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La Une n°612 du 08 au 14/07/2009
La Une du n° 612
NATION::N°612 du 08 au 14 juillet 2009

Sommet de l’Union Africaine

Kadhafi, atout ou obstacle ?

Le sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine s’est achevé, le 3 juin dernier, à Syrte en Libye. La messe annuelle des «princes» du continent n’aura pas été du goût de l’hôte, le guide libyen, dont les fantasmes n’ont pas été entérinés par ses pairs. Une absence remarquée, celle du Président du Faso, Blaise COMPAORE.

Pourquoi le président burkinabè ne s’est pas rendu à Syrte pour le sommet de l’Union africaine ? Pourquoi n’a-t-il pas dépêché le Premier ministre Tertius ZONGO pour le représenter ? Ce sont autant de questions qui taraudent les esprits des observateurs et des acteurs de la classe politique. Si ce n’est pas la première fois que le président COMPAORE s’absente à un forum de haut niveau, alors le fait relance la spéculation sur les relations personnelles qui le lient au Guide de la Révolution libyenne, le bouillant Colonel Mouammar El KADHAFI. Depuis le sommet d’Accra au Ghana en 2007, les rapports entre les deux dirigeants auraient pris un sérieux coup de froid. La raison serait le point de vue contraire (une alternative) véhiculé par le président burkinabè et d’autres par rapport à l’utopique gouvernement continental prôné par le guide libyen. Le Burkina, comme bien d’autres pays, avait opté pour une démarche prudente notamment le renforcement des structures régionales avant la mise en place de toute superstructure continentale. KADHAFI, qui prêche et veut forcer la construction d’une «Afrique unique», serait en froid avec ceux qui penchent pour la prudence dans cette démarche d’unification du continent. S’il est qu’on pardonne plus difficilement aux amis alors...

KADHAFI, de plus en plus contesté
Le sommet de Syrte s’inscrit en droite ligne des actions souvent désobligeantes du Guide libyen. Son arrivée à la tête de l’Union africaine a d’ailleurs fait l’objet de controverse de la part de certains de ses pairs. Et des partenaires de l’organisation continentale ne voyaient pas d’un bon œil sa présence à la tête de l’institution africaine. On se rappelle d’ailleurs que les organisateurs du sommet du Groupe des vingt pays les plus développés (G 20) tenu en avril dernier à Londres ne l’avaient pas invité. Mais le Guide n’en a cure puisque son obsession reste les Etats-Unis d’Afrique. Comme nous l’avons dit plus haut, cette «croisade» ne fait pas l’unanimité car c’est sa puissance financière qui pousse certains dirigeants à éviter une contestation ouverte, en se contentant d’un service minimum pour le contenter. Au sommet de Syrte, il a d’ailleurs quitté momentanément la salle pour marquer son mécontentement face au rejet de ses réformes dont notamment la transformation de la Commission de l’Union en Autorité avec la nomination de hauts responsables aux Affaires étrangères et à la Défense africaine. L’institution commune des Etats a gardé la tête froide, malgré les agitations du Guide, et a pris des décisions majeures au sortir de ses assises. La Commission a été transformée en Autorité continentale et les commissaires sont désormais des secrétaires. Une métamorphose de façade puisque les prérogatives de l’Autorité seraient les mêmes que celles de la Commission. Autre acte majeur, la décision unilatérale de boycotter la décision relative au mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale émis contre le président soudanais El BECHIR. Une décision qui rappelle celle du sommet historique de l’OUA tenu en 1998 à Ouagadougou où il avait été décidé du boycott de la décision onusienne relative à l’espace aérien libyen suite aux accusations de complicité du pays dans certains attentats aériens. Et Blaise COMPAORE a été le premier chef d’Etat à se rendre en Libye sous embargo en tant que président en exercice de l’organisation.

L’Union africaine en veut à la Cour pénale internationale
La décision majeure de ce sommet de Syrte est, sans conteste, le refus de l’Union africaine de coopérer avec la Cour pénale internationale (CPI) dans l’exécution du mandat d’arrêt qu’elle a lancé contre Omar Hassan El BECHIR accusé de crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis dans la province septentrionale du Darfour. Cette prise de position ne saurait surprendre les observateurs politiques. En effet, les souvenirs sont toujours vivaces quant aux agissements de la Cour. Depuis sa création par le traité de Rome, les Africains ont toujours dénoncé la tendance de la CPI à ne s’intéresser qu’aux Africains. Ses geôles à La Haye aux Pays-Bas regorgent surtout de ressortissants du continent. On peut citer en exemple Charles TAYLOR, l’ex-président libérien, et Jean-Pierre BEMBA, l’ex-chef de guerre de la République Démocratique du Congo. Si on y ajoute le mandat d’arrêt lancé contre le président soudanais, l’UA ne peut que noter une tendance dangereuse et partisane des limiers de la CPI qui ne voient le mal qu’au Sud de la Mer Méditerranée. C’est le président de la Commission, le Gabonais Jean PING, qui a d’abord dénoncé cet état de fait. Les pays africains qui ont déjà ratifié le traité de Rome et qui ont en principe obligation d’exécuter ses décisions ont décidé de se concerter suite à la décision de l’Union africaine.
En dénonçant la décision de la Cour, les Etats africains ouvrent une nouvelle page de leurs relations avec la CPI et c’est son procureur général, l’Argentin Luis Morino OCAMPO, qui serait en ligne de mire. On se rappelle que pendant les premières semaines du lancement du mandat d’arrêt de la CPI, le président El BECHIR s’en prenait directement au procureur accusé d’être trop zélé quand il s’agit de l’Afrique alors que des dictateurs ou des criminels se la coulent douce non loin de ses bureaux aux pays des Balkans où sur sa terre d’origine en Amérique Latine. C’est à peine voilé que certains demandent son départ de La Haye. Le bémol à cette décision de boycott de la décision est venu du Botswana qui a déclaré, le 6 juillet dernier qu’il arrêtera le président soudanais s’il s’aventurait sur son territoire.
Au sortir du sommet de Syrte, l’image de l’Union africaine ne semble pas avoir redoré son blason. Elle est toujours perçue comme un instrument au service de la pérennité des dirigeants qu’une structure capable de booster le développement du continent. Au vu de cette routine qui la caractérise Blaise COMPAORE a peut-être raison de ne pas avoir fait le déplacement.o

Ahmed NAZE

SOMIKA-SYNORARTRAB

L'or au centre d'une crise

Le Syndicat National des Orpailleurs Artisanaux et Traditionnels du Burkina (SYNORARTRAB) a convoqué la presse le jeudi 2 juillet passé, à 10h à la Bourse du travail de Ouagadougou. Le point des échanges a porté sur un différend qui oppose les orpailleurs installés sur le site de Fougangoué à la Société Minière Kindo Adama (SOMIKA).

Amado KIEMDE, président national des orpailleursLe moins qu'on puisse dire est que les orpailleurs installés sur le site de Fougangoué dans la région de Cascades sont très remontés contre la société SOMIKA et les gendarmes de Sidéradougou. De quoi s'agit-il ? Les orpailleurs installés sur le site se disent victimes de traitements inhumains et dégradants de la part de l'exploitant du site SOMIKA. De la genèse des faits selon les explications du SYNORARTRAB, les orpailleurs affiliés à leur syndicat étaient déjà installés sur le site 18 mois avant l'arrivée de la SOMIKA. Les relations entre les orpailleurs et la SOMIKA étaient bonnes au début si bien que la société achetait 80.000F à 90.000F CFA aux orpailleurs pour 8 grammes d'or. Il est à noter qu'en ces temps-là la SOMIKA exploitait le site en concurrence avec une autre société minière. Cette activité aurifère sur le site de Fougangoué se faisait au début sans droit d'exploitation des deux sociétés mentionnées. Les choses se seraient gâtées dès lors que la SOMIKA a bénéficié d'une autorisation d'exploitation du site aurifère par la décision N°08049/MCE/SG/DG/MGC du 30 juillet 2008 portant autorisation d'exploitation dudit site. La société, aux dires des conférenciers, une fois l'autorisation d'exploitation en poche et alors seule société légale à exploiter dorénavant le site a décidé de payer les 8 grammes à 60.000F CFA au lieu des 80.000F ou des 90.000F CFA prix auquel était payée la quantité d'or mentionnée. C'est suite au refus des orpailleurs d'accepter ce prix que la SOMIKA aurait demandé leur départ du site dans un délai d'une semaine comprise entre le 21 et le 28 septembre 2008. Pour les orpailleurs, la société doit négocier d'abord le prix d'achat de l'or avec eux.
Ensuite ils estiment que la SOMIKA si elle veut les voir partir du site doit les dédommager. Enfin ils contestent le titre même d'exploitant du site à la SOMIKA. Pour leur défense, ils avancent qu'ils sont propriétaires des machines utilisées pour l'exploitation de l'or et que la SOMIKA n'a pas d'employés sur le site. Ils se considèrent comme étant plutôt des partenaires indépendants avec qui la société doit négocier. Ils estiment que la SOMIKA est plus un acheteur d'or qu'un exploitant parce que ce sont eux, les orpailleurs, qui font tout le travail. Pourquoi s'en prendre à la société ou vouloir engager un bras de fer avec elle du moment qu'elle détient un permis d'exploiter ? Le site n'est-il pas présentement la propriété de la SOMIKA qui peut décider de travailler avec qui elle veut ? Ce sont entre autres les questions qui ont été posées aux conférenciers du jour. Ils en viennent alors à reconnaître que la SOMIKA est libre de recruter ses employés selon son bon vouloir. Face à la batterie de questions et des réflexions des journalistes pour savoir s'ils ne reconnaissaient pas qu'une fois munie du permis d'exploiter, la société n'avait pas la latitude de définir son plan de travail, les orpailleurs sont revenus à de meilleurs sentiments à l'égard de la société et se sont déportés sur le terrain de violations des droits humains dont ils seraient victimes. Ces violations seraient le fait de gendarmes exerçant à Sidéradougou qui seraient intervenus récemment sur le site et auraient gazé et bastonné des orpailleurs. Une source affirme cependant que du côté de la gendarmerie de Sidéradougou, il s'agissait d'une opération en prévention de troubles préparés par le sieur Idrissa BELEM alias Pellé et quatre autres orpailleurs qui avaient pris la résolution de brûler des comptoirs et détruire certaines installations de la SOMIKA. Des rassemblements d'orpailleurs et des destructeurs avaient déjà eu lieu sur le site.
Les orpailleurs suite à l'action de la gendarmerie ont fermé les aires de traitement du minerai. Il faut cependant dire que la période coïncide aussi avec la saison des pluies et la fermeture des sites d'or pour des raisons de sécurité. C'est donc le statu quo qui est actuellement en vigueur entre la SOMIKA et le SYNORARTRAB.
Les orpailleurs disent se tourner vers l'Etat pour qu'à défaut de trouver une solution à leurs problèmes, autre site leur soit désigné pour qu'ils puissent mener leur activité. Par ailleurs, ils demandent à la SOMIKA de les considérer comme des partenaires et de discuter avec eux. Ils pensent qu'ils peuvent être embauchés par la SOMIKA. A défaut, la société pourrait revoir à la hausse le prix d'achat de l'or. Les orpailleurs doivent mettre de l'eau dans leur vin en ayant surtout à l'esprit que la SOMIKA, qui dispose d'une autorisation d'exploitation est parfaitement libre de déterminer les conditions d'exploitation de l'or sur son site et travailler avec qui elle veut. Toute autre attitude de la part des orpailleurs serait une violation de la loi et exposerait les auteurs à d'éventuelles poursuites judiciaires.o .

Angelin DABIRE (Stagiaire)

 

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