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Une 609
La Une du n° 609

Retro-Rétro – Gouvernance: N°609 du 17 au 23 juin 2009

Tertius ZONGO

Il faut féliciter les gens de la SONABEL…"

Le face-à-face annuel entre M. le Premier ministre Tertius ZONGO et les journalistes de la presse nationale et internationale a duré plus de 3 heures. Tertius ZONGO comme d'habitude s'est voulu "franc et direct".
Toutes les questions ont eu leur réponse avec en filigrane des convictions qui, si elles sont partagées augureront, sans doute, des lendemains meilleurs pour "votre maison commune".
Nous vous proposons quelques extraits des "questions-réponses". Vous remarquerez que les réponses sont dépouillées de langue de bois..

Sébastien DAYAMBA, DG de COTECNA et son équipe ont reçu les encouragements du Premier ministreLe riz est toujours importé alors qu'on a le riz local. Que fait le gouvernement pour inciter les gens à la consommation du riz national ?
"Notre riz est le meilleur"

La centrale thermique de KossodoCe qui me semble important, c'est qu'on comprenne que c'est une approche de toute la filière. Pour qu'on consomme local, il faut d'abord que le produit existe, c'est important. Cette année, il faut le reconnaître, il y a du riz. Les paysans ont cultivé du riz. Une fois qu'il existe, qu'est-ce que nous faisons pour sa promotion ? La promotion du riz local, ce n'est pas seulement l'affaire du gouvernement. C'est aussi le privé qui le vend. Qu'il ne sache pas vendre seulement le riz importé, qu'il sache vendre aussi le riz local. Il faut donc qu'on ait une approche professionnelle.
Nous avons rencontré tous ceux qui vendent le riz. Nous leur avons dit notre souhait. Pour que ce riz soit vendu il faut qu'il soit bien présenté (décortiqué, en sachet, bien emballé…). Nous avons encouragé cette pratique avec la coopération taiwanaise. Nous avons aujourd'hui des privés qui présentent bien leur riz dans des sacs de 5kg… Il faut avoir cette approche marketing. Le privé a donc son rôle à jouer. S'il est d'accord pour vendre le riz, il y a un élément qui dépend du gouvernement : c'est comment réguler le marché du riz. On ne peut pas dire aux gens de vendre le riz local lorsque le gouvernement ferme les yeux sur l'importation du riz. Et je dois dire qu'au niveau de l'agriculture, au niveau du ministère du Commerce, il y a des concertations qui nous permettent de savoir les quantités de riz qui rentrent et les quantités de la production locale. Il y a un troisième élément, plus profond et qui est dans la "tête" des gens. Comment faire comprendre aux gens qui avaient l'habitude de manger le riz importé, que le riz local est meilleur ? A ce niveau le gouvernement doit jouer sa partition et je crois que les autres acteurs doivent faire leur partition. Vous nous avez vu organiser à la Maison du peuple cette journée de promotion du riz local. On a vu tout ce qu'on peut faire avec le riz local. On peut faire beaucoup de choses. Il faut que nous soyons convaincue que notre riz est bon. En dernière analyse, il est de meilleure qualité pour notre santé.
Les gens disent que le riz local est bien ; mais il n'enfle pas. Est-ce que les gens savent pourquoi le riz importé s'enfle. Les riz importés sont des riz de 3 ans, 4 ans. Des riz qui ont perdu toutes leurs qualités nutritionnelles tellement fatigués et quand ils se trouvent dans l'eau ils en boivent tellement qu'ils s'enflent! Le riz importé, c'est du riz fatigué. Il faut qu'on donne l'information aux gens. C'est du riz qui a été traité avec des produits chimiques pendant plusieurs années… Quelle est son incidence sur la santé des gens ? je ne suis pas en train de soulever des polémiques. Mais je veux simplement dire que notre riz est le meilleur…

A propos de la SONABEL et ses délestages ?
"Il faut commencer par féliciter les agents de la SONABEL"
Je pense qu'il faut qu'on soit honnête dans nos approches. Aujourd'hui, il faut qu'on commence par féliciter les agents de la SONABEL pour le travail qu'ils ont fait. Je le dis parce que autour de cette table, je sais qu'il y a beaucoup de gens qui ont voyagé. Comparaisons n'est pas raison… Je vous assure que tous ceux qui viennent au Burkina se demandent comment on arrive à avoir l'électricité. Il y a des pays où les gens n'arrivent même pas à avoir 2 heures d'électricité. Je ne veux pas dire qu'il faut tomber dans la médiocrité. C'est pour vous dire que ces agents de la SONABEL ont un savoir-faire, un patriotisme et un engagement ; ils ont fait leur travail. Vous avez posé des questions de fond.
Nous disons que l'électricité fait partie des facteurs du bien-être. Il n'y a pas de doute. Vous ne pouvez pas parler de lutte contre la pauvreté, de création de richesses sans parler d'électricité. L'électricité doit être en ville et en campagne par conséquent, l'approche du gouvernement c'est l'électricité en ville et l'électrification rurale. Il y a donc une politique en matière d'énergie qui a deux volets : Les centres urbains et les centres ruraux.
Dans les grands centres, ils y a une demande solvable, la SONABEL s'en occupe. L'électricité est un élément de compétitivité de l'économie… Et la politique actuelle c'est l'interconnexion avec la Côte d'Ivoire et le Ghana. Lorsque cette électricité arrivera,nous allons voir comment elle aura un impact sur le coût de sortie, mais prioritairement sur les industries… Il y a quelqu'un qui a parlé de libéralisation. Je ne sais pas si c'est parce qu'on ne communique pas ou que c'est parce que les gens ne lisent pas : Dans ce pays, l'Assemblée nationale a adopté une loi pour la libéralisation de la production de l'énergie… Vous avez aussi parlé de sources alternatives. Je sais que vous avez entendu la délibération en Conseil des ministres pour la première fois, on va construire une centrale solaire. Une centrale solaire de 20 mégawatts sera la plus grande centrale solaire. Nous nous sommes engagés, nous allons tenter cette expérience. C'est vous dire qu'il y a de l'anticipation, le gouvernement sait où il va et il se donne les moyens. Des efforts sont également faits au niveau de l'électrification rurale. Nous apportons des subventions importantes pour les délestages, c'est vrai… Il faut la compréhension des gens et je pense que la SONABEL a communiqué. Ce qui est important pour moi est de savoir quel a été le temps de réaction de la SONABEL quand ses groupes sont tombés en panne. Nous avons eu des réunions avec la SONABEL. Elle a actuellement 9 milliards immobilisés en pièces de rechange. C'est de l'investissement posé. Est-ce qu'on peut faire plus que ça ?
C'est vrai il faut critiquer. Mais en critiquant, on doit avoir un recul pour se demander qu'est-ce que j'allais faire si j'étais dans la situation.
Ils (responsables de la SONABEL) ont donc pris l'avion pour le Danemark et ils ont ramené ces pièces. Le deuxième groupe est en fonctionnement depuis samedi nuit. L'autre groupe est terminé et ils sont en train de faire les tests. Pour moi, ce qui est important c'est la capacité de réponse… On a parlé aussi de la SONABHY. Ce problème à ce niveau, ce n'est pas la disponibilité du stock. Elle a des stocks. Mais elle a un problème de transporteurs.
Le problème est que vous avez des transporteurs burkinabè d'hydrocarbures qui transportent aussi pour la zone Nord de la Côte d'Ivoire, ce n'est un secret pour personne ce sont des transporteurs… A ce niveau les contraintes ne sont pas les mêmes qu'au niveau de la SONABHY où ils doivent payer l'import et on retenait sur leurs factures 5%. On a eu des réunions avec le secteur privé et nous avons allégé à 3%. Peut-être qu'il faut revoir les délais de payement… Mais je dois dire que le Directeur général de la SONABHY a rencontré l'OTRAF et ils se sont engagés…

Vous avez promis l'année dernière de rencontrer le Directeur général de COTECNA par rapport à certaines pratiques dans sa société. Qu'en est-il aujourd'hui ?
Juste après la conférence de presse de l'année dernière, j'ai convoqué le Directeur général de COTECNA et je lui ai dit ce que pense. Lui-même il sait que ce que j'ai dit était vrai. Aujourd'hui, ils ont changé. Mais, on a encore d'autres problèmes : la semaine dernière, j'ai convoqué les Directeurs généraux des douanes, du CBC et le ministre du Commerce. Alors, il faut que les commerçants soient situés sur ce que font ces structures maintenant. A Lomé, ils mettent 50 ou 60 tonnes dans leurs camions. Ils arrivent vers Ouaga, ils garent leurs camions, ils déchargent 30 ou 40 tonnes… Ils n'amènent par exemple que 7 tonnes à la douane et avec des complicités des services. Le papier de 50 ou 60 tonnes est changé vers la frontière pour dire que c'est 5 tonnes. Ils arrivent à la douane, ils présentent, le papier est bon et ils continuent leur route. Le CBC contrôle tous les embarquements et tous les débarquements aux ports.
Alors, à partir de la semaine prochaine, je veux que ce soit clair, ce n'est plus le commerçant qui va venir dire ce qu'il a transporté. Le CBC a un fichier où il sait dans chaque camion combien de tonnes ont été embarqués. La douane va rentrer directement dans le système du CBC et saura le tonnage du commerçant depuis le port. On va maintenant établir une liste de commerçants indélicats. Deuxièmement, à l'endroit des agents des ministères qu'est-ce que les gens font ? Pour éviter COTECNA maintenant, quand vous voulez importer vous faites ce qu'on appelle une déclaration préalable à l'importation (DPI) et c'est délivré par le ministère du Commerce et vous êtes obligé de donner la facture de celui qui doit vous envoyer la marchandise. A ce niveau, il dit qu'il veut importer 100 tonnes. Le même commerçant revient voir l'agent qui délivre les DPI et lui demande de lui délivrer une DPI de 10 tonnes et avec une facture de 10 tonnes. Quand il importe, il importe 100 tonnes effectivement, COTECNA contrôle 100 tonnes à l'embarquement. Mais le commerçant a un autre DPI qui dit que c'est 10 tonnes… Le commerçant fait établir par les agents de COTECNA au Ghana ou à Lomé et il arrive au Burkina avec un papier de COTECNA, 10 tonnes. Alors que c'est 100 tonnes qu'il a importés!
Et ce sont des agents de notre Administration qui délivrent ces 2,3 ou 4 DPI. On va changer tout le système. Il faut que ces commerçants sachent qu'on est au courant. Donc au niveau de COTECNA les choses se sont améliorés, mais les gens ont trouvé d'autres astuces. Tous les agents ou commerçants indélicats qu'on va prendre feront l'objet d'une liste noire de commerçants. COTECNA local fait bien son travail et avec la douane, ils font du bon travail. Mais actuellement, il y a certains douaniers qui acceptent faire des dédouanements de marchandises sans attestation COTECNA. Aucun douanier ne doit accepter dédouaner une marchandise où il n'y a pas l'attestation COTECNA….o

Ben Alex Béogo

Tertius ZONGO convainc-t-il les Burkinabè ?

L’an 2 de son gouvernement consommé, Tertius ZONGO est est allé au-devant des Burkinabè, à travers la presse, pour expliquer ses actions et les résultats auxquels il est parvenu. L'exercice a été fort bien suivi mais l'homme a-t-il vraiment convaincu ? .

Tertius ZONGO et son équipe doivent faire encore plus pour que les 13 millions d’âmes dont ils ont la charge puissent être satisfaits du minimumEn un peu plus de 730 jours de charge, Tertius ZONGO a agi. Et à chaque étape, il s’est expliqué devant les Burkinabè. Malgré le contexte difficile dans lequel se déroule son action, on le sent déterminé à faire bouger les choses. En deux années d’exercice, l’exigence de compte rendu est respectée. Tertius ZONGO a tenté, en trois heures trente minutes d’horloge, sans un seul verre d’eau, de convaincre ses concitoyens. Ces sorties médiatiques démontrent et confirment, si besoin en était, que l’homme maîtrise ses dossiers. Fidèle à ses principes, le PM a donné sa lecture du progrès enregistré par le pays en deux années en scrutant quatre secteurs : l’économique, le politique, le social et les relations du Burkina avec le reste du monde, autrement dit sa diplomatie. C’est certain, tous les Burkinabè ne vivent pas les mêmes réalités et, de ce fait, n’appréhendent pas l’intervention du chef du gouvernement de la même manière. Chacun en a fait sa lecture ; mais comme il l’a lui-même dit : « Un nouveau Burkina en progrès continu est réalisable, si nous prenons toute la décision de nous débarrasser de nos paresses et de nos égoïsmes individuels pour une mobilisation effective et totale autour de cet objectif commun. » Tertius ZONGO n’a pas fait que peindre le Burkina en rose. Là où des efforts ont été faits et qu’il y a motif de satisfaction, il l'a souligné. C’est le cas par exemple des actions mises en œuvre pour booster la production agricole. Une priorité affirmée qui s’est traduite, en sus des actions classiques, pour la campagne 2008-2009 par divers appuis directs aux profits des producteurs et qui ont permis d'atteindre 4 200 000tonnes de céréales dégageant un excédent de 713 000 tonnes. C’est le cas également au niveau de l’éducation où les différents ordres du système ont connu un essor appréciable consécutif à la mise en œuvre de la réforme de l’éducation. Ainsi, « l’effectif total des élèves du primaire a connu un accroissement de 12,1% passant de 1 742 439 en 2007-2008 à 1 953 312 en 2008-2009 dont celui des filles 46,4% connaît une amélioration de près d’un point par rapport à l’année précédente. Les principaux indicateurs de base se sont sensiblement améliorés. Les taux bruts de scolarisation et d’admission sont respectivement de 71,2% et de 80, 2% ». Au niveau politique, Tertius ZONGO a fait une brève évaluation du système national de gouvernance. Fonctionnement du système judiciaire, promotion des droits humains, efficacité du système de sécurité publique, les libertés, le processus de décentralisation ont été passés en revue. « L’efficacité du système judiciaire est un indicateur-clé du degré d’enracinement de l’Etat de droit … » a reconnu le Premier ministre ; mais sur le terrain cela est-il effectif ? « Au-delà des importantes réformes déjà entreprises dans le secteur, le président du Faso nous a instruit d’y porter un regard spécifique… sur cinq préoccupations… ». Des préoccupations qui s’articulent autour de l’indépendance professionnelle respectueuse de la hiérarchie, l'accélération de l’exécution des décisions de justice, la modernisation de la justice par l’informatisation des principales chaînes judiciaires, etc. Pour le Premier ministre, la sécurité publique est une revendication légitime des citoyens. « Le gouvernement a organisé ses interventions autour du renforcement des actions sous forme de patrouilles de lutte contre la criminalité, le grand banditisme, le trafic de drogue d’une part, et d’autre part, par la présence permanente et dissuasive des forces de défense et de sécurité sous formes de surveillance et d’intervention sur les axes routiers du territoire national… le renforcement des capacités opérationnelles des services de défense et de sécurité traduit par l’acquisition d’importants équipements spécifiques, etc.» Si les efforts sont grands, il faut cependant reconnaître que la question de la sécurité reste une plaie béante.
Car il ne faut pas se voiler la face la sécurité publique n’est pas une question qu’on règle de façon définitive.
Le mérite du PM, c’est l'optimisme qu’il porte pour ce pays. Là où plus d’un pense que plus rien n’est possible pour renverser la tendance, lui croit dur comme fer que rien n’est encore perdu. « L’Administration publique encore réputée pour ses tares, est capable de changements qualitatifs pour redevenir l’outil de développement selon les attentes de tous… » fera-t-il remarquer. Jusque-là, l’on peut dire sans risque de se tromper, que la méthode du PM est empreinte de constance dans l’engagement. Car l’homme lui-même est un homme de conviction animé d'un réalisme pragmatique. Mais Tertius ZONGO et son équipe doivent faire encore plus pour que les 13 millions d’âmes dont ils ont la charge puissent être satisfaits du minimum. De bonnes choses sont en tous cas dites et faites, mais cela reste insuffisant. Comme le dit l'homme de la rue, c'est bon, mais c'est pas arrivé !o .o

Frédéric ILBOUDO

Vivement la reprise de certaines entreprises par l’Etat

Le Premier ministre Tertius ZONGO lors de la conférence de presse du 11 juin dernier a évoqué le cas des entreprises privatisées et qui éprouvent des difficultés de fonctionnement. L’Etat pourrait injecter des fonds pour les remettre à flots, mais en gardera le contrôle. Une bonne nouvelle pour le monde économique et particulièrement les travailleurs.

Mamadou SANON, ministre en charge de la Promotion de l’entrepriseA la fin de la décennie 90, le Burkina Faso, tout comme les autres nations en voie de développement, était soumis au diktat économique des institutions de Breton Wood (Fonds Monétaire International et Banque Mondiale). A la faveur de la crise qui secouait leurs faibles économies, les experts de ces institutions ont cru que pour les sauver, il suffisait de transposer le modèle occidental. D’où l’imposition des programmes d’ajustement structurel et leur cortège de privatisations.
Les Etats devaient donc se désengager et laisser au secteur privé la production des richesses. Ils ne devaient jouer que leur rôle régalien d’accompagnement en créant un environnement des affaires favorable.
Ce que ces experts feignaient d’ignorer, c’est que la plupart des animateurs de nos économies sont issus de l’informel et n’avaient pas la compétence ni la surface financière nécessaire pour gérer des entreprises d’une certaine taille. Mais comme il fallait s’exécuter ou mourir, des secteurs parfois stratégiques ont été confiés à des repreneurs sans les garanties nécessaires en de telles circonstances. Au Burkina, pour reprendre l’exemple cité par le Premier Ministre, les Grands Moulins du Burkina (GMB) sont tombés dans l’escarcelle du groupe SOBA avant de passer sous le contrôle du groupe Kossouka. Des repreneurs qui n'ont pu véritablement faire tourner les machines pour produire la farine de blé nécessaire à la fabrication du pain et autres produits dont elle est une des composantes. Cette faillite, si on peut ainsi parler, n’est certainement pas liée à un problème de marché puisque les boulangeries tournent à plein régime avec la farine venue d’ailleurs.
Les GMB ne sont pas la seule entreprise qui a sombré après la privatisation mettant dans la rue plusieurs centaines de travailleurs. Dans les familles, c’est évidemment la désolation. Un père de famille déflaté, ce sont des enfants déscolarisés, voire le couple qui se disloque. Le FMI a d’ailleurs reconnu l’échec de son système de sauvetage, d’où un certain relâchement de la pression sur les Etats.
Réparer le mal
Bien qu’ayant reconnu leur erreur, les institutions de Breton Wood ne font rien pour réparer le mal. Alors que les pas se faisaient pressant en leur temps et que les experts arpentaient les couloirs des palais présidentiels pour prêcher, que disons-nous, imposer la bonne parole, le FMI se fait maintenant discret. C’est à peine s’il accepte dire que sa méthode de développement a apporté plus de misères que de bonheur sur le continent.
L’annonce de Tertius ZONGO est un point d’espoir pour les nombreux travailleurs dont les entreprises ont été vendues pour faire plaisir au FMI et qui se sont retrouvés dans la rue après quelques années, voire quelques mois de fonctionnement.
Si l’Etat arrive à remettre en activité quelques entreprises, il donnera un autre souffle à l’économie nationale. Une bonne production locale permet de remettre en réserve les devises qui peuvent être injectées dans des secteurs sensibles comme la santé ou l'éducation où il est ressorti, au cours des débats, que le service d’urgence était très mal assuré dans nos hôpitaux, malgré les 500 millions affectés par l’Etat chaque année.
Par cette reprise en main des entreprises défaillantes, l’Etat burkinabè ne fera que jouer son rôle de soutien à l’économie nationale. Ce qui est de bonne guerre car du reste, on a vu qu'avec la crise financière qui secoue le monde, les pays occidentaux, partisans d'un libéralisme fort, n'ont pas hésité à injecter des milliards d’euros pour éviter la faillite de certaines entreprises. Aux Etats-Unis, par exemple le fabriquant de voiture, Général Motor, qui était le fleuron du capitalisme, est passé sous le contrôle de l’Etat fédéral pour éviter la faillite. Idem en Europe où les secteurs automobile et bancaire ont bénéficié de fonds publics pour survivre.
Il est donc salutaire que le Burkina redonne vit à des entreprises dont la privatisation ne répond pas souvent à des nécessités économiques.o

Ahmed NAZE

La magie Tertius

Voilà deux ans que Son Excellence M. Blaise COMPAORE, président du Faso, a appelé Tertius ZONGO à la tête du gouvernement de notre pays. Si à son arrivée, les pronostics ne lui étaient pas favorables en général, l'homme, à la tâche, a montré que les spéculations sont une chose et la réalité une autre. Dans tous les cas, après deux ans de travail, le bilan plaide en sa faveur et malgré les effets dévastateurs de la crise financière et économique mondiale, les Burkinabè dans leur grande majorité espèrent, croient en des lendemains meilleurs.

Pour le Premier ministre Tertius ZONGO, seul le ciel peut constituer une limite aux ambitions de développement du peuple burkinabè"L'Américain", comme certains l'appellent en référence à son dernier poste aux Etats-Unis, a, il faut le dire, d'abord assumé de hautes fonctions dans ce pays dont celle de ministre des Finances qui évidemment ne pouvaient que l'exposer à la critique de ses concitoyens pas toujours tendres à l'égard des gestionnaires des affaires de l'Etat. Et les oiseaux de mauvais augures ne se gênent pas souvent à faire leur nid sur la tête de ceux qu'ils ont choisis d'abattre pour des raisons connues d'eux. En effet, Tertius ZONGO avant sa nomination comme ambassadeur aux USA a joué un rôle pas souvent compris de certains dans un gouvernement car en plus d'être ministre de l'Economie, des Finances et du Budget, il était porte-parole du gouvernement. Tâche qu'il a accomplie avec brio à un moment où le pays traversait une grave crise sociopolitique consécutive à l'assassinat de notre confrère Norbert ZONGO. C'est dire que l'homme à son corps défendant était sous les feux de la rampe, interpellé qu'il était chaque fois à expliquer certains faits ou décision en rapport avec cette situation qui prévalait. C'est là que l'homme a véritablement été connu du grand public qu'il n'a pas laissé indifférent par son éloquence et son art de convaincre. Ne devenait-il pas alors ainsi "dangereux" pour certaines personnes ou certains milieux sociopolitiques qu'il contrariait ? Ce qui est sûr, son sort a été scelé quelque part et une intrigue a été ourdie contre lui. On se souvient en effet que certaines mauvaises langues avaient fait circuler une rumeur sur l'homme l'accusant purement et simplement de vouloir se tirer avec une valise remplie de billets de banque mais, a été intercepté à l'aéroport international de Ouagadougou. Comme toute rumeur, celle-ci fut amplifiée à travers le pays sans que jamais une once de preuve vînt confirmer le fait. L'homme, ainsi "marqué", ne se laissera cependant pas abattre aussi bêtement et vaquera à ses occupations comme si de rien n'était. On remarquera d'ailleurs qu'il était l'un des ambassadeurs les plus dynamiques de notre pays dans les chancelleries. Il aura beaucoup contribué à décrisper les relations entre le Burkina et les Etats-Unis.
Mais la rumeur a la peau dure d'autant que, s'étant insidieusement installée dans la mémoire, elle finit un jour par ressurgir et c'est ce qui a fait douter certains Burkinabé de ce que Tertius ZONGO peut apporter quelque chose de nouveau, surtout en matière de gestion de la chose publique, lorsqu'il a été nommé Premier ministre à la surprise de beaucoup qui voyaient le poste échoir à une autre personnalité dite politiquement "vierge" et "clean" sur tous les bords. Eh bien, une fois installé dans ses fonctions et après s'être expliqué face aux journalistes qui ressassaient ce feuilleton à la "Django", le montrant tout penaud, appréhendé avec sa caisse pleine de dollars, pardon, de francs CFA, l'homme a entrepris un travail de fond qui aujourd'hui donne confiance et espoir aux Burkinabè, même aux plus sceptiques et critiques. Certainement pour avoir pris la mesure de la réussite selon "l'Américan way of life", Tertius ZONGO dans chacune de ses adresses à ses compatriotes leur fait prendre conscience que rien n'est impossible pour un peuple travailleur. Quelle méthode et quelle stratégie ! En effet, rien ne peut réussir à celui qui ne se fait pas confiance. En deux (2) ans de primature, Tertius ZONGO a su convaincre et continue de le faire pour "le progrès continu pour une société d'espérance".
Certains disent de lui, sous forme de reproche, de trop communiquer et de souvent empiéter sur les prérogatives de ses ministres en prenant des décisions à leur place, et si cela était vrai, les résultats sont-ils mauvais? Car c'est ce qui compte. D'ailleurs n'est-ce pas les mêmes qui reprochent au président COMPAORE d'être trop calme, voire indifférent dans certaines situations ? Il faut simplement accepter que chacun ait son tempérament qui évidemment commande sa façon de faire. Parlant de tempérament, une partie des Français trouvent leur président, Nicolas SARKOZY, trop agité tandis qu'ils reprochent à son Premier ministre François FILLON d'être trop calme… Taciturne ou exubérant, l'essentiel est pour le dirigeant d'être efficace dans l'action et Tertius ZONGO en étant sur tous les fronts a su insuffler une dynamique nouvelle à son gouvernement qui ne peut que faire comme lui. On peut même croire que son premier gouvernement a été une sorte de ballon d'essai pour cadrer les ambitions et voir les hommes à même de pouvoir les porter avec lui. Cela n'a pas été inutile et les observateurs sont à reconnaître que le "dégraissage" opéré et les ajustements faits dans le deuxième gouvernement ont permis non seulement la cohésion recherchée dans l'équipe mais aussi l'efficacité.
Tertius ZONGO a certes retrouvé la confiance des Burkinabè, et c'est le plus important, mais il a contre lui aujourd'hui les fonctionnaires corrompus et affairistes, les commerçants véreux et fraudeurs, etc. En un mot, les Burkinabè malhonnêtes. Nous disons simplement que le pays est dans la bonne voie avec ce changement incroyable de mentalité des populations inspiré par le Premier ministre Tertius ZONGO.o

Angelin DABIRE (Stagiaire)

Tertius ZONGO
Franc parleur ou beau parleur ?

A l’occasion du 2ème anniversaire de sa nomination à la primature, Tertius ZONGO s’est livré à une vaste campagne de communication. Campagne dans laquelle il tient le premier rôle. Trois heures d’horloge sur la chaîne du plaisir partager le 8 juin 2009. Trois jours plus tard, il était face à la presse pour expliquer l’action de son gouvernement. Là encore, trois heures et demie d’horloge. Et ce n’est pas tout. Plusieurs autres sorties médiatiques ont été programmées tout au long du mois de juin. Sans occulter également les présidences et autres parrainages de cérémonies.
Depuis sa nomination il y a deux ans, le chef du gouvernement burkinabè ne fait pas dans la dentelle, encore moins dans la diplomatie lors de ses sorties médiatiques. Il a réponse à toutes les questions, et ne se détourne d’aucune façon. Des Burkinabè sont certainement séduits par sa méthode. Pour ces derniers, ce qu’il fait est bien. Il veut mettre tous les Burkinabè sur le même niveau d’information en ce qui concerne la gestion des affaires du pays. Pour eux, Tertius ZONGO assure et rassure. Contrairement à ses prédécesseurs, soutiennent ses défenseurs, lui ne s’entoure pas de mots savants, encore moins techniques ou diplomatiques pour expliquer une situation. Dans un langage familier, franc et direct, il se fait comprendre par le Burkinabè moyen. Il explique tout dans les moindres détails. C’est une approche sincère et claire. Et il n’est pas rare de voir ses interlocuteurs acquiescer certaines de ses déclarations tellement ils sont d’accord avec lui. Ils vont plus loin et soutiennent que c’est un homme de foi, un homme qui craint Dieu et il ne saurait s’amuser avec le nom de Dieu dans des mensonges politiciennes.
D’autres Burkinabè, par contre pensent qu’il en fait trop. D’autant plus que, pour eux, il parle beaucoup pour très peu de résultats concrets sur le terrain. Ces pourfendeurs vont jusqu'à dire qu’à ce rythme, il va finir par se fourvoyer et fourvoyer les Burkinabè. Il va se mouiller dans ses propres déclarations et l’histoire nous le dira un jour. Ces mêmes Burkinabè soutiennent que c’est beaucoup plus des effets d’annonce que de réelles volontés de faire avancer les choses. Et d’enfoncer le clou en disant que dans sa croisade contre les maux qui minent le pays, jusque-là, ce n’est que les souffres douleurs qui sont inquiétés et que les gros poissons courent toujours et narguent le peuple.
En clair, la méthode du PM ne fait pas l’unanimité au sein des Burkinabè. Pour notre part, son mérite au-delà de toutes les interprétations que l’on peut faire de son action à la tête du gouvernement c’est de ne pas se fatiguer de parler aux Burkinabè. Et parler, c’est une qualité qui n’est pas donnée à tout le monde, savoir parler encore plus. Pour l’heure, notre Premier ministre parle, et sait parler aux Burkinabè. Il sait les captiver et dès qu’il intervient, ils sont tout ouie. C’est un grand orateur qui sait ce qu’il dit et dit ce qu’il sait. Franc parleur ou beau parleur, c’est selon. Mais reconnaissons que la communication qu’il a établie avec les Burkinabè est une bonne chose.o

Frédéric ILBOUDO

 

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