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La Une du n° 611
NATION::N°611 du 01 au 07 juillet 2009

Diaspora burkinabè au Gabon
Des fortunes diverses

Révolue l’époque où la destination privilégiée des jeunes burkinabè était la Côte d’Ivoire, le pays de Nana Houphouët BOIGNY.
Aujourd’hui, on les retrouve un peu partout à travers le monde à la recherche du mieux-être. En Afrique, le Gabon attire ces dernières années de jeunes Burkinabè en majorité d’ethnie bissa, « transformant » ainsi peu à peu, le Gabon en un « Italie-bis ». Mais si certains Burkinabè du Gabon ont réussi à s’insérer dans la vie socio-économique, d’autres semblent avoir « oublié » leur intégrité au pays pour devenir de véritables parias. Mais comme il faut positiver, nous allons nous intéresser plus à ceux qui font consciencieusement leur travail et qui gagnent bien leur vie.

M. KOUDOUGOU sur un de ses chantiers. En arrière plan un chargement de gravion dans un bateau qui coûte 15 millions de F CFAM. Adama YAMEOGO est une référence en matière de réussite au Gabon. Il est arrivé à Libreville courant les années 70-80 à l’âge de 19 ans. Dans la patience et l’abnégation, il a réussi à conquérir une place de choix dans le tissu socio-économique du Gabon. Sa société « Bati-confort » est spécialisée dans les travaux publics, le bâtiment, le transport maritime, le bois et l’aluminium. Bati-confort assure la bonne exécution des marchés à lui confiés, d’où la confiance de l’Etat gabonais, à son égard. Depuis 2004, il est devenu un citoyen gabonais.
M. KOUDOUGOU a réussi à s’insérer dans le tissu Autre Burkinabè, autre société et autre réussite : M. Jean-Pierre KOUDOUGOU est un des « gourous » de la société SOLIMAR spécialisée dans le transport et la vente de matériaux de construction. Chauffeur à son arrivée à Libreville en 1985 grâce à son grand frère, il a réussi à gravir les échelons pour être aujourd’hui un homme qui compte : «C’est en 1985 que je suis arrivé à Libreville. J’ai commencé avec mon grand frère et 7 mois après, j’ai payé mon propre camion. Et petit à petit, je suis devenu ce que je suis. On peut dire que ça marche un peu. Si depuis 1985, je ne fais que ce travail, c’est que ça va un peu». La société Solimar de M. KOUDOUGOU transporte par bateau le « gravillon concassé» sur près de 100 km de Libreville pour le revendre. Le chargement du gravillon coûte 15 millions de FCFA et bien souvent la demande dépasse l’offre. On comprend aisément que lui et la cinquantaine d’employés permanents et non-permanents, dont la majorité est burkinabè, gèrent de bonnes affaires dans le circuit économique du pays.
« Je ne suis pas milliardaire, mais ça va un peu», déclare M. KOUDOUGOU.
M. Joseph Kouan KEITA est le délégué du Conseil supérieur des Burkinabè de l’étranger à Libreville. Il est également un opérateur économique évoluant dans le domaine des transports terrestre et maritime. Il reconnaît qu’avec la crise les affaires ne marchent plus comme avant. Dans tous les cas, tout ne peut pas marcher à tout moment, reconnaît-il. Mais son vœu le plus cher reste la bonne organisation de la communauté burkinabè au Gabon. Il n’a d’ailleurs cessé durant notre séjour, de poser le problème du consulat.
Aux côtés de ces entrepreneurs bien connus, on retrouve des Burkinabè dans de nombreux secteurs d’activités : chauffeurs, gardiens, couturiers, vigiles, commerçants, « dockers », etc. qui tirent leur épingle du jeu.

Du consul, parlons-en
Selon M. Kouan Joseph KEITA, délégué du Conseil supérieur des Burkinabè de l’étranger à Libreville, le Gabon compterait près de 30 000 Burkinabè. Les autorités burkinabè ont donc vu juste en nommant un consul honoraire au Gabon. Une nomination qui au départ a certainement été accueillie avec joie par les Burkinabè résidant dans ce pays. Malheureusement pour eux, cette joie va se transformer en regret et amertume. En effet, les charges de consul octroyées au Français du nom de Philipe CHANDAIZON, poseraient problème. En effet, le consul est toujours entre deux avions. Autrement dit, il n’a pas le temps à consacrer aux Burkinabè et à leurs problèmes. Il nous a d’ailleurs donné la preuve le 15 juin dernier, jour de l’arrivée du président du Faso à Libreville pour les obsèques de Feu Omar BONGO Ondimba. Le consul est arrivé à l’aéroport presqu’au même moment que le président du Faso. Il était donc obligé de faire un « 100m plats » pour rejoindre l’avion avant la descente sur le tarmac du président. Nous ne l’avons revu qu’à quelques minutes du départ du président pour le Burkina, à l’audience qu’il a accordée à la délégation des Burkinabè résidant à Libreville. Bref, les Burkinabè du Gabon ne sont pas contents de leur consul. Par contre, ils ne tarissent pas d’éloges à l’endroit de l’ambassadeur du Burkina au Nigeria, M. Dramane YAMEOGO et du Consul du Burkina au Bénin, M. Mahamoudou OUEDRAOGO.
Face à la gravité d’une telle situation nos compatriotes disent avoir pipé mot à Son Excellence M. Blaise COMPAORE qui aurait pris l’engagement d’y apporter des solutions. Pour eux, un Burkinabè est bien placé pour comprendre leurs problèmes en vue de les résoudre. Car il sera plus disposé et disponible.
Le problème du consul du Burkina au Gabon mérite bien une attention particulière des autorités. Le ministre d’Etat Alain Bedouma YODA est vivement interpellé.o

Ben Alex BEOGO

Formation ACF Au Ganzourgou
La parole aux bénéficiaires

Le 18, juin denier, l'Association Chant de Femmes a organisé à Rapadama v4 commune de Mogtédo, une rencontre de restitution des formations qu'elle a dispensées dans 15 villages.

Mme Valentine BATIONO, coordonnatrice de ACFCette rencontre qui a mobilisé une foule immense venant des 15 villages, dans une ambiance de fête, fut l'occasion pour les femmes, les hommes, les jeunes, les vieux et les vieilles de témoigner des retombées bénéfiques des formations assurées par l'ACF. De ces témoignages, il ressort que sur le plan individuels les bénéficiaires ont acquis des changements positifs de comportement dans les domaines de 1 'hygiène corporelle, vestimentaire, du cadre de vie et de l'eau de boisson. Au niveau des ménages il y a un bond qualitatif dans les rapports hommes-femmes et enfants même dans l'intimité des couples. Il règne une cohésion et une harmonie dans la gestion des familles et l'éducation des enfants. A l'échelle du village, les lieux publics (écoles, dispensaires, marchés...) sont régulièrement nettoyés ; la fréquentation des centres de santé s'est considérablement accrue et les mauvaises pratiques comme l'excision, les accouchements rapprochés des femmes sont bannies.
Au regard de tout cela, Mme Valentine BATIONO coordonnatrice de ACF s'est dite satisfaite et a souhaité que ces acquis obtenus puissent être maintenus, renforcés et étendus à toutes les femmes de tous les villages. M. JEAN Paul OUEDRAOGO, représentant de l'UNICEF, a félicité et encouragé les responsables de l'Association Chant de Femmes. Quant au maire Joseph GUIGMA, il a traduit à l'ACF toute la profonde gratitude du conseil municipal et de toute la population de sa commune pour sa précieuse contribution à l'éveil de la population. Il a aussi invité les hommes et les femmes à intégrer ces acquis dans leur vécu quotidien et à ne plus sombrer dans leurs vieilles habitudes. Les femmes bénéficiaires ont remercié l' ACF et son partenaire l'UNICEF. Elles ont aussi soumis des doléances pour l'amélioration de leur santé, de leurs conditions de vie et de travail. Ce sont entre autres, l'obtention de centre de santé, d’ambulance, de forages et d’activités génératrices de revenus.
En rappel, l'Association Chant de Femmes a été crée en novembre 2005 et vise comme objectif l'amélioration de la condition de la femme. Depuis lors, elle intervient dans 3 communes de la province du Ganzourgou (Mogtedo, Zam, Boudry). Elle est concrètement présente dans 27 villages où elle a sensibilisé plus de 2430 femmes autour de thèmes allant de l'hygiène et l'assainissement à la lutte contre l'excision en passant par la santé prénatale, l'éducation et la nutrition des enfants, les IST et le VIH SIDA.
C'est fort de ces 4 années de sensibilisation sur le terrain et dans l'objectif de mobiliser toute la population autour de ces acquis que cette rencontre de restitutions a été organisée. Au regard de la grande mobilisation, et de l'engouement de la population, Mme Valentine BATIONO a déclaré que les objectifs de son association sont atteints d'où sa satisfaction.
Des cérémonies similaires ont été organisées les 19 et 20 juin 2009 respectivement dans les communes de Zam et de Boudry.o


LAVOISIER

 

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