Togo, pour ne citer que ces exemples, la succession d’un chef de l’Etat qui a passé une quarantaine d’années au pouvoir n’est pas du tout simple à résoudre. C’est en tout cas ce qu’affirment certains observateurs, même si jusque-là personne n’a démontré la preuve par le contraire. C’est davantage compliqué quand le défunt n’a pas « fabriqué » de dauphin. Lorsqu’elle est mal gérée, le pays facilement bascule dans un cycle de violences ethnico-politiques.
Comme on peut l’espérer, le salut du Gabon viendra de l’organisation d’élections transparentes tout en se prémunant contre les exclusions de type TSF Tout Sauf le Fils) ou tout sauf untel. Ce qui revient à dire qu’il ne faudrait pas du coup diaboliser le processus démocratique gabonais au cas où un des enfants de BONGO se porterait candidat. Dans la même logique, il faudrait éviter de mettre à la touche un cacique du régime qui vendrait à s’illustrer comme prétendant au fauteuil présidentiel. Quoi qu’on dise, l’avenir du Gabon est dans la main du peuple gabonais.
C’est à lui seul de décider qui le gouvernera. Et la chance qu’un des enfants accède au pouvoir par le jeu démocratique dépend de l’appréciation que les Gabonais ont de la gestion des 40 ans du pouvoir du « vieux ». Par ailleurs celui qui voudrait succéder au père devrait bien analyser ce qu’il a su faire de sa parcelle de pouvoir en terme d’assise populaire ou d’influence. Il est même une possibilité qu’aucun enfant de BONGO ne veuille lui succéder. Tout peut se jouer dans un accord de principe de la protection de la famille et de ses biens. A ce qu’on dit du défunt, ses largesses et son art à un équilibre ethnique dans la gestion du pouvoir, tout est possible. On n’en voudrait peut-être pas à sa famille. Toujours est-il que le Gabon est bien capable d’une transition démocratique dans les règles de l’art. C’est le moindre mal qu’on lui souhaite.o.

Par Samba

 

 

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