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La Une du n° 604

Retro-Rétro – Gouvernance: N°610 du 24 au 30 juin 2009

Décès du président Omar BONGO ONDIMBA

Des obsèques à la dimension de l'homme

Le président du Faso, Blaise COMPAORE, est arrivé le 15 juin à Libreville au Gabon où il a participé, le lendemain 16 juin, aux côtés de ses pairs aux obsèques du président gabonais, El hadj Omar BONGO ONDIMBA décédé le 8 juin à Barcelone en Espagne. Des obsèques qui furent à la dimension d'un homme qui a vraiment fait son temps..

Le président du Faso s'apprêtant à s’incliner devant la dépouille du président BONGOFeu le président Omar BONGO ONDIMBALe président Omar BONGO ONDIMBA repose désormais dans sa dernière demeure à Franceville. Il a été inhumé, le jeudi 18 juin vers 14h TU, dans un caveau aménagé dans l'enceinte de sa propriété et cela dans l'intimité familiale. Mais bien avant, "le Père de la nation gabonaise" a eu droit à plus d'une semaine d'adieux émouvants et déchirants dans une ambiance où tout vivait au ralenti dans tout le pays. Les services et les commerces étaient fermés. Partout à Libreville, le cœur ne semblait plus à l'ouvrage tant la disparition de celui que nombre de Gabonais n'ont connu que comme président de la République (un bail de 42 ans) pesait lourdement sur la vie nationale. En tous cas, depuis le 11 juin 2009 date de l'arrivée de la dépouille mortelle en provenance de Barcelone, le tout Gabon se sentait orphelin et portait son deuil. Et,semble-t-il, même les vagues de la mer, elles qui, selon certains, étaient "nerveuses", par une accalmie montraient leur compassion au peuple gabonais.

L'Afrique et le reste du monde au Gabon
La dépouille du président BONGO à sa sortie du Palais où a eu lieu la cérémonieIl y a certainement longtemps que le Gabon a connu une telle présence de chefs d'Etat et de grandes personnalités du monde entier sur son sol. Ses pairs ont tenu à se déplacer au pays de BONGO ONDIMBA pour lui faire leurs adieux mais surtout compatir avec son peuple pour qui sa perte laisse un grand vide. Ainsi, c'est peu après 18h, heure locale, que le président du Faso, Blaise COMPAORE est arrivé le lundi 15 juin à l'aéroport Léon BA de Libreville où il a été accueilli par la présidente par intérim du Gabon, Mme Rose Francine ROGOMBE. Avant cette arrivée, on a enregistré celles des présidents François BOZIZE de la Centrafrique, Denis Sassou NGUESSO du Congo-Brazaville, Boni YAYI du Bénin…
De l'aéroport, la délégation du président du Faso a été conduite au "quartier" des "villas présidentielles" où devaient loger les chefs d'Etat. Le 16 juin, alors qu'il était un peu plus de 10h, heure locale, les chefs d'Etat et de gouvernement ont pris place au palais présidentiel du bord de mer où était "exposé" le cercueil de l'illustre disparu. Le président du Faso a été fortement applaudi à son arrivée au lieu de la cérémonie aux environs de 10h 40, heure locale. C'est donc au palais du bord de mer que le président gabonais a reçu les adieux du monde, l'ultime et vibrant hommage rendu par l'ensemble des dirigeants et personnalités de plusieurs pays ayant effectué le déplacement de la capitale gabonaise.
Une vue des chefs d’Etat à la cérémonie de reccueillementL'Afrique de l'Ouest était fortement représentée par les présidents Blaise COMPAORE, Amadou Toumani TOURE, Abdoulaye WADE, Boni YAYI, la première dame Simone GBAGBO et le Premier ministre Guillaume SORO de Côte d'Ivoire. La sous-région d'Afrique centrale n'était pas moins présente avec les présidents Obiang N'GUEMA (Guinée-Equatoriale), Paul BIYA (Cameroun), Idriss DEBY Itno (Tchad), Denis Sassou NGUESSO (Congo), Joseph KABILA (RDC), François de MENEZESS (Sao-Tomé), Pierre NKURUZIZA (Burundi).
D'anciens chefs d'Etat ont aussi fait le déplacement : Sam NUJUMA (Namibie), Jacques CHIRAC (France), Alpha Omar KONARE (Mali), Abdou DIOUF (Sénégal), Nicephore SOGLO (Bénin), Jerry John RAWLINGS (Ghana), Pinto Da COSTA (Sao-Tomé), Manuel TROVADA (Sao-Tomé), Goukouni WEDAYE (Tchad), Emile Derlin ZINSOU (Bénin) et Lol Mahamat CHOUA (Tchad). Le roi Mohamed VI du Maroc était représenté par son Altesse le prince Moulaye RACHID.
D'autres parties du monde ont dépêché des délégations de haut rang. Ainsi, la France était présente avec son président Nicolas SARKOZY… La Chine populaire, comme il fallait s'y attendre, était fortement représentée. La délégation chinoise était conduite par le vice-Premier ministre, M. Zlang DEJIANG, représentant le président Hu JINTAO. Le président Barak OBAMA des U.A était également représenté. Les organisations internationales n'étaient pas en reste : U.A (Jean PING), FAO (Jacques DIOUF), OMS (Dr. SAMBO), la BAD…

Oraisons funèbres : la préservation de la paix en ligne de mire
Les chefs d’Etat ont assisté au défilé militaire avant de regagner leurs pays respectifsAvant que la dépouille ne soit transférée à Franceville pour l'inhumation un grand défilé militaire a été organiséLes chefs d'Etat sont passés à tour de rôle déposer une gerbe de fleurs et rendre un ultime hommage à Omar BONGO ONDIMBA. Après le recueillement qui a duré plus de deux heures, Ali BONGO ONDIMBA, le fils du défunt, le Premier ministre Jean EYEGHE NDONG, le président de l'Assemblée nationale, Guy NZOUBA NDAMA et Mme Rose Francine ROGOMBE, présidente de la République par intérim, ont prononcé leur oraison funèbre. Tous ont mis en exergue le parcours politique et les qualités intrinsèques de rassembleur et de faiseur de paix du président défunt. Ils ont pris l'engagement de faire en sorte que son héritage reste un acquis pour le Gabon et l'Afrique.
Ali BONGO n'a pas dit autre chose lorsque, dans son oraison funèbre, il s'est engagé à garder allumé "la flamme sacrée de l'harmonie familiale, de la concorde républicaine et de l'unité nationale". Avant le transfert de la dépouille pour Franceville et après la cérémonie de recueillement, le président du Faso et les autres chefs d'Etat et de gouvernement ont assisté à un défilé militaire sur le boulevard du front de mer.
Le président du Faso, Blaise COMPAORE a regagné Ouagadougou dans la soirée après avoir accordé une audience à une délégation des Burkinabè résidant à Libreville.o

BIRBA Idrissa
Ouaga-Libreville-Ouaga

Souvenirs et souhaits du
président du Faso

Le président du Faso répondant aux questions de la presseAvant de regagner Ouagadougou, le président du Faso a bien voulu répondre aux sollicitations des envoyés spéciaux de la presse burkinabè. Il a accepté évoquer les souvenirs qu'il garde du président BONGO et son souhait pour le Gabon.
"Le président BONGO, c'est beaucoup de souvenirs. Je crois que d'une manière générale, la mort a souvent pour vocation à effacer les mémoires, les identités… Mais pour un grand homme, comme le président BONGO, il n'y a pas d'arrêt pour son parcours. Il n'y a pas une fin de son existence ; car il a eu beaucoup d'habileté politique, d'immenses talents de négociateur, de faiseur de paix. Ce qui a permis d'organiser la paix et la stabilité au Gabon pendant ces 4 décennies. C'est pour moi les principaux souvenirs que je retiens. Je sais aussi que dans la région, des peuples, des gouvernements, et même en Afrique d'une manière générale, ont pu bénéficier de sa grande sagesse. Je retiens aussi que c'est un homme à la fois simple et très disponible, très dévoué et qui ne recule jamais devant une situation. Il avait aussi l'art de rassembler, surtout autour de l'essentiel. Je regrette surtout qu'on ne le connaisse pas bien assez au-delà du Gabon et parfois hors d'Afrique. Ce qui est important, c'est de souhaiter que le peuple gabonais puisse s'inspirer de ce grand patrimoine africain et puisse continuer d'organiser à la fois la stabilité et le progrès du Gabon.
Je dois aussi dire que j'ai été très émerveillé par le grand respect manifesté par la communauté internationale en ce jour avec l'arrivée des chefs d'Etat d'Afrique et des délégations hors d'Afrique. Cela veut dire que nous sommes là pour porter un message de solidarité et de sympathie du peuple burkinabè à l'endroit du peuple gabonais, un peuple frère".o

Propos recueillis à Libreville par Idrissa BIRBA

Vu et entendu à Libreville

Burkinabè s’abstenir
C’est dommage et triste de le dire. Selon certaines informations que nous avons pu obtenir auprès de responsables de la communauté burkinabè à Libreville, certains jeunes burkinabè qui arrivent ces dernières années au Gabon sont en train de ternir l’image de notre pays. Ils se sont, en effet, spécialisés dans le vol de leurs employeurs et ne reculent devant rien pour cela. Face à ces vols à répétition le quotidien d’Etat «L’Union» a même publié un avis de recrutement où était mentionné : «Burkinabè s’abstenir».
La situation préoccupe les responsables de la communauté qui ne savent pas à quel saint se vouer. Vraiment triste, n’est-ce pas ?

BONGO refusait de s’alimenter
Selon un des chauffeurs gabonais de la délégation burkinabè le président BONGO depuis le décès de sa femme bien aimée Edith, refusait de s’alimenter parce qu’il tenait à mourir pour la rejoindre. C’est face à la complexité de la situation et au regard de sa santé qui se détériorait que sa fille Pascaline a décidé de taper du poing sur la table pour que son père soit évacué. Selon les dires des uns et des autres, «BONGO aimait vraiment sa femme et s’est laissé nourrir pour la rejoindre» vrai ou faux ?

Un consul présent mais toujours absent
M. Philipe CHANDAIZON (Français) est le consul du Burkina au GABON. Malheureusement pour la communauté burkinabè du Gabon, il est un homme d’affaires. Conséquence, il n’a pas le temps pour les Burkinabè du Gabon.
L’occasion était belle pour eux d’évoquer le problème au président du Faso qui les a reçus, le 16 juin dernier peu avant son retour à Ouagadougou. «Quand un Burkinabè a des problèmes, ce n’est même pas le problème du consul, il n’est jamais là. C’est la communauté qui cotise et se bat pour résoudre les problèmes». A l’issue de leur rencontre avec le président du Faso, les responsables de la communauté ont laissé entendre que le président du Faso a promis de se pencher sur le problème avec le ministre des Affaires étrangères, Alain Bédouma YODA. Vivement que quelque chose soit fait.

400 enfants pour BONGO
On a oui dire à Libreville que le président BONGO n’avait pas moins de 400 enfants (légitimes, adoptifs…).
Il aurait tout fait pour que chaque enfant représente une des ethnies ou une des régions du Gabon. Son objectif, c’était le large rassemblement. Il ne voulait pas qu’une région ou une ethnie du Gabon se sente lésée ou oubliée, d’où son choix d’avoir des enfants représentant la configuration ethnique et géographique du Gabon.

Le président français hué au palais
Si plusieurs chefs d’Etat et de délégation ont été fortement applaudis (Burkina Faso, Mali, Maroc, Chine…), au palais, ce ne fut pas le cas du président français, Nicolas SARKOZY, qu’accompagnait l’ancien président Jacques CHIRAC. Le président français a été «proprement» hué par la population à son arrivée au «Palais du bord de mer» pour la cérémonie de recueillement le 16 juin dernier. Preuve qu’avant le décès du président BONGO, «le climat n’était pas sain» entre Libreville et Paris.

Le pardon selon Ali BONGO
Dans son oraison funèbre au nom de la famille, M. Ali BONGO ministre de la Défense a souhaité la préservation de la paix et de la stabilité nationale. Pour lui son père était «l’homme de toutes les sociétés», un rassembleur. Il a donc prôné le pardon de tous et de chacun avant d’ajouter que : «Le pardon est la meilleure des vengeances».

Des larmes et des larmes à Libreville
Les Gabonais ont beaucoup pleuré le président BONGO. Partout, dans les rues nous avons rencontré des Gabonais en pleur. Même certains confrères gabonais camera à l’épaule filmaient la cérémonie en pleurant à chaudes larmes. Certains pleuraient certes BONGO, mais pleuraient aussi l’après-BONGO parce qu’ils ne savent pas ce que sera fait l’après-BONGO.o

Adama YAMEOGO, chef d'entreprise à Libreville
Le parent qui a "percé" au Gabon

Si certains compatriotes "se cherchent" au Gabon, d'autres ont réussi à asseoir une assise sociale et financière et sont bien respectés. Sont de ceux-là, ladji Adama YAMEOGO. Natif de Ramongo dans le Boulkiemdé, patron de l'entreprise "BATI-Confort", il fait partie des Burkinabè qui comptent au Gabon. Certains disent de lui qu'il est la "cause de sécurité sociale" des Burkinabè au Gabon. C'est lui, qui très souvent, vole au secours dès Burkinabè qui ont des problèmes dans ce pays. Discret et humble comme un ressortissant du Boulkiemdé. Nous l'avons rencontré Adama YAMEOGO (gauche) en compagnie de notre reporter. En arrière plan un des véhicules de M. YAMEOGOAdama YAMEOGO (gauche) en compagnie de notre reporter. En arrière plan un des véhicules de M. YAMEOGOpour quelques minutes d'échanges. Il commence par se présenter.

Je suis Adama YAMEOGO, chef d'entreprise résidant à Libreville au Gabon.

Pouvez-vous nous expliquer un peu comment vous vous êtes retrouvé au Gabon, loin du Burkina Faso ?
Adama YAMEOGO (A.Y) :
J'ai connu le Gabon en 1976 à l'âge de 19 ans. En gros cela fait actuellement 33 ans que je suis au Gabon. A l'époque, le Gabon avait besoin de la main-d'œuvre et c'est la raison pour laquelle je suis arrivé au Gabon à l'âge de 19 ans en quête d'emploi.

Quel est votre domaine d'activité au Gabon ?
A.Y :
J'interviens dans le domaine des travaux publics, le bâtiment et je fais aussi le transport maritime, je suis également dans le bois et l'aluminium. Enfin, je suis dans l'immobilier. Même si on a quelques difficultés et c'est normal pour tout homme d'affaires, on essaie de les gérer.

Il semble que vous arrivez à décrocher des marchés de l'Etat gabonais ?
A.Y :
Effectivement, je travaille beaucoup avec l'Etat gabonais, le privé très rarement. C'est donc l'Etat notre grand client. Et je peux dire qu'on essaie de s'en sortir comme on peut et on a les félicitations de l'Etat pour la bonne exécution des marchés qu'on nous confie. J'ai eu à réaliser un certain nombre d'infrastructures (Siège de conseil départemental, résidence du président de conseil départemental, routes…). Au départ, certains pensaient que je n'allais pas pouvoir réussir tous ces marchés mais à la fin tout s'est bien passé et on nous a félicités pour la qualité du travail, parce qu'il y avait une grosse société de la place qui avait eu un marché pareil mais n'avait pas pu l'exécuter correctement.

Etes-vous marié ?
A.Y :
Oui ! Je suis marié. Ma première femme est Gabonaise et j'ai aussi la nationalité gabonaise depuis 2004. Ma deuxième épouse est Burkinabè.

Expliquez nous comment la communauté burkinabè est organisée ici au Gabon ?
A.Y :
Il faut reconnaître que dans le passé nous avons eu beaucoup de difficultés pour nous organiser. Il n'y avait pas d'entente. Mais depuis ces deux dernières années, nous essayons de mieux nous organiser et l'entente commence à venir. Mais il faut du temps pour rassembler tout le monde. Nous sommes de plus en plus solidaire. Moi personnellement, je viens en aide aux Burkinabè démunis et ceux qui sont malades. Je les soigne ou je les rapatrie à mes propres frais. Si quelqu'un meurt et laisse sa femme et ses enfants, je les prends en charge pour le rapatriement. Je pense que maintenant ça va, nous sommes de plus en plus soudés.

Le Burkina a un consul à Libreville ici. Quelle appréciation faites-vous de son travail ?
A.Y :
Bon ! Je n'aime pas juger les gens, mais, c'est difficile. Le consul n'est jamais là. Il n'a pas le temps. Il est toujours absent et quand on a besoin de lui, c'est difficile. Vraiment, les Burkinabè ici ne sont pas contents de lui, certains ne l'ont jamais vu. Par exemple, depuis deux ans, nous sommes bien organisés et nous célébrons chaque année la fête de l'indépendance, mais le consul n'est jamais là, il ne vient pas à la fête. Ça fait mal aux Burkinabè. Ici, il est censé être le Premier Burkinabè, on ne peut pas comprendre qu'il ne soit jamais à nos côtés.

Vous avez été reçu par le président du Faso. Est-ce que vous lui avez parlé du problème du consul ?
A.Y :
Oui, nous avons abordé d'un certain nombre de problèmes dont celui du consul. Il a pris bonne note et je pense qu'il va agir.

Quel souvenir gardez-vous du président BONGO ?
A.Y :
Il n'y a vraiment pas de mots pour expliquer, parler de l'action du président BONGO à la tête du Gabon. C'était un rassembleur et même les étrangers ici le reconnaissent. Maintenant, nous nous posons des questions sur l'avenir. Il comprenait et acceptait tout le monde. Nous n'avons vraiment pas eu de problème avec lui, nous sommes bien intégrés et quand vous faites bien votre travail, vous n'avez pas de souci à vous faire.

Vous êtes au Gabon depuis plusieurs années. Qu'avez-vous fait pour le Burkina ? Avez-vous investi au pays ?
A.Y :
Oui, on ne peut pas oublier d'où on vient. Ça c'est clair. C'est vrai que je suis ici depuis plusieurs années, mais chaque année, je retourne au pays au moins 3 fois. J'ai investi, j'ai au moins 4 villas au pays. Je suis en train de monter une entreprise de menuiserie-aluminium comme ce que j'ai ici. J'ai acquis un terrain à Ouaga 2000 et cette année je dois commencer les travaux. J'investis en tous cas au pays et à ma manière.

Avez-vous quelques chose à ajouter pour conclure ?
A.Y :
Officiellement nous sommes 13 500 Burkinabè au Gabon. Officieusement, nous sommes à peu près 25 000. Vous voyez qu'on est nombreux. Notre problème, c'est que nous n'avons pas de responsable. Le consul, vous connaissez son problème. Un peuple sans responsable c'est difficile. Nous sommes abandonnées à nous-mêmes. Ce qui nous dérange aussi, c'est que les jeunes Burkinabè qui arrivent ces derniers temps au Gabon n'ont pas de comportements dignes et ternissent l'image de notre pays. Nous déplorons tout ça. Malheureusement nous n'avons eu le temps d'en parler au président du Faso quand, il nous a reçus. Nous sommes néanmoins en train de voir ce qu'il faut faire. Sinon, ce n'est pas facile.o

Après BONGO le déluge ?

"Le roi est mort, vive le roi", dit-on en monarchie où la question de succession ne donne pas de cauchemar. Mais peut-on en dire autant pour le Gabon même s'il n'a connu pendant près d'un demi siècle que le "règne" de El hadj Omar BONGO ONDIMBA ? Certainement pas car la succession du défunt président, que l'entourage considère comme un sujet tabou pour l'heure, n'anime pas moins les débats à Libreville et se pose même avec acuité. Qui sera en mesure non seulement de succéder au "Baobab Bongo" ; mais aussi, et surtout de préserver la paix et la cohésion sociale comme l'a si bien fait le disparu ?

Si la constitution a adoubé Mme Rose Francine ROGOMBE, la présidente du Sénat, qui doit assurer l'intérim du poste jusqu'à l'élection du futur président de la République dans les 45 jours après la vacation du pouvoir, la suite des évènements reste difficilement maîtrisable eu égard au nombre de possibles impétrants. Le deuil national n'a pu empêcher le débat sur la question de l'après-BONGO et, semble-t-il, aussi bien dans la famille politique du disparu que dans les états-majors des partis politiques et de la société civile, on ne dort plus.
Le futur président du Gabon viendra-t-il de l'opposition, de la société civile ou du Parti démocratique gabonais (PDG), parti du défunt président ? La réponse n'est pas aisée. Par contre ce que l'on sait c'est qu'au sein du parti au pouvoir, le PDG, la cohésion n'est plus de mise. Les dissensions, les clans et autres oppositions ont vite vu le jour. Ali BONGO, fils du président défunt et vice-président du PDG ne fait pas l'unanimité au sein de son parti, selon certaines informations recueillies à Libreville et dans la classe politique et au sein de la société civile. On lui reproche son goût prononcé pour la belle vie, le luxe et sa négligence des affaires importantes de la nation. Certains le trouvent même jeune et incapable du "large rassemblement" comme son père. Bref, les récriminations contre Ali BONGO ne manquent pas à Libreville. Mais à l'oraison funèbre qu'il a prononcée, c'est un autre Ali BONGO qu'on a vu. Complètement métamorphosé, il s'est voulu rassembleur pour la cohésion sociale et la paix au Gabon.
Un autre prétendant et pas des moindres au PDG, l'époux de Pascaline BONGO, actuel ministre des Affaires étrangères, Paul TOUNGUI. Il serait un sérieux candidat, pourquoi pas un candidat sérieux. La fille de BONGO, Pascaline, ne crachera certainement pas sur la présidence, sans oublier le président de l'Assemblée nationale, le secrétaire exécutif du PDG, Faustin BOUKOUBI, etc. Au PDG, les candidats ne manquent pas. Et chacun tente de se positionner avec la même idée en tête : la présidence gabonaise
Que dire de l'opposition dans un tel contexte ? Selon certains observateurs à Libreville, l'opposition gabonaise, si elle est bien organisée et si les règles du jeu démocratique sont respectées, pourrait surprendre. "Les Gabonais sont fatigués, ils veulent maintenant d'autres personnes", affirment certains. Pourra-t-on avoir un candidat unique de l'opposition ? Rien n'est moins sûr. Les Zakaria MIBOTO, Pierre MABOUNDOU, Jules BOURDES et autres, Léon MGOU-YEMBI pourront-il faire front commun contre le PDG ?
A Libreville, chacun retient son souffle. La communauté étrangère est constamment dans l'angoisse des lendemains incertains. Après BONGO le déluge ?
Le mal qu'on puisse souhaiter aux frères gabonais c'est un sursaut patriotique à même de préserver la paix et la cohésion sociale qui ont fait la force et la renommée du Gabon depuis quatre (4) décennies. Omar BONGO ONDIMBA mérite bien cela.o

Idrissa BIRBA

 

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