[Actualité] - [Annonces] - [Archives]
Une 609
La Une du n° 609
Lettre de l'Editeur :N°609 du 17 au 23 juin 2009

BONGO était le Gabon!

BONGO c’était le Gabon et le Gabon c’était BONGO. Pas seulement du fait du long bail qu’il a passé aux commandes du pays, mais surtout par sa personnalité et un style de comportement adulé par certains, vilipendé par d’autres, mais qui n’a laissé personne indifférent. On comprend, dès lors, que sa mort laisse une foule d’interrogations sur le devenir du pays et sur la politique de la France en Afrique. Assurément, pour le Gabonais moyen, la question de l’héritage qu’il laisse est beaucoup plus préoccupante que celle de sa succession. Que va devenir le Gabon ? Quel Gabon, le Gabon deviendra-t-il et comment ? Que va devenir la Françafrique ? Que va devenir la France dans le monde, étant entendu que la France sans l’Afrique n’est plus la France ?.

Ils étaient une quinzaine de chefs d’Etat et de gouvernement du continent à rendre un dernier hommage à Omar BONGO Ondimba, mardi dernier. A leurs côtés le président français Nicolas SARKOZI qu’accompagnait son prédécesseur Jacques CHIRAC, le ministre des Affaires étrangères Bernard KOUCHNER et le secrétaire d’Etat à la Coopération, Alain JOYANDET. Une armada qui indique clairement l’intérêt de la France pour ce pays et qui fait jaser.
Décédé le 8 juin dernier après 41 années à la tête de l’Etat gabonais, Omar BONGO Ondimba est assurément le symbole de la Françafrique, tant ses relations personnelles avec la classe politique française et celle que son pays entretenait avec l’ancienne puissance coloniale étaient à la fois des plus ambiguës et controversées et des plus unilatérales. Il laisse aussi sur le continent des sillons qui le marqueront encore longtemps tant il a été omniprésent dans la définition et la mise en œuvre de sa géopolitique, lui dont le franc-parler et l’activisme en ont fait un personnage qui a pesé dans le devenir de bien de nations africaines.
BONGO c’était le Gabon et le Gabon c’était BONGO. Pas seulement du fait du long bail qu’il a passé aux commandes du pays, mais surtout par sa personnalité et un style de comportement adulé par certains, vilipendé par d’autres, mais qui n’a laissé personne indifférent. On comprend, dès lors, que sa mort laisse une foule d’interrogations sur le devenir du pays et sur la politique de la France en Afrique. Assurément, pour le Gabonais moyen, la question de l’héritage qu’il laisse est beaucoup plus préoccupante que celle de sa succession. Que va devenir le Gabon ? Quel Gabon, le Gabon deviendra-t-il et comment ? Que va devenir la Françafrique ? Que va devenir la France dans le monde, étant entendu que la France sans l’Afrique n’est plus la France ?
Des interrogations qui nous semblent plus importantes que celles liées à sa succession, même si les unes ne vont pas sans les autres. Les Gabonais auront-ils le loisir de façonner leur devenir ou vont-ils être contraints d’assister en spectateurs à la redistribution des cartes dans un landerneau politique où, semble-t-il, on ne sait plus qui est qui ?
Le fait est que BONGO avait réussi à forcer l’unanimité (de gré ou de force) autour de sa personne. Pour réussir cette alchimie, il lui a fallu aller loin au-delà des frontières du pays pour tisser des relations dont lui seul avait le secret. Il est illusoire d’espérer trouver dans la classe politique gabonaise une personnalité à même de porter un tel héritage dont les rouages sont loin d’être connus. Voilà pourquoi l’homme était des plus controversés et avait une assurance à toute épreuve malgré les déboires qu’il a connus au soir de sa vie. Ce n’est pas non plus un fait du hasard si ses obsèques réunissent tant de personnalités de tous les horizons. Encore moins un fait du hasard si dans la foule des « anonymes », nombreux sont ceux qui font et défont les rois ici et ailleurs et dont le propre est justement de passer inaperçu aux yeux du commun des mortels. Ce n’est pas non plus un hasard si le Gabon entier lui rend un grand hommage, à l’africaine, personne ne prenant le risque d’apparaître comme celui par lequel la discorde s’installera.
Mais personne n’est dupe ! Derrière ce calme plat et cette unanimité de façade se jouent sans aucun doute des drames dont il faut craindre qu’ils ne déteignent sur le pays tout entier. Le Gabon est donc à la croisée des chemins et la Françafrique y est certainement en train de jouer son avenir. En effet, plus que les déclarations de bonnes intentions et les professions de foi dont par ailleurs on a vite vu les limites, c’est la « real politique » qui va agir. Ne dit-on pas que les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ? Qui plus est, cet adage prend plus que du relief au regard de ce que représente aujourd’hui le Gabon. Une véritable caverne d’Ali BABA qui regorge de richesses naturelles qui aiguiseront bien de convoitises. Il s’agit de cela et uniquement de cela car l’aura politique internationale que le pays avait, il le devait presqu’exclusivement à la personnalité de son défunt président. C’est tout dire !
Voilà pourquoi les polémiques sur la guerre de succession qui diviserait la famille avec le fils et la fille aux manettes nous semblent surréalistes. En réalité ces personnages ne sont que des paravents derrière lesquels grouillent des intérêts plus ou moins antagoniques qui, le moment venu, en découdront. Soit dans le sens d’un consensus pour préserver des marchés acquis ou à prendre soit dans celui d’une confrontation au risque de faire le lit pour d’autres larrons. Et les larrons, il n’en manque pas.
Et le peuple gabonais dans tout çà ? Il faut craindre qu’il n’ait pas vraiment droit à la parole ou que celle-ci pèse bien peu. Ce ne sera pas par manque de volonté ou d’initiative. Ce sera parce que l’enjeu est trop grand. Trop d’intérêts en jeu ! Et pourtant, il faudra bien qu’il se prononce car la succession devra être démocratique ! Une démocratie qui n’aura d’autre choix que de préserver les équilibres établis, et d’assurer la survie du système. Donc de ce qui est. Or ce qui est, nous dit-on, c’est la Françafrique ! C’est dire si elle a la peau dure et comme le chat, elle se retrouve toujours sur ses pattes. Pourra-t-il en être autrement ?
De toute évidence, à moins d’un clash, ce qui n’est pas totalement à exclure, on voit mal comment la classe politique gabonaise pourra agir autrement. Elle y a d’ailleurs intérêt, car le consensus national actuel profite certainement à tous, même si tout naturellement les ambitions des uns et des autres ne se conjuguent pas au même temps. On s’achemine donc vers une sorte de période transitoire au cours de laquelle tout sera à refaire ou à parfaire. Cela d’autant plus que les lignes de démarcation sont floues et qu’aucune personnalité ne semble émerger au-dessus du lot. Est-ce un bien ou un mal ? La question est posée …, aux Gabonais. Mais leur laissera-t-on seulement le temps de répondre ? Rien n’est moins sûr !o

- cheick Ahmed
ilingani2000<yahoo.fr

.o

Cheick AHMED
ilingani2000@yahoo.fr

 

 

INFOS FLASH
LES MEDIAS DU FASO
LES DOSSIERS
index.gif
 
ZEDCOM © 2008 Tous droits réservé