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La Une du n°617
La Une du n° 617

Retro-Rétro – Gouvernance : N°617 du 12 au 18 août 2009

Saison sportive 2008 - 2009
Des fortunes diverses

Notre dossier de la semaine est consacré à la saison sportive 2008-2009 qui aura été riche en activités dans tous ses compartiments. Des sports de mains en passant par les arts martiaux, l'athlétisme, le rugby, le football, chaque discipline a joué sa partition avec des fortunes diverses.

 

Championnat national de football
La fuite des spectateurs

Le championnat national 2008-2009 a sacré l’ASFA-Yennenga comme meilleure équipe du Burkina. Les jeux sont faits mais au finish on aura remarqué la désertion des gradins par les supporters..

L’ASFA/Y, l’équipe championne de la saison 2008- 2009Vingt six journées pour désigner un champion, le Comité exécutif de la FBF a tenu le pari de l’organisation. A part quelques échauffourées qui ont par exemple entrainé la suspension du Stade de Koudougou après un match ASFA Yennenga contre le BPS local, les matches se sont joués dans un assez bon climat.
Les Jaune et vert ont terminé la course sans la moindre défaite. Avec son attaquant ghanéen, Mandela OCANSEY, l’ASFA-Y avait les moyens de marcher sur ses adversaires cette saison, ce qu’elle a fait en réussissant le doublé Coupe du Faso et Championnat. Les autres « grands » comme l’EFO ont parfois essuyé l’humiliation comme en huitième de finale de la Coupe du Faso. Les Stellistes ont simplement encaissé cinq buts sans en rendre. Le 5 août, lors de la finale, c’est l’US Forces armées qui a été balayée par 4 buts à 1. L’ASFA-Y semblait trop forte cette année pour les autres.
Mais ce sans faute des joueurs de l’entraineur malien, Cheick Oumar KONE, doit être replacé dans un ensemble général assez médiocre. Le championnat burkinabè ne propose pas grand chose sur le terrain. Les joueurs ont vraiment un niveau assez bas pour la haute compétition, et la fuite des supporters en est une illustration.
Selon les statistiques de la FBF, deux matches ont été excédentaires durant toute la saison. A Ouagadougou, le match EFO-ASFA-Y de la 18ème journée a généré 1 688 000 FCFA avec 4236 entrées. A Bobo-Dioulasso, c’est ASFB-RCB qui a produit 420 700 FCFA devant 959 personnes. Pour un championnat d’élite, ce chiffrest parlent d’eux mêmes par rapport à la qualité du spectacle.
Ceux qui veulent bien verser une petite larme pour le foot burkinabè ont ici de bonnes raisons de le faire. Tenez à la 26ème et dernière journée, le match CFO-RCB s’est joué au Stade Municipal de Ouagadougou devant 22 spectateurs pour une recette de 9300 FCFA. La palme revient au match Bobo-Sport-USCO qui s’est disputé devant 12 personnes pour 4000 FCFA d’encaissés. Face à tels chiffres, il ne reste vraiment plus que les yeux pour pleurer pour ceux se sentent abandonnés par le courage mais ils doivent être une occasion d’introspection pour diagnostiquer et corriger ce qui ne va pas. Les rêves de jouer dans la cour des grands deviendront des rêveries si la compétition nationale n’est pas meilleure qu’une partie de Maracaña du quartier.
Les maux du football burkinabè
La principale caractéristique du foot au Burkina est sa pauvreté. Les clubs dits grands comme l’ASFA-Yennenga et l’EFO n’ont même pas deux cent millions de FCFA de budget annuel. Les gros salaires tournent autour de deux cents mille FCFA. Avec de telles misères vous ne pouvez pas attirer de grands joueurs. C’est pour ça qu’un attaquant comme Mandela OCANSEY qui est certes bon mais pas excellent est vite devenu « une star » sur nos terrains.
La FBF qui baigne dans le même désarroi est elle aussi incapable d’honorer ses engagements vis-à-vis des clubs. La subvention de deux millions FCFA promise aux clubs n’est jamais versée comme il faut. Il n’y a donc rien à attendre de ces d’eux. Le football burkinabè pourrait connaitre le pire si la situation financière des clubs ne connait pas une amélioration. On ne peut pas imaginer un avenir du football si ceux qui ont pour mission de le construire végètent dans la misère. La formation de la relève fait partie des tâches premières des clubs.
La formation des jeunes qui est le socle de toute activité qui se veut pérenne est presque le dernier des soucis de nos dirigeants du football. La raison est simple, il n’y a pas d’argent. On préfère mettre le peu qu’on a chez les grands pour ne pas s’attirer les foudres des supporters que d’investir dans la génération future. Conséquence, il n’y a pas de relève. Les enfants qui continuent de se former avec le football de rue comme au bon vieux temps se retrouvent en seniors toujours en train d’apprendre les BA BA du football moderne.
Sur le plan local, on peut se chatouiller pour rire, mais face à un adversaire extérieur, les choses se terminent toujours mal. Les aller-retours des clubs en campagne africaine sont le meilleur témoin..o.o

Ahmed NAZE

Boxe
Vibrations positives pour le noble art

Alexis KABORE dit Yoyo conserve son titre de champion des poids super coqs en WBALa boxe, malgré sa faible popularité est la discipline sportive qui donne plus de titres au Burkina, en compétitions professionnelles. A ce jour, le pays compte deux champions panafricains. Patrice Sou TOKE dit le Bombardier est champion panafricain des welters en version WBC (World Boxing Council), titre qu’il a conquis en février dernier à la place de la Nation à Ouagadougou. Boureima Alexis KABORE dit YOYO porte, lui, la ceinture des super coqs en WBA (World Boxing Association), couronné en octobre 2008 face à l’Equatorien Rafael MENDOZA dit Le monstre. YOYO a récemment conservé son bien en battant par disqualification de l’arbitre l’Algérien Foudil MADANI.
Les deux autres mousquetaires du noble art ont connu leur période de gloire avant de sombrer. Irissa KABORE dit le Kaid en super Welter a été champion du monde international en IBF (International Boxing Federation). Il a perdu le titre, le 13 décembre 2008, à la Maison du peuple devant le Franco-marocain Franck Haroche HORTA. Quant à Boniface KABORE dit Le python, il a juste porté la ceinture africaine des supers légers avant de la perdre sur tapis vert pour ne s’être pas rendu au Bénin pour la défendre devant l’enfant du pays Philibert SODJINOU. On parle d’un combat titre en jeu pour lui dans sa nouvelle catégorie mi-lourd d’ici décembre 2009.
La boxe amateur, faute de moyens, se contente de combats amicaux si l’occasion se présente et du championnat national.
La boxe professionnelle, malgré sa relative intense activité, vit aussi des périodes de disette. N’eut été la compréhension de la WBA, YOYO devait perdre son titre pour non remise en jeu à temps. Un boxeur est dans l’obligation de remettre son titre en jeu tous les six mois. C’est pratiquement dans son dixième mois que YOYO a rencontré l’Algérien MADANI. Patrice Sou TOKE vit aujourd’hui la même situation pour la conservation de sa ceinture.
L’Etat burkinabè s’est entièrement désengagé de l’organisation des combats de la boxe professionnelle au profit des promoteurs privés. Or au Burkina, il n’y en a pratiquement pas. Jean-Pierre MAHE l’entraîneur des boxeurs, n’a pas la surface financière nécessaire même s’il est considéré comme leur manager pour les promouvoir. Dans le noble art c’est le manager qui est, en principe, chargé de trouver des combats pour les boxeurs contre une commission qu’il perçoit sur leur bourse. Employé de la chaîne de Super marchés Marina Market, MAHE avait convaincu son patron, Georges RESTOM, de s’impliquer dans la Boxe comme il l'a fait avec Jean-Marc PERRONO, un Français établi au Togo.
Mais le gros du travail était accompli par la Fédération burkinabè de boxe notamment sous la présidence du Colonel Sidiki Daniel TRAORE. Depuis l’arrivée de Nazaire TAPSOBA aux affaires, après le renouvellement des structures, la fédération éprouverait de grosses difficultés à réunir les sommes nécessaires à l’organisation des combats. Jean Marc PERRONO se présente comme le seul acteur dans l’organisation des combats. C’est lui qui a permis le dernier combat de YOYO pour la conservation de son titre et il se murmure qu'il prépare un championnat d’Afrique pour le Python et la défense de la ceinture du Bombardier. Tout compte fait, la boxe a de bons résultats en professionnels mais elle souffre de la rareté des moyens pour la boxe amateur qui cependant prépare la relève.o
Ahmed NAZE

Etalons / Football
Entre doute et espoir

Les Etalons du Burkina sont dans la course pour les éliminatoires combinées CAN et Coupe du Monde 2010. A trois matches du verdict final, les Burkinabé sont partagés entre doute et espoir.

Entre le Coach DUARTE  et ses poulains le message passeLa non-qualification pour la seconde fois consécutive des Etalons à la phase finale de la Coupe d’ Afrique des Nations au Ghana en janvier 2008 a entrainé la démission de l’équipe fédérale dirigée alors par Seydou DIAKITE remplacé en décembre 2007 par Zembendé Théodore SAWADOGO PCA de l’EFO et Directeur général de la LONAB. L’entraîneur national, Didier NOTHEAUX, était sur le départ et il fallait à la nouvelle équipe fédérale trouver une tête pensante pour la nouvelle campagne qui débutait, le 4 juin 2008, avec une sortie périlleuse en Tunisie. Sur plusieurs candidatures, la FBF choisit de confier le sort du Onze burkinabè à un jeune Portugais totalement inconnu du nom de Paulo Rebelo DUARTE. Sa carte de visite avait de quoi décourager plus d’un supporteur. Ce nom n'évoquait rien pour les Burkinabè pourtant coutumiers des compatriotes de sa génération tels Luis FIGO ou Vitor BAHIA. Comme entraineur, il a fait un ou deux tours en Europa League (ancienne coupe de l’UEFA) avec son club Unao Leiria qu’il a fini par renvoyer en deuxième division du championnat portugais. Seule sa réputation de disciple du sulfureux Jose MOURHINO, ancien entraîneur de Porto (Portugal) et Chelsea (Angleterre) et actuel patron de l’Inter de Milan (Italie) rassurait un peu.


La chevauchée fantastique
Théodore Zambéndé SAWADOGO (1er plan à gauche) félicité lors son élection à la tête de la FBFEn apportant quelques aménagements au groupe, DUARTE réussit à la sublimer. Le 4 juin 2008, au Stade de Radès, à la surprise générale, les Etalons battent les Aigles de Carthage par deux buts à un avec un doublé de Youssouf KONE, sociétaire de Cluj en Roumanie. Cette victoire sur le favori du groupe met les Burkinabè en confiance et sur le chemin de la réussite. Les Pirates des Seychelles et les Itambas du Burundi sont battus à l’aller comme au retour.
Les Etalons terminent en tête de poule de cette deuxième phase des éliminatoires avec comme faux pas le match nul contre la Tunisie au retour à Ouagadougou. Le tirage au sort du dernier tour place le Burkina dans le groupe ? … en compagnie de la Côte d’Ivoire, de la Guinée et du Malawi. Moumouni DAGANO, qui a terminé meilleur butteur de cette étape, et ses camarades reprennent les choses où ils les ont laissées. Le 28 mars 2009 au Stade du 4-Août, le Syli national de Guinée avec sa star Pascal FEIDHOUNO découvre à ses dépens la nouvelle force des Etalons. Le verdict au coup de sifflet final de l’arbitre algérien Mohammed BENHOUSSA, était sans appel : le tableau indiquait 4 buts à 2 en faveur des Etalons. A la seconde sortie au Malawi, terrain réputé pourtant difficile les Burkinabè s’offrent la victoire (1but à zéro), une réalisation de l’inévitable DAGANO.
La réception de la Côte d’Ivoire, le 20 juin dernier, dans le cadre de la troisième journée, a passionné tout le pays. Les Burkinabè ne se sont jamais autant mobilisés autour de leur Onze national. Avec le parcours que les Etalons ont réussi, leurs fans les voyaient terrasser les pachydermes venus de la lagune Ebrié. Malheureusement, les Eléphants se montreront intraitables et retourneront dans leur forêt avec le gain du match (trois buts à deux).


Le doute
Les Etalons du Burkina FasoLes grands espoirs aussi sont sources des grandes déceptions. La défaite contre les Eléphants auraient déçu plus d’un. La tristesse était telle que l’on pouvait penser que les Etalons étaient à leur nième déconvenue. Les grands commentaires sur la capacité du groupe à faire des miracles sur le continent semblent avoir cédé la place au réalisme. Le coach Paolo DUARTE remodèle son discours autour d’un seul objectif, la qualification à la phase finale de la CAN en Angola.
Le Portugais, en bon technicien, a, sans doute, fait des projections pour les trois matches qui restent à disputer. Les deux sorties en Côte d’Ivoire et en Guinée en septembre peuvent bien se solder par des défaites. Il ne restera plus qu’à battre le Malawi à Ouagadougou en octobre pour assurer le ticket. C’est sans doute ce qui lui a fait dire sur la radio française RFI que le « mondial est fini pour nous. »
Il avait d’ailleurs donné les prémices de cette position en signant, la veille du match contre la Côte D’Ivoire, un contrat avec l’équipe française du Mans 72 tout en restant à la tête des Etalons. DUARTE dont le contrat avec le Burkina s’achève en mars 2010 sait très bien qu’il peut être viré de la tête des Etalons en cas de mauvaise performance en phase finale en Angola. Il a donc choisi d’assurer son avenir. Un choix qui sème le doute chez les Burkinabè qui se demandent s'il peut vraiment être efficace sur les deux tableaux. Leur équipe ne va-t-elle pas en pâtir ?


Forces et faiblesses du groupe
Le Onze national est à cheval sur la génération des Moumouni DAGANO, Mahamoudou KERE qui va vers la sortie et celle constituée en grande partie des anciens pensionnaires de Planète Champion international amenée par Wilfried SANOU et Jonathan PITROIPA. Ce sont de bons joueurs capables de porter un groupe comme ils le font actuellement mais qui présentent quelques lacunes si on les prend individuellement. Là se trouve aujourd’hui le problème des Etalons. Jonathan PITROIPA est peut-être le seul capable de décider du sort d’un match si le groupe éprouve des difficultés collectives. Dans la haute compétition, cela est largement insuffisant. C’est une des explications de la défaite face à la Côte D’Ivoire. Quand les Eléphants ont opposé leur force collective, les individualités burkinabè n’ont pas pu relever le défi.
Dans la composition de ses lignes, le Onze burkinabè est « déséquilibré vers l’avant » pour reprendre une expression de Philippe REDON, un ancien entraineur des Lions indomptables du Cameroun. En plus clair, sa force réside plus en attaque. La défense a éprouvé des difficultés chaque fois que l’adversaire a mis la pression. Dans le dernier quart d’heure face à la Guinée, le deuxième but encaissé par le Burkina a mis un sacré bémol sur la victoire. Ce qui a été confirmé devant la Côte d’Ivoire quelques semaines plus tard. La base d’une bonne équipe reste sa défense. Les Etalons doivent travailler sérieusement ce secteur. C’est ce qui fait dire à certains techniciens que le renfort que Habib BAMOGO va apporter en attaque allait être plus bénéfique s’il jouait en défense.
Qu’à cela ne tienne, le Onze burkinabè a fait jusqu’à présent un bon parcours et à moins d’une très grosse déconvenue lors de la dernière ligne droite et surtout face au Malawi en Octobre à Ouagadougou. Le pays des Hommes intègres va renouer avec la phase finale de la CAN du 10 au 21 janvier prochain en Angola.o

Ahmed NAZE

CYCLISME
Le Tour du Faso à la croisée des chemins

S’il y a une discipline sportive qui est liée au quotidien des Burkinabè, c’est bien le cyclisme. Le vélo n'est-il pas le moyen de transport de prédilection dans les contrées du Faso ? Rares de familles ne disposent pas au moins d'un vélo et les gens aiment à se mesurer dans la conduite de cet engin à deux roues. C'est donc dire que le cyclisme en tant que discipline semble fait pour les Burkinabè même si les résultats au plan compétitions internationales restent mitigés.

En Afrique subsaharienne, Afrique du sud exceptée, le Burkina était considéré jusqu’à une période récente comme un ogre en matière de compétition cycliste. Sur les pistes, les cyclistes burkinabè faisaient régner leur loi. Des noms emblématiques du cyclisme, les Burkinabé se remémoreront toujours ; sont de ceux-là : Tiga TASSEMBEDO, Prospère NIKIEMA, Sayouba ZONGO, les Long-man anglais ou français… La nouvelle génération qui n'est pas déméritante, porte fièrement le flambeau.La création du tour du Faso en 1986 a donné une autre dimension à la petite reine au Faso. Les équipes, qu’elles soient africaines ou amateurs européens, venaient au Burkina pour jauger leur forme.
Si au plan national, les différentes compétitions cyclistes gardent leur engouement et dégagent de grands compétiteurs comme les Jérémie OUEDRAOGO, … il faut dire que le Tour du Faso est devenu le baromètre de la bonne marche du cyclisme au Burkina.

Le miroir du cyclisme burkinabè
Tout comme en football, les supporteurs et amateurs de cyclisme jugent la qualité des athlètes à l'aune de leur performance en équipe nationale, les Etalons, et donc les encensent ou leur jettent des quolibets à l'issue du Tour du Faso, une compétition que l'on pense devoir gagner parce que se déroulant sur notre sol. Une telle appréhension n'est évidemment pas pour le bonheur de la structure fédérative, la Fédération burkinabè de cyclisme (FBC) dont les responsables ont souvent le sommeil léger quand arrive l'échéance du Tour du Faso. D'ailleurs, ce n'est pas l'équipe d’Adama DIALLO qui a pourtant fait les beaux jours du cyclisme burkinabé qui dira le contraire, elle qui a été poussée vers la sortie par les contre-performances au Tour du Faso. Il faut dire que le Tour va grandissant et les enjeux encore plus énormes. En effet, depuis que le Burkina a signé un protocole d’accord avec Amaury Sport Organisation (ASO), la société organisatrice du Tour de France, pour apporter plus de professionnalisme et plus de visibilité au Tour du Faso, le niveau de la compétition est monté d’un cran. La médiatisation aidant, beaucoup d’équipes de seconde zone en Europe veulent venir s’essayer sur le continent. En plus, des pays africains comme le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Maroc se sont améliorés dans la manipulation du vélo et leurs athlètes viennent donner le tournis aux coureurs burkinabé que souvent la mauvaise préparation et le matériel obsolète handicapent. Ainsi, le Burkina, qui n’a visiblement pas su faire sa mue, a commencé à perdre sa place après chaque édition du Tour du Faso. Le maillot jaune qui récompense le vainqueur du Tour est devenu une camisole beaucoup trop grande pour un Burkinabè. Ainsi, pour sauver la face, les champions burkinabè de la pédale s'échinent-ils à ravir quelques victoires d’étapes. Chose qui est devenue aussi difficile vu la pugnacité des adversaires. Les ors du Tour du Faso, il faut le dire, sont devenus mirages pour les cyclistes burkinabé et le mécontentement est allé grandissant d'où le séisme pour le bureau fédéral. En effet, lors des élections du 21 novembre 2008 et dans un climat pas du tout serein, Adama OUANGRAWA, chef de l’entreprise d’électricité EODA et ancien vice-président dans le bureau sortant est porté à la tête de la Fédération Burkinabè de Cyclisme. Un changement que l'on pense salvateur surtout que le mandat commence sous de bons auspices avec une bonne participation au Tour du Cameroun où Houdo SAWADOGO a porté le premier le maillot jaune avant de disparaitre dans le peloton sous la poussée des formations européennes. Au Tour du Togo où ne sont venues que des équipes assez faibles comme celle du Bénin, du Ghana, et la Côte d’Ivoire était la seule formation capable de tutoyer les Etalons. Finalement, c’est Hamidou YAMEOGO qui sera le vainqueur de la compétition. Les Etalons vont connaitre un coup d’arrêt avec le Tour de la Paix en Côte d’Ivoire. Pas la moindre victoire d’étape pour les Burkinabè à plus forte raison la conquête du maillot de leader. Les Etalons qui pensaient avoir retrouvé le bon rythme sont revenus sur terre. Ils ont néanmoins dominé la boucle du coton, une compétition organisée par le Français Francis DUCREUX et qui a pour but d’encourager les cotonculteurs.
Le Tour du Faso est-il redevenu un casse-tête ?
Si au plan performance de nos cyclistes les choses ne sont pas roses, au plan organisationnel, le Tour du Faso connaît aussi le blues avec des sons discordants entre les partenaires. Amaury sport organisation (ASO) partenaire du Burkina dans l'organisation du Tour prend mal le désir du ministère en charge des Sports d'avoir un regard sur les comptes du Tour du Faso, elle qui prétend ne pratiquement rien engranger de ce Tour.
Selon des informations, ASO affirme avoir perdu 100 millions de FCFA par an dans l’organisation du Tour du Faso. Elle organiserait le Tour beaucoup plus pour aider les Burkinabè que pour faire du béne, dit-on. La preuve, le Crédit Lyonnais, principal sponsor du Tour du Faso, n’a aucun intérêt au Burkina. Tout au long du circuit, cette banque fait du social en distribuant des sacs et des casquettes aux enfants.
ASO a donc décidé de se retirer de l’organisation après l’édition de 2009 qui va se courir en octobre et pendant laquelle elle aura une présence minimale. Le budget du Tour du Faso est estimé à trois cent millions de FCFA. ASO aurait décidé d’apporter le tiers et le Burkina devrait trouver la différence. Ce qui ne va pas être aisé pour le Faso quand on sait que les sponsors ne courent pas les rues. Avec ou sans sponsors, le Burkina semble avoir le dos au mur puisque l’organisation de la compétition se présente comme un défi au regard des déclarations de certains responsables du ministère des Sports. o

Ahmed NAZE

Renouvellement des structures
L’empreinte de Jean-Pierre PALM

L’année 2008 a été marquée par le renouvellement des structures dirigeantes du sport burkinabè. La plupart des disciplines ont connu des changements de direction, expression affichée de la recherche de l'efficacité et de la bonne gestion, maîtres mots du ministre en charge du sport national.

Jean Pierre PALM, ministre des Sports et des LoisirsTous les quatre ans, soit les années olympiques dans la pratique, les équipes dirigeantes des disciplines sportives au Burkina se doivent de mettre leur mandat en jeu. Les dernières élections ont donc eu lieu entre septembre et novembre 2008.
Seul le football a élu son nouveau bureau, le 12 janvier 2008, avec quelques mois d'avance. Restaient donc les autres disciplines présentant visiblement moins de pression sur la scène nationale et internationale. Pour le renouvellement de bureaux fédéraux, le ministre des Sports et des Loisirs a fixé des exigences techniques pour les postes clés de secrétaire général et de trésorier.
Jean-Pierre PALM voulait que les occupants de ces fauteuils soient des spécialistes. Ce qui a eu pour conséquence d’éliminer beaucoup de candidats dont certains avaient une longue expérience du poste dans la discipline. En boxe par exemple, le secrétaire général sortant ne répondait pas aux critères de l’autorité gouvernementale, mais occupait le poste depuis près de trois décennies. Après les mauvaises performances des Etalons lors des deux derniers Tours du Faso, le bureau d’Adama DIALLO a été condamné au départ. Le président élu, Alhassane D. OUANGRAWA n’est autre que le vice-président du bureau sortant chargé du marketing. Le colonel Richard PAKOTOGO, un de ses vice-présidents, était premier vice-président de DIALLO.
Le Basketball a connu aussi des remous. Face à Mamadou DRABO, le président sortant qui a choisi de rebeloter, il y avait Mamadou BELEM qu'il avait remplacé quatre ans plus tôt. Ce dernier, au vue de son passif pas fameux à la tête de la structure, a été contraint à l'abandon de son ambition de revenir. Ainsi, DRABO a donc facilement conservé son fauteuil.
En Volleyball, Issaka SAWADOGO a laissé sa place au Lieutenant-colonel David KABRE. Le colonel Martin ZONGO, préside désormais aux destinées de l’Athlétisme en lieu et place d’un autre colonel, Pascal Komyamba SAWADOGO, nommé gouverneur de la région du Sud-Ouest. Les autres disciplines très peu médiatisées et ne présentant pas de gros enjeux nationaux ont conservé leurs dirigeants.
Le cas du CNOSB
Après l’élection des responsables fédéraux, il fallait mettre en place la structure dirigeante du Comité National Olympique et des Sports Burkinabè (CNOSB). Le CNOSB est une structure très stratégique à cause de la manne importante qu’elle reçoit du CIO au titre notamment des stages. C’est après moult tractations que le prédent sortant Pascal KINDO rebelotte le 16 mai 2008 pour un mandat de 4 ans.
D’une manière générale, le renouvellement des structures a été fait dans un climat quelque peu agité compte tenu des intérêts divergents des uns et des autres.o

Ahmed NAZE

M. Alexandre YOUGBARE, directeur général des Sports (DGS)
"Je crois à la qualification des Etalons à la Coupe du Monde 2010"

Alexandre YOUGBAREDu côté du ministère des Sports et des Loisirs, le bilan de la saison sportive 2008 -2009, au regard des objectifs fixés, est très satisfaisant. Et pour en parler, nous avons rencontré le directeur général des Sports (DGS), M. Alexandre YOUGBARE, qui nous entretient sur les bons résultats engrangés, la politique nationale pour le développement du sport, la parafiscalité, le fonctionnement des structures fédérales, les perspectives, etc.

Quel bilan peut-on tirer de la saison sportive 2008-2009 ?
Alexandre YOUGBARE (A.Y) :
Tout d'abord nous félicitons beaucoup la presse parce qu'elle nous permet de rendre compte à l'opinion publique de ce que nous faisons au ministère des Sports et des Loisirs (MSL). Pour ce qui concerne le bilan, sans fausse modestie, nous disons qu'il est positif. Une performance qui a d'ailleurs été retenue par les plus hautes autorités du pays et il a été décidé d'une manière générale de féliciter les sportifs médaillés au Burkina Faso saison 2008-2009. C'est dire que ce pays peut être fier d'avoir des sportifs qui ont compris qu'ils ont un rôle d'ambassadeurs dans la société à l'image de la diplomatie, de la politique nationale et du programme du chef de l'Etat, Blaise COMPAORE.
C'est dire que le Burkina rayonne sur l'Afrique et le monde et comme par enchantement, le sport burkinabè se porte bien.

Dans quel compartiment peut-on dire qu'il y a eu une entière satisfaction ?
A.Y :
Nous essayons de poser les bases évaluatives des objectifs fixés en début d'année et voir si ceux-ci sont atteints. A cette question nous disons simplement oui car les résultats que le Burkina Faso est en train d'engranger sur le plan sportif n'est pas un fait du hasard. Depuis l'arrivée de M. le ministre, Adjouma Jean-Pierre PALM, beaucoup de choses ont changé non seulement dans la configuration du département, dans son organigramme mais aussi dans sa façon de faire. Même si certains projets n'ont pas été initiés sous son mandat c'est lui qui a impulsé l'aboutissement de l'ensemble de ces documents. Il s'agit de la politique nationale du développement du sport et son plan d'action, celui des loisirs ; du plaidoyer en matière de sport ; de la réorganisation des structures sportives ; de la relance du sport scolaire, etc… Nous avons eu beaucoup de succès. Dans les sports dit mineurs, les sport de mains, nous avons remporté beaucoup de victoires. Le Burkina Faso a remporté le Tournoi de la solidarité de la zone 3 de l'Afrique en volley-ball. En basket-ball les choses sont en train de se mettre en place petit-à-petit, au niveau du handball nous avons une satisfaction nationale même si au plan international nous sommes toujours à la recherche de résultats.
En ce qui concerne le football, en catégorie cadette nous sommes qualifiés pour le mondial ; en junior, nous sommes détenteurs de la coupe de la CENSAD et cette catégorie sera présente aux jeux de la Francophonie. Chez les seniors, nous nous préparons pour la seconde phase des matchs retour des éliminatoires de la CAN-Coupe du monde 2010 où nous sommes presque qualifiés ou même qualifiés pour la CAN en Angola et nous courrons derrière la qualification du mondial en Afrique du Sud car nos chances sont toujours grandes. Dans le cadre des sports de combats, notre judo est prisé jusqu'au plan mondial. Nous avons des athlètes qui sont classés parmi les 3 meilleurs Africains et 10 meilleurs mondiaux. Au niveau de la lutte traditionnelle, malgré la longueur d'avance prise par le Sénégal et le Niger, le Burkina Faso s'en tire bien avec ses lutteurs du Nayala. La boxe quant à elle, a une meilleure place intercontinentale grâce à la jeune génération après Dramane NABALOUM.
L'athlétisme aussi donne des motifs de satisfaction, des jeux africains, des championnats d'Afrique, du Tournoi de la solidarité que nous remportons depuis 3 ans successivement. Nous cherchons maintenant à décrocher une médaille olympique : nos athlètes sont en Allemagne pour disputer le championnat du monde d'athlétisme. Quant aux disciplines peu connues qui prennent de plus en plus place dans notre pays, je veux citer le rugby, la pétanque, le soft bal, la base ball, le golf, etc., les résultats sont encourageants. L'équipe de rugby vient de rentrer avec des résultats appréciables de la compétition sous-régional au Togo. Au niveau du golf, nous avons connu notre première participation à un championnat mondial aux Etats-Unis d'Amérique par le biais d'un Asiatique de nationalité burkinabè. La Fédération de Base-ball-soft ball est à féliciter. C'est une fédération qui ne demande pas les moyens au ministère et qui fait de grandes choses. D'une manière générale, nous avons un rebond en terme de victoire au vue de ces résultats.

Vous avez participé à la dernière Assemblée générale de la Fédération burkinabè de football. Que retenir ?
A.Y :
Nous tenons à encourager, à féliciter l'équipe dirigeante actuelle pour les résultats que le football a produits. M. le ministre a encouragé le président de la FBF, M. Zambendé T. SAWADOGO pour sa sagesse, sa hauteur de vue, sa pondération, son calme qui ont permis au département des Sports de cheminer d'une manière sereine avec cette structure pour aboutir aux résultats que nous connaissons.
Certes, tout n'est pas parfait. Mais une équipe qui reconnaît que dans le fonctionnement administratif il y a des lacunes devra mener un audit organisationnel pour déceler les failles afin d'y remédier. C'est déjà un acte courageux. Il y a beaucoup de plaintes à l'endroit du Secrétariat général. Nous n'avons pas manqué à travers le ministre chargé des Sports d'attirer l'attention du président là-dessus.
Pour que nous puissions pousser le sport roi au sommet des victoires, il faut que nous ayons une base organisationnelle solide. Des commissions ont été mises en place pour réfléchir sur ces questions et proposer des solutions. C'est déjà à saluer. Nous allons continuer à appuyer la FBF ; mais en disant que, le ministre PALM l'a toujours dit, dans les pays en développement comme le Burkina Faso, l'ensemble du sport est géré et financé par l'Etat. C'est l'argent du contribuable burkinabè qui permet aux Burkina Faso de faire du sport. Pour le cas spécifique de la FBF, toutes les activités sont financées à 98 sinon 100% par l'Etat. Les matchs des Etalons, le voyage des joueurs, l'hébergement, la restauration, la santé, le salaire des entraîneurs, etc., tout est pris en charge par l'Etat à travers le ministère des Sports et des Loisirs (MSL). Idem pour les clubs engagés aux compétitions africaines, (si le Burkina Faso a un match international tout est assuré par le MSL à travers le budget de l'Etat : Les billets d'avion pour regroupement, les frais d'hôtels pour l'équipe nationale et l'équipe adverse, les arbitres, la sécurité, les sapeurs-pompiers, même les tickets d'entrée). La FBF n'engage aucun frais ! C'est pour cela que nous disons que pour que la fédération ait une autonomie réelle, elle est une association, il faut qu'elle ait ses propres sources de financement.
Mais nous sommes un pays en développement, notre tissu économique ne permet pas un financement adéquat du sport. Nous avons une chance d'avoir un Etat avec à sa tête un passionné du sport (le chef de l'Etat) qui accepte engager des fonds pour son développement. Il faut le remercier parce que sans cet engagement on n'aurait même pas une participation africaine. C'est pourquoi, il est aberrant d'entendre un membre fédéral s'écrier : "Le ministère s'ingère trop dans la FBF, il développe des amicalités avec l'entraîneur et que sais-je encore". Qui paie l'entraîneur, c'est le contribuable burkinabè, et qui répond devant l'Etat, c'est le ministre des Sports et des Loisirs. Comment voulez-vous que le MSL fasse toutes ces dépenses pour qu'un individu vienne se plaindre qu'il a reçu tant de tickets ? Voilà la réalité. A l'exemple de la Fédération française de football, elle ne fait qu'une simple demande d'autorisation, à l'Etat pour engager ses activités pas pour financement. Vous pouvez taper 3 ans à suivre les matchs des Bleus sans entendre le nom du ministre chargé des Sports. Il a simplement un rôle de superviseur parce que le sport est géré par une association. Le président de la CAF, Issa AYATOU, l'a répété devant la presse qu’ ils ont dit aux différentes fédérations de football africaines de faire attention parce que sans les ministères des Sports et l'Etat, il n'y aura pas de football sur le continent. La subvention de la FIFA ne peut que supporter le fonctionnement des fédérations : le salaire du personnel, l'entretien des locaux, etc. Tout le reste c'est l'Etat. Dans ses conditions, pouvons-nous demander à un ministre des Sports de rester totalement en retrait de la gestion des fonds qu'il engage au nom de l'Etat ? Non. Si le ministre des Sports n'écrit pas au ministre des Finances, l'entraîneur Paulo DUARTE n'aura pas de salaire.

Justement parlant de l'entraîneur DUARTE, comment avez-vous accueilli la signature de son contrat avec le Lemans, un club français ?
A.Y :
Nous l'avons accueilli avec beaucoup de philosophie, une hauteur de vue, avec expérience parce que nous savons qu'un sport de haut niveau n'a pas besoin d'un schéma stéréotype. Vous prenez au jour d'aujourd'hui l'ensemble des sélectionnés en senior football, il n'y a pas plus de deux (2) qui résident au Burkina Faso. Ils sont tous à l'extérieur : en Espagne, en France, en Grèce, en Allemagne, en Moldavie, au Koweït, etc. Nous savons qu'ils ont des engagements avec leurs clubs. Paulo DUARTE, sélectionneur des Etalons, serait donc au Burkina Faso 365 jours/365 sans activités efficaces puisque les PITROIPA, DAGANO, KERE et autres, sont au pays 5 jours avant n'importe quel match. Il a donc 3 jours de réglage avec eux et après le match ils rejoignent leur club respectif. Ce sont les contrats qui stipulent cela et ça s'appelle les journées FIFA. C'est pour cela que son absence au Burkina Faso ici ne gênera, en aucun cas, le travail qu'il a entamé. N'oublions pas qu'un sélectionneur n'est pas un entraîneur. Quand on parle de sélectionneur, en ce moment, il n'y a plus un travail d'entraînement. Il y a un travail de coordination, de management. Les joueurs sont suffisamment entraînés, il faut maintenant adapter leurs forces et leurs faiblesses pour chercher une cohésion. C'est l'aspect tactique, le système de jeu qui est le boulot de l'entraîneur des équipes nationales. Il regarde ceux qui sont bons, les rassemble et a la capacité en 24 heures de monter un schéma qui gagne. Si nous voulons de l'entraînement, c'est dans les centres de formation où il y a des enfants qui pendant 4 ou 5 ans reçoivent des rudiments techniques.
Aussi, Paul DUARTE étant présent en France, il est plus proche de nos professionnels et en moins de 2 heures, le transport étant très développé, il regroupe tous les joueurs. Ce qui étant ici demandrait 24 à 48 heures. C'est d'ailleurs en Europe qu'il y a l'ensemble des équipes africaines pour les matchs amicaux. Les Etalons jouent le 12 août contre le Mali à Rouen et le regroupement se fera sur place pour revenir sur la Côte d'Ivoire, le 5 septembre 2009.
A quoi sert de garder un entraîneur ici alors qu'en acceptant qu'il signe le contrat avec Le Mans nous lui faisons cette ouverture. DUARTE est un Monsieur correct. Il a demandé la permission au Burkina Faso avant de répondre à l'invitation. De même, il faut se le dire, Paulo DUARTE en Europe est un atout pour le Burkina Faso en matière de placement des joueurs. Nous savons que les joueurs burkinabè professionnels sont les mal-lotis dans le management des grands clubs européens. C'est pourquoi, nous ne voyons pas nos joueurs évoluer dans de très grands clubs européens pas parce qu'ils n'ont pas les mêmes qualités que les Ivoiriens, les Sénégalais, les Maliens, etc., c'est simplement un problème de managers et d'organisation. D'ailleurs, Paulo DUARTE ira dans son nouveau club avec quelques joueurs burkinabè. Voilà ce qu'on gagne de cette signature. Mais nous restons d'accord avec vous, comme tout le monde, qu'un entraîneur partagé entre deux (2) clubs pourrait en prendre un coup. Nous ne perdons pas de vue cet aspect ; mais, nous comparons cela avec ce que nous gagnons. Même si ce n'était pas Le Mans, cette année, nous sommes sûrs qu'un entraîneur national est difficilement retenable 5 années consécutives en Afrique. C'est une valse continue. C'est pourquoi, nous estimons, en tant que Burkinabè, administrateur et décideur de sport, que si Paulo estime qu'il peut rendre service dans cette position au Burkina Faso, qu'on qu’on accepte qu'il le fasse jusqu'à la fin de son contrat. La fin de son contrat c'est après la CAN-2010 ; il va certainement continuer avec Le Mans et nous chercherons un autre entraîneur. C'est une possibilité. Il serait hardeux de remercier Paulo, de chercher un entraîneur disponible, qui dort seul au Burkina pendant toute l'année, qui ne connaît pas les Etalons, qui n'a pas fait le parcours que celui-ci a fait avec eux pour aller à la CAN avec le travail qu'il a abattu. C'est plus sage que Paulo amène les Etalons à la CAN.

Nous sommes à une phase décisive des éliminatoires et quoi qu'on dise, Paulo sera par moment absent. Est-ce qu'il y a une disposition particulière pour gérer la situation ?
A.Y :
C'est un travail technique qui incombe à la fédération et le ministère donne l'avis de l'autorité nationale. Nous rentrons effectivement dans une phase pointue raison pour laquelle il faut que ça soit le même entraîneur qui continue plutôt que de choisir la solution radicale qui ne nous apporte rien. Même si l'entraîneur est partagé, il vaut encore mieux qu'un nouveau.

Comment appréciez-vous le niveau du championnat ?
A.Y :
Nous l'avons toujours dit, notre championnat a un niveau bas. Reconnaissons-le en toute objectivité. Nous avons des clubs qui ont un bas niveau dû au manque de formation. Aucun de nos clubs n'a l'armada nécessaire pour faire de la formation. Un club digne de ce nom doit avoir un centre de formation animant toutes les catégories : minime, cadette, senior et un renouvellement permanent de son effectif à travers la formation. A ce moment-là, les éléments qui y évoluent seront de qualité.
Le Burkina Faso doit avoir des championnats de petites catégories. Si nos cadets, nos juniors, nos seniors, ont des cadres d'expression permanents, sur le plan saisonnier, ils auront forcément un championnat de haut niveau. Il faut encourager et féliciter les clubs burkinabé parce que ce qu'ils font c'est de la magie. Vu leurs ressources, le potentiel humain, la gestion artisanale de ces clubs, pouvoir tenir un championnat de la première à la dernière journée, produire des résultats, avoir une ossature telle l'ASFA-Y capable de poser un jeu face à un adversaire demandent du génie.
La solution, c'est la réorganisation de nos clubs et que chaque club soit adossé à un centre de formation et qu'il y ait des championnats de petites catégories. Ce sont des aspects purement techniques qui relèvent du rôle de la fédération à travers des financements propres en tant qu'association.

Le sport, en général, mobilise beaucoup d'argent et ce n'est pas toujours évident pour l'Etat vu les priorités. Est-ce qu'il y a une solution magique pour répondre toujours aux sollicitations de fonds au niveau du ministère des Sports et des Loisirs ?
A.Y :
Solutions magiques, non ! Plutôt solutions mûries, planifiées, stratégiques. Le ministre Jean-Pierre PALM a senti le danger dans un pays où les priorités se trouvent ailleurs. Nous avons besoin d'écoles, de dispensaires et nous savons que l'Etat fait des pieds et des mains pour satisfaire aux besoins de la population.
Le budget de l'Etat sera soulagé si le sport pouvait trouver par des mécanismes des fonds pour son fonctionnement. C'est ainsi que le ministre PALM, au regard de l'expérience de la parafiscalité, qui réussit à nos voisins tel la Côte d'Ivoire, souhaite qu'on l'instaure au Burkina afin de résoudre le manque de ressources financières.
Ce mécanisme est un système de recherche de fonds parallèle qui peut soutenir le sport. Alors, une mission a eu pour objectif de s'enquérir des mécanismes de la parafiscalité ivoirienne en vue de l'adapter à notre système pour que le sport puisse avoir des ressources propres qui ne proviennent pas directement du budget de l'Etat mais du tissu économique. C'est une action d'anticipation, de planification car dans 2 ou 3 ans si tout marche bien nous verrons la parafiscalité supporter les sports et les loisirs. M. PALM a aussi instruit la création de la direction du Fonds national pour le développement des Sports et des Loisirs qui récolte des fonds auprès des sociétés de la place en vue de soutenir le développement des sports. Ainsi, les deux mécanismes pourront permettre de soulager le budget de l'Etat en matière de financement du sport.

Qu'en est-il des perspectives pour la saison sportive à venir ?
A.Y :
Nous avons demandé qu'il y ait des interlocuteurs valables au niveau de nos structures fédérales, des secrétaires généraux qui savent au moins ce que c'est que la règle administrative, des trésoriers qui ont un minimum de notions requises en terme de comptabilité, des présidents dignes de ce nom. C'est pour que l'organisation à la base, le fond de la politique nationale du développement des sports puisse s'appliquer à l'intérieur de ces structures. Ces fédérations désormais feront l'objet de classement. Elles auront un programme d'activités, de budget planifié en terme de récompense. Au fur et à mesure que nous avancerons, nous mettrons l'accent sur celles qui seront à même de nous apporter des résultats et les justificatifs de gestion des fonds ; l'ouverture très prochaine du palais des sports commande cette nécessité de management.

Très prochainement ?
A.Y :
Très très prochainement. Je ne saurai vous préciser la date. Nous avons l'organisation du premier championnat de Futsal que notre pays va abriter et peut-être même un championnat d'Afrique de handball. Les Etalons cadets du football sont qualifiés pour la coupe du monde de leur catégorie et peut-être une première participation au mondial du football senior parce que j'y crois et nous travaillons pour ça. Voilà tant de perspectives qui permettent d'espérer que la fierté du Burkinabè sera défendue sur les terrains comme elle est défendue sur les tribunes de l'ONU. Ce regain, ce sursaut du sport national, est venu du diagnostic courageux que le ministre PALM a recommandé. Nous l'avons fait pendant une année en rencontrant tous les acteurs au niveau de l'Afrique comme en Europe. Sur le cas spécifique du football, nous n'avons pas admis l'absence du Burkina Faso en phase finale de 2 coupes d'Afrique des Nations successives. C'était un malaise, une honte pour nous Burkinabè. Toutes les critiques des footballeurs professionnels à savoir le sectarisme au sein de l'équipe, le bas niveau des primes, le manque de bons entraîneurs sont autant de choses qui justifient les déroutes du Onze national burkinabè. Aujourd'hui les primes sont acceptables, les blessés sont pris en charge, on a un bon entraîneur. Alors, le résultat devra être au rendez-vous. Il faut avoir le courage de résoudre les problèmes, aller à l'objectif. Comme le ministre des Sports le dit très souvent, minimisons nos différences et travaillons à exacerber ce qui nous unit.

Nous aurons bientôt le Tour du Faso, un partenaire de taille, Amaury SportOrganisation (A.S.O), s'est retiré. Est-ce que cela n'entamera pas l'organisation en terme de budget ?
A.Y :
Ce n'est pas une question de budget ni de partenaire. C'est une question de convention qui n'existe plus et qui liait une société française spécialisée dans l'organisation de grandes manifestations sportives avec le ministère des Sports et la Fédération burkinabè de cyclisme (FBC) pour l'organisation du Tour du Faso. C'est vrai, cela a permis au Burkina Faso d'être inscrit au calendrier de l'UICI, d'organiser un tour cycliste connu à travers le monde avec un matraquage médiatique irréprochable, mais le Burkina Faso est resté sur sa faim par rapport aux retombées financières. Ce Tour est connu à travers le monde et nos cyclistes ne peuvent même pas avoir un 300 000 ou 400 000F CFA après y avoir participé. C'est pourquoi le ministre PALM s'est posé la question sur l'intérêt de ce partenariat.
Le droit exclusif d'exploitation des images, c'est bien. Mais pendant que ASO crie qu'elle perd de l'argent dans l'organisation du Tour, nos cyclistes croupissent dans la misère après être vus à travers le monde entier. Pour comprendre, M. PALM s'est déplacé au siège de l'association en France afin d'échanger avec les premiers responsables, voir comment le transfert des compétences pouvait être une réalité, comment la rentabilité du Tour pouvait apporter un plus aux cyclistes burkinabè. Nous avons fait notre petit bonhomme de chemin, ensemble mais, à notre grande surprise, la partie française, ASO, au lieu de répondre à ces questions claires, qui se traduisaient par une relecture du contrat précisant certaines clauses nous fait savoir qu'elle se retirait parce qu'elle ne tirait pas de profits. Quelque part, nous avons été vexés parce que l'objectif était de nous asseoir et revoir le contrat pour améliorer les choses. Mais quand l'autre partie dit qu'elle préfère arrêter parce qu'elle n'y gagne rien sans explication, cela laisse voir peut-être qu'il y avait vraiment quelque chose de louche. C'est pour cela que nous disons que le Burkina Faso a le droit d'organiser ce Tour parce que l'ensemble des techniciens qui y interviennent sont des Burkinabè : que ce soit les juges à l'arrivée, les chronométreurs, les photofinistes, etc. Ce qui peut nous manquer, c'est peut-être la presse internationale. Et là aussi, il y a des sociétés qui sont prêtes à venir en partenariat avec notre pays. Le ministre PALM a pris des contacts en Belgique, en Espagne, en Italie et même en France avec d'autres personnes ressources. C'est pour dire qu'il y a des anciens organisateurs qui viendront au Tour mais pas au nom de AESO mais en tant que personnes ressources. Côté financement, le budget de l'Etat sera un peu plus sollicité mais la contre partie nous comptons l'engranger avec les droits d'exploitation des images que nous allons désormais gérer nous-mêmes. C'est en ce sens que nous disons que le Tour du Faso édition 2009 aura belle et bien lieu. Ce ne serait pas forcément ni un budget, ni un Tour au rabais. C'est une première expérience, gageons que nous puissions relever ce défi parce que le Burkina Faso a toujours su se montrer à la hauteur de tout ce qui est organisation sur son sol. Cela devient un enjeu national et le ministre des Sports a pris son bâton de pèlerin. Je pense qu'avec la solidarité gouvernementale et l'apport inestimable que sa hiérarchie lui accorde le Tour du Faso sera un succès.o

Interview réalisée par Issoufou MAIGA

 

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