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La Une du n° 604
RETRO-SPORTS :N°610 du 24 au 30 juin 2009

Eliminatoires CAN-Mondial 2010
Coup d’arrêt pour les Etalons

Le match était attendu et il n’a pas déçu. Mais pour les Etalons, c’est une chute après huit matches sans défaite dans ces éliminatoires combinées CAN-Mondial 2010. Les Eléphants qui n’ont ; eux, jamais fait mystère de leur ambition d’être présents en Afrique du Sud, en juin 2010, se rapprochent de leur but..

Les Etalons du Burkina sont tombés les armes à la main face aux Eléphants de Côte d’IvoireBien sûr, malgré leur victoire, les Eléphants n’ont pas fanfaronné, puisque sur le théâtre des opérations, ce sont plutôt les vaincus du jour qui ont dicté le temps et très souvent obligé les visiteurs à user d’expédients et à faire le dos rond quand cela était nécessaire. Nous ne le disons jamais assez, cette période de vacances pour les footballeurs se prête mal à la pratique. Et pourtant, l’instance dirigeante du football mondial persiste et signe depuis maintenant quelques années à le faire avec cette volonté des grands clubs occidentaux d’imposer un calendrier international applicable à tous les continents.
Le paradoxe, toutefois, est que l’Europe évolue en juin lors du premier week-end quand l’Afrique est en compétition jusqu’au troisième. Le temps de récupération n’est plus le même et on est bien obligé alors de croire que ce calendrier harmonisé est plutôt un marché de dupes qui fait la part belle à certains.
Toujours est-il dit que les joueurs après une première période très intense ont semblé chercher leur second souffle. Par moment, et vu la rivalité entre les deux nations, ils ont dû aller puiser dans les réserves.
Si tout le monde s’accorde à reconnaître que ce fut un match plein et agréable à suivre, de surcroît pas du tout avare en buts, il y a lieu de chercher avant tout à savoir ce qui a manqué aux nôtres pour être en mesure de s’imposer. La Côte d’Ivoire forte de son expérience et de la qualité individuelle de ses joueurs a su faire ce qu’il fallait. Défendre d’abord et chercher ensuite à jouer à fond tous les coups offensifs. Car si elle a très souvent subi, paniquant parfois, l’équipe ivoirienne n’en a pas moins oublié de jouer au ballon chaque fois qu’elle en eu la possibilité. A-t-elle alors été plus réaliste ou plus chanceuse ? Il y a eu, sans doute, des deux. Mais, il y a, sans doute, que contrairement à ses matches passés, le Burkina a été cette fois-ci, obligé de sur jouer. L’opposition étant de taille, il n’est pas toujours parvenu à maintenir l’équilibre attaque-défense. Basant sa stratégie sur le fait que marquer en premier serait déterminant, c’est une formation des Etalons dans la configuration de l’en-avant toute. Elle a donc poussé d’entrée, encore et toujours.
Les Ivoiriens se sont dits certainement que de leur parcours dans ces éliminatoires, ils n’avaient pas encore été autant malmenés sur une moitié de jeu, même si à la faveur d’un coup franc excentré très heureux, ils ont ouvert le score.
Revenus très vite à leur niveau, soit douze minutes après cette ouverture prématurée du score, les Etalons auront été maladroits et peu inspirés à la finition. Même si ce ne fut pas faute d’avoir donné le maximum, ils ont manqué de cette percussion et cette présence décisive dans les vingt derniers minutes.
Mais la faute principale s’est située dans un secteur médian défaillant, à l’instar d’un Charles KABORE transparent et d’un Mahamadou KERE peu inspiré dans ses initiatives et perdant trop de ballons, toute réalité contraire à ses habitudes.
C’est un revers qui situe le fossé espérant une grande équipe d’une plutôt enthousiaste et en devenir. Il aura, comment ne pas l’espérer, enseigné l’humilité à un entraîneur se voyant plus beau qu’il n’est, une critique qui ne veut surtout pas jeter aux orties l’excellent travail qu’il effectue depuis un peu plus d’une année aujourd’hui. En tout cas, il y a toujours du chemin à faire pour entrer dans cette galaxie où une équipe répond présente lorsqu’elle est attendue. Les Etalons étaient dans cette posture. Certes, ils ont fait mieux que rivaliser, mais à la fin c’est l’adversaire qui s’est imposé.
Peut-être aura-t-il, fallu, face aux grands gabarits de la défense ivoirienne, lancer d’entrée un Aristide BANCE en lieu et place de Wilfried SANOU. Très fort dans les duels aériens, il pouvait de ce fait suppléer DAGANO, qui serait alors lui à la réception du rebond.
Mais il ne s’agit pas ici de refaire l’histoire, sinon que de voir si au retour, il est possible d’avoir une autre stratégie offensive. En somme, avec une paire d’attaquants axiaux il y aura une place pour blinder le milieu de terrain. Car à l’extérieur et face à un tel adversaire, le match a de fortes chances de se décider dans le secteur médian.
Le Burkina a évolué à son maximum samedi dernier et c’est cela l’essentiel. Maintenant, il faut que ce soit aussi le cas lors du retour, programmé le 6 septembre 2009 avec le succès de la Guinée face au Malawi, la CAN 2010 en Angola se rapproche. Il ne coûte rien de jouer à fond, la qualification au Mondial. Les Etalons n’ont pas grand-chose à continuer à rêver.o

Idriss SEMDE

 

Les enseignements d’un grand match

La troisième journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations et de la Coupe du Monde 2010 s’est disputée le week-end du 20 au 21 juin dans les cinq poules de la zone Afrique. Au stade du 4-Août, les Etalons étaient face aux Eléphants de Côte d’Ivoire. La rencontre s’est soldée par la victoire des visiteurs sur le score de trois buts à deux. Que retenir de ce match qui a mobilisé le pays jusqu’au plus haut niveau ?

Depuis que le sport, en général et le football en particulier, est devenu un objet de prestige aux mains des pays, il a perdu ou presque son caractère ludique. La FIFA et la CAF, structures faitières des compétitions internationales dans le monde et en Afrique ,jouissent d’une grande estime auprès des populations. Elles sont l’objet d'une course assidue de la part des Etats pour l’organisation des phases finales des différentes compétitions. L’Angola et l’Afrique du Sud sont les bienheureux qui abriteront les phases finales de la 27ème CAN et de la 14ème Coupe du Monde en 2010. Pour être de ces fêtes, les nombreux candidats doivent s’affronter pour valider leur présence. La phase finale de la CAN regroupe, du 10 au 31 janvier 2010 en Angola seize participants, qui seront les trois premiers des cinq poules plus l’Angola pays organisateur. Seront à la Coupe du Monde qui se joue en juin et juillet 2010, les premiers des poules africaines qui se joindront aux qualifiés des autres confédérations et l’Afrique du Sud (pays en charge de l'événement sportif).
Le marathon entamé en juin 2008 est à sa dernière étape. Compte tenu de la qualité des candidats, les oppositions sont forcément prestigieuses. La rencontre Burkina Faso-Côte d’Ivoire était même redoutée dans la poule E. D’abord parce que les deux pays sont voisins et ensuite les deux formations nationales sont parmi les équipes en forme du moment. Avant la sortie du 20 juin dernier, elles totalisaient chacune six points, soit deux succès en deux matchs.

Du citoyen lambda aux plus hautes autorités, tout le monde était mobilisé
N’ayant pas eu une équipe d’un tel niveau depuis quelques années (les Etalons étaient absents aux phases finales de la CAN en 2006 et 2008), le Burkina entier était plongé dans l’ambiance de cette confrontation qui a mobilisé beaucoup d'énergies. Sur le plan commercial, les produits dérivés ne se sont pas aussi bien vendus qu’à l’occasion de ce match. Les maillots, les drapeaux, les sifflets s’arrachaient comme des petits pains. Les petits drapeaux qui se vendaient à 250 FCFA d’habitude se négociaient au double, les maillots aux couleurs nationales avoisinaient 5000 FCFA. En l’espace de quelques jours, l’«économie du football» a connu un essor.
Soixante douze heures avant le match, la circulation était rythmée par les «phases» des supporters des Etalons. Drapés de la bannière nationale, ils ont plongé la ville, voire le pays dans une grande effervescence avant le match. Les fans des Etalons ne doutaient certainement pas du succès de leurs champions avant le verdict du terrain au regard de la performance de leur équipe ces dernières années.
Les dirigeants ont aussi suivi le rythme. La FIFA ayant classé le match à haut risque, des dispositions sécuritaires jamais vues auparavant ont été prises : périmètre de sécurité à 200 mètres, vente de tickets… Des voix influentes ont appelé à la retenue quel que soit le résultat. Pour permettre à un maximum de Burkinabè de se rendre au stade pour soutenir leur onze national, des bonnes volontés ont acheté 25 mille des 33 mille billets émis pour ce match. La rencontre s’est déroulée sans incident et les Eléphants sont sortis vainqueurs de la confrontation.

Les ratés
S’il n’y a rien à déplorer comme incidents dans la tenue du match, quelques ratées sont néanmoins à relever.
Dans l’organisation, la billetterie a été mal gérée. S’il faut saluer les bonnes volontés qui ont dépensé leur argent pour acheter les billets, il n'en demeure pas moins que la gestion de ces tickets n’a pas été irréprochable. La surenchère provoquée sur le marché pour l’obtention des billets ne concerne certainement pas les trois mille billets mis en vente par la Fédération burkinabè de football. Des billets mis à la disposition gratuitement par les acheteurs se sont retrouvés sur le marché. Les tickets de 500 FCFA étaient négociés à plus 5000 FCFA, ceux de 10 000 FCFA à 30 000 FCFA. Des gens mal intentionnés se sont, sans doute, fait du fric sur le dos de ces âmes charitables. Le jour du match, des billets étaient toujours vendus aux abords du stade.
Sur le terrain, les Etalons semblent avoir suivi l’euphorie populaire dans la gestion de la rencontre. Dès l’entame, ils se sont fondus sur les Eléphants comme pour en finir rapidement. Face à une équipe comme celle de la Côte d’Ivoire composée de joueurs qui ont vu des vertes et des pas mûrs, la démarche était suicidaire. Les Burkinabè ont raté quatre occasions nettes de buts en dix minutes, les Ivoiriens ont inscrit le premier but sur la première opportunité. Ce but a obligé les Etalons à sortir les tripes pour rétablir la parité. Evidemment cette débauche d’énergie allait être payée. Surtout que le coach ivoirien a opté de laisser le jeu aux Etalons pour mieux les contrer. Ce match a révélé les défaillances de la défense burkinabè. La paire centrale Bakary KONE, Mamadou TALL a sérieusement souffert face à Didier DROGBA qui a fini par inscrire le troisième but de son équipe. L’auto goal de TALL à la 53ème minute est aussi l’autre illustration des difficultés de la base arrière burkinabè.
Les techniciens des Etalons doivent rapidement corriger ce secteur avant les trois rencontres qui restent à disputer et la phase finale éventuelle de la CAN. Une équipe de football se fonde d’abord sur sa défense qui demeure sa rampe de lancement.

Que retenir ?
Pour ce qui est de l’ambiance autour de l’équipe, elle est à saluer si elle n’est pas simplement due à la qualité de l’adversaire du jour. Tout ce qui concerne la Côte d’Ivoire passionne au Burkina. Les bons résultats des Etalons ont dû faire croire, que le Burkina allait sortir vainqueur de ce face-à-face d’où cette fête anticipée. A l’avenir, il serait de bon ton d’attendre le verdict du rectangle vert avant de laisser exploser la joie. L’expérience de l’achat massif des billets par des bonnes volontés devrait être reconsidérée surtout dans le volet redistribution. Sinon on donne l’occasion à des individus sans scrupules de se faire de l’argent facile sur le dos des vrais supporters des Etalons.
Sur le plan du jeu, ce match a montré le vrai visage des Etalons. Après la bonne entame, les Burkinabè n’étaient pas à l’aise à certains moments de la partie notamment en début de seconde période. Le but contre son camp de Mamadou TALL est justement venu à ce moment. Mais la capacité de réaction montrée par le groupe en revenant au score est positive. On ne peut pas prétendre s’amuser dans la cour des grands si on ne rend pas immédiatement les coups qu’on reçoit. Les Etalons ont un calendrier qui prévoit deux sorties : à Abidjan en septembre et à Conakry en octobre. Ils n’auront pas le choix que de savoir faire le dos rond pour ne pas aligner trois défaites de suite avant la réception du Malawi en novembre.o

Ahmed NAZE

 

 

 

 

 

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