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Une 609
La Une du n° 609
RETRO-SPORTS ::N°609 du 17 au 23 juin 2009

Match Burkina-Côte d’Ivoire
Au-delà du sport

Le 20 juin prochain, les Etalons du Burkina seront face aux Eléphants de Côte d’Ivoire dans le cadre de la troisième journée du dernier tour des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations et de la Coupe du Monde qui se joueront en 2010 en Angola et en Afrique du Sud. Un match classé à haut risque par la FIFA ; mais qui devrait se maintenir dans le strict cadre du sport compte tenu des liens qui unissent les deux pays..

Les EtalonsA l’origine, étaient des peuples (Baoulé, Dioula, Moosé,…) installés dans la partie occidentale de l’Afrique. Le Blanc pour des raisons d’expansion et autres, dont nous laissons la définition aux historiens, a d'abord exploré la zone concernée ; puis colonisé ses habitants. De cette action sont nés deux pays aujourd’hui indépendants aux côtés de bien d'autres : le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire.
En revisitant le passé des deux pays, on se rend compte que des liens les unissent. En effet, ils semblent particuliers, voire exceptionnels dans la sous-région. Au début du XXe siècle, la France (puissance colonisatrice) avait besoin de matières premières pour faire tourner ses usines. Si la terre ivoirienne se prêtait à l’exploitation de telles spéculations, ses allogènes n’ont pas la force physique nécessaire pour affronter la forêt. C’est vers le Burkina Faso que la patrie de Victor SCHOELCHER, celui-là même qui a obtenu l'abolition de l'esclavage en 1848, s’est tournée pour trouver la force de travail capable de développer les plantations de café et de cacao en Côte d’Ivoire. Elle va ainsi organiser un vaste mouvement de déportation de populations.
Cette immigration forcée a engendré des richesses qui ont fait de la colonie de la Côte d’Ivoire la perle de l’empire français comme fut les Indes pour le Royaume-Uni (Grande Bretagne et Irlande du Nord). Après son indépendance, la Côte d'Ivoire gardera une longueur d’avance (ayant une économie florissante) sur les autres pays alors réservoirs de main d’œuvres ce qui a amené les experts économiques de l'Occident a parlé de miracle économique ivoirien.


Le brassage des populations
L’installation des Burkinabè a été si massive en Côte d’Ivoire qu’elle va même contribuer à modifier la composition démographique du pays. Selon des chiffres du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération régionale du Burkina Faso, il y aurait environ trois millions cinq cent mille Burkinabè en Côte d’Ivoire sur environ seize millions d’habitants, soit presque le quart de la population. Le brassage des populations fait que dans l’équipe de football de Côte d’Ivoire si on enlève les joueurs qui ont un ascendant burkinabè, il n’est pas sûr que cette dernière soit compétitive.
Dans la vie publique de ce pays, le Burkinabè d'origine a toujours joué un rôle déterminant depuis les indépendances. Félix HOUPHOUET BOIGNY, le premier président ivoirien décédé en 1993 et qui était un homme de grand cœur, a été pour la première fois élu député à l’Assemblée nationale française, à la fin des années 1950, grâce aux voix voltaïques. Le bélier de Yamoussokro avait d’ailleurs un sens élevé dans l’appréciation des ressources humaines, dont les seuls critères restaient la compétence et la loyauté. C'est pourquoi, de nombreux Burkinabè de souche ont fait carrière dans l’Administration ivoirienne (l’exemple du Ministre Abdoulaye SAWADOGO considéré comme le père de la révolution agricole ivoirienne semble le plus évident).
Le 19 septembre 2002 éclate un conflit armée conséquence, selon le président Laurent GBAGBO, d'une mauvaise succession du président HOUPHOUET BOIGNY et il a fallu la médiation du Président du Faso Son Excellence Blaise COMPAORE pour ramener la paix dans le pays. Le Burkina a réussi où des puissances comme la France, l’Afrique du Sud, et même les Nations unies ont échoué.
Au-delà de toutes ces considérations, un Ivoirien qui vient au Burkina ou un Burkinabè qui va en Côte d’Ivoire devrait se sentir moins à l’étranger que partout ailleurs. Depuis les malheureux évènements de 2002, le Burkina est même devenu une des destinations privilégiées et prisées des Ivoiriens. Il n’a pas menti celui qui a dit que dans la poule E, la Côte d’Ivoire et le Burkina sont les deux équipes qui vont jouer à domicile dans deux pays différents.
Malgré la rivalité, ce n’est que du football
Le 20 juin sur la pelouse du 4-Août les deux équipes nationales vont s’affronter pendant 90 minutes. Les joueurs vont se faire d’abord plaisir et faire ensuite plaisir à leurs supporters. Pour le Burkina, nous souhaitons évidemment le meilleur résultat possible ; mais, le plus important c'est que la rencontre soit une occasion de fraternisation entre les deux jeunesses. Le parcours sans faute des deux formations leur ouvre les portes de la phase finale de la CAN. C’est le ticket pour le mondial qui se joue en Afrique du Sud qui sera l’enjeu de la course. Le Burkina n’en fait d’ailleurs pas un objectif majeur.
L’entraîneur Paulo DUARTE a réaffirmé après la victoire contre le Malawi, le 6 juin dernier que la phase finale de la CAN reste la priorité du Burkina. Une éventuelle qualification à la Coupe du Monde ne sera que cerise sur le gâteau. Les Ivoiriens évidemment n’ont pas la même vision des choses. Aller en Afrique du Sud est la priorité des Eléphants et ils ne vivent que pour ça. La pression est donc plus grande de leur côté.
Ce n’est évidemment pas pour autant que les Etalons ne joueront pas leur chance. En étant relaxes, ils peuvent surprendre DROGBA et les siens. L’erreur pour le onze national du Burkina serait de suivre les envolées des supporters dans le stade (ils ne sont que 33 mille), de certains dirigeants qui voient en ce match autre chose que du football ; car les Etalons risquent d’avoir un réveil douloureux, les Eléphants étant constitués de joueurs qui ont vu toutes sortes de publics et capables de rependre le match à leur compte étant donné leur niveau technique.
La dérive des supporters
Si la FIFA a classé le match comme étant à haut risque, c’est d’abord parce qu’il oppose deux pays voisins et, ensuite parce que son enjeu est très grand. Au Burkina, il y a déjà de l’effervescence qui peut engendrer des écarts de langage, voire de comportements de certains fans comme on l'a observé dans ce club du secteur 15 où sont diffusés les matchs de championnats européens avec deux personnes qui ont failli en venir aux mains parce que l’une a manifesté son désir de soutenir le 20 juin prochain l’équipe visiteuse.
Ce genre d’attitude est, bien entendu, à bannir. C’est l’opposition qui fait la beauté du sport et surtout du football. Un match se joue sur le terrain mais pas dans les gradins. C’est toute cette ambiance qui enflamme les stades. Mais les supporters doivent faire en sorte qu’au sortir du match et quel que soit le résultat que les officiels disent : « On a eu peur pour rien. » Les deux pays en sortiront plus grandis.
«Le football ce n’est pas la guerre, le football, il faut savoir le faire», a dit le chanteur congolais ZAO. Notre souhait est que les Etalons continuent sur leur bonne lancée et fassent mieux que les Eléphants sur la pelouse du 4-Août. Si d’aventure les choses venaient à se passer autrement que les Burkinabè ne se laissent pas gagner par le découragement ou la frustration. Le match retour peut être une occasion de mieux faire. Il faut justement se souvenir du 22 janvier 1995 au Stade Félix HOUPHOUET BOIGNY. Dans le cadre des éliminatoires de la CAN 1996 dont la phase finale s’est jouée en Afrique du Sud, les Etalons étaient menés (2 buts à 0) à la mi-temps par les Eléphants, en match aller. La deuxième mi-temps, les Burkinabè sont revenus à la marque sur des tirs de Sidi NAPON et Seydou TRAORE. Un match épique dont le résultat nul avait été qualifié en son temps de « libération » par l’entraîneur Drissa TRAORE dit Saboteur. Le match retour s’était soldé par un autre nul. Et les deux pays s’étaient qualifiés pour le tournoi final. Vivement que du grand spectacle sur la pelouse soit offert ; mais dans un bon esprit sportif. Après tout ce n’est que du football, un jeu !o

Ahmed NAZE

Cyclisme

PALM a salué la bonne performance des Etalons

Il est désormais de tradition pour M. Jean Pierre PALM ministre des Sports et des Loisirs, de féliciter tous les sportifs ayant honoré les couleurs du Burkina Faso dans les différentes compétitions. Les sorties aux plans international et national, les Etalons cyclistes ont remis sur les pédales la petite reine qui avait perdu de sa superbe. Ainsi de retour du tour du Gabon (du 13 au 18 janvier 2009), à celui du Cameroun (17 au 25 février), passant par celui du Togo (13 au 19 février 2009) et la Boucle du Coton (18 au 25 mai 2009), nos représentants burkinabè se sont très bien comportés, a relevé le président de la Fédération burkinabè de cyclisme (FBC), Alassane A. OUANGRAOUA. Hodou SAWADOGO : maillot de leader au Cameroun, Rasmané SAWADOGO, combativité au Gabon, Amidou YAMEOGO au Togo, vainqueur au point et Seydou TALL pour le maillot blanc de la Boucle du Coton, la moisson est belle pour cette équipe fédérale mise en place en décembre 2008. Une performance qui a été félicitée par M. le ministre PALM tout en rappelant que le salut de notre cyclisme passe par la formation et la relève. A cette rencontre, tous les cyclistes ayant pris part aux compétitions ont reçu chacun 25 000F. Comme il fallait s’y attendre l’affaire ASO pour son retrait progressif du tour du Faso s’est invité à cette rencontre. JPP n’a pas hésité à rappeler en ces termes : «il est temps que nous prenons en main l’organisation de ce tour qui est d’abord une fierté nationale». «Cette année ASO a promis de prendre en charge la couverture médiatique».
«Mais les années à venir nous allons trouver les voies et moyens pour assurer ce volet», a confié PALM.o

Issoufou MAÏGA

 

 

 

 

 

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