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La Une du n°615
La Une du n° 615
Lettre de l'Editeur :N°615 du 29 juillet au 04 Août 2009

Discipline et transparence

C’est comme devrait le faire le grand parti qu’il est, que le CDP a traité des questions litigieuses et de certaines préoccupations lancinantes des militants, qui sans être médiatisées, n’en étaient pas moins porteuses de frustrations et de germes de conflits. Parce que les situations n’autorisaient pas les conciliabules et exigeaient la transparence totale, c’est en plénière et en présence des 3475 participants que ces sujets ont été exposés et débattus pour couper court aux supputations et aux trafics d’influence dont aiment à user les pêcheurs en eaux troubles pour faire prévaloir leurs points de vue.

Annoncé comme le congrès de tous les dangers aux lendemains des démissions fracassantes mais pourtant attendues de ses « réformateurs », ce 4e congrès ordinaire du CDP, pour de nombreux analystes devenait particulièrement explosif après la sortie au TNT de Salif DIALLO ci-devant 1er vice-président du parti et la volée de bois verts qui s’en est suivie. Une véritable passe d’armes dont la presse se délecte et qui n’a pas manqué de traverser, et les travaux, et les couloirs d’un congrès qui marquera pour longtemps le paysage politique national. Comme frappés de sinistrose aiguë, certainement le fait d’un climat politique trop insipide, la plupart des analystes annonçaient sans nuance un congrès houleux. Ils en ont eu pour leurs frais même si dans ce pays on peut dire une chose et son contraire dans le même souffle sans soulever d’émoi.
Les partisans du catastrophisme diraient donc que la montagne a accouché d’une souris que personne n’aurait à redire puisque d’implosion il n’y en a point eu, même pas de voix discordantes au-dessus du concert général de satisfaction, alors que ce ne sont pas les sujets à polémique qui ont manqué. On serait même tenté de dire que contrairement aux prévisions, le CDP est sorti plus ragaillardi de ce congrès, nous donnant entièrement raison lorsque nous affirmions dans notre éditorial précédent que ce « congrès intervient au meilleur moment et est une formidable occasion pour mettre les points sur les « i » et mettre ses principaux responsables au même niveau d’information aussi bien sur cette affaire (l’affaire Salif DIALLO) 0». Comme à leur habitude, certains n’y ont vu que propos et analyses de partisans du pouvoir. Les faits une fois de plus nous donnent raison montrant que lucidité et rationalisme ne riment pas avec acrimonie et condamnation à l’emporte-pièces.
C’est comme devrait le faire le grand parti qu’il est, que le CDP a traité des questions litigieuses et de certaines préoccupations lancinantes des militants, qui sans être médiatisées, n’en étaient pas moins porteuses de frustrations et de germes de conflits. Parce que les situations n’autorisaient pas les conciliabules et exigeaient la transparence totale, c’est en plénière et en présence des 3475 participants que ces sujets ont été exposés et débattus pour couper court aux supputations et aux trafics d’influence dont aiment à user les pêcheurs en eaux troubles pour faire prévaloir leurs points de vue. Ainsi, sur le différend qui oppose le parti à son ex-Vice-président, toutes les tractations, rencontres, contenues de correspondances, engagements pris ont été présentés aux congressistes tuant ainsi dans l’œuf des manœuvres visant à provoquer la révolte d’une partie de la délégation du Nord. Des propos directs et fermes qui auront aussi permis, à la sortie du congrès, d’affirmer que l’intéressé reste toujours un militant jusqu’à preuve du contraire et qu’il convient, en tant que cadre du parti, qu’il sache se remettre en cause pour espérer bénéficier de nouveau de sa confiance. Il faut peut-être que certains aient l’humilité et l’intelligence de comprendre que les militants, quel que soit leur rang, doivent beaucoup plus au parti que celui-ci ne leur doit. Cela, quel que soit leur apport dans son édification et dans son évolution. Roch Marc Christian KABORE a donc parfaitement raison de dire que si chacun est utile au parti, personne n’y est indispensable. La balle est de ce fait dans le camp de Salif DIALLO qui devrait s’en réjouir et en faire bon usage. L’usage qu’il en fera déterminera la réaction du parti et l’appréciation que ses camarades feront de son militantisme de deux décennies. C’est vrai que pour certains d’entre eux ce jugement est déjà fait même s’il n’est pas définitif car à les entendre bénéficier de la confiance totale du président du Faso pendant deux décennies, avoir de lui presque cartes blanches en tout, pouvoir se permettre de « traumatiser » le frère cadet du même président pendant une bonne décennie…, impose un minimum de devoir pour ne pas dire plus. Il faudrait être particulièrement de mauvaise foi pour penser que dans une telle situation, le président est redevable à son collaborateur, parce qu’ils sont certainement des milliers dans ce pays, qui, mis dans les mêmes conditions, auraient apporté au moins autant que lui. C’est le sentiment général que suscite cette affaire qui fait et fera plus de bruits dans les médias qu’au sein du CDP. Voilà pourquoi il n’y aura pas de « désalification » comme certains le subodorent même si à l’entendre, Roch Marc Christian KABORE, président et garant de l’unité du parti n’est plus d’humeur à supporter les comportements de défiance vis-à-vis du parti et de ses structures. C’est là une nouvelle donne dans ce pays, et cela a son importance.
Dans la même veine, un sujet tel que les nombreuses rumeurs qui circulent autour du projet du barrage de Samandéni a aussi reçu un traitement de premier choix, le parti ayant décidé de communiquer en toute transparence afin de mettre un terme à la manipulation dont les populations étaient l’objet. Même si ces informations sont loin d’être rassurantes, au moins permettent-elles de situer les responsabilités et de rechercher les véritables solutions pouvant permettre de susciter de nouveaux espoirs. Il en a été de même pour certaines promesses électorales du président du Faso qui connaissent quelques difficultés pour arriver à terme, ou même démarrer sérieusement. L’occasion était trop belle pour les représentants des populations à la base pour qu’ils ne demandent pas des comptes et soient vigilants aux réponses apportées. Une véritable revue, qui, à une année de la prochaine présidentielle, a été une aubaine pour faire entendre les préoccupations des électeurs. L’exercice n’a certainement pas été de tout repos puisqu’il semble que la commission qui s’y est collée a enregistré des centaines d’interventions malgré les garde-fous pour éviter que cela n’aille dans tous les sens.
Au total, le CDP a donc réussi son congrès. Il y a donc eu plus de peur que de mal. Il faut croire que certains analystes ont simplement pris leurs lubies pour des réalités. Dans tous les cas, c’est le Burkina Faso tout entier qui devrait se réjouir que tout se soit bien passé. Car, au-delà du jeu partisan, le CDP est aujourd’hui le garant de la paix sociale et de la destinée du pays. A ce titre, tout ce qui le touche nous concerne tous, de près ou de loin. Certains qui n’ont de vœux que de le voir imploser feraient mieux d’y réfléchir par deux fois au lieu de se laisser aller à leurs ressentiments primaires.o

Cheick AHMED
ilingani2000@yahoo.fr

 

 

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