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Une 609
La Une du n° 609

NOUVELLES DU GRIN :N°609 du 17 au 23 juin 2009

Un muezzin refuse le sacrifice d'un fidèle de sa mosquée

Les samedi 13 juin 2009, le stade Omnisports de Bobo-Dioulasso a accueilli la confrontation entre l'ASFB et le RCB. Le derby bobolais intervenait à un moment où l'ASFB traverse une crise sans précédent. Le RCB en a profité pour s'imposer par 3 à 0. Le score lourd a complètement assommé les supporteurs et sympathisants du club jaune et noir. La légendaire rivalité qui existe entre les deux équipes a été exacerbée par les déclarations d'avant match. Les "Fonctionnaires" racontaient partout que le RCB même champion du monde, devrait se tenir très bien face à l'ASFB sinon il peut le regretter. Le RCB est la meilleure équipe de Bobo ; l'ASFB est en train de terminer la saison presque à genou. Elle est éliminée de la coupe du Faso et n'a plus rien pour sauver sa saison. Le club du président Lacina BAMBA doit se battre pour éviter la 2e division.
Quant au RCB, c'est une victoire éclatante qu'elle a remportée. Ses supporteurs sont fiers de leur équipe. Mais au grin, certains anciens nous apprennent que le derby entre le RCB et l'ASFB n'est plus ce qu'il était. Dans le temps, une telle affiche mobilisait toute la ville. Maintenant, on ne joue plus pour l'honneur mais pour l'argent. Les derbys sont ainsi compromis. C'est l'équipe la plus nantie et la mieux organisée qui remporte généralement le gain de la partie. Samedi dernier, le RCB s'est montré plus organisé et plus motivé que sa rivale de tous les temps. Ce score de 3 à 0 est considéré par certains de l'ASFB comme un sabotage pour secouer les choses au niveau de l'équipe. Dans cette opposition, c'est l'équipe la mieux motivée qui gagne. Le RCB était le plus motivé, il a gagné.

Décès de Bongo, l'Afrique pleure son doyen

Depuis le lundi 08 juin 2009, c'est officiel ; Omar Ondimba BONGO n'est plus. La nouvelle de sa mort a fortement attristé le grin. L'idée de sa succession n'a pas été aussi commentée que l'annonce de son décès. Une annonce faite à partir de la France et qui a surpris le peuple gabonais et l'ensemble du continent. Les membres du grin n'ont pas du tout apprécié que ce soit du côté de l'Hexagone que la nouvelle du décès d'Omar BONGO est été révélée. C'est la preuve que la Françafrique et ses idées conservatrices ont la peau dure. Jusqu'où la France ira pour montrer qu'elle est toujours la tutrice des pays qu'elle a colonisés. Même dans la douleur, la France veut continuer à nous gérer. BONGO n'est plus, la puissante colonisatrice participera au choix du futur président gabonais.
Les tractations vont bon train et tout se fera selon son propre scénario, à elle, la France. Pourtant la France est bien placée parmi les autres pays occidentaux pour savoir qu'en Afrique, les gens ont du respect pour les morts.
Sous nos lieux, on ne meurt pas seul. Ce n'est pas comme en Occident où l'on décède dans l'anonymat. Au contraire de l'Occident, la mort est en Afrique une période du cycle de la vie. En Afrique, la mort n'est pas une fin, elle est la continuité de la vie…
Omar BONGO Ondimba était comme un vrai père sur le continent. Il a aidé des opposants qui sont aujourd'hui au pouvoir et a continué d'en aider jusqu'à sa mort. "Mort où est donc ta victoire ?".
Le peuple gabonais dans toute ses composantes est affligé par ce décès. Un décès qui intervient quelques mois seulement après celui de Edith Lucie BONGO Ondimba décédée, le 14 mars 2009 à Rabat au Maroc.
La première Dame du Gabon a donc précédé son mari. La douleur du peuple gabonais est immense. La triste nouvelle a plongé tout le Gabon dans la tristesse, l'émoi et l'affliction. Les grandes douleurs sont toujours muettes. 41 ans durant, Omar BONGO a rythmé la vie des Gabonais 41 ans, ce n'est pas 41 jours.
Pendant que le peuple pleure son président, "la communauté internationale", elle, se propose de "surveiller" la succession du vieux. Il faut qu'elle se déroule selon la constitution et les règles de l'art.
Jusqu'à présent, les choses se passent sans problème. Madame Rose Francine ROGOMBE a prêté serment et assure l'intérim de la fonction de chef d'Etat. Apparemment, c'est un calme plat. Les tractations souterraines se multiplient. La famille BONGO a à cœur de garder le pouvoir. Pour cela, il leur faut s'entendre sur l'essentiel…
Omar BONGO aimait à répéter que "la France sans l'Afrique est un véhicule sans carburant ; l'Afrique sans la France est un véhicule sans chauffeur". A l'analyse de cette assertion, la génération future doit comprendre qu'il leur appartient seulement de passer leur permis de conduire pour se passer de la domination française.
Jacques GODFRAIN, alors ministre de la Coopération en France avait prévenu en 1996 en ces termes : "L'essentiel de la croissance mondiale va provenir des pays en voie de développement. Nous devons, par fidélité envers ce passé et pour l'avenir, nous engager sur la voie d'une coopération rénovée (…). L'Afrique n'a ni le même regard ni les mêmes attentes qu'autrefois (…).
Discerner le renouveau de l'Afrique, et nous convaincre, nous-mêmes, nos voisins européens aussi, d'en être les partenaires doit nous conduire à adapter nos instruments de coopération à l'enjeu". Ce constat de Jacques GODFRAIN a été balayé du revers de la main par la soit disante politique de rupture prônée par Nicolas SARKOZY.
Le premier président de la Côte d'Ivoire, avait pourtant mis en garde les Européens. "Il ne faut pas que demain, les petits Européens soient victimes de l'égoïsme de leurs pères vis-à-vis de nos pays". De grâce, chers messieurs de la Communauté internationale, laissez les Gabonais gérer eux-mêmes leur affaire de succession. Ce qui importe, c'est de préserver la stabilité du pays dans la continuité.

Un muezzin refuse le sacrifice d'un fidèle de sa mosquée

L'islam est une religion originaire de l'Arabie que les Africains ont adapté à leur manière de vivre. C'est ainsi qu'en Afrique, les muezzins sont considérés comme des gens pas comme les autres. En tout cas, de par leur fonction, un muezzin est presque vénéré en Afrique. Au secteur 11 de Bobo, l'un d'eux qui venait tout juste d'alerter les fidèles musulmans de s'apprêter pour la prière de vendredi, s'est retrouvé nez-à-nez avec un fidèle de la mosquée qui tenait un coq blanc dont le corps était transpercé par d'innombrables aiguilles. C'est même un miracle de voir que le coq était toujours vivant. Le muezzin regarda attentivement le coq et refusa de le prendre en cadeau. L'homme insista et précisa qu'il s'agit d'une question de vie ou de mort. Mais le muezzin est resté sur sa décision. L'homme s'en est allé tout honteux, sous le regard des fidèles musulmans de la mosquée. Au grin, cette histoire a été abondamment commentée. Les gens pensent que tous les problèmes causés à ce niveau relèvent de la prescription des marabouts.
Ils prescrivent parfois des sacrifices bizarres et insistent pour qu'on les fasse. On se demande au grin pourquoi ne pas remettre un coq bien portant en sacrifice au lieu d'un coq criblé d'aiguilles. C'est là des signes qui montrent qu'il s'agit d'un sacrifice plutôt satanique. Pour un bon musulman, ce genre de sacrifice doit être banni à jamais ; mais puisque les gens sont dans la misère, les marabouts en profitent pour les égarer davantage de la voie de la vrai religion.
Georges Bernard SHAW avait raison quand il disait que "le plus grand des maux et le pire des crimes, c'est la pauvreté". C'est cette pauvreté qu'essayent d'exploiter ces marabouts qui prescrivent des sacrifices odieux et parfois sataniques.
Au grin on se demande ce que le muezzin peut bien faire avec un tel sacrifice en admettant qu'il l'ait accepté. Pauvres muezzins, ainsi se résume leur vie sur terre en Afrique. Tout juste bon à prendre des sacrifices parfois maléfiques. Le sage du grin pense que les gens confondent parfois faire l'aumône et faire un sacrifice.
L'aumône est acceptable. Elle doit se faire dans la discrétion la plus totale. "Donner avec la main droite sans que la main gauche ne soit au courant". Les sacrifices par contre sont du ressort d'une autre considération. On se demande parfois que serait l'Afrique sans ces innombrables mendiants qui pullulent sur les voies principales, attendant que les gens viennent vers eux avec leurs sacrifices. Certains pensent qu'ils ont leur place dans la société, ces mendiants qui ne font rien pour sortir de cette dépendance notoire..

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